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Critiques sur Fight club 2 (12)
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gruz
03 mai 2016
La BD n'est pas mon univers habituel et j'ai donc posé des yeux de profane sur la suite de Fight Club en version dessinée. Non-initié ne veut pas dire que je me suis plongé dans l'ouvrage à reculons. Bien au contraire, c'est avec un état d'esprit particulièrement curieux que j'ai découvert les premières planches. Pour bien me plonger dans l'ambiance, j'ai d'ailleurs revisionné le film de David Fincher datant de 1999.

Mais n'oublions pas que FC est avant tout un livre (1996) ! Chuck Palahniuk est le géniteur de cette histoire dingue et violente. On le retrouve aux manettes du scénario de cette bande-dessinée (où il se moque d'ailleurs un peu du film au détour de quelques passages), avec Cameron Stewart comme compère pour l'illustration.

Comment résumer l'expérience qu'aura été cette lecture... Démente, surprenante, violente, déstabilisante, renversante... Une plongée au plus profond des esprits malades des personnages (et de leurs auteurs).

Une vraie expérience sensorielle pour le profane que je suis, donc. J'y ai perdu mes repères, ma voix et un peu la tête. Il faut dire qu'il n'est pas toujours évident de suivre cette intrigue déstructurée, découpée en dix parties (Fight Club 2 a été publié en feuilletons aux États-Unis). Heureusement que chaque nouvelle partie s'ouvre sur une sorte de résumé (déjanté et franchement très drôle).

FC 2 fourmille d'idées, d'inspiration, d'imagination et de délires. A travers l'histoire et le texte de Chuck Palahniuk, clairement décalé au point d'intégrer sa propre personne dans le récit. Par le dessin de Cameron Stewart où chaque bulle explose dans un tourbillon de créativité.

J'ai lu les premières pages avec enthousiasme, j'ai commencé à perdre le fil ensuite, je me suis raccroché aux branches, j'ai tenté de laisser s'évader mon esprit et mettre de coté ma raison trop cartésienne. Une vraie expérimentation assez exigeante, qui m'aura fait passer par nombre d'états, de l'excitation à l'énervement, de la réflexion à la rêverie. Et ce n'est pas le final qui m'aura permis de retomber les pieds sur terre.

On a parfois l'impression que les deux auteurs sont en roue libre, même s'ils s'en donnent à coeur joie. Une sensation déstabilisante et assez improbable, surtout concernant la fin qui est... particulière.

Les dessins de Cameron Stewart sont en tout cas d'une expressivité et d'une inventivité étonnantes. Je n'ai aucune compétence pour parler de technique, mais sa manière d'illustrer cette intrigue folle est à son image : franchement barjo.

Un mot sur l'objet, absolument superbe, à l'image de sa couverture intérieure très différente de la sur-couverture, et des étonnantes planches de couvertures alternatives proposées en fin d'ouvrage.

Oubliez tous vos repères, gardez l'esprit ouvert, pas besoin d'être expert, tant qu'on accepte de plonger dans un récit non linéaire. Perturbante, mais vraiment intéressante expérience sensorielle que ce Fight Club 2.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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XIX
29 avril 2016
Dix ans après les évènements du Fight Club (du livre, dont la fin est différente du film), nous retrouvons Sebastian (le nouveau nom du personnage principal hébergeant Tyler Durden) en proie à la monotonie d'une vie principalement composée d'absorption de médicaments principalement d'anxiolytiques, antipsychotiques etc. Il s'est marié avec Marla qui désespère de la disparition de Tyler. Ils ont eu un enfant ensemble.
Et... et voilà, ça ne commence pas forcément très bien mais le développement aurait pu valoir quelque chose. Sauf que non... Tout ce qui faisait de Fight Club une oeuvre explosive n'est plus là : l'humour grinçant disparu, les idées percutantes devenues flasques.
On dirait que le but de l'auteur est de déconstruire tout le mythe de Tyler Durden, au point où
En bref Fight Club n'est plus, avec le temps il s'est transformé en ce Fight Club 2 puéril, puisant à outrance dans tous les pires travers de ce qui fait l'univers niais de la BD, roman graphique, ou quel que soit le nom de ces choses avec dessins et dialogues. J'imagine que les amateurs de romans graphiques y trouveront leur compte, beaucoup de critiques encensent ce Fight Club 2, pour ma part c'est 25 euros mis à la poubelle et la déception de voir l'un de mes livres/films favoris détruit.
Objectivement les dessins sont modernes, parfois pas mauvais bien qu'on sent qu'ils ne sont qu'inspirés de photos calquées (le château de Louis II de Bavière agrémenté d'autres éléments, les visages du club de lecture, etc), et il faut avouer que ça se lit très facilement et très rapidement, qu'on ne passe pas un trop mauvais moment pourvu qu'on ne soit pas trop attaché à Mr Durden, que l'objet en lui-même est de qualité, que les artworks de fin sont beaux, mais le fond reste insipide et a perdu toute la saveur du Fight Club.
La fougue et le nihilisme ont vieilli. Certes, même la Joconde subit les outrages du temps, pourtant certaines idées ne méritent pas de devenir trop matures.
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Davpunk
03 juin 2016
Lorsque David Fincher adapte le Fight Club de Chuck Palahniuk au cinéma, une suite est rapidement évoqué mais ne voit jamais le jour. Jusqu'à ce que l'auteur surprenne son monde en l'annonçant l'an dernier…

