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Critiques sur Une histoire d'amour et de ténèbres (23)
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Melpomene125
10 décembre 2016
J'avais entendu parler d'Amos Oz comme un des leaders du mouvement « La paix maintenant ». C'est cette réputation qui m'a donné envie de découvrir cet auteur majeur de la littérature israélienne contemporaine.
Une histoire d'amour et de ténèbres… le titre est bien choisi, autant au niveau intime que politique.

L'amour et les ténèbres ont marqué la relation qu'Amos Oz entretenait avec sa mère Fania, qui s'est suicidée quand il n'avait que douze ans, ainsi que la relation de l'écrivain avec cet autre que représente le peuple arabe : les Palestiniens. Sa tentative lorsqu'il était enfant de se lier d'amitié avec Aïcha et son frère Awad se termine en catastrophe et symbolise de façon troublante l'amitié impossible entre deux peuples qui ne parviennent pas à se comprendre et s'entendre. En toile de fond se trouve toujours l'horreur de la Shoah, des persécutions, des pogroms, drames absolus des Juifs, qui fait dire à Ephraïm Avnieri, un des fondateurs du kibboutz où le jeune Amos s'est réfugié après la mort de sa mère, pour tenter d'avancer : « Personne au monde ne veut de moi, nulle part. La question est là […] C'est l'unique raison pour laquelle je porte une arme, pour qu'ils ne me chassent pas d'ici aussi. Mais je ne traiterai jamais d' « assassins » les Arabes qui ont perdu leurs villages. »

