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EAN : 9782877065085
223 pages
Editions de Fallois (25/08/2004)
4.07/5   3234 notes
Résumé :
Le plus beau livre sur l'amitié enfantine : un matin de chasse dans les collines, Marcel rencontre le petit paysan., Lili des Bellons. Ses vacances et sa vie entière en seront illuminées.

Un an après La Gloire de mon père, Marcel Pagnol pensait conclure ses Souvenirs d'enfance avec ce Château de ma mère (1958), deuxième volet de ce qu il considérait comme un diptyque, s'achevant sur la scène célèbre du féroce gardien effrayant la timide Augustine. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (146) Voir plus Ajouter une critique
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berni_29
  14 décembre 2021
Je pense que je me souviendrai à jamais de l'incipit de ce merveilleux roman de Marcel Pagnol, second tome de la trilogie de ses « Souvenirs d'enfance ».
Le Château de ma mère porte une émotion peut-être plus forte que le premier tome, La Gloire de mon père. Je pense que je saurai toujours le dire par coeur. Je ne sais pas pourquoi, moi qui n'aime ni la chasse, ni les chasseurs...
« Après l'épopée cynégétique des bartavelles, je fus d'emblée admis au rang des chasseurs, mais en qualité de rabatteur, et de chien rapporteur. »
Je me souviens de cette phrase comme « Un sésame, ouvre-toi ! », la sentence magique qui fait ouvrir les pages d'un livre, le bonheur autant de partir dans les collines l'air fier et conquérant que celui de revenir bredouille, la tête pleine de vent et d'azur. J'aime quand les chasseurs reviennent bredouilles avec du ciel et le mouvement des arbres dans les yeux... En fait, ils reviennent souvent bourrés, ce qui n'empêche...
Ce livre est un chant, une musique, une mélodie, la cymbalisation des cigales, le vent dans les oliviers, la plainte d'un chagrin aussi lorsqu'un être cher vient à disparaître.
C'est une émotion à fleur de peau
Enfant, je craignais l'école, le simple fait d'y aller le matin me faisait vomir mon petit déjeuner. Je ne sais pas de quoi j'avais le plus peur : des instituteurs ou des autres élèves. L'institutrice était sévère, taper avec une baguette de bambou sur les doigts tendus et fermés d'une main frêle, c'était une pratique courante à cette époque (1970, ce n'est pas non plus le moyen-âge...). Dehors, dans la cour de récréation, la sanction était presque pire, comme une vengeance les mauvais élèves battus crachaient, en s'étant empli la bouche de l'eau du lavabo du préau, sur ceux qui avaient des bonnes notes... Ma mère eut cette astuce de me faire boire une mixture de sa composition, un médicament miracle disait-elle pour soigner cela, en fait c'était un grand verre d'eau dans lequel elle avait mis un peu de sucre. Je buvais le remède magique et je me sentais brusquement empli de courage, ma peur disparaissait... Mais certains jours j'aurais voulu boire plutôt la potion magique d'Astérix et me sentir invincible... Aujourd'hui le Château de ma mère pourrait être le plus beau des antidotes face à la peur d'aller à l'école.
Le château de ma mère, c'est le soleil de la Provence avec une émotion en plus. La tendresse familiale s'estompe comme un brouillard sur le paysage, elle laisse le pas à un autre paysage, un autre voyage paré à quitter l'enfance.
Le château de ma mère, c'est l'amitié de Lili. Lili des Bellons. Ah ! Comme je me suis attaché à ce beau personnage, si libre de tout, qui n'avait pas de peur, ni de l'école, ni de la vie... Je l'admirais... le château de ma mère, c'est la lumière de la Provence qui descend sur cette amitié, c'est la vie comme un fil ténu et invisible qui relie les personnages les uns aux autres et peut-être nous autres vivants avec ceux qui ne sont plus là.
Le Château de ma mère, c'est aussi l'évocation du malheur quand, enfant, on possède encore la puissance d'y croire sans y penser, d'agir, la force de retenir d'un geste encore ferme et peut-être inconscient les idées noires, la guerre, la mort, ceux qui partent, avant que tout cela ne déferle et ne se déverse comme un flot impossible sur le paysage de l'enfance.
Retenir le malheur jusqu'à ce que ce geste ne soit plus possible...
