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Sylvie Cohen (Traducteur)
ISBN : 2070761975
Éditeur : Gallimard (24/04/2002)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Albert Danon est seul. Sa femme Nadia vient de mourir d'un cancer, et son fils Rico est parti pour le Tibet. Bettine, une vieille amie, veuve elle aussi, s'inquiète pour Albert. Surtout lorsque Dita, la petite amie de Rico, emménage chez lui.
Un certain Doubi Dombrov veut produire le scénario de Dita, mais il veut surtout Dita. Qui couche avec Guigui, en pensant à Albert, ou à Rico. Qui pense à sa mère, et ne veut pas rentrer du Tibet.

Un chass... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
19 juin 2017
Albert Danon est veuf. Son fils Enrico est parti dans les montagnes du Tibet pour échapper au chagrin. Il y rencontre Maria, femme offerte et vieillissante, qui cherche encore un peu d'amour, elle qui en a tant donné. La petite amie d'Enrico, Dita, a écrit un scénario, mais s'est fait arnaquer par un producteur peu scrupuleux. Elle s'installe chez Albert qui lutte avec difficulté contre le désir que la jeune femme lui inspire. « Il ne peut échapper à son odeur. Son odeur sur la serviette son odeur sur les draps qui a-t-elle appelé à qui a-t-elle parlé. Son odeur dans la cuisine où est-elle où est-elle quand va-t-elle rentrer son parfum dans le couloir son parfum dans le salon son parfum avec qui est-elle sortie et qu'y a-t-il entre eux. Son parfum dans la salle de bain où est-elle et va-t-elle encore se faire avoir. le parfum de son shampoing. Son odeur dans le panier à linge. Où est-elle. Quand rentrera-t-elle. Elle rentrera tard. En Himalaya, c'est déjà demain. Où puis-je fuir son odeur. » (p. 75) Bettine, amie d'Albert, également veuve, voit d'un mauvais oeil cette jeunesse qui enflamme les sens émoussés du vieux bonhomme et aimerait retrouver la relation tranquille qu'elle avait avec lui. « Nous ne sommes pas un couple, deux personnes. Des connaissances ? Des amis ? Ou des collègues ? Plus ou moins ? Un pacte pour les jours de pluie ? Une affection crépusculaire ? » (p. 44 & 45) Doubi Dombrov, le producteur, est également affolé de désir pour Dita, mais il ne perd jamais de vue les chiffres, l'argent, la rentabilité. La voix de Nadia, l'épouse disparue d'Albert, s'élève dans les montagnes du Tibet : elle veille sur son fils, maintenant qu'elle ne peut plus être après de son époux. Autour d'eux et parmi eux, il y a le narrateur, partie prenante de l'histoire, à l'identité jamais révélée.
Seule la mer parle de désir hébété, de solitude hagarde, de bonheur inattendu, de deuil infini et d'amour ardent. le changement constant de point de vue et la narration polyphonique ne sont pas confus. C'est comme si l'on suivait un travelling à plusieurs caméras. On reprend chaque personnage là où on l'avait laissé et on continue à l'accompagner sur son chemin. Alors que l'été s'achève et que la mer, toujours, fait entendre son chant répétitif, il s'élève de tous ces corps une folie de vivre, de ressentir et de jouir. Comme un Cantique des cantiques à mille voix, le texte est un hymne à la beauté de l'autre et de la nature amoureuse. Nombreuses sont les scènes bibliques, éternelles, dans ce roman qui mêle vers libres, poésie formelle et prose poétique. Inutile de chercher à rationaliser l'ensemble : on passe d'une forme à l'autre naturellement et sans à-coup. La lecture se vit comme une respiration, calée sur le souffle. Souffle que l'on retient quand certains morceaux très courts éclatent et éclaboussent la page de beauté et de sensibilité. Seule la mer est un texte qui se ressent, plein de saveurs et d'odeurs. Une merveille qu'il convient de ne pas ignorer.
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KRISS45
19 mars 2017
Poésie et sensualité
Tristesse et désir
Deuil et nostalgie
Il y a tout cela dans "seule la mer", récit d'un genre inclassable, empreint d'une profonde mélancolie qui rend l'auteur si attachant.
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Rylou
04 août 2017
Le point de départ de ce roman, c'est la mort d'une femme Nadia, laissant ainsi un veuf, Albert, qui n'aura de cesse de retrouver la présence de sa femme dans un quotidien immuable ; laissant aussi un fils, Rico, qui dévasté par l'absence de sa mère part en quête de soi dans les montagnes du Tibet, abandonnant son père et sa fiancée Dita. Autour d'eux, évolue une série de personnages qui viennent se greffer à leur solitude. Car il s'agit bien de cela, la solitude!
Chaque personnage est une solitude en souffrance et démontre l'absurdité de la vie, son absence de sens et cette fin inéluctable que chacun redoute: la mort. La fin d'une vie banale, d'une âme ordinaire qui ne laisse un souvenir que dans le cœur d'un mari ou d'un fils. Cette solitude que chaque personnage tente d'effacer, les entraînant ainsi dans des relations complexes faites de désirs, d'attente, de frustrations et de souvenirs...
La trame de ce roman peut sembler banale, mais son originalité tient moins dans son histoire que dans son style. En effet, il s'agit d'un roman que je qualifierais de "transgenre": ni tout à fait roman ni tout à fait poésie. Un roman dont chaque chapitre est écrit sous forme de poème en vers libres. Cette manière d'écrire donne à l'histoire une tout autre dimension, une beauté profonde et lumineuse et sort le lecteur de ses habitudes et de son confort.
Et puis au coeur du roman, apparaissent soudain le narrateur fictif puis l'auteur lui-même, qui entrent en relation avec les personnages du roman. Un peu comme dans "Le chiendent" de Raymond Queneau, non pas pour interpeller leur créateur, mais bien pour le renvoyer à sa propre solitude.
C'est un très beau roman, original, riche de sens, poétique, lumineux. Pourtant, il est parfois un peu hermétique , trop métaphorique, truffé de références bibliques et quelques fois, le lecteur se perd, ne sait plus de quel personnage il s'agit... mais finalement, cela n'a pas d'importance puisque chacun est voué à disparaître, seule la mer est éternelle!
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5Arabella
26 juillet 2016
Un livre qui interpelle de prime abord : sous le titre est indiqué « roman », or quand on ouvre on découvre :
Un chat
Non loin de la mer, rue Amirim
M. Albert Danon vit seul. C'est un amateur
d'olives et de feta.
Un homme affable, conseiller fiscal de son état.
Il y a peu, un matin,
un cancer de l'ovaire emporta sa femme, Nadia
Elle laissa des robes, une coiffeuse, des napperons
finement brodés. Leur fils unique, Enrico David,
est parti crapahuter dans les montagnes, au Tibet.
A Bat-Yam, c'est une matinée d'été chaude et humide
mais la nuit tombe déjà sur ces montagnes. Un brouillard
bas s'étire dans les ravins. Une bise mordante
hurle comme une bête et la lumière déclinante
prend de plus en plus l'aspect d'un mauvais rêve.
Le sentier bifurque à cet endroit,
une pente est raide, l'autre est douce.
La carte ne mentionne pas cet embranchement
et, comme l'obscurité s'épaissit et que le vent souffle
en rafales de grêle, Rico doit intuitivement choisir entre
le chemin le plus court et le plus facile.
Quoi qu'il en soit, M. Danon se lèvera
et éteindra son ordinateur. Il ira
se poster à la fenêtre. Dehors, dans la cour,
un chat sur le mur. Il a vu un lézard.
Il ne cédera pas.
Et en feuilletant les pages suivants on se rend vite compte que tout le livre est constitué de textes plus ou moins courts qui ressemblent à des poèmes. Cela désarçonne, interroge au départ. J'imagine que certains lecteurs pourront se sentir tellement perdus qu'ils vont vite arrêter la lecture.
Mais si on arrive à rentrer dans le livre, suivre le projet de l'auteur, on est petit à petit bercé et charmé par cette façon de raconter. Car Amos Oz nous raconte la vie de ses personnages, Albert, Nadia, Enrico David, Dita, Bettine…Des vies simples, sans beaucoup d'événements à première vue. Même si évidemment pour les personnages, c'est immense. Alors ce qui compte le plus, ce sont les ressentis, les sensations, les impressions, les sentiments. Et c'est cela que ces textes restituent. Et cette forme est tout à fait adéquate pour rendre justement cela. Les petites choses de ces vies. Les belles comme les douloureuses. La vie et la mort. le quotidien, avec ses sourires et ses larmes. Les peurs et les joies, les espoirs et les déceptions. Amos Oz sait regarder ses personnages avec une immense tendresse, tout en nous montrant aussi les choses moins belles, plus troubles. Et il se met en scène aussi dans certains textes sous la forme du Narrateur. Un échange intervient entre lui et les êtres qu'il crée, un dialogue.
Une aventure de lecture assez unique, pas forcément reproductible d'ailleurs, mais si on arrive à y adhérer, difficile à oublier. Un livre qui confirme pour moi l'immense talent d'Amos Oz et me donne envie de tout découvrir de lui.
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isabelleisapure
13 mai 2013
Seule la mer.
Albert pleure sa femme Nadia morte d'un cancer et regrette l'éloignement de son fils Rico en périple au Tibet.
Bettine, la vieille amie d'Albert veille sur lui.
Dita, la petite amie de Rico vient s'installer chez le vieil homme en apportant le trouble dans son coeur et dans sa vie.
Chacun de ces personnages prend tour à tour la parole dans de courts chapitres où il est question de vie, d'amour, de désir, de peur et de mort.
Outre la très belle écriture d'Amos Oz, l'originalité de ce livre tient au style.
Est-ce un roman qui se lit comme un poème où un poème à lire comme un roman ?
A lire si vous avez envie de faire une belle et originale découverte littéraire.
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
RylouRylou04 août 2017
"Les ravages du temps, de la fumée sans feu, sur le dos de ma main je vois ta tache brune qui se trouvait,
exactement au même endroit sur le dos de la main flétrie de mon père.
Ainsi mon père est revenu de dessous la terre.
Des années durant il n'y a plus pensé et voilà que soudain il se souvient de transmettre à son fils un bout de pigment en héritage. Les ravages du temps. Un brûlure sans feu. Un sceau ancestral. Un cadeau posthume sur le dos de la main."
(p. 203)
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RylouRylou04 août 2017
"... il s'avérait, que quelque chose qui n'avait jamais été et ne serait jamais était en réalité tout ce que nous possédions..."
(p. 235)
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DIEGODIEGO23 juin 2011
L’été quarante-six mon père et ma mère avaient loué pour les vacances une chambre

