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EAN : 9782877065115
285 pages
Éditeur : Editions de Fallois (25/08/2004)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 763 notes)
Résumé :
Au village des Bastides Blanches, on hait ceux de Crespin. C'est pourquoi lorsque Jean Cadoret, le Bossu, s'installe à la ferme des Romarins, on ne lui parle pas de la source cachée.

Ce qui facilite les manœuvres des Soubeyran, le Papet et son neveu Ugolin. qui veulent lui racheter son domaine à bas prix...

Jean de Florette (1962), premier volume de L'Eau des collines, marque, trente ans après Pirouettes, le retour de Pagnol au roman.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
Pcpa
  10 septembre 2019
Jean de Florette constitue le premier tome de l'eau des collines dont l'adaptation cinématographique a contribué à sa grande notoriété aujourd'hui encore.
Par rapport "Aux Souvenirs d'Enfance" on reste dans cette Provence si chère à Marcel Pagnol mais on bascule dans le roman et non plus la biographie. Les personnages sont toujours aussi chatoyants et on retrouve toujours à chaque page le chant des cigales et l'odeur de la lavande.
L'esprit paysan au sens dur du terme y est formidablement bien retranscrit mais on ne peut que s'attacher aux personnages tous emprunt de la bienveillance propre à Pagnol.
Un incontournable de plus dans l'oeuvre écrite trop restreinte de Marcel Pagnol.
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Arakasi
  04 juillet 2014
Le vieux Pique-Bouffigue est mort. Il s'est fendu le crâne en tombant d'un arbre – dit-on – et personne dans le petit village des Bastides Blanches ne regrettera la présence de cet asocial grossier et querelleur. Au contraire, certains pourraient même s'en réjouir car le vieux laisse derrière lui une très belle terre arrosée par une source cachée dans les massifs de thym. Et cette jolie petite terre ferait bien l'affaire des Soubeyran, la famille le plus aisée de la région, dont le dernier descendant, Ugolin, s'est mis en tête de débuter le commerce des oeillets, entreprise lucrative mais très coûteuse en eau. Certes, la terre revient aux héritiers de Pique-Bouffigue, mais ceux-ci sont des parisiens et probablement peu désireux d'aller se perdre au fin fond de la Provence…
Manque de chance, l'héritier en question, Jean Cadoret, est un original, un amoureux de la Nature frustré dans son travail peu reluisant de percepteur des impôts. Non seulement il refuse de vendre le terrain mais décide de s'y installer avec sa femme et sa fillette pour y commencer un ambitieux programme d'élevage de lapins ! Si César Soubeyran, « le Papet » de la famille, ne doute pas de l'échec du projet du « fada » citadin, il n'en grince pas moins des dents et décide d'aider le sort en bouchant discrètement la source du terrain avec son neveu Ugolin. Pas de source, pas d'eau. Pas d'eau, pas de lapins. Pas de lapins et au diable les parisiens ! Mais Jean Cadoret s'obstine : malgré la sécheresse et l'hostilité des villageois, il lutte pour réaliser son rêve et se tue à la tâche, sans comprendre que ses malheurs ne viennent pas tant de la rigueur des éléments que de la froide et calculatrice méchanceté des hommes.
Je reconnais avoir commencé ce roman avec une vision un brin condescendante de l'oeuvre de Marcel Pagnol… Je l'ai tant de fois entendu présenter comme le chantre de la Provence, l'amoureux des champs verdoyants et du chant des cigales, que je m'attendais à lire un roman gentiment bucolique, un poil passéiste et dégoulinant de bons sentiments. Et j'ai le plaisir de dire que je me fourrais le doigt dans l'oeil jusqu'au coude ! Déjà, pas de longues descriptions lyriques chez Pagnol, comme on aurait pu légitimement s'y attendre : la Provence est bien présente, mais seulement comme un arrière-plan aux apparences idylliques dont la beauté fait ressortit par contraste la mesquinerie des comportements humains.