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Hugo
  05 septembre 2019
Mes souvenirs d'enfance ne sont point incestueux, ouf, n'en déplaise à la perverse éloquence des dramatophiles de l'enfance, le passé est « sein », le château de ma mère fut aussi bien gardé queue la frigide gloire de mon père… laissons le soin à mon paternel mort dans la fleur de la déchéance reposer en paix avec tous leurs secrets pas très bien chastetés les soirs de buvette… Bizarrement le mot « Frigide » me fait penser à Brigitte, cette lointaine cousine de l'âge de ma mère, c'est dire le décalage de génération, ma grand-mère paternelle naissant en 1902, je ne fais pas le dessein de sa vie un chouilla laborieuse d'après des racontars de vieilles bonne femme, belle dans sa jeunesse des années 30 d'après les racontars de vieilles photos, mais c'était il y a longtemps en noir et blanc… avant la guerre et pendant la Samaritaine ou elle labeurait consciencieusement à la vente.
Aujourd'hui les souvenirs se grisent, l'homme vieillit, que voulez-vous il en est ainsi pour le bien de tous, les vieilles ne font plus tellement bander les vieux, alors à quoi bon résister aux chants des vers qui viendront grignoter nos derniers vestiges du temps qui nous use jusqu'à la ride…. Les souvenirs appartiennent aux vivants, tout comme les souffrances qui vont de père et mère dans la procréation… Mais avant ça, les sourires s'enivrent à l'amour, et la vie fut tienne… Mais pas forcément dans l'ambiance chaleureuse d'un orgasme bien léché, souvent la réalité n'est point aimante, elle fait moins rêver, alors bander, à quoi bon… mais des fois c'est génial hein...
A dire vrai ma mère n'a jamais eu de château, une deux chevaux oui pendant quelques années, et quelques bons gouts pour le mauvais gout… mes souvenirs n'ont rien de passionnants alors que Pagnol sent bon la chaleur du soleil lavande, celle des vacances, des longs trajets embouteillés qui me sortent par la sciatique au bout de quelques heures, les esprits s'échauffent sous l'air climatisé, alors des doigts se dressent dans ce mélange estival entre l'excitation et l'ordinaire, une semaine au soleil reste le privilège des gens bien épargnés par la misère et la bêtise… on se sent bien dans le sud, il fait bon vivre, il fait bien parler avec l'accent prononcé :

« Eh enculé va ! » à ne surtout pas confondre avec "on se sent bien dans le cul...", de plus comme il y a débat sur cette vulgarité, je ne voudrais pas alimenter la grogne populaire, car moi je n'y vois qu'une pratique érotique comme une autre....
Pagnol c'est la douceur d'un Monet, mais pas quand on est trop jeune, on y pige trop rien à la douceur, et quand on est plus vieux on fait plutôt gaffe à sa monnaie… pendant les vacances on veut juste s'amuser, écouter le silence d'un calme serein ou les cigales chantonnantes nous rappellent Proust et sa Madeleine… pas de télé, les guignols se reposent eux aussi en attendant le ridicule de leur rentrée euphorique prête à tout cannibaliser…fini les glaces sur bords de mer, reprise de la précarité, de l'ennui, des longues soirées d'hiver à se demander si on est heureux, et quand on a le temps de se demander si on l'est, alors nous devrions avoir le temps de l'être tout bêtement…
Bref la rentrée ça fait chier, on est bien à profiter de sa vie, mais quand on peut parler de rentrée c'est que l'on est pas trop mal lotie finalement, mais il faut quand même se lever le matin pour chagriner au capitalisme, toujours plus vite pour toujours moins, allez quoi, soyons optimiste, on finira bien par tous crever.
Bonne rentrée les copains
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mariech
  20 avril 2012
Ce second tome est beaucoup plus triste et émouvant que le premier ' La gloire de mon père ' car la vie n'est un long fleuve tranquille pour personne .
Marcel Pagnol évoque la mort prématurée d'êtres chers , le décès de sa mère puis de son frère , une des victimes de la première guerre mondiale ; il a une vision très juste du monde qui l'entoure , c'est un beau témoignage de l'époque qui a eu aussi ses heures sombres , ce que nous avons souvent tendance à oublier car on a tendance à embellir nos souvenirs , et à penser que c'était mieux avant .