Car celui-ci n'a jamais caché qu'il aimait le film même s'il comportait quelques différences avec son roman. Notamment son final. D'ailleurs, lorsqu'il a annoncé qu'il s'attelait à l'écriture d'une suite sous forme de comics en 10 parties (Un seul en France, un intégral), il a d'emblée affirmé qu'il serait heureux que David Fincher l'adapte. Bon, ça risque d'être compliqué au vu du livre, mais pourquoi pas…

Cela fait maintenant 10 ans que Sebastian (le narrateur) est marié avec Marla. Ils ont un enfant et Tyler Durden a disparu en même temps que Sebastian a été mis sous traitement. Mais Marla s'ennuie et décide de baisser les doses, histoire de laisser un peu de place à Tyler de temps en temps. Sauf que le bonhomme n'a pas l'intention de laisser tout ça se passer si facilement et a désormais un nouveau projet : détruire le monde pour le guérir de tout ses maux !

Pas facile de parler du livre car il posséde toute une partie méta qui risque de décevoir une grande partie des lecteurs. Si cela commence de maniére trés calme (un appel vers un certain Mr. Palahniuk qui ne pourrait être qu'un clin d'oeil), cela avance rapidement avec le passage des personnages devant l'affiche d'un cinéma proposant un certain Fight Club avec Edward Norton et Brad Pitt, suivi d'une image représentant une scéne du film, avec Brad Pitt en Tyler Durden. Et on finira décontenancé avec un Chuck Palahniuk illustrant ses difficultés à boucler l'histoire. Il ne se générera d'ailleurs pas, en début de livre, pour préciser que cette suite suit la fin du roman, et non celle du film !

Perdu ? Décontenancé ? On peut l'être, ce sera légitime mais le livre illustre au final parfaitement un propos schizophrène, autant que son personnage, que l'oeuvre elle même (le livre par rapport au film), que son auteur ou ses lecteurs. Impertinent comme souvent, Palahniuk fait ce qu'il veut et moi je le suis sur les 10 chapitres (le 11éme revisite la fin du roman original) et vous conseille ce Fight Club 2, qui posséde d'ailleurs de trés beaux dessins !
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stephanieplaisirdelire
29 avril 2016
Alors Fight club 2 c'est quoi ? Une suite évidemment, et une genèse aussi. On comprend enfin l'essentiel et on découvre que Tyler est bien plus que Tyler Durden….
On retrouve le narrateur 10 ans plus tard, guéri (si on veut), contenu (dirons-nous) grâce des tonnes de pilules qui ont fini par en faire un zombi et que Marla (sa femme depuis 9 ans) ne supporte plus, autant que la monotonie de la vie. Alors elle traficote ses médocs et secrètement soustrait son traitement officiel par des placebos. Résultat : revoilà Tyler Durden. Revoilà ? Avait-il vraiment disparu ?.............................
Lien : http://libre-r-et-associes-s..
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chriskorchi
27 juin 2016
Depuis le temps que j'attendais des nouvelles de Tyler Durden ! Je suis super contente et j'ai adoré le format, ce roman graphique est percutant, efficace et déroutant à la fois. On le retrouve donc là où on l'a laissé et il ne faut pas longtemps pour se remettre dedans. J'ai beaucoup apprécié l'humour, l'auteur ironise sur son film par petites touches et le lecteur qui a vu le film ne peut qu'aimer. C'est vraiment du lourd, on suit les aventures de Sebastian qui s'est rangé et vit une vie paisible avec sa femme et son fils, mais c'est sans compter sur Tyler Durden qui va mettre un sacré bazar dans sa vie.