Une atmosphère mélancolique plane sur ce livre, atmosphère que l'on retrouve parfois aussi chez Modiano (Rue des Boutiques Obscures) ou Zweig (La Pitié dangereuse) et qui est loin de me déplaire. Loin de la mode de la « feel good littérature », elle est propice à une réflexion qui n'est jamais caricaturale ou manichéenne et amène le lecteur vers une meilleure compréhension du monde et une plus grande lucidité.
Grâce à ce livre, j'ai effectué une immersion radicale dans une culture que je ne connaissais pas : celle des érudits juifs ashkénazes qui discutent de philosophie et de politique, étudient le talmud, la mishna et la gemara dans des yeshivas. Tout ce vocabulaire spécifique rend un peu la lecture difficile au départ mais c'est aussi la découverte d'un univers intellectuel très riche. La famille Klausner, le vrai nom d'Amos Oz, connaissait un prix Nobel de littérature : S.J. Agnon dont l'oeuvre a marqué l'écrivain, en particulier À la fleur de l'âge qui lui rappelle Fania, sa mère.
J'ai aimé les réflexions d'Amos Oz sur l'écriture et la dette qu'il affirme avoir à l'égard de Sherwood Anderson, grand écrivain qu'il m'a fait découvrir et qui mériterait sans doute d'être davantage connu. Celui-ci lui a appris que la vie des gens ordinaires valait aussi la peine d'être racontée et il l'a mis en pratique en racontant les rêves, les espoirs et les souffrances des habitants du kibboutz.
L'imagination de l'auteur est foisonnante. Ce roman, en partie autobiographique, brasse plusieurs thèmes très intéressants voire passionnants : de la construction de l'État d'Israël aux débats sur le sionisme, le conflit israélo-palestinien, la responsabilité des Britanniques dans l'échec du plan de partage de la Palestine à l'ONU en 1947, qui a provoqué une guerre interminable et de nombreuses victimes et même un diplomate assassiné, le comte suédois Bernadotte. le thème le plus émouvant du livre est la quête sans fin d'Amos Oz pour comprendre sa mère et son geste irrévocable. Il lui consacrera un livre Mon Michael, sur une femme qui n'arrive pas à être heureuse. Pourquoi ? À cause des déceptions de la vie conjugale, des rêves impossibles à réaliser ou du souvenir des amis morts en Ukraine au cours de la Shoah par balles ? C'est pourtant grâce à Fania qu'Amos Oz est devenu écrivain puisqu'elle jouait avec lui à inventer des histoires et qu'il a continué seul de le faire après sa mort, cruelle pour un enfant. C'est elle qui lui inspire certains des plus beaux passages du livre. Elle donne à ce dernier une dimension tragique et poétique, bouleversante pour le lecteur qui ne peut s'empêcher de partager la souffrance de l'auteur, surgie du souvenir de cette femme énigmatique et tourmentée. Son suicide demeurera à jamais un mystère insoluble.
Une histoire d'amour et de ténèbres est une grande oeuvre de la littérature israélienne qui illustre à merveille les vers de Baudelaire dans Les Fleurs du mal : « Tu m'as donné ta boue » ou ta souffrance « et j'en ai fait de l'or ».
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mimipinson
28 janvier 2012
Amos Oz, romancier majeur de la jeune génération israélienne, celle qui est née en Israël, nous suivre ici ses souvenirs d'enfance. Il ne se contente pas de se raconter, il est aussi un témoin de l'histoire de son pays, et au-delà celle de son peuple. L'ouvrage fourmille de détails que l'absence de linéarité rend vivant, et, compense avantageusement la richesse et la complexité (parfois) linguistique et culturelle. La lecture en est de fait aussi agréable qu'un roman, et intellectuellement enrichissante comme un livre d'histoire. Ses souvenirs d'enfance arrivent assez tardivement dans la bibliographie de l'auteur, ce qui se comprend aisément au fur et à mesure de la lecture.
Ces derniers s'articulent autour de 3 axes principaux, qui ne font évoqués distinctement, mais subtilement tout au long de son ouvrage.
• L'aspect politique et historique
Natif de Jérusalem, la famille d'Amos Oz est originaire d'Europe centrale, et a entrepris l'Alya en 1933 et s'installe en Eretz-Israël. le jeune Amos va vivre la création de l'état d'Israël en étant préparé au sionisme. Lui-même se fera sa propre expérience au sein d'un Kibboutz. J'ai trouvé ses passages d'un grand intérêt, parce que les grandes figures de l'époque sont présentes, et il les a côtoyées de près, mais surtout parce que qu'il est d'une grande lucidité, et d'une grande tolérance. Seul comptait à ce moment-là bouter les anglais hors de cette région pour pouvoir y vivre libre, construire une nation, et accueillir les rescapés des camps nazis.
J'ai été frappée par la haute conscience politique de ce gamin de 8 ans, qui suivait à la radio les travaux de L'ONU sur le vote ou pas de la création de l'état
• L'aspect littéraire
Amos Oz grandit au sein d'une faille d'intellectuels, et de grands lettrés, sans avoir forcément pu avoir le parcours professionnel qu'ils méritaient, en particulier son père. le jeune garçon est très jeune imbibé de littérature aussi bien classique, que judaïque. Sa prose est riche, son style est raffiné.
• L'aspect familial et affectif
Amos Oz saura me toucher dans le drame familial qui le frappe alors qu'il a douze ans. Ce deuil, il n'en parlera pas d'emblée, mais insidieusement, de- ci de –là, pour y revenir plus longuement. C'est une blessure qui ne s'est jamais complètement refermée. Un épisode de sa vie qui a sans aucun doute façonné sa vie d'homme et de père.
Ses rapports avec le père sont compliqués. Cela passera par un changement de nom, une expérience communautaire qui changera ses visions du sionisme.
« Je lui en voulais d'être partie sans me dire au revoir, sans m'embrasse, sans explication : pourtant même un parfait étranger, un coursier un colporteur qui frappait à la porte, ma mère ne le laissait jamais repartir sans lui proposer un verre d'eau, sans un sourire, un mot d'excuse, quelques paroles aimables. Quand j'étais petit elle ne me permettait jamais d'aller seul à l'épicerie dans une cour inconnue ou un jardin public. Comment avait-elle pu ? »
Ce livre, épais, peut impressionner au premier abord, le portrait de famille de la couverture a une allure austère, un peu froide. L'ouvrage est d'une richesse inouïe, d'une lecture agréable. Il est à mon sens incontournable.
Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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KRISS45
