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Danièle Bondil (Traducteur)Pierre Bondil (Traducteur)
EAN : 9782743605254
379 pages
Payot et Rivages (03/09/1999)
4.38/5   16 notes
Résumé :

Bo Bradley se remet de la déprime consécutive à la mort de sa petite chienne, lorsqu'un patient est assassiné dans la maison de convalescence, située en plein désert californien, où elle reprend goût à la vie. Il s'agit d'une institution entièrement gérée par des Indiens qui mettent leur culture et leur organisation familiale et sociale au service des malades mentaux. Peu après, Bo doit pren... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Je veux saluer le courage de l'auteur, qui nous présente une héroïne hors norme, en proie à des troubles maniaco-dépressifs, qui lutte avec sa maladie et qui vit avec. Elle n'est pas la seule à souffrir de troubles psychiques, et nous allons voir dans ce quatrième tome à quel point cela peut être difficile.
Bo a rechuté, parce qu'elle a perdu sa compagne depuis dix-sept ans, sa chienne Mildred. Oui, elle est morte de vieillesse, oui, sa mort est "normale", mais Bo le vit mal et si ses proches l'aident, jamais ils ne lui reprochent d'avoir sombré. Dans l'établissement où elle est, elle croise d'autres patients, atteints d'autres pathologies. Ce que j'ai apprécié, parce que c'est rare dans un roman policier, c'est que l'on ne nous montre pas comment protéger la société des personnes atteintes de troubles mentaux, on nous montre comment permettre à ses personnes de vivre le mieux possible avec leur maladie dans le monde. Bo sait à quel point s'est difficile, c'est pour cette raison qu'elle sait ce qui peut attendre quelqu'un qui n'a pas reçu l'aide et le cadre adéquate pour parvenir à vivre avec.
Bo est plus forte qu'on ne le croit, parce que ses années de maladie, de traitement, de paroles aussi, franches, avec sa psychiatre, lui a fait gagner une grande lucidité, même quand elle est au fin fond de la dépression. Disons aussi qu'avec le temps - et un suivi étroit - le traitement qui l'aide à vivre est mieux ajusté. J'ai vraiment senti à la lecture du livre que l'auteur maîtrisait son sujet et avait des choses à nous dire sur ces personnes.
Et l'une d'entre elles est assassinée : Mort Walfman, un jeune homme qui était assez aisé parce qu'il était un acteur comique jouant dans des publicités grassement payées. Bo voyait en lui un frère, et elle est déterminée à découvrir qui l'a tué, et a trouvé un foyer pour Bird, son petit garçon. Problème : Mort a brouillé les traces, et retrouver sa famille est bien compliqué, mais pas impossible.
Oiseau de lune - titre qui, comme Petite tortue, fait référence à un enfant - nous plonge dans le joli monde des sociétés qui vendent la santé des gens, cherchent en s'enrichir le plus rapidement et le plus aisément possible, et tant pis pour les êtres humains que l'on sacrifie pour cela. Oh, pardon, ce ne sont pas les termes consacrés par ses entreprises, bien entendu.
Mais le roman nous entraîne plus loin encore, et nous montre à nouveau que la folie, ce terme médical, n'a rien à voir avec la perversion de certaines personnes. Je ne suis même pas sûre qu'il s'agisse du terme adéquat, cependant... les théories de ces personnes sont à chercher pas si loin que cela dans le passé. Ces personnes sont prêtes à les mettre en pratique : il faut toujours être vigilent, toujours.
Une série que j'apprécie énormément. Je cherche désormais à me procurer les tomes manquants.
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Voilà un polar qui sort des sentiers battus! Tout d'abord, l'enquêteur est une enquêtrice. Qui n'est ni flic, ni détective privée, car elle travaille au service de la protection de l'enfance. Et qui plus est, maniaco-dépressive.

Nous ne sommes pas à Chicago, New York, ou Los Angeles. Mais dans le sud de la Californie. Nous voyageons entre San Diego, petit paradis en bord de mer, et les réserves indiennes reléguées dans le désert, peuplé de serpents dangereux et de cactus encore plus redoutables. Les amoureux des chiens seront également séduits par certaines descriptions de la gent canine.

(Par curiosité je suis allée fureter sur le web, et j'ai découvert que la Californie est l'Etat où il reste le plus de ce que nous appelons "Indiens", et que nos amis États-uniens appellent natifs, ou peuples premiers.)

Le roman aborde beaucoup de thèmes: la culture indienne, la cupidité des firmes médicales, la paternité, la bio-éthique... Mais ce qu'il dépeint le mieux, c'est peut être ce que nous appelons la folie. Au final, la morale de l'histoire pourrait être la suivante: ceux que nous prenons pour des fous sont peut-être plus lucides et plus humains que les gens dits "normaux".

J'ai bien aimé aussi cette réflexion: si vous élevez vos enfants dans le luxe, cela produira soit de l'arrogance, soit de l'idéalisme...
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Troisième épisode des aventures de Bo Bradley. Toujours fascinée par l'univers de cet auteur, Abgail Padgett, et par son héroïne qui est tellement proche de la réalité. Toujours autant d'émotions, de suspense, de personnages attachants. A découvrir, en commençant par "L'Enfant du silence".
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« La vraie difficulté quand on avait une maladie mentale, se dit-elle, c'était d'arriver à fermer sa gueule. » (149)

Passé « Petite Tortue », un tome trois un chouia décevant par son manque de surprise et sa réutilisation d'éléments rodés, la dépression de Bo arrive à pic ! Elle introduit une gravité qui renouvelle le ton de l'auteur. C'est le roman de la maturité, plus concentré, plus solidement construit. Les pistes de lecture sont multiples et offrent une approche riche des thèmes qui constituent l'essence de la série : les cultures amérindiennes, les troubles psychiques, leur vécu au niveau individuel aussi bien que la perception et la gestion qu'en fait la société. La romancière développe de plus en plus l'idée que les personnes vivant avec un trouble psychique peuvent apporter une parole neuve sur la réalité, mais elle n'est ni attendue ni entendue. Un oiseau de lune fidèle à l'esprit généreux et lucide d'Abigail Padgett qui commence à acquérir la solidité des rochers du désert.

« Pendant un siècle, les Kumeyaays avaient survécu comme des lézards dans un environnement aride dont personne ne voulait. » (235)

Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Elle avait oublié que c'était l'automne ici. Un vrai automne où le spectacle et les senteurs des feuilles mourantes emplissaient l'air d'une splendeur courageuse et désespérée.
— Tout est éphémère, dit-elle au chauffeur.
— Oui, j'ai remarqué, répondit-il. Dites, c'est qui, ce type qu'on suit, votre mari?
— Non, c'est un Indien noir avec un gangster, ou du moins quelqu'un qui est soupçonné de l'être. L'Indien a peut-être tué un de mes amis. C'est important qu'ils ne nous voient pas.
Le conducteur frotta son nez bulbeux et couperosé avec son index.
— Des Indiens noirs? Des gangsters? Dites, madame, vous seriez pas cinglée, des fois?
— C'est une question qui est d'actualité, répliqua Bo, toujours hypnotisée par les feuilles. Mais ce n'est pas ça qui compte.
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Il n'existe aucun moyen pour arrêter de ressentir le manque d'un amour qui a disparu, Bo.
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