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ISBN : 2916753400
Éditeur : Black Out (18/07/2017)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Paris Ville-Lumière, Paname ou Babylone... comme disait l’autre : pop ou rock, peu importe. Le tout avec un peu de metal et quelques punks aussi. Paris Rock, donc, c’est voyager dans les entrailles, hum… les entrailles rock, de la capitale. Y découvrir ce qui fait battre son pouls, son cœur : les groupes, bien sûr, mais pas que... Les associations, les bars, les salles, les squats sont autant de chevilles ouvrières d’une frange d’une population qui ne demande qu’à r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
pleasantf
  21 juillet 2018
Pascal Pacaly est un passionné de rock qui connaît le milieu comme sa poche. Sans éviter l'écueil agaçant de la nostalgie (le ‘c'était mieux avant' accompagné de son inséparable ‘mais il ne mourra jamais'), son livre constitue un panégyrique du rock alternatif construit à partir d'une série de portraits d'acteurs de la scène rock parisienne, que ce soient des musiciens comme Napo Romero (ex Chihuaha) ou San Severino, des gestionnaires de salles comme le Gibus, la Miroiterie ou le Bus Palladium, ou encore des disquaires comme ceux du magasin New Rose.
Au-delà des parcours particuliers qui m'ont permis de compléter ma culture musicale et de me replonger dans mes souvenirs de jeunesse, l'intérêt de ce livre, même si ce n'était pas forcément l'objectif de Pascal Pacaly, est de dresser un panorama de l'écosystème du rock underground et de son évolution, depuis l'âge d'or de la scène alternative des années 80 qui avait germé dans les squats parisiens. Et c'est de cet aspect là que je vais m'attacher à rendre compte ici.
Au milieu de cet écosystème précaire, on trouve évidemment les musiciens, de plus en plus nombreux. Paris est considéré comme un environnement très favorable pour y trouver des congénères et y fonder un groupe. Les frontières entre les familles musicales sont jugées moins étanches qu'autrefois. le livre fait un zoom sur quelques tribus particulières (la famille gothique, la famille métal…) mais le métissage musical est de plus en plus fréquent. L'expérience de quelques groupes occupant une niche spécialisée illustre le dilemme auquel ils doivent faire face : élargir l'audience et le succès au risque d'être plus exposés au phénomène de mode et de se couper du public d'origine, plus fidèle.
Autour des musiciens, on trouve les labels, chargés de la production et de la promotion de leurs artistes. Les années 80 ont vu naître deux labels emblématiques de la scène alternative : Boucherie Production et Bondage Records, qui travaillaient dans des conditions pour le moins artisanales à leur début. Peu à peu, les majors sont intervenus sur le marché alternatif et le maillage des petites structures s'est appauvri. Un autre dilemme du musicien apparaît en filigrane dans le livre : travailler avec un gros label qui apporte des moyens et de la notoriété ou rester dans un petit label, plus familial et chaleureux, ou bien encore rester indépendant. Au fil du temps la production est devenue de plus en plus accessible, notamment au moment de l'avènement du CD et de la numérisation. Et pour un groupe aujourd'hui la difficulté n'est plus d'entrer dans un studio et de produire du contenu mais elle est de se faire connaître, d'avoir accès aux média, d'être diffusé. La presse musicale spécialisée n'a plus son rayonnement des années 70. Les radios libres des années 80 sont rentrées dans le rang. Les grandes stations de radio ou chaînes de télévision n'ont plus d'émissions spécialisées comme celles présentées dans les années 70 par De Caunes (Chorus) ou Maneval (PO-GO). Les artistes sont donc massivement présents sur internet (Facebook, MySpace) mais cette prolifération sur le net fait qu'il est difficile de percer comme il est difficile pour le public de distinguer le bon du moins bon. Paradoxalement la désintermédiation introduite par internet accentue le déclin des labels, dont le rôle est néanmoins jugé par les acteurs du secteur comme indispensable pour faire émerger et promouvoir les groupes.
Autre évolution, conséquence du déclin du disque (même si les vinyles forment une niche en croissance et l'activité de disquaire a repris un peu du poil de la bête), l'économie de la musique repose de plus en plus sur le concert. Les acteurs sont ici les propriétaires de salles ou de bars et les organisateurs de concert, fonctionnant souvent sous forme d'association. le livre montre comment quelques musiciens cherchent à se dégager de cette contrainte en développant la polyvalence. Les cas de Seb le Bison ou de Davis Stygmate sont à cet égard exemplaires : ils peuvent être à la fois musicien, DJ, organisateur de soirées ou de concerts, patron de label, ingénieur du son. Se produire en concert reste néanmoins la clé de la survie pour un groupe. Et les musiciens se plaignent qu'il leur est de plus en plus difficile de trouver une salle en région parisienne alors que la province s'est couverte d'un réseau de lieux alternatifs et n'est plus un désert comparé à Paris. Même si les concerts n'ont plus le caractère aussi sauvage et violent que ceux des années 80, la pression du voisinage et de la réglementation posent des contraintes sur les lieux de concert. Les propriétaires ont parfois davantage le souci de la rentabilité économique que celui de la promotion de la musique. L'accès à une salle de concert offrant de bonnes conditions techniques est devenu sélectif alors que le nombre de groupes est de plus en plus élevé. Au travers des différents portraits, l'Est parisien, et Montreuil en particulier, apparaît comme le point névralgique de la scène musicale alternative parisienne.
Pascal Pacaly ne reconnaîtrait probablement pas son bébé à la lecture de mon commentaire qui ne restitue pas du tout l'esprit survolté et rock de l'écriture et des aventures des divers protagonistes évoqués dans le livre.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
pleasantfpleasantf   08 juillet 2018
(interview de Seb le Bison musicien et producteur)
Je crois que la percée de réseaux communautaires du style MySpace et maintenant Facebook, ont fait du mal à tous ceux qui étaient dans la production physique. Tout d'un coup, tout le monde pouvait communiquer sur ses productions, ce qui a rendu difficile le tri entre ce qui était réel (un vrai groupe qui se bouge pour exister, un vrai label qui essaie de sortir des disques...) et ce qui pouvait être furtif voire virtuel.
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