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ISBN : 2743639350
Éditeur : Payot et Rivages (22/03/2017)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
On retrouve Schneider, le flic désabusé et sans prénom de La Mort dans une voiture solitaire et de Boulevard des allongés. Fanatique de Virginia Woolf et écorché vif, hanté par la mort d'une femme, l'inspecteur principal Schneider, chef du Groupe criminel hante la ville tel un fantôme à bord de sa Lincoln Continental. Il entretient des relations compliquées avec un « Monsieur Tom », ex-avocat d'Assises et homme d'affaires pas toujours recommandable. Il doit aussi en... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
monromannoir
06 mai 2017
C'était à la fin des années 90 que Hugues Pagan nous livrait son neuvième et dernier polar intitulé Dernière Station Avant l'Autoroute (Rivages 1997) avant de se tourner vers des activitiés plus lucratives telles que l'écriture de scénarios pour des séries comme Mafiosa, Un Flic et Police District. Après 20 ans d'absence, le retour de Hugues Pagan sur la scène littéraire constitue donc une belle surprise nous permettant de retrouver cette langue et cet état d'esprit si particuliers, propre aux flics, que cet ancien fonctionnaire de police était parvenu à restituer tout au long de son oeuvre et qui inspira par la suite bon nombre d'auteurs également issus des rangs de la grande maison ainsi que des réalisateurs comme Olivier Marchal avec qui il collabora régulièrement. Mais outre le language si atypique, on retrouve avec Profil Perdu, cette atmosphère de noirceur et de froideur conjuguée à l'ambiance amère d'un commissariat abritant les aléas de flics à la dérive et les intrigues de brigades rivales.
En 1979, on célèbre la fin de l'année comme on peut à l'Usine, surnom donné au commissariat de cette ville de l'est de la France. Bugsy, un dealer du coin se fait cuisiner par Meunier, un inspecteur des stups, au sujet d'une photo où figure une mystérieuse jeune femme. Schneider le responsable du Groupe criminelle contemple le parking qui se vide peu à peu avant d'entamer sa tournée nocturne avec son adjoint. Un début de nuit calme avant d'affronter les hostilités des fins de réveillons trop arrosés. Mais durant la nuit tout bascule. Pour Schneider c'est une rencontre en forme de coup de foudre avec la belle Cheroquee. Pour Meunier la nouvelle année s'achève rapidement. Il est abattu froidement par un motard alors qu'il faisait le plein dans une station service. Schneider et son équipe sont sous pression. Un tueur de flic c'est loin d'être une affaire ordinaire.
Parmi tous les policiers qui se sont lancés dans la littérature noire, Hugues Pagan se distingue par la qualité d'une écriture immersive teintées de résonnances poétiques permettant ainsi de découvrir les arcanes policières où évoluent des flics en bout de course qui travaillent à la marge et dont les destinées se révèlent bien trop souvent dépourvues de la moindre lueur d'espoir. Les enquêtes aux entornures incertaines servent de prétextes pour mettre en place les dérives de personnages aux lours passifs pour espérer une quelconque rédemption. Inexorablement, la balance penche vers une noire tragédie et malgré une trame policière, les récits de Hugues Pagan oscillent invariablement sur le registre du roman noir afin de mettre en scène toutes les vicissitudes de l'univers policier en révélant les antagonismes entre les différentes brigades ainsi que les excès de ces flics qui franchissent la ligne.
A bien des égards, on trouve dans l'oeuvre de Hugues Pagan l'ambiance lourde des films de Melville ou le climat oppressant des romans de Robin Cook avec cet aspect glacial qui habillent des personnages solitaires et mutiques évoluant dans un une dimension invariablement tragique. Avec Profil Perdu, on ne déroge pas à la règle et Hugues Pagan s'emploie à dresser un tableau réaliste et sans complaisance d'une équipe d'inspecteurs conduits par Schneider, un chef de groupe taciturne et sans illusion que l'on avait déjà croisé dans La Mort Dans Une Voiture Solitaire (Fleuve Noir 1982) et Vaines Recherches (Fleuve Noir 1984). En terme de temporalité, Profil Perdu se situe à une période antérieure aux deux opus précités et permet à l'auteur de s'attarder sur le portrait d'un flic saturé de désespoir en évoquant son passé et ses antécédants comme officier parachutiste engagé durant la guerre d'Algérie. L'auteur qui y est natif, en profite pour mettre en exergue les aspects troubles de ce conflit liés notamamnet à la pratique de la torture en expliquant ainsi l'aversion de Schneider pour les interrogatoires musclés que pratiquent certains de ses collègues. Dès lors, la traque d'un tueur de flic prend une tournure inatttendue lorsque ce policier désabusé entend dénoncer des inspecteurs tabassant un suspect peu coopérant sous l'oeil complaisant d'une hiérarchie inspirant méfiance et défiance. On le voit, Schneider devient l'archétype du flic rebelle qui ne croit à plus grand-chose hormis peut-être cette relation naissante avec Cheroquee, une belle jeune femme rencontrée lors de la soirée de nouvel an. C'est probablement la seule lueur d'espoir que l'on entrevoit tout au long de ce roman avec cette liaison quelque peu surannée qui convient parfaitement à l'état d'esprit de l'époque. Car Hugues Pagan parvient à diffuser par petites touches subtiles cette atmosphère propre aux débuts des années 80 que l'on décèle notamment au gré de dialogues solides et maitrisés permettant d'appréhender ce climat si particulier de la police.
