AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2743639350
Éditeur : Payot et Rivages (22/03/2017)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 15 notes)
Résumé :
On retrouve Schneider, le flic désabusé et sans prénom de La Mort dans une voiture solitaire et de Boulevard des allongés. Fanatique de Virginia Woolf et écorché vif, hanté par la mort d'une femme, l'inspecteur principal Schneider, chef du Groupe criminel hante la ville tel un fantôme à bord de sa Lincoln Continental. Il entretient des relations compliquées avec un « Monsieur Tom », ex-avocat d'Assises et homme d'affaires pas toujours recommandable. Il doit aussi en... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
filippo
20 juin 2017
« Profil perdu » est un polar, un vrai, procédurier, dans l'enfer d'un commissariat au milieu des flics qui se supportent, supportent leurs collègues, supportent leurs conditions de travail avec son cocktail de violence, de misère humaine, et de malheur et commandés à la brigade criminelle par Schneider, flic incorruptible, mais terriblement seul et implacable. Son côté "samouraï" de Melville interprété par Delon dans les années 60 et son aspect "Bayard sans peur et sans reproche" pourront un peu énerver certains lecteurs… ou pas. le roman est situé dans une ville de l'Est de la France en 1979, dans cette France de Giscard dont l'époque est bien rendue.
Le roman raconte avant tout l'enquête sur le meurtre d'un flic, crime qui prévoit la guillotine au coupable à l'époque et le déroulement est très réussi, avec moult investigations et sans réels coups d'éclat hollywoodiens dans une atmosphère très sombre atténuée par la rencontre entre Schneider et Cheroquee dans ce qui ressemble à un coup de foudre.
Manifestement, Hugues Pagan maîtrise son art et sa connaissance parfaite des milieux policiers permet une plongée très enrichissante dans l'univers des commissariats de police de la fin des années 70 tout en montrant les tourments de son héros dans un roman prenant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
monromannoir
06 mai 2017
C'était à la fin des années 90 que Hugues Pagan nous livrait son neuvième et dernier polar intitulé Dernière Station Avant l'Autoroute (Rivages 1997) avant de se tourner vers des activitiés plus lucratives telles que l'écriture de scénarios pour des séries comme Mafiosa, Un Flic et Police District. Après 20 ans d'absence, le retour de Hugues Pagan sur la scène littéraire constitue donc une belle surprise nous permettant de retrouver cette langue et cet état d'esprit si particuliers, propre aux flics, que cet ancien fonctionnaire de police était parvenu à restituer tout au long de son oeuvre et qui inspira par la suite bon nombre d'auteurs également issus des rangs de la grande maison ainsi que des réalisateurs comme Olivier Marchal avec qui il collabora régulièrement. Mais outre le language si atypique, on retrouve avec Profil Perdu, cette atmosphère de noirceur et de froideur conjuguée à l'ambiance amère d'un commissariat abritant les aléas de flics à la dérive et les intrigues de brigades rivales.
En 1979, on célèbre la fin de l'année comme on peut à l'Usine, surnom donné au commissariat de cette ville de l'est de la France. Bugsy, un dealer du coin se fait cuisiner par Meunier, un inspecteur des stups, au sujet d'une photo où figure une mystérieuse jeune femme. Schneider le responsable du Groupe criminelle contemple le parking qui se vide peu à peu avant d'entamer sa tournée nocturne avec son adjoint. Un début de nuit calme avant d'affronter les hostilités des fins de réveillons trop arrosés. Mais durant la nuit tout bascule. Pour Schneider c'est une rencontre en forme de coup de foudre avec la belle Cheroquee. Pour Meunier la nouvelle année s'achève rapidement. Il est abattu froidement par un motard alors qu'il faisait le plein dans une station service. Schneider et son équipe sont sous pression. Un tueur de flic c'est loin d'être une affaire ordinaire.
Parmi tous les policiers qui se sont lancés dans la littérature noire, Hugues Pagan se distingue par la qualité d'une écriture immersive teintées de résonnances poétiques permettant ainsi de découvrir les arcanes policières où évoluent des flics en bout de course qui travaillent à la marge et dont les destinées se révèlent bien trop souvent dépourvues de la moindre lueur d'espoir. Les enquêtes aux entornures incertaines servent de prétextes pour mettre en place les dérives de personnages aux lours passifs pour espérer une quelconque rédemption. Inexorablement, la balance penche vers une noire tragédie et malgré une trame policière, les récits de Hugues Pagan oscillent invariablement sur le registre du roman noir afin de mettre en scène toutes les vicissitudes de l'univers policier en révélant les antagonismes entre les différentes brigades ainsi que les excès de ces flics qui franchissent la ligne.
