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EAN : 9782262014933
196 pages
Éditeur : Perrin (17/01/2002)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 19 notes)
Résumé :
"Ici, nous foulons un grand cimetière, le cimetière de la chevalerie française". À Azincourt, les redoutables armées d'Henri V l'anéantirent en une journée. La bataille se rejoue sous la plume de Dominique Paladilhe. Alors que le royaume de France est en proie à la guerre civile et à la folie de son roi Charles VI, les Anglais débarquent en Normandie. Les deux ennemis héréditaires de la guerre de Cent Ans se retrouvent dans la plaine d'Azincourt. Le 25 octobre 1415 ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sarindar
  22 août 2014
Partis le 11 août 1415 de Portsmouth et de Southampton, les deux mille hommes d'armes, les six mille archers et les quatre à six mille piétons et "coutiliers" de l'armée d'Henry V de Lancastre, déterminés à nous donner une bonne leçon ou à nous causer des frayeurs, à défaut de pouvoir faire oeuvre de conquête en France, abordèrent les côtes de Normandie au Chef-de-Caux, sur la pointe occidentale de la rive septentrionale de l'estuaire de la Seine, le 14 août. La première chose à faire fut de s'assurer la possession d'un port. le Havre n'était pas encore apparent sur la carte, mais il y avait Harfleur (nous disons bien Harfleur, et non pas Honfleur, localité située sur l'autre rive de la Seine). Cette place, ceinturée de remparts et défendue par une garnison de quatre cents hommes d'armes placés sous le commandement de Raoul de Gaucourt, que l'on devait retrouver plus tard auprès de Jeanne d'Arc à Orléans, résista héroïquement pendant plus d'un mois aux assauts lancés par les Anglais.
Ceux-ci durent s'organiser comme pour un siège en règle. C'est seulement le 23 septembre que, faute de recevoir des secours extérieurs, la petite ville portuaire accepta d'ouvrir ses portes à l'assiégeant. Les Anglais allaient pouvoir contrôler ainsi le commerce fluvial sur la Seine à son débouché.
Sans s'occuper des défenseurs, prisonniers libérés sous caution, qui s'étaient engagés à gagner Calais où devait être fixé le montant de leur rançon, du moins pour les plus valeureux et les plus fortunés d'entre eux, Henry V prit la route du nord le 8 octobre.

Pendant ce temps, l'ost français réuni provisoirement à Rouen et commandé par Bernard d'Armagnac, Charles d'Orléans et Charles d'Albret, acceptait le renfort de chevaliers et soldats bourguignons tout en veillant à empêcher le
Jean Sans Peur de venir en personne. Cinq cents hommes d'armes et trois cents bourguignons vinrent ainsi grossir les rangs français, qui se trouvèrent rapidement forts d'un effectif de vingt mille hommes.
Inquiété par de faux renseignements qui donnaient le gué de la Blanchetaque par où jadis Edward the Third était passé, Henry V franchit la Somme à Voyennes le 18 octobre 1415, et arriva bientôt à Maisoncelle le 24. Il trouve devant lui l'armée française, positionnée entre Tramecourt et Azincourt, et qui lui ferme le passage.
Chacun installe son campement pour la nuit, qui s'annonce plus ou moins pluvieuse et en prévision de la bataille qui s'annonce pour le lendemain. L'état-major français, où se trouve aussi le maréchal Boucicaut, décide d'ordonner l'armée en trois "batailles" composées d'un grand nombre de combattants qui laissent leurs montures. Les cavaliers se trouvent essentiellement aux ailes pour faire place nette devant le gros de l'armée et ils ont pour consigne de bousculer les lignes d'archers anglais. Comme la place est comptée entre les bois de Tramecourt et D Azincourt, on décide de ne pas donner les archers et les arbalétriers français et de les laisser sur place entre les groupes d'armée avant que ceux-ci ne s'ébranlent. L'ennui est que le sol, imbibé d'eau de pluie, est détrempé et boueux, ce qui
n'augure rien de bon. Mais qu'importe : on se dit qu'à trois contre un, on aura facilement le dessus.