Car ils ne sont pas très aimables, les paysans de Pagnol… Rudes, égocentriques, d'une méfiance paranoïaque envers les étrangers, capables d'une cruauté étonnante par bassesse ou pure indifférence, ils n'inspirent guère la sympathie au premier abord. On est très loin d'une vision paradisiaque de la campagne et de ces joyeux habitants ! le personnage de Jean est traité avec plus de douceur, malgré sa naïveté presque agaçante, et sa foi profonde en la bonté de ses semblables ne peut que susciter la pitié, surtout quand on voit comment cette foi est récompensée. Loin d'être un joli conte pour enfant, « Jean de Florette » est donc un roman plutôt dur, lucide mais sans férocité sur la nature humaine, et qui prendra même des airs de tragédie grecque dans sa suite directe, « Manon des Sources ».
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Gwen21
  06 janvier 2016
Époustouflant roman, magistral récit !
Dans les collines d'Aubagne recuites au soleil ardent du Sud, entre les pinèdes et les oliveraies, dans les parfums de la sèche garrigue, le village des Bastides Blanches cache de son mieux ses maisons et ses fermes. L’ancestral terroir est impénétrable au progrès, aux étrangers et à tout ce qui n'est pas issu de ses traditions et de son sol. Or vint à passer un homme de la ville, Jean Cadoret, bossu, utopiste, entreprenant, différent. Ses intérêts - pourtant bien légitimes puisqu'il hérite de sa propriété - créent un conflit d'intérêt avec son voisin Ugolin qui rêvait de faire main basse sur ses champs. Un conflit sourd et muet, qui croît dans l'ombre du secret et dans le mystère du crime, un conflit entretenu par une ambition tenace et une soif de richesse aussi chimérique que malhonnête.
Connaissant l'histoire avant de débuter ma lecture, je ne m'attendais absolument pas à être entraînée dans un tel tourbillon d'émotions ni à ressentir une telle angoisse, digne d'un bon polar. Pagnol est un formidable conteur qui, d'une plume simple et concise, donne vie à un incroyable décor, à des personnages à la réalité palpable et à la vraisemblance troublante.
Le duo formé par Jean et Ugolin est tout simplement hypnotisant. A l'instar de la relation entre Abel et Caïn, leur fraternité de dupes frappe le lecteur au cœur, lui qui voudrait pouvoir crier à l'injustice et prévenir l'homicide mais qui reste impuissant à changer l'âme humaine comme à gouverner les éléments naturels.
Un chef d'oeuvre.

Challenge ABC 2015 - 2016
Challenge Multi-Défis 2016
Challenge PAVES 2015 - 2016
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sylvaine
  21 octobre 2016
La Provence, Aubagne, la garrigue, le soleil , l'accent du Sud …la langue de Marcel Pagnol chante , les phrases coulent comme l'eau de la source et voilà justement que ne ferait on pas pour récupérer coûte que coûte la source du voisin ? Les Bastides, un village au-dessus d'Aubagne en guerre depuis des générations avec ceux de Crespin. La famille Soubeyran , c'est César le Papet ,vu son âge il pourrait être le grand-père de tous , et Ugolin le neveu , qui vit seul dans son mas de Massacan mais quand Papet a parlé Ugolin obtempère ...Alors penser! quand Pique-Bouffigue passe l'arme à gauche , Papet s'interroge sur le devenir de la ferme des Romarins . La ferme ne vaut pas tripette mais tout le monde –ou presque- a oublié que dans le pré il y a une source et Dieu seul sait que l'eau cela vaut de l'or. Alors quand le neveu de Pique-Bouffigue , Jean de Florette, un bossu, vient s'installer avec femme et fillette dans la ferme avec des projets plein la tête , le Papet n' est pas content mais n'est pas né celui qui empêchera le Papet de faire se qu'il a décidé…surtout que c'est un gars qui vient de Crespin alors pensez donc !