A bien des égards, on trouve dans l'oeuvre de Hugues Pagan l'ambiance lourde des films de Melville ou le climat oppressant des romans de Robin Cook avec cet aspect glacial qui habillent des personnages solitaires et mutiques évoluant dans un une dimension invariablement tragique. Avec Profil Perdu, on ne déroge pas à la règle et Hugues Pagan s'emploie à dresser un tableau réaliste et sans complaisance d'une équipe d'inspecteurs conduits par Schneider, un chef de groupe taciturne et sans illusion que l'on avait déjà croisé dans La Mort Dans Une Voiture Solitaire (Fleuve Noir 1982) et Vaines Recherches (Fleuve Noir 1984). En terme de temporalité, Profil Perdu se situe à une période antérieure aux deux opus précités et permet à l'auteur de s'attarder sur le portrait d'un flic saturé de désespoir en évoquant son passé et ses antécédants comme officier parachutiste engagé durant la guerre d'Algérie. L'auteur qui y est natif, en profite pour mettre en exergue les aspects troubles de ce conflit liés notamamnet à la pratique de la torture en expliquant ainsi l'aversion de Schneider pour les interrogatoires musclés que pratiquent certains de ses collègues. Dès lors, la traque d'un tueur de flic prend une tournure inatttendue lorsque ce policier désabusé entend dénoncer des inspecteurs tabassant un suspect peu coopérant sous l'oeil complaisant d'une hiérarchie inspirant méfiance et défiance. On le voit, Schneider devient l'archétype du flic rebelle qui ne croit à plus grand-chose hormis peut-être cette relation naissante avec Cheroquee, une belle jeune femme rencontrée lors de la soirée de nouvel an. C'est probablement la seule lueur d'espoir que l'on entrevoit tout au long de ce roman avec cette liaison quelque peu surannée qui convient parfaitement à l'état d'esprit de l'époque. Car Hugues Pagan parvient à diffuser par petites touches subtiles cette atmosphère propre aux débuts des années 80 que l'on décèle notamment au gré de dialogues solides et maitrisés permettant d'appréhender ce climat si particulier de la police.
Loin de céder au misérabilisme ou à la compassion et encore moins au sensationnalisme que l'on ressent parfois à la lecture de certains ouvrages rédigés par des policiers, Profil Perdu est un roman qui dégage un parfum agréablement rétro pour un récit au rythme paisible, presque hypnotique, ponctué de quelques coups d'éclat, comme autant de sursauts pour tenter de s'extirper de toute cette logique fatalement tragique. Entre une vision romancée et une représentation naturaliste de l'univers de la police, Hugue Pagan a choisi la voie médiane en revenant aux fondamentaux pour nous livrer un de ces grands polars qui rend hommage à tout ce que l'on apprécie dans la littérature noire française.
Hugues Pagan : Profil Perdu. Editions Rivages/Roman noir 2016.
A lire en écoutant : La roue du temps de Paul Personne. Album : A l'Ouest – Face B. XIII Bis Records 2011.
Lien : http://monromannoiretbienser..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Killing79
07 juillet 2017
Dans les années 80/90, Hugues Pagan s'était taillé une réputation de maître du roman noir. En quelques romans, il avait marqué les esprits et je voyais son nom circuler fréquemment dans la sphère des fans du genre. Ceux-ci ont dû prendre leur mal en patience parce qu'il leur aura fallu attendre vingt ans pour qu'enfin il dévoile sa dernière production. C'est donc avec une certaine gourmandise que j'ai saisi l'opportunité de m'aventurer dans une de ses oeuvres. Soyons direct ! Hugues Pagan m'a plus que rassasié.
Sous des apparences de polar classique, son histoire de flic creuse en fait beaucoup plus profond. On suit pas à pas le quotidien de représentants de la loi pendant une enquête dramatique. Une fois installé dans cette lecture, l'intrigue et ses investigations n'ont plus vraiment d'importance. On ne recherche pas non plus de rebondissements à répétition ou des révélations surprenantes. On veut juste se poser dans un coin du commissariat et participer à ce spectacle. Dès lors, seuls l'univers et les acteurs comptent.
