AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2877065111
Éditeur : Editions de Fallois (25/08/2004)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 673 notes)
Résumé :
Au village des Bastides Blanches, on hait ceux de Crespin. C'est pourquoi lorsque Jean Cadoret, le Bossu, s'installe à la ferme des Romarins, on ne lui parle pas de la source cachée.

Ce qui facilite les manœuvres des Soubeyran, le Papet et son neveu Ugolin. qui veulent lui racheter son domaine à bas prix...

Jean de Florette (1962), premier volume de L'Eau des collines, marque, trente ans après Pirouettes, le retour de Pagnol au roman.... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  04 juillet 2014
Le vieux Pique-Bouffigue est mort. Il s'est fendu le crâne en tombant d'un arbre – dit-on – et personne dans le petit village des Bastides Blanches ne regrettera la présence de cet asocial grossier et querelleur. Au contraire, certains pourraient même s'en réjouir car le vieux laisse derrière lui une très belle terre arrosée par une source cachée dans les massifs de thym. Et cette jolie petite terre ferait bien l'affaire des Soubeyran, la famille le plus aisée de la région, dont le dernier descendant, Ugolin, s'est mis en tête de débuter le commerce des oeillets, entreprise lucrative mais très coûteuse en eau. Certes, la terre revient aux héritiers de Pique-Bouffigue, mais ceux-ci sont des parisiens et probablement peu désireux d'aller se perdre au fin fond de la Provence…
Manque de chance, l'héritier en question, Jean Cadoret, est un original, un amoureux de la Nature frustré dans son travail peu reluisant de percepteur des impôts. Non seulement il refuse de vendre le terrain mais décide de s'y installer avec sa femme et sa fillette pour y commencer un ambitieux programme d'élevage de lapins ! Si César Soubeyran, « le Papet » de la famille, ne doute pas de l'échec du projet du « fada » citadin, il n'en grince pas moins des dents et décide d'aider le sort en bouchant discrètement la source du terrain avec son neveu Ugolin. Pas de source, pas d'eau. Pas d'eau, pas de lapins. Pas de lapins et au diable les parisiens ! Mais Jean Cadoret s'obstine : malgré la sécheresse et l'hostilité des villageois, il lutte pour réaliser son rêve et se tue à la tâche, sans comprendre que ses malheurs ne viennent pas tant de la rigueur des éléments que de la froide et calculatrice méchanceté des hommes.
Je reconnais avoir commencé ce roman avec une vision un brin condescendante de l'oeuvre de Marcel Pagnol… Je l'ai tant de fois entendu présenter comme le chantre de la Provence, l'amoureux des champs verdoyants et du chant des cigales, que je m'attendais à lire un roman gentiment bucolique, un poil passéiste et dégoulinant de bons sentiments. Et j'ai le plaisir de dire que je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'au coude ! Déjà, pas de longues descriptions lyriques chez Pagnol, comme on aurait pu légitimement s'y attendre : la Provence est bien présente, mais seulement comme un arrière-plan aux apparences idylliques dont la beauté fait ressortit par contraste la mesquinerie des comportements humains.
Car ils ne sont pas très aimables, les paysans de Pagnol… Rudes, égocentriques, d'une méfiance paranoïaque envers les étrangers, capables d'une cruauté étonnante par bassesse ou pure indifférence, ils n'inspirent guère la sympathie au premier abord. On est très loin d'une vision paradisiaque de la campagne et de ces joyeux habitants ! le personnage de Jean est traité avec plus de douceur, malgré sa naïveté presque agaçante, et sa foi profonde en la bonté de ses semblables ne peut que susciter la pitié, surtout quand on voit comment cette foi est récompensée. Loin d'être un joli conte pour enfant, « Jean de Florette » est donc un roman plutôt dur, lucide mais sans férocité sur la nature humaine, et qui prendra même des airs de tragédie grecque dans sa suite directe, « Manon des Sources ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          271
sylvaine
  21 octobre 2016
La Provence, Aubagne, la garrigue, le soleil , l'accent du Sud …la langue de Marcel Pagnol chante , les phrases coulent comme l'eau de la source et voilà justement que ne ferait on pas pour récupérer coûte que coûte la source du voisin ? Les Bastides, un village au-dessus d'Aubagne en guerre depuis des générations avec ceux de Crespin. La famille Soubeyran , c'est César le Papet ,vu son âge il pourrait être le grand-père de tous , et Ugolin le neveu , qui vit seul dans son mas de Massacan mais quand Papet a parlé Ugolin obtempère ...Alors penser! quand Pique-Bouffigue passe l'arme à gauche , Papet s'interroge sur le devenir de la ferme des Romarins . La ferme ne vaut pas tripette mais tout le monde –ou presque- a oublié que dans le pré il y a une source et Dieu seul sait que l'eau cela vaut de l'or. Alors quand le neveu de Pique-Bouffigue , Jean de Florette, un bossu, vient s'installer avec femme et fillette dans la ferme avec des projets plein la tête , le Papet n' est pas content mais n'est pas né celui qui empêchera le Papet de faire se qu'il a décidé…surtout que c'est un gars qui vient de Crespin alors pensez donc !
Ne pensez surtout pas que ce roman est un roman à l'eau de rose où fleurent bons la lavande, la sarriette ou le romarin. Pas du tout, c'est un roman du terroir, un roman âpre, dur, où les hommes s'escriment, triment du matin au soir souvent pour bien peu. Pagnol a écrit ce roman bien longtemps après avoir réalisé son film Manon des sources, il y dresse le portrait de personnages à première vue drôles et cocasses, mais on s'aperçoit bien vite de leur dureté, de leur âpreté au gain qui les font agir comme des monstres . » D'avoir bouché la source c'est pas criminel : c'est pour les oeillets. Mais si à cause de çà, il y avait des morts, eh bien peut-être qu'après nous n'en parlerions pas, mais nous y penserions. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
Gwen21
  06 janvier 2016
Époustouflant roman, magistral récit !
Dans les collines d'Aubagne recuites au soleil ardent du Sud, entre les pinèdes et les oliveraies, dans les parfums de la sèche garrigue, le village des Bastides Blanches cache de son mieux ses maisons et ses fermes. L’ancestral terroir est impénétrable au progrès, aux étrangers et à tout ce qui n'est pas issu de ses traditions et de son sol. Or vint à passer un homme de la ville, Jean Cadoret, bossu, utopiste, entreprenant, différent. Ses intérêts - pourtant bien légitimes puisqu'il hérite de sa propriété - créent un conflit d'intérêt avec son voisin Ugolin qui rêvait de faire main basse sur ses champs. Un conflit sourd et muet, qui croît dans l'ombre du secret et dans le mystère du crime, un conflit entretenu par une ambition tenace et une soif de richesse aussi chimérique que malhonnête.
Connaissant l'histoire avant de débuter ma lecture, je ne m'attendais absolument pas à être entraînée dans un tel tourbillon d'émotions ni à ressentir une telle angoisse, digne d'un bon polar. Pagnol est un formidable conteur qui, d'une plume simple et concise, donne vie à un incroyable décor, à des personnages à la réalité palpable et à la vraisemblance troublante.
Le duo formé par Jean et Ugolin est tout simplement hypnotisant. A l'instar de la relation entre Abel et Caïn, leur fraternité de dupes frappe le lecteur au cœur, lui qui voudrait pouvoir crier à l'injustice et prévenir l'homicide mais qui reste impuissant à changer l'âme humaine comme à gouverner les éléments naturels.
Un chef d'oeuvre.

Challenge ABC 2015 - 2016
Challenge Multi-Défis 2016
Challenge PAVES 2015 - 2016
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          294
M_a_r_c
  19 mars 2019
Considéré seul, sans le rattacher à Manon Des Sources, Jean de Florette est avant tout le roman de la terre. Une terre dure, âpre. Une terre que seuls les hommes à la peau et au coeur brûlés par l'implacable soleil du Midi parviennent à apprivoiser.
Lorsque le vieux Pique-Bouffigue meurt, arrive aux Romarins, un mas perdu dans la garrigue, son héritier, Jean Cadoret. Accompagné de sa femme Aimée et de leur petite fille Manon, le fils de Florette a pour projet de transformer la propriété en un vaste élevage de lapins devant faire leur fortune en quelques années. Une idée un peu folle que ce citadin désireux de se rapprocher de la nature tire de ses livres et qui contrarie les projets de César Soubeyran, qui avait lui comme intention de racheter ces terres et d'y laisser Ugolin, son neveu et seul parent, y cultiver des oeillets.
Bossu, Jean de Florette ne manque ni de courage ni d'optimisme. Ses premières réussites, sa science, ses idées novatrices, qu'il oppose à la « routine » paysanne, agacent le Papet et Ugolin. Mais c'est sans compter sans un bien plus précieux que l'or dans ces collines aride et qui conduira Jean et sa famille à leur ruine. L'eau. Une eau qui ne tarde pas à manquer, la citerne se vidant rapidement au gré des indispensables arrosages et qu'il faut alors aller chercher à la source du Plantier, à plus d'une heure de route, Jean chargé d'une grosse dame-jeanne en équilibre sur sa bosse, l'ânesse de quelques bidons, sans compter l'une ou l'autre vaine cruche entre les mains fragiles d'Aimée et de Manon.
Car malgré l'apparente bienveillance qu'il témoigne à ses nouveaux voisins, Ugolin ne leur a rien dit de la source qui coule sur leurs terres et grâce à laquelle ils pourraient si facilement irriguer leurs cultures au lieu de s'épuiser en d'innombrables trajets jusqu'au Plantier. Patiemment, Ugolin – ainsi que son oncle, mais celui-ci à bonne distance – voit les efforts de Monsieur Jean, comme il se plaît à l'appeler, réduits à néant par un été tardif mais suffoquant. Et les deux hommes d'attendre que le soleil fasse s'évanouir les rêves de fortune du bossu en même temps que s'évaporent les dernières gouttes d'eau au fond de la citerne des Romarins. Afin de profiter de cette désolation et de racheter, pour une bouchée de pain, le mas de feu Pique-Bouffigue, que son neveu n'a pas tardé à suivre en terre, le cou brisé par un éclat de la roche qu'il voulait dynamiter pour creuser le puit qui, croyait-il, allait les sauver.
Roman de la terre donc, Jean de Florette met en scène des paysans du sud de la France au coeur sec comme la terre qu'ils cultivent. Des gens pour qui l'autre est souvent l'ennemi, à qui on ne parle pas, à qui on ne donnerait un conseil pour rien au monde et dont on regarde la chute sans bouger, parfois en attendant d'en profiter. Si, par leurs actes, le Papet et Ugolin se trouvent au premier rang des accusés, des coupables même, viennent immédiatement derrière eux des coupables par omission, les habitants du village, qui ont laissé cet « étranger » se tuer à la tâche sur les terres dont il avait hérité, simplement parce qu'il était originaire d'un village voisin, ennemi et qu'il était bossu.
Mais Jean de Florette n'est pas qu'un roman « paysan », il est aussi, comme premier volume de L'Eau Des Collines, le prélude à la tragédie grecque qui se dénouera avec une violence inouïe dans Manon Des sources.
Lentement, Marcel Pagnol met place, dans Jean de Florette, les éléments qui permettront au drame de se jouer et à l'implacable fatalité de s'accomplir. Des éléments qu'il sème subrepticement ici et là, qui n'interpellent pas à la première lecture, mais qui, lorsque l'on connait Manon, sont tout sauf anodins.
Je déborde cependant de la critique de Jean de Florette en allant trop dans cette direction. Retour au roman et à ses personnages dès lors. Qui forment une galerie assez manichéenne à première vue. Ugolin et son oncle sont fourbes, impitoyables. Les habitants du village sont aussi coupables qu'eux de laisser faire sans intervenir. Tandis que Jean, déterminé et courageux, ne peut se voir reprocher que sa naïveté. Qu'il paiera au prix fort.
Les portraits sont pourtant loin d'être aussi peu nuancés, si ce n'est pour le Papet, dont seul le dénouement de Manon Des Sources ébranlera l'insensibilité. Ugolin, lui, est aveuglé par l'argent qu'il pourrait gagner en cultivant des oeillets aux Romarins, mais il est surtout faible, totalement soumis à son oncle. Sa sympathie pour la famille Cadoret, simulée aux débuts, finit par devenir bien réelle et ce n'est que sous l'emprise de César qu'il acceptera d'aller jusqu'au bout de leur machination. Les habitants du village aussi, hésitent, notamment le menuisier, qui ne gardera finalement le silence qu'à cause de sa femme (ha, les femmes…), parce qu'on ne se mêle pas des affaires des autres.
De l'autre côté du tableau, Jean de Florette devra sa perte à la cupidité des Soubeyran, certes, mais aussi à l'aveuglement dans lequel le plonge sa naïveté. Une naïveté teintée d'un voile de suffisance, sinon de mépris à l'égard de ces habitants des campagnes auxquels il oppose la science de ses livres. Sa femme, Aimée, artiste un peu détachée des réalités, s'aveugle aussi à sa manière, un peu prétentieuse. Elle rappelle par certains traits la mère d'Isabelle, l'amour de jeunesse de Marcel Pagnol dans ses souvenirs d'enfance.
Même si d'autres coeurs sont purs, comme Baptistine et Giuseppe, on retrouve là certaine ambiguïté indispensable au déroulement de la tragédie classique qu'est L'Eau Des Collines. Une tragédie qui verra d'abord souffrir ceux qui, à défaut d'innocence, ne sont pas véritablement coupables. Ensuite, le destin déchaînera une violence bien plus grande contre les vrais pécheurs, qui seront inexorablement rejoints par leurs forfaits et broyés par les conséquences de ceux-ci.
Mais l'écriture de Marcel Pagnol n'est pas seulement douloureuse dans Jean de Florette. Si elle met en exergue la noirceur de coeur d'un certain monde paysan de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, elle chante aussi la Provence, la garrigue, cette terre chère à l'auteur, qu'il avait déjà si bien racontée dans ses souvenirs d'enfance.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Rouletabille
  22 mai 2013
J'avais amorcé cet hiver la lecture de "la gloire de mon père" par défaut, ce livre étant posé depuis si lontemps dans la bibiothéque familiale, persuadé que j'étais de la ringardise de Pagnol. Terrible erreur, résultat j'ai enchaîné les 4 opus des souvenirs d'enfance avec un grand plaisir et me voila maintenant à poursuivre l'oeuvre de Pagnol avec l'eau des collines.
On retrouve ainsi la même ambiance des souvenirs, la Provence, sa nature, ses cigales. le côté authentique du Sud est encore davantage prononcé dans Jean de Florette avec le recours fréquent à un vocabulaire typiquement marseillais, les fadas peuchère couillons reviennent régulièrement dans le récit.
Pagnol a un petit côté Voltaire et son celèbre "il nous faut cultiver notre jardin". En effet, ce Jean percepteur de ville choisit par le biais d'un héritiage d'oser l'aventure de l'agriculture au coeur des collines. La nécessité de trouver une harmonie entre l'Homme et la nature est un message plus que jamais d'actualité, les préoccupations liés à la richesse absolue que constitue l'eau nous rappelle la précarité de nos existences, la necessité de proteger cette ressource qui devrait être la cause de futurs conflits.
Mais malgré le bonheur de Jean avec cette vie à la campagne, son entreprise est bien compliquée à développer. Pagnol rappel avec talent la dépendance absolue des paysans au début du 20e siècle à la météo. Pagnol nous livre aussi un hymme au courage lié à la difficulté des travaux agricoles, une vie consacrée au travail jusqu'à l'épuisement, le côté têtu obstiné du paysan ressort avec brio.
Ugolin et son oncle le papet pense eux avoir trouver la solution miracle pour faire fortune avec la culture de fleurs. Mais ils ont besoin des terres de jean. Ugolin et sa simplicité, son faible niveau d'instruction donnent des moments savoureux de naiveté, de tendresse mais aussi de manipulations pour arriver à ses fins. Les dialogues font souvent mouche, comme par exemple lorsque Ugolin apprend à son interlocuteur la mort d'un villageois :
" Massacan n'est pas là ?
Oh ! non dit ugolin.
Et où est il ?
Au cimetière.
Et qu'est ce qu'il est allé faire là-bas?
Il est allé faire le mort, dit ugolin. Depuis 10 ans".
C'est juste magistral, typiquement le genre de dialogue qui m'éclate.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   17 mars 2019
Et bien voilà : après avoir beaucoup travaillé - je parle du travail de l'esprit - après avoir longuement médité et PHILOSOPHE, je suis arrivé à la conclusion irréfutable que le seul bonheur possible c'est d'être un homme de la Nature. j'ai besoin d'air, j'ai besoin d'espace pour que ma pensée se cristallise. Je ne m'intéresse plus qu'à ce qui est vrai, sincère, pur, large, en un seul mot, l'AUTHENTIQUE, et je suis venu ici pour cultiver l'AUTHENTIQUE. J'espère que vous me comprenez ?

