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ISBN : 2841726835
Éditeur : L'Atalante (25/09/2014)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Un meurtre sur fond de trafic de drogue, des pêcheurs de grenouilles polydactyles, un marié noyé, une chute lente dans la marginalité. Tristan Madec, conducteur d'éléphant, emmène le lecteur sur la route du Lac de Grand-Lieu et de sa mélancolie
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  19 décembre 2014
Un grand merci à Babelio pour ce voyage à Herbadilia...
Tristan Madec, sur la terrasse de sa maison aux volets verts, sirote tranquillement son café, le regard perdu dans les profondeurs de la Loire. Perdu dans ses souvenirs, il repense souvent à son frère jumeau, Anton, noyé dans le lac de Grand-Lieu alors qu'il n'avait que 15 ans. Un peu solitaire, n'ayant pour seul compagnie que son chat, Job, sa petite amie venant de le quitter, il aime retrouver cette douce sensation de pouvoir s'échapper de son corps et voyager dans un tout autre monde. le Batraxil, une nouvelle drogue à la mode, permet ce doux voyage, hors du temps. Produite à partir de crapauds ou de civelles, le trafic de ces animaux s'amplifie. La tête ailleurs, Tristan ne remarquera qu'à peine le pêcheur de civelles, amarré au ponton, et surtout n'entendra pas la détonation à quelques mètres de lui...
Kalash, lui, veut en finir avec tout ça. Gérant d'un fast-food à Morlaix et aussi tueur à gages à ses heures perdues, ce troisième mort signe la fin de son contrat. le prix à payer pour tout pêcheur de crapauds qui veut arrêter le trafic. Un petit souci, tout de même. Et si le jeune homme l'avait vu faire?
Pablo Messager, lui, va épouser dans quelques jours Barbara. Mais, avant cela, il doit enterrer sa vie de garçons. Rien de telle qu'une bonne virée entre potes sur le lac de Grand-Lieu. Quelques verres, un pari stupide et le voilà dans une barque. Mystérieusement et sans rien y comprendre, une vague l'emporte...
Stéphane Pajot nous balade le long des bords de Loire, dans une barque sur le lac de Grand-Lieu ou encore sur l'Ile de Nantes, à bord de l'éléphant. Un voyage dépaysant et original... Ce qui, de prime abord, ressemble à un polar n'en est pas un. L'on commence par un meurtre sur fond de trafic de crapauds Bufo bufo, puis par une disparition incompréhensible pour finir au pays des grenouilles, la cité engloutie d'Herbadilia où Dark Rainette, grenouille tyrannique, impose sa loi. Pas besoin d'avaler un Batraxil pour y croire, il suffit juste de se laisser emporter par les mots de l'auteur et d'y croire juste un instant. Mélange de réalité, notamment à travers les décors, d'onirisme et de fantastique, ce roman, tel une invitation au voyage, est véritablement un conte surprenant qui laisse notre imagination vagabonder.
Qui plus est, l'on pourra peut-être un jour voir Dark Rainette sur grand écran puisque ce livre doit servir pour un film intitulé justement "La cité des grenouilles"...
Anomalie P... Remarquable!
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Commenter  J’apprécie          663
Juin
  01 décembre 2014
Je pensais avoir acheté un polar, et finalement ce roman m'a entraîné bien plus loin que cela.
Tristan Madec était un gamin qui aimait pêcher les grenouilles, un drame a bouleversé sa vie il y a 15 ans. La noyade de son frère jumeau lors d'une de ses parties de pêche. Depuis sa vie est parti en vrille...
Un peu comme le roman lorsque tous les personnages ont été bien installés : un pêcheur tué dans sa barque, un tueur à gage, un futur marié, une Barbara, un professeur qui vient étudier les drôles de grenouilles de ce lac de Grand-Lieu, tout près de Nantes.
On est au coeur de la nature, on se balade dans Nantes, on rencontre un éléphant. D'ailleurs c'est le boulot de Madec, conduire cet éléphant.
Jean Rostand s'émerveille de tous ces grenouilles qu'il découvre. Des grenouilles à 6 ou 7 doigts...
Et puis il y a la Batraxil, drogue à base de crapaud, qui nous fait basculer dans un monde parallèle, un monde où les grenouilles règnent. Gloria la rebelle, et Dark Rainette, une sorte de dictatrice qui peu à peu a empoisonné la bonne ambiance de cette cité, pointant les différences, emprisonnant et qui fait régner la terreur dans cette communauté.