11 juin 2017
Après de nombreuses déceptions, j'ai trouvé avec "une histoire d'amour et de ténèbres" un roman qui justifie pleinement ma passion pour la littérature.
D'ailleurs, je trouve regrettable que les critiques précédentes ne fassent pas suffisamment honneur à l'excellence de ce récit autobiographique. Saurais-je faire mieux pour vous communiquer mon enthousiasme ?
Amos Oz est un Sabra, né sur la terre d'Israël en 1939, alors que ses parents sont des exilés, déracinés d'Europe de l'Est, c'est à dire qu'ils portent à des degrés divers les stigmates de leur déracinement.
Enfant curieux et éveillé, élevé dans un milieu intellectuel, l'auteur a vécu la fin du mandat britannique, la création de l'Etat, la guerre d'indépendance. Tous les évènements douloureux et chaotiques qui s'y rattachent sont évoqués avec force et une réflexion de fond.
En marge de la grande Histoire, c'est le passé de ses grands parents et de ses parents qu'il relate avec un exceptionnel talent de narrateur et de conteur, en faisant toujours preuve d'humanité, d'esprit d'observation, d'analyse. Son regard est lucide, souvent drôle envers les travers de sa communauté, et plein d'empathie pour la partie adverse dont il admet la frustration et la révolte.
L'absence de chronologie du roman n'est pas un problème. Au contraire, elle exprime tous les souvenirs qui le hantent et se rappellent à lui au fil de sa pensée, passant de l'intime au général, ou inversement.
Il y a des pages douloureuses concernant son entourage, ceux qui n'ont pas su ou pu maîtriser les souffrances, les déceptions, les pertes. Sa mère est le plus bouleversant exemple de cette tragédie.
Mais il y a aussi des pages d'espoir qui évoquent les conquérants, ceux qui ont décidé de tourner la page et de reconstruire un monde à leur mesure. Bien sûr, le problème de fond n'est toujours pas réglé mais je rappelle qu'Amos Oz, partie prenante dans le conflit, appartient à la minorité progressiste qui oeuvre pour la paix.
Je quitte le monde et la pensée d'Amos Oz avec regret.
Six jours m'ont suffit pour venir à bout des 850 pages de la version Folio. J'aurais pu mettre Six étoiles si c'était possible.
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JeanPierreV
12 juin 2016
Un homme passionnant, un auteur majeur de la littérature israélienne nous livre l'histoire de sa vie et celle de sa famille. Une histoire familiale pas banale qui se mêle avec la grande Histoire de l'État d'Israël, et avec celle de la Littérature.
Trois histoires intimement imbriquées
Histoire tout d'abord de familles, paternelles et maternelles qui quittèrent l'Europe centrale et la Russie dès le début du XXème siècle pour certains et, pour d'autres, afin de fuir les menaces staliniennes et nazies. Deux régimes qu'Amos Oz met dans le même sac. Certains cousins, moins chanceux perdirent leur vie dans cette Shoah par balles. Quant à lui, il naquit en Israël en 1939...Une histoire familiale rattrapée et bousculée par la Grande histoire. Amos Oz nous fait partager les grands et petits moments de ses familles paternelles et maternelles, avant leur arrivée en Israël ainsi que son histoire, enfant puis celle de l'adolescent, dont le père ne partageait pas les idées. Il voulait vivre dans un Kibboutz, son père lui avait prévu un autre destin, plus digne de ses capacités. Des conditions de vie familiale spartiates, un petit appartement sombre, une cour toujours à l'ombre au sol dur et stérile où même les radis refusaient de pousser. Un père intellectuel et une mère au foyer mélancolique et dépressive qui disparaitra bien trop tôt. Deux êtres simples et aimant qui ont transmis à Amos Oz sa simplicité humaine et un amour certain des autres
Histoire politique d'un pays ensuite, qui nous permet d'assister aux premiers pas de l'État d'Israël, de côtoyer aussi bien bien les leaders sionistes que les combattants de 1947, Ben Gourion et Begin, que son père rencontrait et avec lesquels Amos eut également le plaisir d'échanger des idées. Il eu même l'honneur, alors qu'il effectuait son service militaire, d'être reçu en tête à tête par Ben Gourion. L'histoire d'un pays qui créa son propre modèle social et socialiste, les kibboutz. Les informations sont nombreuses, Cette histoire est aussi une partie de celle de la Pologne, de la Russie, de l'Angleterre, des pays Arabes. Cette Histoire est aussi celle de ces milliers de réfugiés, homme et femmes d'origines géographiques et de langues diverses. Des réfugiés qui fondaient de grands espoirs parfois déçus, mais qui très vite devinrent un peuple uni qui se battra pour son autonomie et pour créer un pays.
Histoire de la littérature, de la culture enfin. "Papa lisait seize ou dix-sept langues et en parlait onze (avec l'accent russe). Maman en parlait quatre ou cinq et en lisait sept ou huit. Ils discutaient en russe et en polonais quand ils ne voulaient pas que je comprenne (ce qui était presque toujours le cas). [....] Pour la culture, ils lisaient surtout en allemand et en anglais, et rêvaient probablement en yiddish. Mais à moi, ils n'enseignaient que l'hébreu : peut-être craignaient-ils que je succombe à mon tour au charme de la belle et fatale Europe si j'en connaissais les langues." (P. 11). Son grand-oncle paternel Yosef Klausner était professeur d'université et fut l'un des leaders sioniste. Cette proximité avec eux détermina en partie la vocation littéraire du jeune Amos. Très tôt il aima et dévora les livres. Parmi les relations de son père et sont grand-oncle paternel figurait Shmuel Yosef Agnon, connu sous l'acronyme Shai Agnon. Écrivain israélien, il fut le premier écrivain de langue hébraïque à remporter le Prix Nobel de littérature. C'était en 1966. Il fut aussi l'un des premiers à lire les textes du jeune auteur Amos OZ et à lui donner son avis.
Trois histoires qui se mêlent et s'imbriquent étroitement, trois histoires qui m'ont passionné.
Un livre dense, pas toujours facile à lire et à suivre, l'auteur jonglant avec les périodes, les retours en arrières..près de 870 pages riches qu'on ne lira pas d'un trait et dans lesquelles on se perd parfois. Des pages d'un destin pas banal et d'amour d'un homme pour sa mère trop tôt perdue par son état dépressif, d'amour d'un israélien pour son pays, sa culture, son peuple et d'amour d'un auteur pour les livres et la Littérature.
Des pages d'émotions, de détails, de réflexions. Une belle leçon de vie et d'Histoire

