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EAN : 9782815943895
80 pages
De l Aube (03/06/2021)
3.91/5   11 notes
Résumé :
Ce livre rassemble trois grands entretiens menés par l'hebdo Le 1 avec trois brillantes intellectuelles. "La liberté a deux ennemis : les circonstances extraordinaires et le salut public", nous dit Mona Ozouf. "L'égalité est un but, un chemin, une bataille", complète Michelle Perrot. "Ce sont les inégalités qui menacent la fraternité", conclut Cynthia Fleury. Une lecture vivifiante, revisitant la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » qui orne officiel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
nath45
  25 juillet 2021
Merci à Babelio et les Éditions l'aube pour ce livre et la rencontre, plutôt la lecture de trois grandes dames remarquables.
Mona Ozouf historienne et philosophe, Michelle Perrot historienne, professeure émérite d'histoire contemporaine, Cynthia Fleury philosophe et psychanalyste, professeur titulaire de la chaire Humanités et santé au Cnam.
Toutes trois vont exposer un mot de la devise Républicaine, Mona Ozouf nous retrace l'histoire de cette devise et commence par la « Liberté », elle nous dit que c'est : « un droit naturel dévolu à l'homme antérieurement à toute société, est le chemin d'accès aux deux autres valeurs : seul un homme libre peut entreprendre de réclamer l'égalité, de pratiquer la fraternité. » (page 22)
Pour Michelle Perrot ce sera « l'Egalité » je cite «  l'égalité n'est pas une réalité mais un objectif, un but qu'il faut toujours poursuivre. Un chemin, une bataille. Pour acquérir des droits, il a fallu que les inégaux, les hors-droit - esclaves, serfs, pauvres, prolétaires, prisonniers, femmes, Noirs, etc. - se battent (page 34)
Et pour finir, Cynthia Fleury la « fraternité » selon elle, il existe trois manières de la définir «  la première renvoie à la dimension religieuse, monastique….la deuxième approche, révolutionnaire….est une fraternité des Lumières, de l'humanisme….la troisième définition possible de la fraternité, celle de 1848 et, au-delà, jusqu'à nos jours : non pas la sacralisation d'un « ici et maintenant », incarné par la République, qui unit les hommes dans leur humanité sociale. (Pages 58-59).
Ces trois entretiens réunis dans cet essai sont très intéressants, accessibles, ils m'ont permis une réflexion, une compréhension et une vision historique. Un petit livre que l'on peut lire et relire pour comprendre notre actualité. J'ai vraiment pris plaisir à cette lecture.
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Claire45
  27 juillet 2021
Le directeur du 1, Eric Fottorino, a interrogé 3 grandes intellectuelles contemporaines sur l'origine et le sens de la devise française : Liberté, égalité, fraternité.
Mona Ozouf en fait l'historique puis commente la notion de liberté. C'est Jules Ferry, sous la troisième république, qui a donné aux Français le plus grand nombre de libertés : presse, association syndicale, réunion, mariage civil, élection des maires. Peuvent être une entrave à la liberté : des circonstances extraordinaires et le salut public. C'est ce que ressentent certains avec l'obligation du confinement.
Pour Michèle Perrot, l'égalité est un but, un chemin, une bataille qu'elle a d'abord livrée sur le champ social avant de se consacrer aux inégalités qui touchent avant tout les femmes. Si l'égalité existe dans les principes, les crises accentuent les inégalités, comme nous le vivons actuellement.
Cynthia Fleury définit la fraternité selon trois points de vue : religieux, révolutionnaire ou républicain laïc. Elle donne des exemples et termine par les mouvements récents des "commons" et le "care". Partout la fraternité est menacée par les inégalités et l'individualisme.
Une réflexion à portée de tous qui ne peut que nous encourager à faire respecter partout notre devise.
Merci à babelio et aux éditions de L'aube pour cet envoi.
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Pilly
  10 juin 2021
C'est le premier livre de cette collection que j'ai lu, et je l'ai trouvé très intéressant.
Comme son titre l'indique, dans celui-ci, on parle de la devise de la république française.
Chaque notion est expliquée d'un point de vue historique, mai aussi avec un regard actuel. Individuellement, mais aussi en faisant des liens entre chacune d'entre elles.
Cette lecture pousse à la réflexion, tout en restant assez accessible. Grâce à la forme utilisée : le question/réponse. Et grâce à la longueur de chaque entretien : c'est assez court.
A la fin de chaque entretien, un éclairage est donné quant à la situation actuelle (confinement, règles sanitaires) et aux conséquences sur notre positionnement par rapport à ces valeurs.
Une belle découverte, qui m'a permis d'activer un peu ma matière grise.
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nevodovsky
  14 juillet 2021
Ce petit livre est richissime, il nous « cultive » grâce à l'interview de trois femmes puissantes d'intelligence à propos de la devise française.
Mona Ozouf rappelle la longue histoire de la devise française puis elle raconte la liberté, explique quels sont ses deux principaux ennemis, elle réhabilite le pluralisme et rappelle que c'est Jules Ferry qui a offert à la France le plus gros bouquet de libertés. Son analyse est subtile et toute en hauteur.
Michelle Perrot utilise l'angle des inégalités pour raconter la liberté, notion infiniment complexe. Historienne, elle a d'abord pensé sous l'angle social avant d'entamer sa spécialisation en histoire du féminisme et des inégalités dont souffrent les femmes depuis presque la nuit des temps.