Si vous n'avez pas tout compris... Lisez ce roman qui mêle enquête ( c'est un peu un polar tout de même...) et fantastique. Réalité et fiction.
On se laisse facilement entraîner dans cette histoire passionnante puis délirante, ce qui n'est pas trop mon trip habituellement... Mais la nature omniprésente et les personnages attachants et touchants ont fait que je n'ai pas lâché cette histoire
Pas un polar sanglant, loin de là... Juste une histoire infiniment triste. Écrite avec beaucoup de justesse.
Et puis Grand-Lieu c'est un endroit assez magique et mystérieux....
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yv1
  05 octobre 2014
"Attention, âmes sensibles et esprits étroits s'abstenir !" est-il écrit en quatrième de couverture. Je confirme en précisant que rien n'est dur ou sanglant dans ce fabuleux court roman, "âmes sensibles" vaut surtout pour le sens premier d'âme puisque certaines d'artistes étant venus à Nantes et ayant eu un destin tragique se retrouvent dans les animaux du bestiaire des Machines de l'île -que vous devez absolument visiter, au moins aller sur le site voir les photos. En tant qu'habitué et amateur du lieu comme quasiment tous les Nantais, après ma lecture de ce livre, je ne verrai plus l'éléphant ni les animaux du Carrousel de la même manière, il se peut même que je m'arrête et que je tente d'entrer en communication avec eux !
"Esprits étroits", parce que Stéphane Pajot part dans un délire absolument formidable, basé sur les légendes liées au Lac de Grand-Lieu, notamment celle de la cité engloutie d'Herbauges, sorte de Sodome de la région qui fut noyée car rétive à l'évangélisation de Saint-Martin. Sous la plume de l'auteur elle perdure sous le nom d'Herbadilia, habitée et gouvernée par des grenouilles. Dès lors, il ne reste plus qu'à se laisser porter par la poésie, l'étrangeté de l'histoire et de ses personnages, tant les animaux vivants ou non que les hommes fictifs ou réels (le professeur Jean Rostand a bien existé, il est le fils d'Edmond et de Rosemonde Gérard dont il serait bien étonnant que vous ne connaissiez au moins un poème appris à l'école, et a bien étudié les grenouilles polydactyles*). Stéphane Pajot mélange tout cela dans un roman joyeux et jouissif. Il y ajoute même une part de polar, une histoire de dictature aux thèses proches de celles des nazis qui affronte aussi une Résistance, une part de fantastique, un récit naturaliste, un hymne à la nature, à la diversité et à la différence et un guide du Lac de Grand-Lieu et de la région nantaise. Et tout cela en seulement 154 pages ! Une fable, un conte qui se déguste lentement pour faire durer le plaisir.
Comme à chaque fois que je ressors d'un livre enthousiaste avec la folle envie de le faire partager au plus grand nombre, je me trouve maladroit et pas totalement en phase avec tout ce que j'ai envie de dire. Sachez que depuis septembre, j'ai lu avec bonheur quelques romans ou BD dans lesquels l'aventure est de retour, l'aventure à la Jules Verne. Celui-ci en fait partie avec une petite partie de folie en plus, un gramme de fantaisie qui m'a ravi. Et comme j'aimerais tellement que vous tous qui passez me lire régulièrement -ou pas- plongiez immédiatement dans le Lac de Grand-Lieu, je vous laisse avec le meilleur argument possible tiré de la page 123 du livre, celui qui résume le livre et ne peut que faire mouche auprès des plus curieux d'entre vous :
"Il suffit de percer la bulle du quotidien dans laquelle on vit, de balayer de temps à autre les codes, les idées toutes faites. Souvenez-vous des mondes fabuleux de l'enfance, des histoires extraordinaires."
Stéphane Pajot est journaliste à Presse Océan, écrivain -j'ai déjà chroniqué pas mal de ses livres-, amoureux de sa ville, Nantes. Ce bouquin est né d'un projet autour de la légende d'Herbadilia, lui écrit le roman et avec Philippe Guihéneuf, un scénario pour un film, "un éco-polar fantastique où tout sera permis." (p.155) Vivement la projection !

L'Atalante est une maison d'édition nantaise et une librairie.
