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EAN : 9782818035566
208 pages
P.O.L. (05/02/2015)
3.89/5   27 notes
Résumé :
«En altitude, les sources naissent des roches. Lorsque les ruisseaux se calment, se rejoignent ou s'élargissent, ils deviennent des rivières. Plus larges sont les rivières, plus lent est leur courant, mais les accidents du relief et la débâcle accentuent leurs emportements. La pierre millénaire et le bâti des hommes compliquent et asservissent le parcours de l'eau, jusqu'au fleuve. Sur les rives, la plage et le moulinage abritent la mémoire de la famille. Bousculée ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
On retrouve dans ce premier opus de la trilogie qu'Emmanuelle Pagano a commencé à écrire, les motifs qui structurent son univers littéraire : les hauts plateaux de l'Ardèche, les pays froids qu'elles habitent et la vallée de l'Ardèche, les pays chauds dans lesquels elle descend par obligation. Et pour relier ces lieux , la rivière, la Ligne qui d'un torrent ,devient un fleuve qui s'étiole en bas. Elle aime également pénétrer des milieux, des métiers à la marge très techniques qui révèlent une dextérité, une sensualité et qui se rattachent intimement à la nature. Si elle a exploré le travail de sécurisation de falaises, comme l'ancrage de confortement des falaises en bord de route, afin d'éviter les risques d'éboulements (dans Les Adolescents troglodytes),la castanéiculture, culture, récolte, transformation de la châtaigne (Les Mains Gamines), dans ce roman elle s'intéresse à la sériciculture c'est à dire l'élevage du ver à soie qui est lui-même la chenille d'un papillon, le Bombyx mori et à sa transformation en fils dans des filatures. Certes, cette technique appartient à un temps révolu mais elle fait partie intégrante de l'histoire de son pays d'Ardèche. Cette évocation technique permet à l'héroïne de nous présenter son arrière grand-père Alex qui travaillait dans ce domaine, c'est aussi l'occasion pour l'héroïne de nous parler de son propre fils, la filiation passant symboliquement par ce fil de soie (ce fil de soi), par la rivière La Ligne qui mène à la plaine où vit son fils, mais la filiation entre cet ancêtre et son fils vient aussi des mots que l'héroïne trouve pour évoquer ces deux hommes alternativement dans son roman, des mots communs et puis ce mot fils ambivalent , pouvant se prononcer de deux façons.
La trame narrative est que cette mère a laissé presque mourir son fils de déshydratation à l'âge de trois ans donc on lui en a enlevé la garde,il vit chez son père et sa belle-mère.Comme si la destinée de cette femme n'était liée qu'à l'absence ou à la présence de l'eau. Elle a du mal à communiquer avec son fils. Elle occupe son temps à faire des photos de son univers, des chemins qu'elle emprunte,des routes qu'elle parcourt , mais cela n'intéresse personne ou presque.Et lorsqu'on l'appelle à l'hôpital , en bas dans la plaine, car son fils a fait un coma éthylique, ses souvenirs lui reviennent...Elle remonte le fil de l'eau, le fil du temps. Elle parle d'Alex, son arrière grand-père, le fils Ligne (du nom de la rivière) orphelin qui a épousé la fille du moulinier sans amour,plutôt choisi par elle qui voulait diriger la Fabrique. Véritable maîtresse des lieux, elle n'aura qu'un enfant (le grand-père de la narratrice) qui vivra sous sa coupe mais ce fils imposera au monde qui l'entoure despotisme et violence à son tour. Ce grand-père prendra la bonne pour maîtresse parce que c'est plus pratique, sera le nouveau maître des lieux, commençant à introduire les fils de soie artificielle. Il détestera sa fille (la mère de la narratrice) qui partira définitivement à 16 ans s'installant dans une vallée voisine dans un village hippie: la narratrice naîtra.
C'est l'eau qui relie ces mondes, physiquement et temporellement,remonter son cours , c'est remonter le temps. C'est l'eau qui symbolise la vie,le sang qui coule dans les veines , les veines ,ces vallées ,celle de la Ligne et celle De La Baume dans la plaine. On retrouve cette omniprésence de l'eau,un motif récurrent chez Emmanuelle Pagano qui a un haut pouvoir sensuel, rappelant le désir, l'étreinte sexuelle dans l'Absence d'Oiseaux d'eau.
Si la narratrice devient photographe,c'est pour témoigner de la rivière,de ses rives et de ses habitants ,ceux que l'on ne voit pas,c'est pour témoigner du passage du temps, sans doute peut-on y voir une similitude avec l'écriture telle que la conçoit Emmanuelle Pagano : l'importance de l'écriture sensuelle, certes, mais aussi l'écriture documentaire où les termes techniques, géographiques dominent. Ils expliquent un savoir-faire ancestral mais les mots techniques existent aussi par leurs sonorités, leur place dans de longues énumérations:
La fabrique m'étourdit. Bobines, chaîne ourdie,patron, article confectionné, étoffe, pétrole raffiné, polymères, élasthanne, polyamide, filature, moulinage, texturation, guipage, ourdissage, tissage, teinture, ennoblissement, tous les finissages, émerisage, enduction, blanchiment, impression, plissage, apprêts, calandrage, application de poils projetés imitant le velours…
Roman sonore donc , aussi, on entend le bruit de l'eau:
On entendait l'eau.
On entendait, assises contre la roche, la rumeur de la rivière comme celle de la mer dans les coquillages collées aux oreilles. Lorsque l'eau disparaît, son absence nous éblouit, c'est une disparition en blanc, en clair dans les creux, les dédales déshydratés s'éclairent de lits de craie, les cascades minérales, à peine grisées dans le paysage, rayent les pentes, tout dit l'eau disparue. J'essaie parfois de prendre des photos de cette eau évaporée, cette eau spectrale. Cet été-là, la chienne et moi, mous ne la voyions pas seulement, nous prétendions l'entendre, dans les craquements des sols amplifiés par les pavillons naturels des baltes. Nous avions repris notre marche, en sens inverse, et, dévalant avec nous la pente vers le soir, l'eau fantôme partout s'abîmait et chantait faux. le sol grinçait et gerçait. Nous courions dans les lézardes vocales que nos pas ravivaient.
Roman tactile où les mains s'abîment dans des bassines :
A l'aide d'une poêle trouée, elles prenaient environ cinq cents grammes de cocons secs amenés dans de grands paniers, et les jetaient dans des bassines en cuivre contenant de l'eau portée à quatre-vingt degrés. Les mains encore gamines s'abîmaient au contact des cocons ébouillantés. Elles devaient s'occuper de plusieurs bassines, alignées sur des structures en fonte.