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Tezelsup
10 mai 2017
J'ai lu ce livre alors que je ne connaissais pas du tout l'écrivain israélien, Amos Oz.
Le livre est juste sublime. Ce récit autobiographique raconte la jeunesse d'Amos Oz, comment il s'est construit et formé. Un seul bémol: j'ai parfois trouvé un peu long la description des étapes menant à la constitution de l'Etat d'Israël.
Son enfance et adolescence sont marquées par la constitution d'Israël en tant que nation mais pas seulement. Les rapports sont parfois compliqués avec son père qui occasionnellement trompe sa femme. La mère d'Amos Oz, une femme sensible et douce, fragile aussi, met un terme à sa vie alors que le petit Amos a une dizaine d'années. Ce choc est vécu comme un tremblement de terre par Amos Oz. L'auteur dira plus tard qu'il a mis cinquante ans à pouvoir juguler cette souffrance.
Les dernières pages du récit sont incroyablement belles et bouleversantes. Elles m'ont fait pleurer. Amos Oz y parle de sa mère. S'il ne fallait lire ces 850 pages uniquement pour parvenir à cette dernière partie, cela en vaudrait largement la peine.
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cathe
11 août 2015
Autre grande figure de la littérature israélienne avec Appelfeld, j'ai découvert Amos Oz par son autobiographie, imposant livre de presque 600 pages.

