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EAN : 9782846820844
144 pages
P.O.L. (22/08/2005)
3.8/5   44 notes
Résumé :
Le Tiroir à cheveux raconte l’histoire d’une très jeune femme et de ses deux enfants dont l’un, Pierre, est handicapé, retardé à la suite d’un accident cérébral. Cela se déroule dans une petite ville du Sud. Le père de la jeune femme est gendarme. Très jeune elle a été enceinte, une première fois, puis une deuxième. C’est, comme on dit, une mère célibataire. C’est parce qu’elle a voulu cacher sa première grossesse puis retarder au maximum le moment d’aller à l’hôpit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Une très belle écriture
pour ce recit hyperréaliste
au ras d'un quotidien
sans beaucoup de pâquerettes.
Fille unique d'un gendarme ,
elle fuit cet univers réglementé .
Elle zone, elle buissonne les cours de coiffure.
Elle vit en meute, en couple,
le plus souvent dans la violence.
Elle se raccroche éperdument aux cheveux .
Elle les brosse, les masse, les chignonne,
les lave,les tresse, les couette, les respire, les admire...
Toujours avec elle, des mèches doudoux, grigris.
Les deux enfants de cette mère courage désemparée
ont une merveilleuse chevelure.
Surtout celle de Pierre, l'aîné,
qui lui fait presque oublier ses lourds polyhandicaps.
C'est une histoire étrange et attachante
qui nous prend dans ses rets.



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La narratrice est une jeune fille à peine majeure et occupée par deux enfants qu'elle a maladroitement mis au monde. A la dérive et fugueuse sur les bords, elle se mêlait à des bandes de jeunes, des garçons parfois.

Mais sa première grossesse niée et cachée à ses parents ainsi qu'à son copain, se termine à l'hôpital en catastrophe. Catastrophe, oui, une césarienne s'impose mais elle a 15 ans. Il faut appeler les parents en plein nuit pour autoriser une césarienne. Ce temps trop long est fatal au bébé. Pierre sera handicapé. Exit le 1e copain et père du bébé..

La mère de l'adolescence va le prendre en partie en charge. La jeune fille à la dérive travaille dans un salon de coiffure. Elle est obsédée par les cheveux. Ceux de Pierre, son enfant et celui plus tard de Titouan, son second bébé conçu à la sauvette avec on ne sait trop qui.

Comment appréhender la vie avec 2 enfants en bas âge, du haut d'un appartement minuscule au 5e étage, sans
avoir assez de ressources ?

Ce roman court est l'histoire d'une adolescente à la dérive, sans repères et qui se raccroche à une mèche de cheveux comme un doudou.

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C'est l'histoire d'une toute jeune femme, (c'est elle qui raconte) qu'on croise dans les rues du village, poussant dans sa poussette un garçon aux yeux vides, qui bave et ne sourit jamais, qu'elle a eu à 15 ans,et traînant un plus petit tout sourire. Tous deux ont une longue chevelure parce qu'elle est apprentie coiffeuse, et aime les cheveux. C'est la fille du gendarme, celle qui a fait pas mal de bêtises quand elle était jeune, en a récolté ces deux petits, et tente, dans une solitude têtue et revendiquée, de se les approprier avec douceur, croisant parfois sa voisine, une jeune femme brune et qui lit, parfois une vieille femme prête à la confidence , ou un vieil homme amusé .