Ne pensez surtout pas que ce roman est un roman à l'eau de rose où fleurent bons la lavande, la sarriette ou le romarin. Pas du tout, c'est un roman du terroir, un roman âpre, dur, où les hommes s'escriment, triment du matin au soir souvent pour bien peu. Pagnol a écrit ce roman bien longtemps après avoir réalisé son film Manon des sources, il y dresse le portrait de personnages à première vue drôles et cocasses, mais on s'aperçoit bien vite de leur dureté, de leur âpreté au gain qui les font agir comme des monstres . » D'avoir bouché la source c'est pas criminel : c'est pour les oeillets. Mais si à cause de çà, il y avait des morts, eh bien peut-être qu'après nous n'en parlerions pas, mais nous y penserions. »
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lokipg
  24 juillet 2019
Au village des Bastides, en Provence, Ugolin a de grands projets. Il aimerait se lancer dans la culture des oeillets. Pour cela, il a besoin d'un bonne terre, bien irriguée. Son oncle, César Soubeyran dit « le Papet », connaît le terrain idéal : la ferme des Romarins. Son terrain est pourvue d'une source dont peu de gens connaissent l'existence. Mais Pique-Bouffigue le propriétaire refuse de vendre aux Soubeyran. Quand il casse sa pipe, c'est un gars de la ville qui hérite des terres, bossu de surcroit : Jean Cadoret. Ce dernier s'installe aux Romarins avec sa femme et sa fille, et de grands projets à long terme. Un coup dur pour les Soubeyran.
Je n'avais jamais lu Pagnol et cela faisait longtemps que j'avais envie de le découvrir. C'est chose faite avec Jean de Florette, premier tome de l'Eau des collines. Et ma première réaction après avoir terminer a été de me demander pourquoi j'ai attendu si longtemps. La seconde était une furieuse envie de lire la suite : Manon des Sources.
Quelle belle écriture ! le style de Pagnol est à la fois naturel, soigné et poétique. J'ai senti la Provence comme si j'y étais, avec de belles descriptions et des dialogues très vivants. On ressent vraiment l'amour de l'auteur pour sa région.
Quant à l'histoire, elle est belle dans sa simplicité. Ce sont des portraits d'hommes. Jean de Florette est un homme honnête et droit, dur à la tâche, avec le seul défaut d'être naïf. Il est trompé par Ugolin, qu'il prend pour son meilleur ami. Ce dernier est lâche et hypocrite, et ne souhaite que voir Jean échouer dans ses projets, pour récupérer sa ferme. On a de la pitié pour le premier, et on n'arrive pas à haïr le second, malgré sa veulerie. le vrai méchant, c'est le Papet, figure d'autorité du village.
J'ai très hâte de connaître le dénouement de cette histoire et je vais me dépêcher de lire Manon des Sources.
Lien : http://lenainloki2.canalblog..
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Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
Lorraine47Lorraine47   09 avril 2013
Galinette, attention! Il faut pas faire confiance aux bossus! Ils sont toujours plus malins que nous! (...) Et qu'est-ce qu'il veut planter?
- Des légumes, de la vigne, du blé, et surtout, il dit qu'il va cultiver des lotantiques! Des lotantiques partout! Qu'est-ce que c'est?
- Ça doit être une plante qui pousse dans les livres... Je vois ça d'ici.
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Bill_VeuzayBill_Veuzay   10 avril 2011
"Baptistine, ma bien-aimée, c'est ici que j'habite depuis deux ans. Je ne sais pas qui c'est le maître de cette vieille bergerie : personne ne m'a jamais rien demandé. J'y suis venu parce que c'était commode pour mon travail, et puis, ça faisait des économies. Mais j'ai l'agent pour acheter une maison au village : regarde."
Il alla plonger son bras dans un trou de la roche, et il en retira un très petit sac de toile, étroit comme un tuyau. En le tenant par un bout, il le secoua au-dessus de la couverture, et des pièces d'or tombèrent. Baptistine joignit les mains, en extase.
"Il y en a soixante-deux, dit Giuseppe. C'est à coups de hâche que je les ai faites, et maintenant, elles sont à toi. Je n'ai pas acheté la maison parce que c'est la femme qui doit choisir. Alors, voilà ce que je te dis : si tu veux, nous habiterons ici, jusqu'à ce que tu aies le premier mal au coeur. Alors, à ce moment-là, tu iras choisir au village. Ça, c'est mon idée. Mais si cette grotte ne te plaît pas...
- Ô Giuseppe, dit Baptistine, pour moi, le palais du Roi, c'est une grotte, et pour moi, cette grotte, c'est un palais d'or et de marbre. Mais ne me parle plus : j'ai été ta fiancée pendant cinq ans, et ta femme vierge pendant deux ans... Viens vite, que je sois mariée !"
