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Critique de KRISS45


KRISS45
11 juin 2017
Après de nombreuses déceptions, j'ai trouvé avec "une histoire d'amour et de ténèbres" un roman qui justifie pleinement ma passion pour la littérature.
D'ailleurs, je trouve regrettable que les critiques précédentes ne fassent pas suffisamment honneur à l'excellence de ce récit autobiographique. Saurais-je faire mieux pour vous communiquer mon enthousiasme ?
Amos Oz est un Sabra, né sur la terre d'Israël en 1939, alors que ses parents sont des exilés, déracinés d'Europe de l'Est, c'est à dire qu'ils portent à des degrés divers les stigmates de leur déracinement.
Enfant curieux et éveillé, élevé dans un milieu intellectuel, l'auteur a vécu la fin du mandat britannique, la création de l'Etat, la guerre d'indépendance. Tous les évènements douloureux et chaotiques qui s'y rattachent sont évoqués avec force et une réflexion de fond.
En marge de la grande Histoire, c'est le passé de ses grands parents et de ses parents qu'il relate avec un exceptionnel talent de narrateur et de conteur, en faisant toujours preuve d'humanité, d'esprit d'observation, d'analyse. Son regard est lucide, souvent drôle envers les travers de sa communauté, et plein d'empathie pour la partie adverse dont il admet la frustration et la révolte.
L'absence de chronologie du roman n'est pas un problème. Au contraire, elle exprime tous les souvenirs qui le hantent et se rappellent à lui au fil de sa pensée, passant de l'intime au général, ou inversement.
Il y a des pages douloureuses concernant son entourage, ceux qui n'ont pas su ou pu maîtriser les souffrances, les déceptions, les pertes. Sa mère est le plus bouleversant exemple de cette tragédie.
Mais il y a aussi des pages d'espoir qui évoquent les conquérants, ceux qui ont décidé de tourner la page et de reconstruire un monde à leur mesure. Bien sûr, le problème de fond n'est toujours pas réglé mais je rappelle qu'Amos Oz, partie prenante dans le conflit, appartient à la minorité progressiste qui oeuvre pour la paix.
Je quitte le monde et la pensée d'Amos Oz avec regret.
Six jours m'ont suffit pour venir à bout des 850 pages de la version Folio. J'aurais pu mettre Six étoiles si c'était possible.
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