où l'eau du soir caresse :
Lorsque la nuit n'est pas encore entière, l'eau est déjà égale et sombre sur la plage. D'habitude, où il y a l'eau la lumière luit plus longtemps, mais ce soir la rivière est noire avant la terre, noire avant les berges, elle ne prolonge pas le jour. Et très insuffisantes sont les loupiotes des lucioles à son bord. La rivière ne renvoie aucun reflet, ni d'étoiles ni de lune, pourtant le ciel en est maintenant plein, de lumières de nuit, pourtant l'eau n'est pas emportée, elle est lisse et plate. L'eau est une ombre dans l'ombre de la vallée, une nuit plus grave dans la nuit. Et puis, quelque chose se passe, une martre ouvre la nuit dans l'eau. Son corps brun est à peine visible, et les bruits de sa nage plongent sous les sillons qu'elle dessine à la surface de la nuit. C'est une brasse si veloutée et si surprenante que nous la contemplons jusqu'au bout. Elle dure, elle remonte le courant, elle remonte les âges. Dans cette parenthèse ouverte, nous nous déshabillons de tout, et j'ai l'impression que nous n'existons plus, mon fils et moi, qu'enlacés dans la nage de la martre qui noie nos regards dans son sillage de douceur au milieu de l'eau noire. Je nous sens dilués, prêts à la suivre, prêts à nager ensemble derrière et vers elle,vers l'obscurité. Nous entrons. Chaque bras est un dessin de cette parenthèse, chaque bras levé commence et finit le geste d'oubli de l'autre, celui qui retombe, nous nageons deux dans la trace mobile de l'animal, juste avant qu'elle ne soit engloutie. Deux à deux, lui et moi. La nuit de la rivière nous invite nus, et se referme.