Et elle avait arraché sa robe, et elle l'avait mordu à la bouche, et ils étaient restés dans ce palais ; ils y étaient restés toutes ces années, parce que le mal au coeur du matin n'avait jamais voulu venir.
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gteisseire2gteisseire2   27 juillet 2010
-Et où est-il ?
-Au cimetière.
-Et qu'est-ce qu'il est allé faire là-bas ?
-Il est allé faire le mort.
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HarioutzHarioutz   17 mars 2019
Et bien voilà : après avoir beaucoup travaillé - je parle du travail de l'esprit - après avoir longuement médité et PHILOSOPHE, je suis arrivé à la conclusion irréfutable que le seul bonheur possible c'est d'être un homme de la Nature. j'ai besoin d'air, j'ai besoin d'espace pour que ma pensée se cristallise. Je ne m'intéresse plus qu'à ce qui est vrai, sincère, pur, large, en un seul mot, l'AUTHENTIQUE, et je suis venu ici pour cultiver l'AUTHENTIQUE. J'espère que vous me comprenez ?

Oui, dit Ugolin. Évidemment.
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Gwen21Gwen21   08 janvier 2016
[...] elle alla informer le garde champêtre de la disparition de son mari.
Celui-ci lui répondit "qu'il s'en foutait complètement", car il faisait une partie de manille sous la treille du café Chavin, et comme elle insistait de façon désobligeante, il finit par lui dire que s'il avait eu une femme pareille, il aurait disparu lui-même depuis longtemps.
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Vidéo de Marcel Pagnol
L'émission intégrale : https://www.web-tv-culture.com/emission/bruno-masi-la-californie-51547.html
Et vous, c?était quoi l?été de vos 13 ans ? Tel est la question que chacun se posera légitimement à la lecture du roman de Bruno Masi, « La Californie » qui a reçu le prix Marcel Pagnol 2019, prix récompensant un roman lié à l?enfance. Avec « La Californie », Bruno Masi signe ici son deuxième roman après « Nobody » paru en 2012. Mais l?écriture fait partie de sa vie depuis bien plus longtemps. Lecteur éclectique, Bruno Masi a suivi des études de lettres et de sciences politiques avant d?intégrer la rédaction de Var Matin, sa région d?origine. Puis, c?est « Libération » au service Culture. Dans ce parcours journalistique, il y a aussi un reportage à Tchernobyl qui donnera un livre et un documentaire saisissant dans lesquels l?auteur nous donne à voir cette zone sinistrée de Russie, oubliée de tous et qui s?est pourtant reconstruite, tel un monde parallèle et secret. Mais aujourd?hui, c?est Bruno Masi, le romancier, qui nous intéresse avec ce joli roman, largement salué par la critique. Marcus a 13 ans, nous sommes dans les années 80, l?été est là, le début des vacances pour certains. Pour Marcus, ce seront deux longs mois à trainer avec son copain Virgile, à tromper son ennui dans cette ville du sud de la France, écrasée de chaleur. Les deux ados passent leurs journées à regarder les voitures qui filent sur l?autoroute, vers un ailleurs. Marcus aussi rêve d?autre chose, et pourquoi pas de la Californie qui donne son titre au roman. Mais le quotidien, poisseux, est bien là. Annie, la mère, femme paumée qui lâche prise, Dimitri, le frère, qui cache son mal-être dans la violence, et puis les copains, et puis les filles, et puis la musique que Marcus écoute avec son walkman. Il ne se passe pas grand-chose pendant ces deux mois d?été et pourtant, ils seront deux mois déterminants dans la vie de Marcus, qui, vingt après, se raconte. Un beau roman, une ambiance et un univers bien particuliers, une belle écriture, et cet ado, Marcus, dans lequel chacun pourra s?identifier, à l?âge et où le temps ne semble jamais aller assez vite, à l?âge où l?on rêve sa vie avant que celle-ci ne nous rattrape, avec ses joies et ses désillusions. « La Californie » de Bruno Masi est publié chez JC Lattès.
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