Enfin ceci est mon opinion toute personnelle .
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Pcpa
  21 août 2019
Suite du tout autant célèbre « La Gloire de mon Père » et paru en même temps en 1957, ce second tome des souvenirs d'enfance est tout aussi enchanteur et nous plonge également dans cette si tendre et heureuse période qu'est l'enfance. Celle ci continue de se dérouler dans la garrigue de cette belle Provence.
A lire et relire tant l'insouciance de l'enfance y est sublimement évoquée.
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Gwen21
  20 juin 2021
Bon, allez, je le dis : j'ai versé ma petite larme en refermant le second tome de la trilogie de Marcel Pagnol "Souvenirs d'enfance". Mais ne craignez pas que je révèle pour autant la cause de cet épanchement lacrymal, simplement c'est une façon de témoigner de la pureté de l'émotion ressentie à la lecture du "Château de ma mère", cette ode pleine de fraîcheur et d'amour véritable que l'auteur chante pour nous avec le bel accent du Midi ; un chant poétique et pastoral amplifié par les échos des collines marseillaises.
Tout comme pour la lecture du magnifique diptyque "L'eau des collines", c'est avec reconnaissante que j'ai reçu de Marcel Pagnol ce cadeau incroyable que représente un roman riche en émotions et au style impeccable où chaque personnage a sa place, où aucun n'est le faire-valoir d'un autre, où les décors prennent vie avec une acuité de scène d'avant l'orage, et où les relations entre les êtres - qu'ils soient humains ou non - sont belles de simplicité, même dans la prédation.
Quel voyage nous offre Pagnol ! Plus je découvre son oeuvre et plus il me transmet naturellement l'envie de la savourer en intégralité.

Challenge PAVES 2021
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Challenge des 50 objets 2021-2022
Challenge MULTI-DEFIS 2021
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Citations et extraits (119) Voir plus Ajouter une citation
KewbicKewbic   19 juin 2022
Jusqu'à la triste puberté, le monde des enfants n'est pas le nôtre : ils possèdent le don merveilleux d'ubiquité. (Fortunio, p.72)
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JMARDJMARD   29 août 2012
Le soir, dans mon lit, je relus le message de Lili, et son orthographe me parut si comique que je ne pus m'empêcher d'en rire... Mais je compris tout à coup que tant d'erreurs et de maladresses étaient le résultat de longues heures d'application, et d'un très grand effort d'amitié : alors, je me levai sans bruit sur mes pieds nus, j'allumai la lampe à pétrole, et j'apportai ma propre lettre, mon cahier et mon encrier sur la table de la cuisine. Toute la famille dormait : je n'entendais que la musique du filet d'eau qui tombait dans la cuve de zinc, au dessus de l'évier.
Je commençai par arracher d'un coup sec, trois pages du cahier : j'obtins ainsi les dentelures irrégulières que je désirais. Alors, avec une vieille plume, je recopiai ma trop belle lettre, en supprimant la phrase spirituelle qui se moquait de son tendre mensonge. Je supprimai aussi au passage, les s paternels ; j'ajoutai quelques fautes d'orthographe, que je choisis parmi les siennes : les orthollans, les perdrots, batistin, la glue et le dézastre. Enfin, je pris soin d'émailler mon texte de quelques majuscules inopinées. Ce travail délicat dura deux heures, et je sentis que le sommeil me gagnait... Pourtant, je relus sa lettre, puis la mienne. Il me sembla que c'était bien, mais qu'il manquait encore quelque chose : alors, avec le manche de mon porte-plume, je puisai une grosse goutte d'encre, et sur mon élégante signature, je laissai tomber cette larme noir : elle éclata comme un soleil.
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annieannie   18 avril 2009
Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants.
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AgnesCecileAgnesCecile   18 mai 2013
Mais dans les bras d'un églantier, sous des grappes de roses blanches et de l'autre côté du temps, il y avait depuis des années une très jeune femme brune qui serrait toujours sur son coeur fragile les roses rouges du colonel. elle entendait les cris du garde, et le souffle rauque du chien. Blême, tremblante, et pour jamais inconsolable, elle ne savait pas qu'elle était chez son fils.