Loin de céder au misérabilisme ou à la compassion et encore moins au sensationnalisme que l'on ressent parfois à la lecture de certains ouvrages rédigés par des policiers, Profil Perdu est un roman qui dégage un parfum agréablement rétro pour un récit au rythme paisible, presque hypnotique, ponctué de quelques coups d'éclat, comme autant de sursauts pour tenter de s'extirper de toute cette logique fatalement tragique. Entre une vision romancée et une représentation naturaliste de l'univers de la police, Hugue Pagan a choisi la voie médiane en revenant aux fondamentaux pour nous livrer un de ces grands polars qui rend hommage à tout ce que l'on apprécie dans la littérature noire française.
Hugues Pagan : Profil Perdu. Editions Rivages/Roman noir 2016.
A lire en écoutant : La roue du temps de Paul Personne. Album : A l'Ouest – Face B. XIII Bis Records 2011.
Lien : http://monromannoiretbienser..
+ Lire la suite
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BMR
08 avril 2017
Coup de coeur de BMR et de MAM pour ce polar français : Profil perdu de Hugues Pagan, un ancien flic qui a troqué son flingue contre un stylo et qu'on n'avait pas vu dans les vitrines des libraires depuis de nombreuses années (il écrivait beaucoup pour la télé).
Un excellent polar à la française qui nous change des américains ou des nordiques. Une élégance un peu sèche, un parfum un peu rétro (façon années 90), des personnages bien dessinés, une intrigue bien noire et un ton bien désabusé, une prose bien soignée et des dialogues bien tournés, qui nous prennent pour ne plus nous lâcher.
Inutile de vous dire que l'on va très vite repartir 20 ans en arrière pour découvrir les bouquins précédents de cet élégant vieux monsieur tout de noir vêtu.
Lien : http://bmr-mam.blogspot.fr
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Matatoune
26 avril 2017
Désolée, mais je n'ai pu dépasser la vingtième page...
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Les critiques presse (3)
LeFigaro14 avril 2017
Hugues Pagan, le grand du roman noir, revient après vingt ans de silence. Son talent n'a pas pris une ride.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde03 avril 2017
Profil perdu boucle superbement la boucle, en exhumant un épisode névralgique de la vie de l’auteur.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress27 mars 2017
Un roman sombre, mais qui transpire l'humanité. Ce qu'on fait de meilleur dans le genre.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui23 mars 2017
La mer, quand elle le veut, peut être d’un noir d’ébène aux atours purement maléfiques. Elle peut venir de si loin, depuis si longtemps, que nul ne songerait plus à lui demander son titre de transport. Elle peut être d’une douceur et d’une tendresse presque infinies, bien plus vaste et troublante qu’un pauvre sourire arraché au passage aux lèvres désolées d’une mère inconnue. La mer était sans mémoire. De plus, personne ne savait au juste ce qu’elle voulait. Sa brusque rage était inépuisable, de même que son calme trompeur et sa capacité presque infinie de mensonge. Ce qu’elle savait, elle le taisait. La mer, aucun homme ne la connaissait, mais si elle n’avait pas existé, aucun homme ne serait un homme – un homme digne de ce nom.
+ Lire la suite
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rkhettaouirkhettaoui23 mars 2017
Les flics appellent ça la fouille du détenu. Pour fouiller un type, on commence par le faire mettre à poil, lever les bras et se tourner, il doit se pencher en avant et pousser en toussant, des fois que le type se serait planqué quelque chose dans le cul. Naturellement, les choses peuvent facilement revêtir un tour humiliant.
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BMRBMR09 mai 2017
[...] Il avait cessé de longue date d’essayer de comprendre Schneider. Personne de sensé ne pouvait comprendre Schneider. Tout au plus pouvait-on deviner sans trop de risque de se tromper qu’un jour ou l’autre, pour une raison ou pour une autre, l’inspecteur principal Schneider avait cessé d’avoir une existence propre.
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rkhettaouirkhettaoui23 mars 2017
L’amour peut parfois revêtir le tour d’une bouleversante alchimie, dès lors qu’on décide de ne plus le considérer comme une simple discipline gymnique.
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rkhettaouirkhettaoui23 mars 2017
Le temps parfois s’étire comme un élastique qu’on tend devant sa figure, et ne tarde jamais à vous revenir en pleine gueule.
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