Lire Fight club 2 c'est faire une incursion dans la folie, la schizophrénie et le désordre. Il y a dix parties toutes plus haletantes et passionnantes les unes les autres, on lit avec avidité, on se régale des planches de qualité, on veut savoir la suite, alors on tourne les pages sans faire de pause, on est comme hypnotisé. Une critique de la société saisissante et bien vue, des idées géniales servies par des illustrations incroyables, des répliques implacables dont je suis sûre certaines vont devenir cultes, une ambiance de folie.

J'ai aimé aussi les dix parties qui commencent toutes par un résumé complètement barré, ce découpage correspond d'ailleurs à celui de la série passée aux Etats-Unis. Vous l'aurez compris, j'ai été conquise par ce tourbillon de folie, par toute la palette d'émotion que j'ai vécu passant de l'excitation, au questionnement, de la joie au désespoir... Les planches sont aussi démentes que le texte, j'ai trouvé hyper sympa les bonus en fin de livre : planches alternatives de la couverture et autres réjouissances que je vous laisse découvrir. C'est un OVNI littéraire qu'il faut lire en laissant de coté tout ce que l'on a de cartésien. C'est bien simple soit vous allez aimer soit détester

VERDICT

A lire, tant pour les dessins que pour le texte, c'est incroyable ! Vertigineux !
Lien : https://revezlivres.wordpres..
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LeaTouchBook
04 mai 2016
Avis de Grybouille (Chroniqueur sur le blog Léa Touch Book) :

Surpris... Voilà, oui, surpris, mais en bien !
Je n'avais pas lu, le premier volume de « Fight Club », j'ai découvert cette histoire en regardant le film.
Ce qui explique que j'ai été surpris par le côté barré de cette compilation, moins intimiste plus décalée mais c'est Palahniuk qui est aux manettes alors il faut suivre, accrochez-vous !


Ce roman graphique porte bien son nom, c'est un roman, du texte, des dialogues et une production graphique, des supers dessins, une qualité de réalisation au top, un univers qui vous transporte, une belle réussite.

L'histoire,
Dix ans se sont écoulés,
Sébastien morfle et les médocs sont son quotidien.
Marla, elle, aspire à retrouver une vie plus speed.
Ils ont un enfant, Junior qui se passionne pour… Enfin des choses qui ne sont pas forcément de son âge.
Le Docteur Wrong est là pour le suivre dans sa thérapie.
Tyler Durden refait surface…

Pour résumer, Sébastien après en avoir mis plein la gueule à ses adversaires, c'est à son tour d'en prendre plein la gueule, et maintenant on attend plus que vous pour commencer…

Bienvenue dans le projet CHAOS !

Grybouille en a encore les plumes toutes hérissées.
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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Presence
04 décembre 2016
Ce tome fait suite au roman Fight Club de Chuck Palahniuk, publié en 1996 qu'il vaut mieux avoir lu avant, ou au moins avoir vu le film de David Fincher Fight Club (1999). Il comprend les 10 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2015/2016, écrits par Chuck Palahniuk, dessinés et encrés par Cameron Stewart, avec une mise en couleurs de Dave Stewart. Les couvertures sont l'oeuvre de David Mack. le tome commence par une introduction de 2 pages rédigée par Gerard Howard, le responsable d'édition qui a poussé pour que son employeur publie le roman initial. Il se termine par une fin alternative au roman, en 10 pages de bandes dessinées réalisées par les mêmes auteurs.

Dix ans après les événements racontés dans Fight Club (le roman), le Narrateur a pris le nom de Sebastian. Il est marié avec Marla Singer, et ils ont un fils appelé Junior. Sebastian travaille pur une entreprise de conseil nommé Rize or Die, où il occupe un poste de bureau, sans joie et sans motivation. Il est sous traitement médicamenteux afin d'éviter une rechute et la réapparition de Tyler Durden. Marla souffre d'ennui et a recommencé à fréquenter des groupes d'entraide psychologiques, le dernier étant destiné aux malades souffrant de progéria (maladie également connue sous le nom de syndrome de Hutchinson-Gilford, provoquant des changements physiques ressemblant à une sénescence accélérée). La babysitteur de Junior a un comportement un peu apeuré vis-à-vis de Sebastian quand il rentre plus tôt que d'habitude.

En fait, Marla Singer n'en peut plus de cette normalité castratrice dans un pavillon de banlieue avec une pelouse bien entretenue et un mari d'une banalité effroyable et ennuyeuse. Elle a donc décidé de neutraliser le traitement médicamenteux de Sebastian. le résultat ne se fait pas attendre : il se montre beaucoup plus fougueux au lit, même s'il ne s'en souvient pas forcément. Tyler Durden est de retour et il a de grands projets. Les succursales du Club vont pouvoir retrouver un objectif : projet Mayhem. Dans un bar, Sebastian se rend compte que le serveur a le visage tuméfié et une référence à la Genèse tatouée sur le cou. Il va en avoir des choses à raconter au docteur Wrong, son psychanalyste, lors de la prochaine séance.

20 ans après la parution du roman original, Chuck Palahniuk répond enfin à l'attente des lecteurs et des adorateurs du Fight Club : Tyler Durden, l'homme (le vrai) qui refuse la médiocrité de la société moderne, est de retour. Les clubs n'ont jamais cessé d'exister, mais sans leur maître idéologique, ils n'ont pu que perpétrer la mécanique des combats, sans que cette forme de préparation ne débouche sur quoi que ce soit. Au vu du titre, le lecteur s'attend à une suite en bonne et due forme au roman (à la rigueur au film de David Fincher). Dès les premières séquences, l'auteur confirme cet état de fait. le lecteur doit être familier du récit original. Il doit se souvenir des personnages secondaires afin de les reconnaître lors de leur retour et pour comprendre le sens de leurs actions. Lorsque plusieurs membres d'un Club se mettent à psalmodier le nom de Robert Paulson, il faut savoir de qui il s'agit pour comprendre le sens de ce passage. de la même manière, il faut pouvoir se rappeler que la fréquentation de groupes d'entraide avait permis à Sebastian et Marla de se rencontrer initialement.

Rasséréné, le lecteur s'installe confortablement et se prête au jeu d'identifier les références à l'oeuvre originale et s'en remet à l'auteur pour le secouer dans son fauteuil, le faire sortir de sa zone de confort et le contraindre à regarder la vérité en face. Les thèmes présents dans l'original resurgissent : l'absence de sens de la vie moderne, la sensation d'émasculation de l'homme végétant dans une vie banale sans pouvoir s'accomplir, l'asservissement de l'individu à sa sécurité matérielle, le recours aux médicaments pour supporter un quotidien médiocre et navrant, la pulsion de d'agir sur son environnement pour le maîtriser et le modeler. Tous les doutes sont balayés d'un revers de main : cette suite est légitime dans tous les sens du terme. Pour donner une suite à son roman le plus populaire, l'auteur a choisi une forme tout aussi populaire, celle de la bande dessinée. Les couvertures prennent la forme de peintures magnifiques et ironiques, réalisées par David Mack, l'auteur de la série Kabuki.

Cameron Stewart est un dessinateur ayant travaillé à plusieurs reprises avec Grant Morrison, scénariste exigeant et ambitieux, ayant également réalisé le scénario d'une des incarnations de la série Batgirl. En découvrant les premières pages, le lecteur observe des dessins réalisés dans une approche réaliste et descriptive, avec un degré de simplification qui les éloignent du photoréalisme, et qui leur donne une apparence moqueuse, voire ironique, dans certaines séquences. Il retrouve à plusieurs reprises des échos visuels du film de David Fincher, Stewart s'en inspirant pour créer des liens avec le premier Fight Club. Il retrouve ainsi l'ambiance un peu glauque de la salle où se tiennent les réunions du groupe d'entraide (renforcée par la mise en couleurs intelligente et sensible de Dave Stewart), la maison délabrée que Tyler Durden avait choisie comme quartier général (après la destruction de l'appartement du Narrateur), la vivacité et le tonus des rapports sexuels entre Marla et Tyler, et quelques autres éléments.

Dès la page 10, le lecteur observe que l'artiste surimpose des éléments dessinés par-dessus les cases proprement dites. C'est ainsi qu'apparaissent des gélules qui viennent masquer des visages ou des parties de phylactères, puis des pétales de fleurs, puis des comprimés qui semblent comme apposés sur les visages pour les masquer intentionnellement. Cameron Stewart dessine ces éléments de manière plus réalistes que ceux dans les cases, en y ajoutant un ombrage, comme s'ils étaient vraiment posés par-dessus la planche dessinée. Il constate également que l'artiste ne recherche pas une ressemblance avec les acteurs du film. Il n'est pas possible de reconnaître Brad Pitt et le visage de Sebastian n'évoque que vaguement celui d'Edward Norton.