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simoncaillouxsimoncailloux   06 mai 2022
Dans le ciel de velours violet, les étoiles brillaient, innombrables. Ce n’était plus les douces étoiles de l’été. Elles scintillaient durement, claires et froides, cristallisées par le gel de la nuit. Sur la Tête-Rouge, que l’on devinait dans l’ombre, une grosse planète était pendue comme une lanterne, si proche que l’on croyait voir l’espace derrière elle. Pas un bruit, pas un murmure, et dans le silence glacé nos pas sonnaient sur les dures pierres de Noël.
Les perdrix étaient devenues méfiantes, et la sensibilité nouvelle des échos les protégeaient de nos approches. Cependant, les chasseurs tuèrent quatre lièvres, quelques bécasses et bon nombre de lapins. Quant à nos pièges ils nous donnèrent régulièrement des grives et des alouettes que ce triomphe quotidien finit par manquer d’imprévu.
J’eus cependant la joie et la fierté d’achever une buse aussi grande qu’un parapluie vu de profil que du fond du ravin de Lancelot, mon père la fit tomber d’un nuage ; sur le dos, les serres en l’air, l’oiseau meurtrier me regardait venir à lui. Ses yeux jaunes brillaient de haine et de menace. Je me plus à imaginer que c’était la buse qui avait presque voulu me crever les yeux.
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Découvrez l'émission intégrale :https://www.web-tv-culture.com/emission/serge-toubiana-le-fils-de-la-maitresse-53358.html Quand il raconte sa vie, Serge Toubiana redevient très vite le gamin de Sousse, cette petite ville de Tunisie en bord de mer où il a grandi, dans une famille heureuse. Très vite aussi reviennent les premiers souvenirs de cinéma, comme « La Strada « , le film de Fellini, qui l'effraya au plus haut point. La famille et le 7ème art, voilà peut-être les deux piliers qui ont façonné Serge Toubiana. Arrivé en France à l'adolescence, il découvre le cinéma de la Nouvelle Vague, les réalisateurs et les acteurs en vogue et se fait un nom dans le métier. 50 ans plus tard, Serge Toubiana affiche sur son CV ses années dans les pages des Cahiers du Cinéma, son rôle et tant que directeur de la Cinémathèque française et aujourd'hui sa place à la présidence d'Unifrance, en charge du rayonnement du cinéma français à l'étranger. Serge Toubiana a consacré de nombreux ouvrages à sa passion. Que ce soit sur François Truffault, le réalisateur japonais Yasujiro Ozu ou Jean Renoir, des livres sur des acteurs et actrices célèbres, des films mythiques, des histoires du cinéma… Il aime faire partager sa passion. Mais Serge Toubiana aime aussi partager ses souvenirs. Et là vient se glisser une mélancolie qu'il revendique pleinement. « Les fantômes du souvenir » par exemple, en 2016, dans lequel il évoque les grandes rencontres qui ont marqué sa vie, et plus personnel encore, « Les bouées jaunes » en 2018, hommage à sa compagne décédée, la romancière et scénariste Emmanuelle Bernheim. Voici aujourd'hui « le fils de la maitresse » aux éditions Arléa. Un avion entre Toronto et Paris, à l'automne 2019. Confortablement installé en classe affaire, Serge Toubiana laisse vagabonder son âme. Et la solitude arrive. Personne ne l'attend plus à l'arrivée. Quelques mots griffonnés en plein ciel puis la plume qui court dans les semaines qui suivent. Serge Toubiana va raconter son enfance, sa famille et plus précisément sa mère, Georgette. Au fil de ce livre très personnel, touchant, pudique, c'est une vie simple qui s'offre à nous, une enfance heureuse, choyée entre cette mère institutrice, ce père horloger, tous deux militants communistes convaincus. Il y a le soleil de Tunisie puis l'exil vers Grenoble, de nouveaux repères avec le cinéma en toile de fond, le temps qui court, l'affection qu'on ne sait pas toujours montrer. La plume de Serge Toubiana est belle, émouvante, poétique et littéraire, sans être jamais dans le pathos. A travers ces gens sans artifice mais authentique, chacun pourra plaquer ses propres souvenirs, sa propre nostalgie. Récompensé par le Prix Marcel Pagnol, le livre de Serge Toubiana est un coup de coeur. « La fils de la maîtresse » est publié chez Arléa
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