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ISBN : 2877065111
Éditeur : Editions de Fallois (25/08/2004)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 651 notes)
Résumé :
Au village des Bastides Blanches, on hait ceux de Crespin. C'est pourquoi lorsque Jean Cadoret, le Bossu, s'installe à la ferme des Romarins, on ne lui parle pas de la source cachée.

Ce qui facilite les manœuvres des Soubeyran, le Papet et son neveu Ugolin. qui veulent lui racheter son domaine à bas prix...

Jean de Florette (1962), premier volume de L'Eau des collines, marque, trente ans après Pirouettes, le retour de Pagnol au roman.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  04 juillet 2014
Le vieux Pique-Bouffigue est mort. Il s'est fendu le crâne en tombant d'un arbre – dit-on – et personne dans le petit village des Bastides Blanches ne regrettera la présence de cet asocial grossier et querelleur. Au contraire, certains pourraient même s'en réjouir car le vieux laisse derrière lui une très belle terre arrosée par une source cachée dans les massifs de thym. Et cette jolie petite terre ferait bien l'affaire des Soubeyran, la famille le plus aisée de la région, dont le dernier descendant, Ugolin, s'est mis en tête de débuter le commerce des oeillets, entreprise lucrative mais très coûteuse en eau. Certes, la terre revient aux héritiers de Pique-Bouffigue, mais ceux-ci sont des parisiens et probablement peu désireux d'aller se perdre au fin fond de la Provence…
Manque de chance, l'héritier en question, Jean Cadoret, est un original, un amoureux de la Nature frustré dans son travail peu reluisant de percepteur des impôts. Non seulement il refuse de vendre le terrain mais décide de s'y installer avec sa femme et sa fillette pour y commencer un ambitieux programme d'élevage de lapins ! Si César Soubeyran, « le Papet » de la famille, ne doute pas de l'échec du projet du « fada » citadin, il n'en grince pas moins des dents et décide d'aider le sort en bouchant discrètement la source du terrain avec son neveu Ugolin. Pas de source, pas d'eau. Pas d'eau, pas de lapins. Pas de lapins et au diable les parisiens ! Mais Jean Cadoret s'obstine : malgré la sécheresse et l'hostilité des villageois, il lutte pour réaliser son rêve et se tue à la tâche, sans comprendre que ses malheurs ne viennent pas tant de la rigueur des éléments que de la froide et calculatrice méchanceté des hommes.
Je reconnais avoir commencé ce roman avec une vision un brin condescendante de l'oeuvre de Marcel Pagnol… Je l'ai tant de fois entendu présenter comme le chantre de la Provence, l'amoureux des champs verdoyants et du chant des cigales, que je m'attendais à lire un roman gentiment bucolique, un poil passéiste et dégoulinant de bons sentiments. Et j'ai le plaisir de dire que je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'au coude ! Déjà, pas de longues descriptions lyriques chez Pagnol, comme on aurait pu légitimement s'y attendre : la Provence est bien présente, mais seulement comme un arrière-plan aux apparences idylliques dont la beauté fait ressortit par contraste la mesquinerie des comportements humains.
Car ils ne sont pas très aimables, les paysans de Pagnol… Rudes, égocentriques, d'une méfiance paranoïaque envers les étrangers, capables d'une cruauté étonnante par bassesse ou pure indifférence, ils n'inspirent guère la sympathie au premier abord. On est très loin d'une vision paradisiaque de la campagne et de ces joyeux habitants ! le personnage de Jean est traité avec plus de douceur, malgré sa naïveté presque agaçante, et sa foi profonde en la bonté de ses semblables ne peut que susciter la pitié, surtout quand on voit comment cette foi est récompensée. Loin d'être un joli conte pour enfant, « Jean de Florette » est donc un roman plutôt dur, lucide mais sans férocité sur la nature humaine, et qui prendra même des airs de tragédie grecque dans sa suite directe, « Manon des Sources ».
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sylvaine
  21 octobre 2016
La Provence, Aubagne, la garrigue, le soleil , l'accent du Sud …la langue de Marcel Pagnol chante , les phrases coulent comme l'eau de la source et voilà justement que ne ferait on pas pour récupérer coûte que coûte la source du voisin ? Les Bastides, un village au-dessus d'Aubagne en guerre depuis des générations avec ceux de Crespin. La famille Soubeyran , c'est César le Papet ,vu son âge il pourrait être le grand-père de tous , et Ugolin le neveu , qui vit seul dans son mas de Massacan mais quand Papet a parlé Ugolin obtempère ...Alors penser! quand Pique-Bouffigue passe l'arme à gauche , Papet s'interroge sur le devenir de la ferme des Romarins . La ferme ne vaut pas tripette mais tout le monde –ou presque- a oublié que dans le pré il y a une source et Dieu seul sait que l'eau cela vaut de l'or. Alors quand le neveu de Pique-Bouffigue , Jean de Florette, un bossu, vient s'installer avec femme et fillette dans la ferme avec des projets plein la tête , le Papet n' est pas content mais n'est pas né celui qui empêchera le Papet de faire se qu'il a décidé…surtout que c'est un gars qui vient de Crespin alors pensez donc !