En face, les Anglais, harangués par le roi qui leur dit qu'ils seront victorieux en ce 25 octobre 1415, jour de la Saint-Crépin et selon Shakespeare qu'ils constitueront une joyeuse "band of brothers", se sont organisés : ils ont fiché en terre des pieux effilés en pointe vers l'attaquant pour protéger leur archerie, armée du grand arc dit Long Bow et placée entre les corps de bataille du duc d'York, de lord Camoys et d'Henry V, s'avança pour décocher les premières grosses volées de flèches sur la première vague française vite désarçonnée. La suite de la bataille donna rapidement l'avantage aux Anglais, car la cohue française acheva de s'empêtrer dans ces champs bourbeux. Un horrible massacre s'ensuivit, car Henry V donna l'ordre de ne pas trop s'embarrasser de prisonniers, hormis ceux qui étaient hautement rançonnables (et encore !) le prisonnier le plus célèbre fut le duc Charles d'Orléans, qui devait faire un long séjour dans des prisons plus ou moins dorées en Angleterre.
Seul trait de bravoure - acte totalement vain - de la journée, du côté français, un petit groupe monté parvint à contourner les lignes anglaises et à pénétrer dans le campement anglais pour y commettre un acte de brigandage, juste derrière l'arrière-garde commandée par Sir John Cornwall. L'impétueux et présomptueux duc d'Alencon, à la tête d'un autre groupe, chargea droit sur le roi Henry et réussit à s'approcher de lui, mais la garde rapprochée du Lancastre réagit et le tua sans pitié.
Le sol était jonché de cadavres français, picards et bourguignons. Au bruit que firent les pillards qui agissaient dans son dos, Henry V, qui se croyait tourné par une partie de l'armée ennemie, ordonna à trois cents coutiliers d'exterminer le plus possible de blessés et de prisonniers, ce qui fit que l'on dénombra là un "royal cortège de morts", selon les mots empruntés à Shakespeare. Acte qui entacha quelque peu la réputation du roi d'Angleterre. Mille cinq cents chevaliers et cinq mille autres combattants français laissèrent la vie sur le champ de bataille D Azincourt. Un nom qui vint de ce qu'Henry V, avisant une maison forte à peu de distance du lieu des combats, demanda quel nom elle portait, et on lui dit que c'était : "Agincourt", anglicisation D Azincourt. du coup, le nom resta pour désigner cet affrontement.
Dominique Paladilhe, qui a brillamment résumé les faits du jour, ne s'est pas contenté de cela : il a aussi analysé les conséquences de cette bataille qui ne suffisait pas à elle seule pour donner à Henry V le pouvoir en France. Il lui fallut revenir et conquérir la Normandie, prendre Rouen et se montrer à Paris, avant que le traité de Troyes ne fît de lui l'héritier de la couronne française pour le cas où, ayant épousé Catherine, la fille de Charles VI de Valois et d'Isabeau de Bavière, il survivrait au roi de France. Ce ne fut pas ce qui arriva, et son fils, Henry VI, aidé par le frère d'Henry, Bedford, ne fut finalement pas capable d'assurer la relève. Jeanne la Pucelle puis le dauphin Charles, désavoué à Troyes, mais finalement couronné à Reims, et devenu Charles VII l'en empêchèrent.
François Sarindar, auteur de : Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010)

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Lazare404
  29 juillet 2018
Le 25 octobre 1415, la chevalerie française meurt sous les flèches des archers d'Henri V d'Angleterre. Ce qui devait être une victoire écrasante devint l'une des plus grandes défaites française et deviendra la plus célèbre bataille de la guerre de Cent Ans.