Oui, dit Ugolin. Évidemment.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122
HarioutzHarioutz   17 mars 2019
-Et où est-il ?

-Au cimetière.

-Et qu'est-ce qu'il est allé faire là-bas ?

-Il est allé faire le mort.
Commenter  J’apprécie          30
Lorraine47Lorraine47   09 avril 2013
Galinette, attention! Il faut pas faire confiance aux bossus! Ils sont toujours plus malins que nous! (...) Et qu'est-ce qu'il veut planter?
- Des légumes, de la vigne, du blé, et surtout, il dit qu'il va cultiver des lotantiques! Des lotantiques partout! Qu'est-ce que c'est?
- Ça doit être une plante qui pousse dans les livres... Je vois ça d'ici.
Commenter  J’apprécie          520
Bill_VeuzayBill_Veuzay   10 avril 2011
"Baptistine, ma bien-aimée, c'est ici que j'habite depuis deux ans. Je ne sais pas qui c'est le maître de cette vieille bergerie : personne ne m'a jamais rien demandé. J'y suis venu parce que c'était commode pour mon travail, et puis, ça faisait des économies. Mais j'ai l'agent pour acheter une maison au village : regarde."
Il alla plonger son bras dans un trou de la roche, et il en retira un très petit sac de toile, étroit comme un tuyau. En le tenant par un bout, il le secoua au-dessus de la couverture, et des pièces d'or tombèrent. Baptistine joignit les mains, en extase.
"Il y en a soixante-deux, dit Giuseppe. C'est à coups de hâche que je les ai faites, et maintenant, elles sont à toi. Je n'ai pas acheté la maison parce que c'est la femme qui doit choisir. Alors, voilà ce que je te dis : si tu veux, nous habiterons ici, jusqu'à ce que tu aies le premier mal au coeur. Alors, à ce moment-là, tu iras choisir au village. Ça, c'est mon idée. Mais si cette grotte ne te plaît pas...
- Ô Giuseppe, dit Baptistine, pour moi, le palais du Roi, c'est une grotte, et pour moi, cette grotte, c'est un palais d'or et de marbre. Mais ne me parle plus : j'ai été ta fiancée pendant cinq ans, et ta femme vierge pendant deux ans... Viens vite, que je sois mariée !"
Et elle avait arraché sa robe, et elle l'avait mordu à la bouche, et ils étaient restés dans ce palais ; ils y étaient restés toutes ces années, parce que le mal au coeur du matin n'avait jamais voulu venir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          91
gteisseire2gteisseire2   27 juillet 2010
-Et où est-il ?
-Au cimetière.
-Et qu'est-ce qu'il est allé faire là-bas ?
-Il est allé faire le mort.
Commenter  J’apprécie          1100
Videos de Marcel Pagnol (87) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marcel Pagnol
Avant de siéger parmi les Immortels, Pagnol l'avait déjà compris : « Les bavards sont ceux qui vous parlent des autres. Les raseurs sont ceux qui vous parlent d'eux-mêmes. Ceux qui vous parlent de vous sont de brillants causeurs. »
Les citations, extraits ou scènes d'anthologie rassemblés ici par Nicolas, son petit-fi ls, ravivent d'un trait d'esprit un monde aujourd'hui disparu et nous laissent le sourire aux lèvres.
Où nous trouver ? Facebook : https://www.facebook.com/rlaffont Twitter : https://twitter.com/robert_laffont Instagram : https://instagram.com/robert_laffont/ Pinterest : https://fr.pinterest.com/robertlaffont/
+ Lire la suite
autres livres classés : provenceVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

L'univers de Pagnol

Quel est le nom de la mère de Marcel Pagnol?

Marie
Augustine
Rose
Il n'a pas de mère

9 questions
74 lecteurs ont répondu
Thème : Marcel PagnolCréer un quiz sur ce livre
.. ..