Ne pensez surtout pas que ce roman est un roman à l'eau de rose où fleurent bons la lavande, la sarriette ou le romarin. Pas du tout, c'est un roman du terroir, un roman âpre, dur, où les hommes s'escriment, triment du matin au soir souvent pour bien peu. Pagnol a écrit ce roman bien longtemps après avoir réalisé son film Manon des sources, il y dresse le portrait de personnages à première vue drôles et cocasses, mais on s'aperçoit bien vite de leur dureté, de leur âpreté au gain qui les font agir comme des monstres . » D'avoir bouché la source c'est pas criminel : c'est pour les oeillets. Mais si à cause de çà, il y avait des morts, eh bien peut-être qu'après nous n'en parlerions pas, mais nous y penserions. »
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Gwen21
  06 janvier 2016
Époustouflant roman, magistral récit !
Dans les collines d'Aubagne recuites au soleil ardent du Sud, entre les pinèdes et les oliveraies, dans les parfums de la sèche garrigue, le village des Bastides Blanches cache de son mieux ses maisons et ses fermes. L’ancestral terroir est impénétrable au progrès, aux étrangers et à tout ce qui n'est pas issu de ses traditions et de son sol. Or vint à passer un homme de la ville, Jean Cadoret, bossu, utopiste, entreprenant, différent. Ses intérêts - pourtant bien légitimes puisqu'il hérite de sa propriété - créent un conflit d'intérêt avec son voisin Ugolin qui rêvait de faire main basse sur ses champs. Un conflit sourd et muet, qui croît dans l'ombre du secret et dans le mystère du crime, un conflit entretenu par une ambition tenace et une soif de richesse aussi chimérique que malhonnête.
Connaissant l'histoire avant de débuter ma lecture, je ne m'attendais absolument pas à être entraînée dans un tel tourbillon d'émotions ni à ressentir une telle angoisse, digne d'un bon polar. Pagnol est un formidable conteur qui, d'une plume simple et concise, donne vie à un incroyable décor, à des personnages à la réalité palpable et à la vraisemblance troublante.
Le duo formé par Jean et Ugolin est tout simplement hypnotisant. A l'instar de la relation entre Abel et Caïn, leur fraternité de dupes frappe le lecteur au cœur, lui qui voudrait pouvoir crier à l'injustice et prévenir l'homicide mais qui reste impuissant à changer l'âme humaine comme à gouverner les éléments naturels.
Un chef d'oeuvre.

Challenge ABC 2015 - 2016
Challenge Multi-Défis 2016
Challenge PAVES 2015 - 2016
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Rouletabille
  22 mai 2013
J'avais amorcé cet hiver la lecture de "la gloire de mon père" par défaut, ce livre étant posé depuis si lontemps dans la bibiothéque familiale, persuadé que j'étais de la ringardise de Pagnol. Terrible erreur, résultat j'ai enchaîné les 4 opus des souvenirs d'enfance avec un grand plaisir et me voila maintenant à poursuivre l'oeuvre de Pagnol avec l'eau des collines.
On retrouve ainsi la même ambiance des souvenirs, la Provence, sa nature, ses cigales. le côté authentique du Sud est encore davantage prononcé dans Jean de Florette avec le recours fréquent à un vocabulaire typiquement marseillais, les fadas peuchère couillons reviennent régulièrement dans le récit.
Pagnol a un petit côté Voltaire et son celèbre "il nous faut cultiver notre jardin". En effet, ce Jean percepteur de ville choisit par le biais d'un héritiage d'oser l'aventure de l'agriculture au coeur des collines. La nécessité de trouver une harmonie entre l'Homme et la nature est un message plus que jamais d'actualité, les préoccupations liés à la richesse absolue que constitue l'eau nous rappelle la précarité de nos existences, la necessité de proteger cette ressource qui devrait être la cause de futurs conflits.
Mais malgré le bonheur de Jean avec cette vie à la campagne, son entreprise est bien compliquée à développer. Pagnol rappel avec talent la dépendance absolue des paysans au début du 20e siècle à la météo. Pagnol nous livre aussi un hymme au courage lié à la difficulté des travaux agricoles, une vie consacrée au travail jusqu'à l'épuisement, le côté têtu obstiné du paysan ressort avec brio.
Ugolin et son oncle le papet pense eux avoir trouver la solution miracle pour faire fortune avec la culture de fleurs. Mais ils ont besoin des terres de jean. Ugolin et sa simplicité, son faible niveau d'instruction donnent des moments savoureux de naiveté, de tendresse mais aussi de manipulations pour arriver à ses fins. Les dialogues font souvent mouche, comme par exemple lorsque Ugolin apprend à son interlocuteur la mort d'un villageois :
" Massacan n'est pas là ?
Oh ! non dit ugolin.
Et où est il ?
Au cimetière.
Et qu'est ce qu'il est allé faire là-bas?
Il est allé faire le mort, dit ugolin. Depuis 10 ans".
C'est juste magistral, typiquement le genre de dialogue qui m'éclate.