Dans une atmosphère sombre, l'auteur a su percer les failles de ses protagonistes et de l'Homme en général. Grâce à l'intervention espiègle de Cherokee, il apporte un peu de scintillement et une antithèse au très funeste Schneider. Mais globalement le récit reste quand même dans une morosité constante qui envoûte le lecteur.
Hugues Pagan a enfanté une véritable perle de roman noir, doublée d'une histoire d'amour. Il a mis son écriture de très haut niveau, travaillée et incisive, au service d'une ambiance très réaliste. Grâce à son passé de flic, il a donné vie à des personnages crédibles d'une grande profondeur. J'ai été emballé par le monde qu'il a créé. Ce polar d'époque m'a prouvé qu'il est un grand écrivain dont la renommée n'est pas usurpée ! Je peux donc vous assurez que je lirai ses autres oeuvres, avec une priorité pour « La mort d'une voiture solitaire » qui est la suite chronologique de celui-ci.

Lien : https://leslivresdek79.wordp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Seraphita
30 mai 2017
Alors que s'achève l'année 1979 en ce soir de froid réveillon, la destinée d'un flic s'apprête à voler en éclat. Schneider, chef redoutable et redouté du groupe criminel, est chargé d'enquêter sur un braquage qui s'est soldé par la mort d'un inspecteur du groupe Stupéfiants, siégeant dans le même commissariat, surnommé « L'Usine ». L'enquête va le mener, tel un frêle esquif à la dérive, vers les remous d'un passé enfoui, d'autant qu'une jeune femme a fait une entrée aussi fracassante qu'inattendue dans son existence jusqu'ici sans contours…
Vingt ans après « Dernière station avant l'autoroute » (1997), oeuvre couronnée du Prix Mystère de la critique, Hugues Pagan revient au polar avec « Profil perdu ». L'énigmatique et redoutable Schneider transperce l'enquête de part en part, anti-héros d'une fiction fonctionnant, peut-être, comme un double en miroir de l'écrivain dont il s'efforce de dessiner les contours pour se donner forme. Sans conteste, l'auteur, qui exerça pendant 25 années dans la police, puise dans son expérience professionnelle non seulement le matériau de son intrigue mais aussi sa noirceur qui imprègne son écriture. Celle-ci oscille entre un désespoir sans fond, porté par des envolées poétiques, et un cynisme corrosif. Au centre de ce fil tendu entre deux abîmes, Schneider s'efforce de garder son équilibre, balloté par un vide intérieur et un passé qui l'alourdit ainsi que par une passion qui le dévore. Car Schneider le sait bien : risquer de s'attacher, c'est risquer de perdre et d'y laisser sa vie.
Même si l'enquête s'enlise parfois dans des longueurs chaotiques, même si parfois le désespoir itératif peut sembler lourd, l'auteur nous promène au long de fausses pistes pour faire éclore, à force de suspens et de rebondissements, une fin qui méritait la lecture et la découverte d'un style puissant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
montmartin
15 juillet 2017
Personne n'aime Schneider, c'est un policier froid, distant et silencieux. Ancien officier de l'armée française, il ne dort jamais, pas plus le jour que la nuit.
Avant de se reconvertir dans les affaires, monsieur Tom a été un grand avocat d'assises, il tient la ville dans sa main, il est président de la chambre de commerce et d'industrie.
Lors d'une petite partouze organisée par monsieur Tom, Schneider croise une jeune infirmière, mélange de sensualité brute et de candeur, " tout le monde m'appelle Cheroquee " lui a-t-elle glissé et Schneider aime déjà tout en elle.
Meunier est flic, il est solide, placide, et incapable de la plus petite forme de ressentiment. Minnie est juge des enfants, elle appelle Meunier son homme et leur bébé c'est le petit crapaud.
Bugsy est un dealer, quand il rigole, il pue de la bouche, une odeur de résidu de bidet.
Bugsy a la marotte de sortir la nuit pour photographier les putes et un soir, par hasard, il presse le déclencheur de son Nikon au moment où Meunier se fait flinguer.