chez un tailleur à Bat-Yam. Une nuit, je fus réveillé par une quinte

de toux qui n’en était pas

une, c’était la première fois de ma vie que j’entendais un inconnu

pleurer de l’autre côté du mur. Il avait pleuré toute la nuit et moi,

éveillé, paniqué,

je n’avais pas osé bouger de crainte de réveiller mes parents

jusqu’à ce que le ciel blanchisse et que je me glisse sur le balcon ses

épaules tremblaient

un oiseau s’envola dans le silence de l’aube et l’homme le désigna en

disant n’y crois pas

petit. Cinquante ans ont passé et l’oiseau n’est plus,

ni l’homme. Ni mes parents. Seule la mer est encore là qui de bleue

est devenue grise elle aussi. N’y crois pas petit. Ou plutôt si. Crois-le. Qu’importe.
+ Lire la suite
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HebephrenieHebephrenie20 juin 2010
Le soir. La pluie tombe sur les collines nues du désert. La craie, le silex et l'odeur de poussière mouillée après un été torride. L'envie me prend d'être ce que j'aurais été si j'avais su ce que tout le monde sait. Être avant la connaissance. Comme les collines. Comme une pierre à la surface de la lune. Posé là sans bouger, confiant en la longévité des livres.
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LiliGalipetteLiliGalipette19 juin 2017
« Il ne peut échapper à son odeur. Son odeur sur la serviette son odeur sur les draps qui a-t-elle appelé à qui a-t-elle parlé. Son odeur dans la cuisine où est-elle où est-elle quand va-t-elle rentrer son parfum dans le couloir son parfum dans le salon son parfum avec qui est-elle sortie et qu’y a-t-il entre eux. Son parfum dans la salle de bain où est-elle et va-t-elle encore se faire avoir. Le parfum de son shampoing. Son odeur dans le panier à linge. Où est-elle. Quand rentrera-t-elle. Elle rentrera tard. En Himalaya, c’est déjà demain. Où puis-je fuir son odeur. » (p. 75)
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La chronique de David Medioni - Judas
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