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Aggie
  22 avril 2017
Décidément, que j'aime Pagnol !
L'histoire de Manon des Sources lui a été racontée quand il avait treize ans par un paysan des collines. le formidable conteur en a fait un chef-d'oeuvre.
Une dramaturgie parfaite, une intrigue passionnante et la magnifique écriture de Pagnol, si souvent louée, émotion, tendresse et humour mêlés. Et les personnages ! Comme il les aime et comme il sait nous les faire aimer, même les plus scélérats… Combien d'auteurs seraient tombés dans le piège du manichéisme et vous auraient fabriqué un Ugolin parfaitement détestable. Pas de ça chez Pagnol : son Ugolin est un personnage nuancé : fripouille, âpre au gain, mais aussi sincère dans ses remords et sa compassion pour ce pauvre Jean de Florette qui se tue à la tâche. D'ailleurs, sans l'influence de cette canaille de Papet, on sent bien qu'il aurait fini par lui « dire » la source… Et tiens, même le Papet on ne peut pas le détester, quand on sait ô combien son châtiment sera à la hauteur de son forfait.
Une œuvre en état de grâce, un classique de notre patrimoine littéraire.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Lorraine47Lorraine47   09 avril 2013
Galinette, attention! Il faut pas faire confiance aux bossus! Ils sont toujours plus malins que nous! (...) Et qu'est-ce qu'il veut planter?
- Des légumes, de la vigne, du blé, et surtout, il dit qu'il va cultiver des lotantiques! Des lotantiques partout! Qu'est-ce que c'est?
- Ça doit être une plante qui pousse dans les livres... Je vois ça d'ici.
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Bill_VeuzayBill_Veuzay   10 avril 2011
"Baptistine, ma bien-aimée, c'est ici que j'habite depuis deux ans. Je ne sais pas qui c'est le maître de cette vieille bergerie : personne ne m'a jamais rien demandé. J'y suis venu parce que c'était commode pour mon travail, et puis, ça faisait des économies. Mais j'ai l'agent pour acheter une maison au village : regarde."
Il alla plonger son bras dans un trou de la roche, et il en retira un très petit sac de toile, étroit comme un tuyau. En le tenant par un bout, il le secoua au-dessus de la couverture, et des pièces d'or tombèrent. Baptistine joignit les mains, en extase.
"Il y en a soixante-deux, dit Giuseppe. C'est à coups de hâche que je les ai faites, et maintenant, elles sont à toi. Je n'ai pas acheté la maison parce que c'est la femme qui doit choisir. Alors, voilà ce que je te dis : si tu veux, nous habiterons ici, jusqu'à ce que tu aies le premier mal au coeur. Alors, à ce moment-là, tu iras choisir au village. Ça, c'est mon idée. Mais si cette grotte ne te plaît pas...
- Ô Giuseppe, dit Baptistine, pour moi, le palais du Roi, c'est une grotte, et pour moi, cette grotte, c'est un palais d'or et de marbre. Mais ne me parle plus : j'ai été ta fiancée pendant cinq ans, et ta femme vierge pendant deux ans... Viens vite, que je sois mariée !"
Et elle avait arraché sa robe, et elle l'avait mordu à la bouche, et ils étaient restés dans ce palais ; ils y étaient restés toutes ces années, parce que le mal au coeur du matin n'avait jamais voulu venir.
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gteisseire2gteisseire2   27 juillet 2010
-Et où est-il ?
-Au cimetière.
-Et qu'est-ce qu'il est allé faire là-bas ?
-Il est allé faire le mort.
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Gwen21Gwen21   08 janvier 2016
[...] elle alla informer le garde champêtre de la disparition de son mari.
Celui-ci lui répondit "qu'il s'en foutait complètement", car il faisait une partie de manille sous la treille du café Chavin, et comme elle insistait de façon désobligeante, il finit par lui dire que s'il avait eu une femme pareille, il aurait disparu lui-même depuis longtemps.
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ArakasiArakasi   30 juin 2014
Siméon se releva brusquement, regarda autour de lui, et il lui sembla distinguer quelque chose à travers les romarins : un petit rond noir, surmonté d'un oeil grand ouvert, un éclair rouge, une détonation assourdissante. Alors, il salua profondément, puis, la tête première, il tomba sur sa cervelle, parce que la calotte de son crâne était tombée derrière lui, dans son chapeau.
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Vidéo de Marcel Pagnol
Avant de siéger parmi les Immortels, Pagnol l'avait déjà compris : « Les bavards sont ceux qui vous parlent des autres. Les raseurs sont ceux qui vous parlent d'eux-mêmes. Ceux qui vous parlent de vous sont de brillants causeurs. »
Les citations, extraits ou scènes d'anthologie rassemblés ici par Nicolas, son petit-fi ls, ravivent d'un trait d'esprit un monde aujourd'hui disparu et nous laissent le sourire aux lèvres.
Où nous trouver ? Facebook : https://www.facebook.com/rlaffont Twitter : https://twitter.com/robert_laffont Instagram : https://instagram.com/robert_laffont/ Pinterest : https://fr.pinterest.com/robertlaffont/
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