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EAN : 9782882505330
Éditeur : Noir sur blanc (18/10/2018)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Nous partons virtuellement pour le Massachusetts et voyageons réellement en Russie – à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Kazan, à Samara, à Koktebel, à Yalta. Ce septième volume est consacré à deux poétesses majeures : une Américaine du XIXe siècle et une Russe de la première partie du XXe siècle. Emily Dickinson et Marina Tsvetaieva n’ont apparemment pas grand-chose en commun. La première reste recluse chez elle, à Amherst, dans la vallée du Connecticut, tandis que la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Dixie39
  03 avril 2021
En ouvrant ce 7ième tome du Manifeste incertain de Frédéric Pajak, je ne voyais qu'elle : Emily Dickinson. Et pourtant, elle a coulé entre mes doigts, filé à une vitesse folle ; sans que je m'en rende compte j'étais déjà en Russie, auprès de Marina. C'est là tout le talent de Pajak, vous faire oublier l'objet de vos attentes et adorer ce que vous n'étiez pas vraiment venu chercher.
Je connaissais si peu de Marina Tsvetaieva, que j'ai appris énormément : ce qu'elle a vécu, comment elle est morte et cet acharnement à écrire, à créer. Plus fort que tout. Que sa vie, que celle de ses filles, de ses amours...
"Nos poèmes, ce sont nos enfants. Ils sont plus âgés que nous parce qu'ils vivront plus longtemps que nous. Plus longtemps que nous depuis l'avenir. Voilà pourquoi ils nous sont aussi parfois étrangers". Marina Tsvetaieva.
Frédéric Pajak nous fait toucher du doigt le désarroi de cette créatrice, engluée dans la pauvreté, l'asservissement à sa condition de femme et de mère : "Je suis de nouveau du matin au soir cousue, soudée, collée à la maison, à ses besoins. Dès le matin marché, cuisine et après le repas, promenade avec Murr - Thé - dîner - (Vaisselle ! vaisselle ! vaisselle !) - tout comme avant."
L'espace de création se rétrécie comme peau de chagrin ; l'exil face aux répressions, l'isolement et le manque d'argent vont renforcer son besoin de création autant que l'étouffer. Entre aspiration et réalité, le chemin est difficile, presque impossible. Et pourtant, elle crée ! Mais à quel prix...
Frédéric Pajak retourne sur les traces de Marina, pose ses pas dans les siens et nous livre d'elle un portrait sublime. Il met en mots et en dessins toute une époque, un pays aux prises avec les affres de l'acharnement politique répressif.
Et Marina au milieu de tout cela...
Marina a cette si belle pensée pour Rainer Maria Rilke : "Je suis toujours persuadée qu'au moment de mourir il viendra me chercher. Il me fera passer dans l'autre monde, comme moi en ce moment, je le fais passer de l'allemand au russe (par la main)".
Sur la page blanche de fin, je l'ai aperçu cette main...
Lien : http://page39.eklablog.com/m..
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oiseaulire
  25 décembre 2018
Encore une réussite, l'illustration souligne bien le propos sans le suivre réellement, comme d'habitude : certains dessins ont une force d'évocation très chargée d'érotisme ( abeille butinant une fleur) ou d'inquiétude intense (enfant relié à un magnétophone). Les arbres sont merveilleux, les visages russes très beaux.
Pajak évoque le vie et l'oeuvre de deux grandes poétesses : Emily Dickinson et Marina Tsvetaeva. Toutes deux ont brûlé intensément, toutes deux ont fait de leur art une recherche de l'intériorité.
J'aurais aimé que la partie consacrée à Dickinson soit plus longue, mais sa vie fut si recluse et sédentaire que c'était difficilement réalisable. L'essentiel a été rendu et bien rendu.
Merci à l'auteur d'avoir évoqué ces deux grandes figures avec tant de respect et d'amour.
Frédéric Pajak, je n'ai vraiment découvert votre univers que cette année, et vous resterez pour moi un des plus grands créateurs contemporains.
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critiques presse (1)
Bibliobs   11 décembre 2018
Dans son nouveau "Manifeste incertain", Frédéric Pajak fait entendre les deux grandes écrivaines, pour qui la poésie est la "langue" de l'âme.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   16 février 2019
La poésie d’Emily Dickinson ressemble littéralement à un jardin secret. Si son auteur semble dédaigner la chair du monde extérieur, c’est pour mieux en recréer l’os. Émily n’a que faire du commerce des hommes, de leur médiocrité, de leurs gesticulations, car elle se tient au coeur même de la vie, là où l’âme s’ébat dans les tourments. Elle veut donner sa voix à l’indicible, car elle comprend que seule la poésie peut donner accès à cet « au-dedans » de la vie. Elle sait que les mots forment le parcours le plus direct pour l’atteindre. Elle sait aussi qu’en refusant les anecdotes et les formules convenues, elle prend le risque de se perdre et de perdre son lecteur chimérique dans l’obscurité des métaphores.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   06 janvier 2019
En 1861, cinquante-quatre millions de personnes furent délivrées du servage. Nombre d'entre elles gagnèrent les villes pour devenir les esclaves modernes de l'industrie, croupissant dans des taudis et des caves.

Un pays dans un pays dans un pays, p. 75
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foxinthesnowfoxinthesnow   04 janvier 2020
[Lettre de Rilke à Lou à propos de sa mère] « Quand il me faut voir cette femme égarée, irréelle, qui n’est rattachée à rien et ne peut vieillir, je sens combien j’ai souhaité dès mon enfance m’éloigner d’elle, et je crains au fond de moi de ne pas être encore assez loin d’elle après ces années d’allées et venues, d’avoir encore quelque part en moi des mouvements qui sont l’autre moitié de ses gestes rabougris, des bribes de souvenirs brisés qu’elle porte partout avec elle ; alors sa piété distraite me fait horreur, sa foi têtue, toutes ces caricatures et es déformations auxquelles elle s’est accrochée, vide elle-même comme un vêtement, fantomatique et effrayante. Et dire que je suis son enfant ; et que dans ce mur délavé qui ne fait partie de rien, une porte dérobée, à peine visible, a permis mon entrée dans ce monde ! » (p. 202)
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PiatkaPiatka   28 février 2019
Qu’est-ce que je fais sur terre ? - J’écoute mon âme. 

Marina TSVETAÏEVA
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foxinthesnowfoxinthesnow   04 janvier 2020
La première impression est-elle toujours la bonne ? L’enthousiasme peut vite conduire au désenchantement, mais les illusions ont ce mérite, dès lors qu’elles sont perdues, de faire place à la nuance. Sentir sous mes pieds, et pour la première fois, la terre de Russie, cent ans après le coup d’État bolchevique (…) c’est comme un lavage de cerveau. Je savais tant d choses, c’est-à-dire que je ne savais pas, ou que je ne voyais pas, ne sentais pas, ne goûtais pas. (p. 61)
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Videos de Frédéric Pajak (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Frédéric Pajak
Lecteur, écrivain, dessinateur, Frédéric Pajak déploie son imaginaire depuis 2012 dans un livre sans fin, "Le Manifeste incertain " : au rythme d'un volume par an, cette entreprise littéraire s'achève cette année avec la parution de son 9e volume "Avec Pessoa". Si chaque volume est consacré à la biographie d'une figure que L Histoire a longtemps malmené, ils tissent entre eux une toile plus vaste, l'incertitude comme fil rouge.
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