Cette écriture sensuelle nous immerge, on sent l'eau s'ouvrir sur sa peau, on ressent la nuit et l'eau qui nous étreignent…
Lien : https://deslivresetvous81.wo..
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Emmanuelle Pagano est encore peu connue et je ne connais presque rien de son CV. Pourtant, j'avais été époustouflé par son roman "L'absence d'oiseaux d'eau", remarquable à tout point de vue. C'est pourquoi j'ai voulu récidiver dans ma découverte et j'ai lu ce premier volet d'une trilogie, qui se présente comme une biographie familiale.
L'auteure évoque le fondateur de sa lignée, son arrière-grand-père nommé Alex (dont l'origine est restée inconnue); il s'est fixé dans la région qui, à l'époque, vivait surtout de la soie. D'ailleurs, cette industrie, ainsi que les conditions de travail des ouvriers, sont minutieusement décrites et j'ai trouvé ça très intéressant. Toutefois, ce sont les personnages qui ont la première place dans ce roman. L'auteure fait des allers-retours entre le passé (Alex, et dans une moindre mesure le grand-père) et le présent: elle-même, qui rend visite à l'hôpital à son fils de 18 ans, victime d'un coma éthylique. Ce fils, elle l'avait laissé se déshydrater peu après sa naissance, et son mari en avait obtenu la garde après leur divorce. le personnage du narrateur est complexe et presque insaisissable. Mais dans le roman il n'y a pas beaucoup d'action, pas beaucoup d'anecdotes, pas de volonté d'être exhaustive. E. Pagano désire surtout dépeindre des impressions, des sentiments, des instants de vie - toujours avec beaucoup de nuances et en touches délicates. Par ailleurs, le thème de l'eau, déjà très développé dans le roman que j'avais lu précédemment, se retrouve ici aussi. Tout ça fait une prose délicate, parfois poétique, empreinte d'esprit féminin.
Reste pour moi une question, que je m'étais déjà posée après avoir achevé "L'absence d'oiseaux d'eau": quelle est la part autobiographique dans ce livre ? s'agit-il seulement d'un exercice d'écriture - réussi ? (j'ai quand même noté que l'auteure est née en Aveyron qui, je pense, n'a pas été précisément un pays de sériciculture). Au fond, je crois que ma question n'a pas vraiment d'importance...
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Il s'agit du premier tome de la trilogie des Rives parue chez P.O.L.

Je l'ai lu.
J'ai eu du mal et pourtant ce roman n'est pas franchement long.

couv12811944Les paysages me plaisent : cette fureur de rivière, ses berges, son histoire et ses habitants. J'aime cette ruralité douce.
Je voudrais me fondre doucement dans les passages estivaux : envie d'être à cette fête, envie de profiter de l'eau fraîche, de la musique et de sa raisonnance.
Le cadre gagne en réalité de page en page, s'assoit, se déploie, s'installe.
C'est beau.

Profondément évocateur.

MAIS la narratrice,
cette photographe ratée, perdue, qui se noie toute seule dans sa rivière à force de ressassement et de nostalgie. Moi je n'ai pas pu suivre.

J'aurais bien aimé qu'elle m'entraîne dans l'histoire sociale de cette usine qui a forgé sa famille et en grande partie sa vie, que son lien avec ce fils qui déclenche le récit, qui rythme sa vie, renoue tout ce blabla sur la psychologie familiale enfouie.
Je me suis ennuyée, j'étais déçue à chaque fois qu'elle recommençait à parler et me détournait du personnage de son grand père et du décor. Elle ne s'en détache pas pour moi, elle reste une coquille vide ballottée en tous sens sans parvenir où que ce soit.
Franchement ça m'est égal, je n'ai pas trouvé l'envie de savoir ce qui pouvait lui arriver.