Un polar comme on les aime, tous les ingrédients sont réunis pour se régaler : la rivalité entre les Stups et la Crim, les indics, les planques, les interventions au petit matin, les prostituées, les interrogatoires musclés, les toxicos, un suspect qui "s'allonge" un peu trop vite surtout que tuer un flic c'est "la bascule à charlot" (la guillotine) assurée, des pin-up accrochées aux murs, des flics ripoux, un légiste mélomane qui écoute Wagner quand il décalotte les crânes à la scie , les boeufs carottes, un cercueil miniature reçu par la poste, la guerre entre police et justice. L'auteur, ancien inspecteur de police, connait bien ce milieu et cela transpire à chaque page, tout parait vrai, l'histoire, les personnages, leur façon de parler et d'agir. Certains prétendent qu'Hugues Pagan est le meilleur auteur de romans noirs français, lisez ce roman et vous partagerez sans aucun doute cet avis.
Lien : http://notreavis.canalblog.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40

Les critiques presse (3)
LeFigaro14 avril 2017
Hugues Pagan, le grand du roman noir, revient après vingt ans de silence. Son talent n'a pas pris une ride.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde03 avril 2017
Profil perdu boucle superbement la boucle, en exhumant un épisode névralgique de la vie de l’auteur.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress27 mars 2017
Un roman sombre, mais qui transpire l'humanité. Ce qu'on fait de meilleur dans le genre.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
filippofilippo20 juin 2017
Au loin, le vraquier n'en finissait pas de peiner en direction du couchant, sur la ligne d'horizon, très basse, rectiligne et sans vie, et qu'on eût dite tracée d'un trait au crayon gras.
Commenter  J’apprécie          80
SeraphitaSeraphita29 mai 2017
Dans un coin, il y avait deux fauteuils en cuir, avec une table basse couverte de revues de la police nationale, ce que les flics appelaient le carré VIP du chef de la Sûreté. Manière y recevait régulièrement le beau monde et parfois des femmes du beau monde – ou du moins beau monde.
Manière croyait aux vertus du dialogue.
Schneider était convaincu de celles du silence. (p. 252.)
Commenter  J’apprécie          30
SeraphitaSeraphita27 mai 2017
Tendre ou dure, fervente ou lascive, la mer a toujours un vague arrière-goût de sel et de larmes et parfois son ressac fait-il jusqu’à l’estran et son feston d’algues sèches et de débris comme un incessant sanglot, ravalé à grand-peine.
Peut-être la mer se borne-t-elle à nous raconter de tristes et lentes histoires qui ont l’inconstance de l’espoir et l’indulgence de l’amnésie. Il arrive alors que le ciel et la mer, la mort et la nuit ne fassent qu’un – et les vivants avec. (p. 23.)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
SeraphitaSeraphita30 mai 2017
Pour traduire les déclarations des témoins, aussi bien que celles des suspects, les flics utilisent des termes et des formules qui leur sont propres et constituent des sortes d’automatisme. Elles ont pour effet de tendre entre la brutalité des faits et leur traduction sur le papier une sorte de décence involontaire qui, sans trahir les contours, tend à rendre les choses plus supportables. (p. 319.)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui23 mars 2017
La mer, quand elle le veut, peut être d’un noir d’ébène aux atours purement maléfiques. Elle peut venir de si loin, depuis si longtemps, que nul ne songerait plus à lui demander son titre de transport. Elle peut être d’une douceur et d’une tendresse presque infinies, bien plus vaste et troublante qu’un pauvre sourire arraché au passage aux lèvres désolées d’une mère inconnue. La mer était sans mémoire. De plus, personne ne savait au juste ce qu’elle voulait. Sa brusque rage était inépuisable, de même que son calme trompeur et sa capacité presque infinie de mensonge. Ce qu’elle savait, elle le taisait. La mer, aucun homme ne la connaissait, mais si elle n’avait pas existé, aucun homme ne serait un homme – un homme digne de ce nom.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Hugues Pagan (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hugues Pagan
Ex-inspecteur divisionnaire, scénariste et lauréat du Grand Prix de Littérature Policière : Hugues Pagan est sur le plateau de la Grande Librairie. 20 ans après la sortie de son dernier livre, il exhume dans « Profil perdu » (Rivages), un épisode névralgique de sa vie.
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1117 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre