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L'Eau des collines tome 2 sur 2
EAN : 9782877065122
285 pages
Editions de Fallois (25/08/2004)
4.3/5   951 notes
Résumé :
Quatrième de couverture - Récit simple et puissant d'une lutte pour la vie, histoire d'un crime et de son châtiment, drame d'une vengeance, tragédie familiale, conflit des coeurs purs et des âmes fortes, opposant un jeune citadin plein de fraîcheur et d'enthousiasme à deux paysans durs, âpres, sournois, fermés, implacables, peinture exacte et magnifique des hommes de la terre, chant du monde, poème de l'eau, du vent, des saisons, des collines, Jean de Florette et Ma... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (0) Ajouter une critique
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Gwen21
  18 janvier 2016
Le tome 1, "Jean de Florette", m'avait déjà fortement impressionnée mais je dois avouer que ce second et dernier tome de la série "L'eau des collines" achève de me commotionner et c'est avec un véritable sanglot dans la gorge que j'ai tourné la dernière page, tard dans la nuit.
En trois mots : coup de coeur.
Manon, la fille du "pauvre Monsieur Jean", le bossu victime de l'ambition de ses voisins, n'a pas quitté les collines d'Aubagne à la mort de son père. Réfugiée avec Aimée et Baptistine dans la bergerie du Plantier, elle vit des ressources de Dame Nature et garde son troupeau de chèvres tout en recueillant les simples à vendre au marché. La sauvageonne incarne à merveille "le mythe du bon sauvage" dont la droiture va être corrompue par la société : la pure et innocente Manon garde en effet au coeur un solide noeud de rancune et de rancoeur, support idéal à sa vengeance, à la fois nourrie de son amour filial et d'un profond besoin de justice.
J'ai adoré retrouver intacte l'ambiance unique de "Jean de Florette" ; une suite qui se dévore avec le même appétit. le drame se fait véritablement tragédie grecque et chaque figure acquiert une dimension solaire ou maléfique. Si parfois les Bastides Blanches prennent les allures de certain village armoricain peuplé d'irréductibles Gaulois, l'auteur ne tombe jamais dans le cliché et conserve à chacun sa dualité, voire sa duplicité.
Je n'ai pas cherché à échapper à l'ascendant de la forte émotion qui m'a saisie en cours de lecture ; au contraire, j'ai pleinement apprécié le fait d'être presque physiquement transportée au coeur des collines surchauffées de Provence, avec une sensation de proximité presque palpable avec les protagonistes et les lieux du drame.
Un véritable régal.

Challenge Multi-Défis 2016
Challenge PAVES 2015 - 2016
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Ppab
  20 septembre 2019
Deuxième tome de l'Eau des Sources, Marcel Pagnol nous livre ici l'exacte suite de Jean de Florette. On reste dans ce monde paysan du siècle dernier, avec sa dureté, ses obstinations, ses jalousies mais également ses passions et amours.
Il y a encore et toujours la même poésie et cette magnifique écriture simple, subtile et toujours bienveillante.
Ce Marcel Pagnol est définitivement un très très grand...
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Arakasi
  07 juillet 2014
Quelques années se sont écoulées depuis la fin tragique de « Jean de Florette » et les villageois des Bastides Blanches auraient depuis longtemps oublié le passage parmi eux du malheureux Jean Cadoret si sa femme et sa fille, la petit Manon, n'étaient restées vivre dans les bois. Celle-ci a bien grandi et est devenue une splendide jeune femme. Elle a conservé une rancune farouche contre les habitants du village et particulièrement contre Ugolin Soubeyran dont elle devine le rôle funeste dans la mort de son père. Haine sans véritable motif et, par conséquent, haine inassouvie jusqu'au jour où elle découvre par hasard le fin mot de l'histoire. Une source existait sur les terres de son père et les Soubeyran l'ont bouchée, puis on laissait Jean se crever à la tâche sans tenter de le sauver. On se doute qu'après une pareille révélation elle a bien la rage, la petiote, et pas seulement contre les Soubeyran, mais contre tous les hommes des environs et leur silence complice. Elle n'a plus qu'une idée en tête, se venger, et quel meilleur moyen pour cela que le fléau qui a causé la perte de son père : l'eau, celle belle eau des sources, si pure et si fraîche, sans laquelle les Bastides Blanches seraient vite réduites à un village fantôme et les beaux oeillets d'Ugolin à des brindilles desséchées.