Heureusement pour moi ce n'est qu'une question de sujet : l'écriture est superbe ! Elle nous offre des fulgurances poétiques sur la région, sur la nature ; elle est fluide et coule à merveille (ce qui tombe bien pour parler de courant aqueux !).
J'espère retenter avec un autre roman de cette auteure un de ces jours.
Pas tout de suite, parce qu'il me faut du temps pour en avoir de nouveau envie, mais je sais que ça arrivera !

Mais sans doute pas avec les deux tomes suivants de cette trilogie, sauf si on me convainc qu'ils n'ont vraiment rien à voir avec celui-ci.
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Un garçon déposé par l'exil au bord de la Ligne y fondé une lign?e, d'ouvriers en soie puis d'industriels du textile. Son arrière petite fille, descendante sinon héritière, cherche à  renouer les fils. D'une poésie précise, le texte va de soie à soi, de fil en fils, pour dire l'eau inexorable et la soif inextinguible. J'aime autant la précision sensible  appliquée aux conditions de travail des ouvrières et des enfants, que je n'avais jamais si bien comprise en lisant le rapport de Villermé, que la recherche intime de sens qui mène de la Ligne, des Ligne de pères en fils, aux lignes du roman dont la narratrice ne sait "que" prendre des photos, figer le mouvement, clicher le temps". Elle "documente" sa vie et la vie du Parc naturel dont les hommes protègent la faune et la flore de l'eau ; elle tisse les fils généalogiques et l'évolution du textile, du moulinage traditionnel aux tissus "intelligents".

Les titres de chapitre forment un poème en soi, à mon sens, des "clous précieux" qui retiennent le tissu texte, selon l'image de Proust. On imagine Emmanuelle Pagano construire son texte à partir des mots du tissu et de leur polysémie, exploiter le paradigme en quelque sorte, mais c'est un texte sensible et profond, quasi universel sur la filiation et sur la difficult? d'etre mere au bout d'un lignage sans amour.
J'ai hâte d'aborder le deuxième volet de la trilogie et puisque le dernier vient de paraître, d'aller jusqu'à l'embouchure.
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Ce roman est le premier d'une trilogie, la « Trilogie des rives » et j'y retrouve l'écriture poétique, fluide, musicale de l'auteur qui nous emmène encore dans son pays ardéchois mais cette fois sous le signe de l'eau et des fils (au double sens du pluriel de « fil » et du « fils »). Dès le premier chapitre, elle met en place les thèmes, pose des jalons, tout dans la nuance et l'implicite et peu à peu, lentement, l'histoire va se déployer.

Les chapitres alternent entre l'histoire présente de la narratrice, plus tout à fait jeune femme mélancolique et rêveuse qui se rend au chevet de son fils au début du roman, arrivé en urgence à l'hôpital pour un coma éthylique, et l'histoire de sa famille, depuis l'arrière-grand-père, Alexandre Ligne, jusqu'à elle-même. Histoire liée à la rivière, la Baume, dont l'eau alimente les fabriques de soie. Dans Les mains gamines, on apprenait beaucoup sur la culture des châtaignes, ici c'est dans le monde de la fabrication de la soie qu'Emmanuelle Pagano nous entraîne, les gestes des fileuses, les détails parfois étonnants de la culture de ces vers à soie, dont les cocons mûrissaient parfois dans les corsages des femmes et qu'il fallait ensuite ébouillanter vivants, en se brûlant.

Il faut accepter de se laisser emporter dans cette langue somptueuse et poétique, épouser les méandres d'une histoire qui avance au gré des mouvements de l'eau et d'une musique tout particulière.

le personnage de la narratrice, photographe, est très attachant, et son lien avec son fils qui a failli mourir de déshydratation tout bébé, dont elle a été tôt séparée par un père qui a un peu vite placé toute la faute sur la mère, est rapporté de manière très juste et sensible. Par exemple, elle raconte qu'elle prend des photos sur le trajet lorsqu'elle va chercher son fils, un week-end sur deux, et qu'elle le ramène. Ces photos "qui étaient faites, précisément, sur le temps des parenthèses, le temps du petit voyage vers ou depuis la ville, mes photos parenthèses qui contenaient entre elles ma vie toute rétrécie de maman" . On retrouve le thème de la relation mère-fils, ses ambiguïtés, ses difficultés, ses failles et ses fulgurances, au centre du Tiroir à cheveux.