Sortant de plusieurs livres d'Appelfeld, j'ai d'abord été déstabilisée par le style, beaucoup moins lyrique et beaucoup plus "bavard" si je puis dire. Mais très vite on est emporté par la puissance de cette évocation qui nous mène de la vie de ses grand-parents au 19è siècle en Europe de l'Est jusqu'à la création d'Israël et même jusqu'à quelques incursions de nos jours.

Les parents de l'auteur ont tous les deux été élevés dans des familles juives non pratiquantes et ont de solides racines intellectuelles et littéraires. le père parle une quinzaine de langue et ce n'est qu'à cause d'un concours de circonstances qu'il n'a pas été nommé professeur à l'Université mais est resté bibliothécaire à la Bibliothèque nationale de Jérusalem. Sa mère a une culture très russe et française et donne des cours particuliers. Elevés en Europe de l'Est , ils rejoignent Israël en 1919 pour l'un et dans les années 30 pour l'autre. Leur minuscule appartement en sous-sol, à Jérusalem, est tapissé de livres et chez eux littérature et tolérance vont ensemble. Bien sûr une telle "saga" ne va pas sans des portraits étonnants, des anecdotes émouvantes et des circonstances tragiques. On est littéralement emporté par l'itinéraire de cet auteur dont la vie personnelle se mêle à l'histoire mondiale.