Cynthia Fleury met en lumière la part de fraternité dans l'histoire de la solidarité, elle donne ses différentes définitions selon que le regard est religieux, révolutionnaire ou républicain laïc. Elle donne des exemples étrangers, tous adeptes de la non-violence et aborde les mouvements récents, comme les « commons » et le « care », au moment où la fraternité est très menacée par les inégalités et les passe-droits et surtout l'ancrage de l'individualisme.
Ce petit livre est petit mais il faut le lire lentement. Il nous préserve des opinions tranchées qui empoisonnent et clivent nos sociétés. Ce livre est le bienvenu en cette crise du covid-19, oui déjà 2019…
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PGilly
  27 juillet 2021
Deux historiennes et une philosophe-psychanalyste se partagent la devise de la France, à vocation universaliste. Aux deux premières, deux notions : l'égalité, liée à la connaissance et la liberté, liée à la sensation. La fraternité liée aux sentiments permet d'élargir l'approche historique très conceptuelle, où liberté et égalité sont des droits, à une vision sociale, où fraternité rime avec solidarité, non imposée mais consentie, coulée dans un contrat social, rendu désirable par l'État de droit.
La fraternité apparaît en 1848, touche à la question sociale naissante, prémices de la sécurité sociale. Liberté et égalité (souvent sélective) participent d'une histoire plus ancienne, traversée de courants d'idées tendant lentement à étendre égalité et liberté au plus grand nombre.
J'attendais que les trois intervenantes s'expriment sur les restrictions de libertés liées à la pandémie. Elles le font brièvement, de manière convergente, associée d'une mise en garde. La contrainte est acceptable et acceptée si elle est limitée dans le temps et ne sombre pas dans l'hygiénisme paranoïaque. La liberté a deux ennemis : les circonstances extraordinaires et le salut public. le pouvoir a généralement tendance à prolonger l'ajournement des libertés, voire à invoquer la raison d'État. Cynthia Fleury, Mona Ozouf et Michelle Perrot rétablissent des faits et expriment des points de vue précieux en ces temps extraordinaires.


Lien : http://cinemoitheque.eklablo..
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
PillyPilly   11 juin 2021
La gauche représente une tradition dans laquelle la notion de fraternité se combine avec celle de l'altérité : on est frère avec l'autre, avec celui qui ne nous ressemble pas, voire qui n'est pas de notre pays. La droite, plus traditionnellement, incarne une fraternité du même, du semblable, de la patrie. Où mettre le curseur de l'altérité dans cette notion de fraternité est le point sur lequel divergent ces deux courants politiques.
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PillyPilly   08 juin 2021
La notion d'égalité est-elle ambivalente ?

Bien sûr, car l'égalité c'est aussi l'inégalité. La conquérir, c'est aussi se détacher du monde d'où on vient, prendre sa distance avec lui, voire le mépriser. Elle est ambigüe aussi par cette question : jusqu'où peut-on déplacer la frontière de la liberté pour créer de l'égalité ?
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PillyPilly   11 juin 2021
Nous aurions pu changer notre devise en remplaçant Fraternité par Solidarité, mais le peuple français reste attaché à cet idéal d'indivisibilité, symbolisation très forte de l'humanité toute entière et non des seuls ressortissants nationaux. Notre fraternité française est républicaine et internationaliste. La solidarité n'est pas exclusivement nationale, du moins dans notre idéal. La traduction laïque de la communauté divine, c'est la fraternité dans son acception universaliste.
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PillyPilly   11 juin 2021
Il est clair que cette notion [la fraternité], dans notre devise républicaine, contient tout cela à la fois : notre fraternité laïque et sociale est sacralisée en lieu et place d'une fraternité christique ou plus spirituelle. La République fait de nous des frères que nous ne sommes pas sans elle. Après 1848, et la naissance de l'Etat social, nous pouvons poser que la République sociale et solidaire fait de nous des "frères", dissemblables mais égaux en droits.
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PGillyPGilly   27 juillet 2021
La dette envers l'autre ne s'arrête jamais : elle est perpétuelle, intrinsèque, incorporée. Depuis, la culture démocratique individuelle a de plus été couplée au délire de l'argent qui, lui, est plutôt une force de séparation : l'argent clôt l'échange, la dette symbolique cesse enfin.
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Videos de Mona Ozouf (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mona Ozouf
Lecture de Jean-Marie Gleize: une création originale inspirée par
Une série de créations littéraires originales inspirées par les collections de la BIS. Ce cycle est proposé par la Maison des écrivains et de la littérature (Mel) en partenariat avec la BIS. Un mois avant la restitution, l'écrivain est invité à choisir un élément dans les fonds de la BIS. Lors de la rencontre publique, « le livre en question » est dévoilé.
Saison 4 / 2020 : Linda Lê, Arno Bertina, Muriel Pic, Jean-Marie Gleize, Jean-Christophe Bailly.
Chaque saison donne lieu à la publication d'un livre aux éditions de la Sorbonne "Des écrivains à la bibliothèque de la Sorbonne": * saison 1 : Pierre Bergounioux, Marianne Alphant, Arlette Farge et Eugène Durif paru en septembre 2018. * saison 2 : Jacques Rebotier, Marie Cosnay, Claudine Galea et Fanny Taillandier, paru en septembre 2019. * saison 3 : Hubert Haddad, Line Amselem, Christian Prigent, Mona Ozouf, Laure Murat, publication prévue en septembre 2020.
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