Encore un gros coup de coeur qui confirme toute l'admiration que j'ai pour cet auteur.
Lien : https://dautresviesquelamien..
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critiques presse (3)
Liberation
04 mai 2015
Son écriture ici fait penser aux cocons de soie, de l’aérien compressé, avec des bouts de propos rapportés comme mangés par la phrase déroulant la narration.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs
06 mars 2015
Il faut aller à la ligne et à la Ligne pour retrouver ce fil et voir aussi paraître, sous les regards «noyés» d’une mère et d’un fils, la martre providentielle, celle qui «ouvre la nuit dans l’eau» et nage vers l’origine à contre-courant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama
18 février 2015
Sensible à la porosité et à la minéralité des êtres, la romancière a toujours réussi à dire la colère, l'humiliation, la honte, sans cri, sans rage. Comme son personnage qui prend des « stocks de silence dans la cuisine » avant le lever du jour, elle a l'art d'infiltrer son texte de gouttes de silence, qui lui donnent relief et équilibre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
L'eau n'est pas forcément offensive, elle est enfermée. On la dit véhémente et tempétueuse, mais on ne dit jamais la violence des rives, leurs contraintes, l'autorité des canaux, des dérivations, des ponts, des digues, des écluses, des chenaux, des béals.
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Depuis toujours, l’eau est un apaisement, elle porte les corps et les délivre du poids, elle berce les peines en coulant. Petite fille, j’aimais tellement rester au bord de la rivière qui emportait mes tourments.
(...)
Je ne sais pas, s’il faut trier, entre les souvenirs de la Baume et ceux de la Ligne, entre ma mémoire et celle d’avant moi, s’il faut choisir entre avoir peur et être soulagée.
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J'aime ce son particulier de l'eau gravissant les marches après la porte à marée de la cave, ça résonne. Je descends à la cave pour écouter la Baume monter.
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Alex lui montrait le marcheur de l'eau, le cincle plongeur, perché sur un rocher au milieu du torrent, qui, guettant une petite proie, agitait sa tête. Ils attendaient le moment où l'oiseau pêcheur descendrait pour marcher dans le lit nerveux de la Ligne, dansant face au courant, sa queue épousant l'onde comme celle d'un hydroplane, pour maintenir fermement ses pattes sur le fond.
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Elle savait qu'il existe des soies sauvages, crachées par des larves de papillons non domestiqués, de la soie d'araignée ou même de coquillage, la soie de mer, faite avec la barbe arrachée d'une grande nacre appelée la Pinna nobilis, puis cardée et filée jusqu'à devenir des cheveux dorés.
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Vidéo de Emmanuelle Pagano
Emmanuelle Salasc - Ni de lait ni de laine - éditions P.O.L Où Emmanuelle Salasc - qui s'est appelée Emmanuelle Pagano - tente de dire de quoi et comment est composé son recueil de nouvelles "Ni de lait ni de laine" et où il est notamment question de l'écriture de textes courts, du je et du nous, du il et du elle, de familles dysfonctionnelles et d'autobiographie, d'identification aux personnages et de non fiction, de la parution en "formatpoche de '"Nouons nous", -et où Emmanuelle Salasc lit la nouvelle "A trottinette"-, à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Ni de lait ni de laine", à Paris le 17 avril 2024
"La famille, tout le monde en a une, même ceux qui n'en ont pas, même ceux qui en ont plusieurs. La famille, c'est l'endroit au monde où on est le plus aimé, le plus haï, le plus protégé, le plus violenté, le plus soutenu, le plus abandonné, le plus nié, le plus encouragé, le plus cajolé, le plus admiré, le plus dénigré, le plus compris, le plus incompris. La famille est un superlatif. On y est seul, on y est nombreux."
+ Lire la suite
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