Dernière minute : Stéphane Pajot sera en rencontre-dédicace le mardi 14 octobre, à 19h30 à la Librairie Lise&Moi de Vertou. Je passerai le saluer et le remercier de m'avoir fait passer un aussi bon moment.
*avec des doigts supplémentaires

Lien : http://lyvres.over-blog.com
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sosotess
  03 juin 2015
Très bon récit entre hallucinations et réalité, à travers les mondes parallèles et dans les rues de Nantes. Je l'ai lu presque d'une traite, il a l'avantage d'être court et percutant. Histoire surréaliste comme j'aime, assez sombre avec de l'humour et des personnages hauts en couleur. Et pour ne rien gâcher, une très belle plume!
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Anaellita
  21 juin 2015
Anomalie P, ou comment mêler réalité et légende, sur fond de drogue, de pêche à la grenouille et d'enterrement de vie de garçon !
C'est clairement un livre à la fois surréaliste, mais également au réalisme très précis, et agréable à parcourir pour un nantais ! Ça m'a fait du bien de visualiser très clairement certains passages dans ma tête, sachant très bien à quoi ressemblait le décor.
On bascule en pleine légende d'Herbauges d'un seul coup ! Sur l'instant, on se demande à quoi rime cette mascarade, et finalement on est complètement embarqué dans l'histoire ! Belle réussite de la part de l'auteur !
Une chose est sûre : je ne regarderai plus jamais les yeux de l'éléphant de la même manière...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   19 décembre 2014
Il est des épilogues qu'on ne devrait jamais écrire, jamais atteindre sous peine de déception. L'idée, l'envie, l'espoir font vivre, le besoin de croire qu'on ne meurt jamais aussi. On ne recommence pas l'histoire. Ou alors, pas la même.
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ChezLoChezLo   08 janvier 2015
Une envie naturelle le fit à nouveau se lever, traverser la cuisine et pousser la porte des W.-C., desquels il ressortit une minute plus tard. Le bruit de la chasse d’eau couvrit la pre- mière détonation qui claqua dans le vent frais de la Loire. La seconde fut étouffée par des cris de mouettes. Dans sa bar- casse, le pêcheur de civelles s’écroula et le petit bateau resta orphelin sans que nul témoin ne s’en émeuve. Le tireur, vêtu d’une veste en tweed et d’une chemise grise, mit sa main en visière. Il fixa quelques secondes la Loire, la maison de Tristan puis s’éclipsa à pied le plus naturellement du monde. Tristan n’avait rien perçu de la tragédie. Un homme avait été assassiné à moins de cent mètres, de l’autre côté du fleuve. De deux balles, l’une dans la tête, l’autre dans la région du cœur.
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ChezLoChezLo   08 janvier 2015
La Loire fumait. Tristan Madec avala son café non sucré en deux longues gorgées. Il gardait les yeux fixés sur un pêcheur de civelles qui remontait le courant sur son chalutier zébré rouge et blanc. L’usine de sucre Béghin Say, un bloc de deux constructions de la taille d’un immeuble, avec une très haute cheminée annexe, en imposait de l’autre côté du fleuve. En ce matin de mai, des vapeurs dantesques se détachaient du complexe industriel, surnommé l’Usine Bleue. Bleue mâtinée de grands carreaux blancs, tel un damier géant qui tranchait avec le reste des bâtiments gris terne alentour, dont une fabrique de glace désaffectée. Tristan logeait au lieu-dit la Haute-Île à Trentemoult-les-Nantes, avec ses maisons tarabiscotées d’un siècle évanoui de cap-horniers.
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ChezLoChezLo   08 janvier 2015
Les petites anguilles – le fameux « or blanc » dont un kilo comptait deux mille neuf cents alevins – attiraient toutes les convoitises et le marché noir battait son plein. En une quinzaine d’années les tarifs avaient commencé par doubler, puis tripler, quintupler. On en était à douze fois le prix initial. De quoi aiguiser les appétits, le bra- connage, les vols. Ce qui est rare est cher. L’ancien plat du pauvre, qui servait même d’engrais au potager de sa grand- mère, était à présent apprécié des gourmets riches du monde entier.
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marina53marina53   19 décembre 2014
Le possible est déjà fait, l'impossible est en cours. Pour les miracles, prévoir un délai.
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