A travers ce court ouvrage, Paladhille nous livre une analyse de la dite bataille mais narre aussi les événements qui y mèneront. L'auteur retrace ainsi l'origine de la rivalité entre la France et l'Angleterre, les raisons du déclenchement de la guerre par Edouard III, la folie de Charles VI, les luttes de pouvoir entre les ducs d'Orléans et de Bourgogne qui se transformeront guerre civile ainsi que les volontés de conquête d'Henri V.
Il nous dévoile les erreurs qui mèneront à la mort de la fine fleur de la chevalerie française à Azincourt: une armée dirigée par un chef à l'autorité contestée, une tactique inappropriée au vu du terrain, des nobles trop confiant dans leur supériorité...il décortique tout pour nous livrer une analyse de la bataille, pointant du doigt tel ou tel fait d'arme qui aurait pu renverser le cours de l'affrontement mais qui n'a fait que aggraver les pertes françaises.
Mais on y apprend aussi des informations surprenantes comme "l'union nationale" de la noblesse, pourtant divisée entre bourguignons et armagnacs qui mit de côté ses différents pour affronter l'Anglais, ou la cruauté d'Henri V, roi pourtant glorifié et adulé qui révèle un visage beaucoup moins lisse que celui laissé par l'Histoire.
Le livre continue en nous racontant le ressenti de cette bataille par leurs contemporains en nous offre un bref résumé de la suite de la guerre.
On sent bien que l'auteur n'est pas entièrement impartial et cherche à montrer les français sous leur meilleur jour mais il ne tombe pas dans le manichéisme et montre un souverain Anglais, certes impitoyable mais aussi magnanime et des ducs français prompt a tirer la couverture de leur côté lors de la folie de leur roi.
En définitive un livre court, simple, doté d'un style fluide qui permet d'en apprendre un peu plus sur cette bataille si célèbre ainsi que sur l'une des guerres les plus connues de l'Histoire.
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jsgandalf
  29 mai 2012
Certaine journée marque la mémoire collective : le 6 juin 1944, Wateroo, Poitiers. Celle-ci en fait partie. le roi de France et son Ost vainqueur de Henri V d'Angleterre depuis le début de la campagne compte bien le défaire. Il faut dire à 50 000 contre 15 000 les jeux sont faits. Cette journée va rester dans la mémoire comme une des plus féroce bataille de toute la guerre de cent ans. Bouvines fut gagné par la France, Azincourt ,elle, sera perdu. En terre d'Artois la chevalerie française sera décimée.
Un nom que tout le monde connaît sans rien savoir dessus. Ce court livre rattrape cette méconnaissance.
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Nikoz
  27 juin 2013
Un bonne mise en perspective de la bataille D Azincourt. Simple.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
El_gabierEl_gabier   08 juin 2020
 Le traité de Brétigny aurait pu marquer la fin du conflit franco-anglais avec une France réduite presque de moitié, puisque Édouard renonçait au trône. Il aurait fallu pour cela que le traité fût appliqué. Charles V, en effet, contrairement à son père, n’était pas un valeureux chevalier, il était prudent, avisé, réfléchi, intelligent. Bien décidé à ne pas appliquer le traité ou le moins possible, il continua la lutte en temporisant, en évitant les grands affrontements pour les remplacer par de petites actions plus efficaces. Avec sagesse, il confia cette tâche à Du Guesclin, plus à même que lui de mener le combat. Bientôt on ne parla plus du traité de Brétigny. Harcelé par les forces françaises, Édouard III en fut à son tour réduit à demander une trêve. Il ne lui restait plus de ses conquêtes que la Guyenne et les villes de Cherbourg, Brest et évidemment Calais. L’année suivante, son fils, le Prince Noir, mourait à Bordeaux et lui-même s’éteignit un an plus tard.
Ainsi, l’ambitieuse prétention d’Édouard III de conquérir la couronne de France, malgré deux victoires écrasantes, n’avait abouti à rien. 
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