Il n'y a aucune démonstration là-dedans, juste une histoire âpre et douce, à l'écriture singulière, d'une fille qui s'en sort mieux qu'on le penserait , grâce à une fierté mêlée d'intelligence affective et émotionnelle.
Et c'est là que la voisine croisée de-ci de-là avec ses livres , image sans doute d'Emmanuelle Pagano, prend toute sa valeur : ne se demande t'elle pas si ce n'est pas la jeune femme qui a raison, volant de ses deux ailes bancales ? On se doute que sur la durée, la jeune femme ne gagnera pas, notre monde n'est pas fait pour accueillir la bonne volonté et l'amour des exclus, mais sur l'heure, elle avance, et elle donne.
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Une jeune de 20 ans, fille de gendarme en province, nous livre petit à petit son histoire: enceinte à 15 ans d'un enfant handicapé faute d'avoir tarder à se présenter à la maternité, elle a dût subir une césarienne en urgence. Trois ans plus tard elle a un deuxième enfant sans savoir qui est le père. Elle n'a pas fait d'études, renonçant à passer son CAP de coiffure, elle travaille dans un salon où elle s'occupe des shampoing et du ménage. Cette histoire pourrait ressembler à une sordide histoire pleine de pathos mais sous la plume d'Emmanuelle Pagano, l'histoire est belle, on suit les cheminements de pensée de cette jeune femme, qui outre son attirance pour les cheveux, analyse l'amour qu'elle porte à ses enfants. C'est un personnage très digne qui refuse de se faire plaindre.
Elle s'affirme à la fin du récit lorsqu'elle refuse la place que sa mère a trouvé dans un institut spécialisé pour son fils aîné...
Grâce aux conseils d'une collègue j'ai découvert un excellent auteur!
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C'est l'histoire d'une jeune femme, fille de gendarme dans une petite ville du sud de la France. Elle tombe enceinte à 14 ans, cache sa grossesse, se bande le ventre et son enfant naît handicapé. A trois ans, Pierre ne se tient pas assis, ne marche pas, ne parle pas, et on ne sait pas s'il entend ni si il voit. La jeune maman ne s'occupe pas de son enfant lors de ces premières années, et ses parents ont la tutelle de l'enfant. A 18 ans elle tombe à nouveau enceinte, et cette fois elle affiche sa grossesse. Son deuxième fils, Titouan est le bonheur de sa vie. Après les années collège, elle se fait embaucher comme apprentie coiffeuse. Elle essaie d'élever ses deux fils comme elle peut, avec ses modestes revenus. Sa mère lui conseille de placer Pierre dans une maison spécialisée pour enfants handicapés, ce que la jeune maman refuse.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
J’ai les mains dans cette chevelure mixte (grasse sur le crâne, sèche au niveau des pointes), je rajoute du shampoing. Je rince et la vieille peau se détend, l’eau est à la bonne température, le mouvement de mes mains si doux, elle n’aura rien à redire. Il ne faut pas qu’elle ait à redire. Ce n’est pas n’importe qui, mais la femme du docteur. Une des plus fidèles clientes du salon. Elle est friquée. Les cheveux sont raides, filasse, abîmés. J’aime le contact des cheveux, même gras, raides, fatigués. Je fais un deuxième lavage pour éliminer l’excès de sébum. Je positionne le bout de mes doigts sur le haut de la tête, la pulpe attentive, presque attentionnée, et je commence par masser doucement le front. Je sais qu’en dessous des pensées tournent et retournent. Cette femme n’a jamais travaillé, elle s’ennuie à cent à l’heure. Elle vient pour dépenser son argent de poche, et recueillir des morceaux de vies, des rognures.
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Elle continue sa lamentation, on dirait qu’elle se berce de choses tristes. Les vieux ils aiment bien se plaindre. Ils aiment pleurer aussi. Elle me décrit cet espèce d’ennui dans lequel on nous laisse nous les vieux les vieilles plusieurs jours, plusieurs semaines. Elle me détaille leur vie neutre, insipide. Elle me parle du jardin, vous savez où ils sont les jardins, sur les berges, après la passerelle. Il y passait ses soirées, le pauvre homme. À rien faire, rien du tout, à mesurer des yeux la hauteur des haies de bambou.
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Au salon quand même je me sens utile. J’aide pour le ménage, je shampouine, je peigne d’épaisses tignasses, je lisse des lignes blondes, la règle des cheveux soyeux est un brossage bien fait. Je prends mon temps. Je fais des mèches au pinceau, parfois des couleurs entières, de larges boues violettes où mes gants transparents passent et repassent. J’aime bien les matières comme ça, gluantes, terres humides, avec des odeurs prononcées, plus ou moins naturelles. J’aime malaxer, pétrir. Je suis toujours volontaire pour épiler à la cire, même les vieilles peaux. J’aime toucher. La patronne ça l’arrange, elle trouve ça ingrat. Je crois qu’elle aime pas trop les vieux. Moi non plus mais bon.
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Les cheveux de Pierre sont très différents. À force de frottements, ils se croisent et ne se démêlent plus. J’ai renoncé à le peigner matin et soir. Ils sont si fins si longs, il faut y passer des heures. Les blonds (lumineux) se mélangent et forment une sorte de cannage brouillon, pas tout à fait des dreads encore, les blonds dorés se faufilent sur et sous les blonds nacrés. Les couleurs de ses cheveux sont pleines de nuances. J’adore les reflets dans son cou quand je le soulève pour le porter jusqu’à son lit (on passe devant la porte-fenêtre, où le soir baisse la lumière, mon appartement est silencieux et ses cheveux bougent).
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J’attendais mes règles, et le matin je mettais un protège-slip au cas où. Le soleil couchant me tirait aux cuisses, aux bras. J’étais en jupe, en écartant ma culotte je fourrais discrètement mes doigts entre les lèvres pour vérifier, je les portais à mon nez, mais non. Alors je suis restée là, blottie dans la dune, je fumais, et puis non, la cigarette m’a donné envie de vomir, et en me penchant pour l’écraser je l’ai senti. J’ai senti comme une petite lune d’air se promener dans mon ventre, se tourner, se retourner, j’ai passé ma main là où ça bougeait. J’ai compris, sans comprendre tout à fait.
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Vidéo de Emmanuelle Pagano
Emmanuelle Salasc - Ni de lait ni de laine - éditions P.O.L Où Emmanuelle Salasc - qui s'est appelée Emmanuelle Pagano - tente de dire de quoi et comment est composé son recueil de nouvelles "Ni de lait ni de laine" et où il est notamment question de l'écriture de textes courts, du je et du nous, du il et du elle, de familles dysfonctionnelles et d'autobiographie, d'identification aux personnages et de non fiction, de la parution en "formatpoche de '"Nouons nous", -et où Emmanuelle Salasc lit la nouvelle "A trottinette"-, à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Ni de lait ni de laine", à Paris le 17 avril 2024
"La famille, tout le monde en a une, même ceux qui n'en ont pas, même ceux qui en ont plusieurs. La famille, c'est l'endroit au monde où on est le plus aimé, le plus haï, le plus protégé, le plus violenté, le plus soutenu, le plus abandonné, le plus nié, le plus encouragé, le plus cajolé, le plus admiré, le plus dénigré, le plus compris, le plus incompris. La famille est un superlatif. On y est seul, on y est nombreux."
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