Il faut le lire pour le croire, mais « Manon des sources », c'est bel et bien de la tragédie classique au milieu des buissons de romarin ! On y retrouve tous les éléments d'un bon petit drame à l'ancienne : meurtre, culpabilité, innocence sacrifiée, amour destructeur, jalousie dévorante… Enlevez un « galinette » et un « fada » par-ci, par-là, et les Soubeyran, ce sont les Atrides ressuscités (et avec l'accent du sud en plus). Et, comme tous les personnages de tragédie, ils subissent plus qu'ils ne provoquent la marche du destin. Une fois que le doigt vengeur de l'écrivain s'est posé finalement sur eux, on finirait presque par les prendre en pitié, particulièrement le pauvre Ugolin déchiré entre sa conscience malade, l'appât du gain et son amour naissant pour la belle Manon. A noter que cet aspect dramatique n'exclut pas d'excellentes scènes humoristiques comme l'hilarante arrivée d'un expert en phénomènes souterrains au village pour en régler les problèmes d'eau et son magnifique « Monsieur, j'ai l'honneur de vous informer que l'administration vous emmerde ». J'ai beaucoup ri et un peu chouiné aussi, car il faut bien reconnaître que c'était très émouvant tout ça et qu'arrivée aux dernières pages du roman, j'ai dû fourrer mon nez dans la couverture de mon livre pour ne pas pleurnicher ouvertement devant mes voisins de bus. Décidément, deux excellents romans !
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Laurent81
  23 février 2022
Je viens de revoir il y a quelques jours les deux films de Claude Berri avec un réel plaisir, c'est la 3ème ou 4ème fois mais ça matche à tous les coups. Et puis en regardant Manon des sources, j'ai crié Eurêka : un critère du challenge multi-défis 2022 s'intitule : une vengeance ou une vendetta au coeur de ce ROMAN, ce critère ne m'inspirait pas vraiment, mais là, c'était tout indiqué, d'autant que je venais de relire la trilogie marseillaise et que la plume de Pagnol me ravit à tous les coups. Certes je connaissais l'histoire par coeur et les images du film me revenaient sans cesse mais cela ne m'a pas empêché de prendre un réel plaisir à savourer ces dialogues mémorables. Je ne vais pas dévoiler l'histoire, d'autres l'ont fait mieux que moi et pour ceux ou celles qui ne connaissent pas cette tragédie provençale, il ne faudrait surtout pas dévoiler l'intrigue. Sachez juste qu'il est question d'une source qui coule au milieu de la garrigue, d'une petite fille qui a vu trimer son père ignorant l'existence de cette source au point d'en perdre la vie. Cette petite fille, une fois adulte, va faire payer cher tout le village des Bastides, tous ceux qui savaient et n'ont rien dit. C'est un western provençal, une Colomba corse transposée dans l'arrière pays marseillais, une tragédie grecque, une belle et triste histoire où l'on trouve tous les ingrédients de la sagesse et de la folie des hommes pour quelques lopins de terre, pour quelques oeillets, pour que le trésor des Soubeyran perdure de génération en génération.
Je suis proprement admiratif devant le talent de Marcel Pagnol pour avoir imaginé un tel scénario.
Challenge multi-défis 2022.
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Rouletabille
  25 mai 2013
Le dernier roman de Pagnol mérite une bonne note uniquement grâce à la scène de la révélation de "l'affaire de la source". Scène très théâtrale avec tous les personnages clés du village des Bastides réunies dans le décor de l'école (tout un symbole vu l'histoire personnelle de Pagnol) à l'occasion de l'anniversaire de l'instituteur. La tragédie prend alors toute son intensité, la loi du silence régnant dans ces villages rend l'atmosphère lourde puisque finalement tout le monde est un peu responsable du destin du père de Manon.
Cependant j'ai moins apprécié la première partie du livre avec le classique descriptif de Pagnol pour son amour des collines. Cette impression est aussi lié au fait que j'ai enchaîné Eau des Collines en 5 jours. En lisant un autre auteur entre les 2, j'aurais peut être pas eût cette sensation de répétition sur les passages décrivant les collines, la nature provençale.
Ugolin est un personnage touchant, son surnom de Galinette m'évoque un être assez simplet. Pagnol explore avec lui la proximité extrême de nos chers paysans avec leur sous, la peur de toujours manquer de quelque chose.
Les autres personnages du village trouvent une place plus importante dans ce second volet alors que Jean de Florette est en fin de compte assez auto centré sur la famille Soubeyran et les travaux de Jean.
Le thème de la descendance est aussi évoqué avec le vieux Soubeyran s'inquiétant du célibat prolongé de son neveu. Sans oublier le poids massif de la religion pour expliquer la catastrophe de la perte de l'eau, le sermon du curé va ainsi s'étaler sur 10 pages ! Interminable pour moi qui aurait volontiers pris place au bar avec le clan des mécréants du village !
La révélation ultime sur la famille Soubeyran me fait penser, toute comparaison gardée évidemment, à ces sagas d'été qui ont déferlé sur nos écrans à la fin des années 90, début 2000.
Pagnol utilise beaucoup les comparaisons, le mot comme revient presque 50 fois.
Pour finir, l'atmosphère ce de livre me semble plus grave, plus pesante que le premier opus. Je retrouve moins de dialogues prêtant à sourire, moins de petites phrases décalées savoureuses, citons tout de même "on sait bien que les gens instruits n'aiment pas le vrai travail", j'adore !