Pourtant, au milieu du livre, une brèche apparaît : il nous annonce que sa mère s'est suicidée à 38 ans alors qu'il avait onze ans (il est né en 1939). Et soudain ce livre nous apparait comme une quête désespérée de comprendre. Pourquoi ce suicide, pourquoi cet abandon, pourquoi son père ne lui en parle-t-il jamais, même quand Amos Oz partira à quinze ans dans un kibboutz (il y restera quarante ans) ? le livre, sous un aspect très agréable à lire et dans un style très enlevé, est un témoignage inoubliable sur cette période mais aussi une tentative de mieux connaître cette mère, son histoire et son entourage, et peut-être les raisons de sa mort !
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Malice
08 juillet 2013
Un livre pas facile à lire, je me souviens que je suis revenue en arrière je l'ai lu de façon très concentré. Car ce livre nous apprend l'histoire d'un peuple d'un pays, mais c'est l'histoire de la littérature. Et dans tout cela Amos Oz nous parle de lui de sa famille. C'est un livre qui prend du temps une fois lu et bien on est instruit ! On reçoit une grande leçon d'histoire de culture magistrale au niveau littéraire et historique. J'ai eu un gros coup de coeur pour ce livre Magnifique ! - Poignant !- Sublime, un livre très attachant aussi, un Petit Chef Oeuvre selon moi, bouleversant où la vie d'un peuple et la vérité d'un grand homme de lettres se confondent. C'est le livre qui la fait connaître au grand public, et c'est son oeuvre majeure.
De 1918 à1948, l'Israël est sous un mandat Britannique. L'enfance d'Amos à Jérusalem et Tel Aviv est la ville où habitent ses tantes du côté de sa mère. le jeune Amos entretien une grande Amitié intellectuel avec Agnon et le jeune Amos. Samuel Joseph Agnon, juif polonais exilé en Palestine, Prix Nobel en 1966 il est auteur de À la fleur de l'âge (livre acheté au Salon du Livre en 2008). Durant son enfance règne une ambiance à la Tchèkov, référence à la littérature russe Tolstoï et Dostoïevski. Grand père paternel Alexandre originaire d'Odessa sa grand mère Shlomit la grand-mère à passer, la moitié de sa vie à désinfecter son nouveau quotidien: «Le Levant est infesté de microbes» était devenu sa nouvelle devise. Elle prenait trois bains bouillant pour se débarrasser des microbes. En prenant des bains trop bouillant, c'était une maladie et elle en est morte. Mais comme le dit Amos OZ : "Comedie ou tragédie". Sa grand-mère Shlomit issue de Vilna, elle a immigré à Jérusalem en 1933.
Les grands parent d'Amos ainsi que son père et son frère ont vécu à Vilna avant d'arriver à Jérusalem en 1933. Ils durent quitter Odessa à cause des combats sanglants entre « blanc » et « rouge ». Son grand père avait du mal à se familiariser avec l'hébreu nostalgie d'Odessa et de la Russie. Ses grands-parents sont des rêveurs, ils rêvent d'une Europe idéale. Mais l'Europe ne veut pas d'eux, donc l'europe s'est durant cette époque c'est Israël : Jérusalem, mais dans leurs têtes non l'Europe s'est dans leur imaginaire : la Nostalgia des grands parents d'Amos
Les grands parents d'Amos fréquente l'intelligensia russe Bialik, Tchernichovsky : poètes, IL Perz : dramaturge. Sa mère trouve refuge dans les livres de Tourgueniev et de Tchekov c'est un personnage très touchant mais qui n'a pas pu se faire à cette vie d'immigré et elle a mis fin à ses jours.
Amos Oz a grandi dans le quartier de Kerem Avraham, à Jérusalem, une ville où l'on croise des savants et des artistes, de riches négociants, des musiciens, des érudits, des écrivains. «Des années plus tard, j'appris que la Jérusalem mandataire des années 1920, 1930, 1940 était une ville extraordinairement civilisée», dit-il à propos d'une époque où, sans même s'en étonner, le jeune Amos baignera dans une ambiance tout droit sortie de Tchekhov ou de Tolstoï.
Dans sa thébaïde d'Arad, aux confins du désert du Néguev, un écrivain rêve et médite. C'est le magicien Oz, qui danse sur la proue d'une oeuvre éblouissante, légère comme une cantate, toute vibrante des sagesses enfouies dans les sables.
Mais dans le destin d'Amos Oz, il y a également les kibboutz - où il partit travailler à 17 ans - et ce goût de la fraternité qui le poussera à devenir le chef de file de l'intelligentsia de son pays: en Israël, le fondateur du mouvement La Paix. Un livre riche en émotions donc bien particulier.

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NicoleGiroud
15 janvier 2016
Comment décrire Une histoire d'amour et de ténèbres, ce livre magnifique, dense, tragique, drôle, bouleversant et cruel ? Ce roman d'Amos Oz qui nous restitue les débuts d'Israël et le désenchantement des émigrés d'Europe de l'Est ? Ce pavé de quasi 900 pages qui tient des Buddenbrook pour l'ampleur et la complexité de la narration, des Marx Brothers pour certaines scènes familiales burlesques et de la tragédie antique, avec une sorte de Médée à l'envers ?
Ne soyez pas effrayés par la profusion du roman, quitte à sauter quelques détails dans les personnages ou les livres cités quand vous vous trouvez au bord de l'asphyxie (je sais, je viens de proférer une horreur). Ce magnifique texte va vous bouleverser durablement, je vous le garantis.

L'auteur commence par nous décrire son enfance et nous plonge d'emblée dans l'étroit, le sombre, l'humide :
Lien : http://nicole-giroud.fr/hist..
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sylire
03 novembre 2012
Ce qui est passionnant dans ce livre, c'est qu'il mêle la petite et la grande histoire. Je ne peux pas résumer en quelques lignes cette formidable épopée familiale, je me contenterai donc de quelques faits principaux.

Amos Oz est né en 1939 de parents qui ont fuit l'Europe avant sa naissance pour cause d'antisémitisme. Leur vie d'avant nous est contée, ainsi que celle de leurs ancêtres qui vivaient en Russie et en Pologne. Les deux parents d'Amos, issus de milieux bourgeois, étaient très cultivés, parlaient plusieurs langues couramment…

Quand la famille d'Amos Oz arrive à Jérusalem, "vomie par l'Europe", (j'ai lu cette expression quelque part), il lui faut d'abord accepter le décalage entre le paradis tant espéré et la réalité d'une ville sale et pauvre. La littérature, qui occupe une grande place dans la famille, lui permet de tenir le coup.

Dans ce cocon protecteur (trop ?), Amos Oz vit une petite enfance plutôt heureuse. Enfant unique, il est porteur de toutes les espérances. Mais peu à peu, une fêlure se produit. Cette fêlure, c'est l'état dépressif de la maman d'Amos. le lecteur assiste à la dégradation du moral de cette femme et accompagne Amos dans le questionnement qui suit son suicide, terrible choc pour lui. A l'adolescence, il choisit de tourner le dos au modèle familial pour aller vivre en communauté au Kibboutz, contre l'avis de son père, intellectuel de droite.

Ma lecture de ce livre s'est faite en quinze jours. le soir je me plongeais dans le récit de cet homme, j'y pensais au cours de la journée et j'avais hâte de m'y remettre le soir. Il faut toutefois que je vous avoue que la lecture des cent premières pages a été laborieuse. Mais peu à peu, la lecture m'a été plus aisée. Il y a beaucoup d'anecdotes familiales, la narration n'est pas chronologique et quand on connaît mal la littérature juive, dont il est beaucoup question, il faut être attentif pour ne pas perdre le fil. Mais au final quel beau récit ! J'ai désormais une meilleure connaissance de la création de l'état d'Israël et j'ai trouvé passionnante l'histoire de cette famille.

J'ai très envie d'en savoir plus sur Amos Oz. le récit n'englobe pas toute sa vie mais se concentre sur son enfance et son adolescence. Je sais, pour l'avoir lu dans des articles de presse, qu'il oeuvre pour la paix en Israël en préconisant le compromis comme issue au conflit. Espérons qu'il soit écouté…

Si un pavé de 540 pages "écrit petit" ne vous effraie pas, que vous aimez les autobiographies et que l'histoire d'Israël vous intéresse, ce livre ne peut que vous passionner.

Lien : http://sylire.over-blog.com/..
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vdujardin
28 septembre 2010
J'ai mis beaucoup de temps à achever la lecture du roman autobiographique d'Amos Oz, Une histoire d'amour et de ténèbres, publié en 2003 en Israël, traduit en 2004 par Sylvie Cohen pour Gallimard et sorti en Folio (n° 4265) en 2005.

Je voulais vraiment lire cet auteur, après ses déclarations au dernier salon du livre de Paris et un de membres fondateurs, en 1978, du mouvement La paix maintenant. Dès le milieu du livre, vers la page 250, il annonce le suicide de sa mère à l'âge de 38 ans, alors qu'il en avait 12 et demi. Enfin, il le suggère déjà avant, mais le dit clairement plus tard. Évidemment, cet épisode a fait écho à ma propre histoire. Surtout qu'à partir de ce point, il alterne les chapitres sur les relations avec son père et sa mère, sa famille, y compris les ancêtres qui vivaient en Europe centrale, les écrivains qu'ils fréquentaient, et la lente dégradation de l'état de santé psychique de sa mère, de plus en plus dépressive après la guerre d'indépendance d'Israël, sa rémission provisoire juste une semaine avant qu'elle ne passe à l'acte... dans le dernier chapitre.
Lien : http://vdujardin.over-blog.c..
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