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   25 janvier 2016
Ce n'était pas contre les forces aveugles de la nature, ou la cruauté du Destin que [Jean de Florette] s'était si longuement battu ; mais contre la ruse et l'hypocrisie de paysans stupides, soutenus par le silence d'une coalition de misérables, dont l'âme était aussi crasseuse que les pieds. Ce n'était plus un héros vaincu, mais la pitoyable victime d'une monstrueuse farce, un infirme qui avait usé ses forces pour l'amusement de tout un village...
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Gwen21Gwen21   17 janvier 2016
- Mon cher maire, dit l'ingénieur, je n'ai malheureusement rien d'agréable à dire à tous ces braves gens.
- C'est pour ça, répondit Philoxène, qu'il faut que ce soit vous qui le disiez. [...] Vous comprenez, reprit-il, moi j'ai besoin de leurs voix pour être élu : alors, j'aime pas annoncer les mauvaises nouvelles. Tandis que vous, ça n'a pas d'importance. Vous n'avez qu'à leur dire votre rapport.
- Je l'ai fait pour mes chefs, c'est du langage technique : ils n'y comprendront rien.
- Tant mieux. Comme ça ils verront que c'est sérieux, et ils auront encore un peu d'espoir.
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MeduzanticMeduzantic   15 juin 2016
Le lendemain matin, on apprit chez la boulangère que l'enfant de Manon était né : on savait que c'était un garçon, rien de plus. Mais vers dix heures, on vit arriver M. l'instituteur : à la place de sa mère, il vint choisir son pain lui-même, mais on vit bien que c'était un prétexte, et qu'il venait pour recevoir des félicitations ; il se montra aussi fier que s'il avait cet enfant tout seul : les dames en furent choquées.
Il déclara ensuite que son fils était né à 5 heures 35 du matin, le jour de Noël, comme si c'était un évènement sans précédent, puis il révéla en souriant que la sage-femme des Ombrées estimait le poids du garçon à plus de huit livres. (...) il était passé comme une lettre à la Poste, mais en sens contraire évidemment. Sur quoi la boulangère raconta la périlleuse naissance de sa propre fille : à son arrivée, elle avait un corps si mince, et une tête si grosse, qu'elle avait cru accoucher d'un bilboquet, auquel il ne manquait même pas la ficelle.
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Gwen21Gwen21   16 janvier 2016
Jean de Florette était vraiment parti sans retour pour un autre royaume. De son passage, et de sa longue misère, il ne restait rien, ou très peu de chose : dans un olivier, près de la maison, deux anneaux rouillés par d'autres saisons d'où pendait jadis une balançoire, et pendant les nuits de mistral, caché la-haut dans la gouttière, un petit air d'harmonica.
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SeirenSeiren   04 mars 2012
Imagine-toi, imaginez-vous, que cette ferme, je la voulais depuis des années pour y faire des œillets et la chance a voulu que je réussisse. Alors, j'étais heureux, je ne pensais plus à rien, qu'à mes fleurs et à mon argent...Et puis tout d'un coup, je te vois et ça m'arrive que je t'aime, d'une façon que c'est pas possible de te le dire...Tout le temps, je te vois, tout le temps je te parle...Le sommeil, ça me l'a tué, quand je mange, ça n'a plus de goût. Si tu ne me veux pas, ou je meurs ou je deviens fou...
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Le miracle est arrivé ! Il se nomme Mirèio, le poème que Frédéric Mistral, le fondateur du Félibrige, publie en 1859, au mitan du siècle des nationalités. À partir de là, et jusqu'à aujourd'hui, va fleurir, au Sud, une immense renaissance des langues et des littératures. En Provence, mais aussi dans le Languedoc, la Gascogne, le Limousin et l'Auvergne. C'est cette saga culturelle du Midi que raconte ici, avec science et style, Stéphane Giocanti.
Qui sont ces rebelles en butte au jacobinisme et à la stigmatisation des « patois » ? Quelle a été leur fabuleuse aventure héroïque et collective ? Quel rôle l'occitanisme a-t-il joué au sein de ce réveil ? Comment ce renouveau a-t-il influencé Alphonse Daudet, Jean Giono ou Marcel Pagnol ? Que reste-t-il de ce rêve à l'heure où les locuteurs naturels connaissent un crépuscule ? Et que nous dit cette résistance alors que la France s'interroge sur son avenir ?
Avec ce panorama inégalé, complet et clair, alerte et accessible, Stéphane Giocanti nous initie comme jamais au Sud, à sa terre et à son ciel, à ses peuples et à ses parlers. Une célébration lumineuse.
Essayiste et romancier, Stéphane Giocanti est, entre autres, l'auteur de T. S. Eliot ou le monde en poussières, C'était les Daudet, Une histoire politique de la littérature ainsi que de Kamikaze d'été.
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