De séquence en séquence, le lecteur se rend compte que l'approche de Cameron Stewart permet de mettre sur le même plan graphique des éléments qui sinon seraient apparus comme disparates parce qu'appartenant à des environnements trop éloignés (par exemple la pelouse bien tondue et la guérilla urbaine à Mogadiscio en Somalie). Il constate également que l'artiste ne se contente pas d'illustrer le scénario, mais qu'il utilise des techniques spécifiques à ce média. Par exemple, en page 20, le lecteur peut voir la tête de Sebastian ayant explosé (avec un oeil voletant à travers la page) et expulsant les biens matériels qui constituaient sa prison. Il y a également le recours à ces éléments comme apposés sur la page. Il y a aussi possibilité de disposer côte à côte une case au temps présent et une case dans le passé. Dans le chapitre 4, il représente les déplacements d'un personnage par des pointillés sur un fond de plan. La page finale de ce même chapitre montre le sceau du Comics Code Authority (un organise d'autocensure des comics) maculé de sang, image à destination de lecteurs de comics.

Le choix de Cameron Stewart se révèle de plus en plus pertinent au fur et à mesure que l'intrigue avance. En effet, son approche graphique lui permet de représenter au premier degré les éléments de plus en plus déconcertants du récit, virant parfois à la parodie. Il faut dire que Chuck Palahniuk ne fait pas dans la demi-mesure : un dessin en pleine page montrant en contre plongée une dizaine d'individus atteints de progéria descendant en parachute sur un château (dont un dans son fauteuil roulant), des spermatozoïdes serpentant sur la page par-dessus les cases, des individus avec de franches expressions d'exaspération sur le visage, et bien d'autres surprises visuelles. le lecteur peut alors trouver que la narration visuelle vire trop vers la farce, malgré une mise en couleurs qui reste discrète et sobre.

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- ATTENTION - La suite du commentaire comprend des divulgâcheurs. -
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En fin de tome, le lecteur se retrouve en butte au fait que Chuck Palahniuk lui a donné exactement ce qu'il attendait, et que pourtant le résultat constitue quelque chose de bien différent qui défie les attentes. Il a apprécié la simplicité narrative des dessins de Cameron Stewart, tout ayant conscience que les images ont permis de faire passer des associations d'idées mieux que le langage écrit ne l'aurait permis. Il a l'impression que cette histoire se termine en grosse farce, et que la leçon à en tirer n'est pas celle qu'il aurait souhaitée. Comme l'indique la phrase sur la couverture peinte de David Mack : il y a des amis imaginaires qui ne s'en vont jamais. Après lecture, ce constat s'applique bien sûr à Tyler Durden, mais aussi à Robert Paulson, un ami imaginaire dont l'auteur lui-même n'a pas pu se défaire, du fait de la pression de son lectorat, ou plutôt de la popularité acquise par le personnage. Cette suite de Fight Club ne fait pas que dépasser les attentes, elle dépasse les espérances en reprenant le récit et les thématiques là où l'auteur s'en était arrêté il y a 20 ans et en les ouvrant sur d'autres réflexions, tout aussi brutales (à commencer par le mélange entre réalité et fiction de l'auteur, mais aussi du lecteur).
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antihuman
15 novembre 2016
Je n'ai jamais été tellement fan de Fight Club le film, et sa philosophie rose bonbon à destination de petit cadre frustré qui doit gérer ses conflits avec Mr le Directeur me passait très loin là-haut dans le firmament. Bim ! Boom ! Bam ! de plus, pour ma part je ne possède pas d'Apple Mac ni d'automobile de marque Mini Austin ni de litho de Keith Haring dans ma garçonnière (comprenne qui pourra...)

Cependant j'avais ensuite lu le livre de Palahniuk et je l'avais trouvé beaucoup plus subversif que le long-métrage.Beaucoup plus percutant et sans aucun mal !

Avec Fight Club 2 c'est encore plus délirant et l'on a l'impression de voir dedans ce qui manquait justement au film. Sebastian et ses ardeurs sont désormais passés sous silence par des cachets comme il se doit et il se demande donc où va sa vie de banlieusard pré-guidé... jusqu'à prendre connaissance du fameux projet CHAOS et aussi de l'existence persistante de ce fameux Tyler Durden. (Bon, je ne raconte pas la suite pour ne pas spolier l'intrigue comme un gros beauf cuistre.) Et oui, il existe vraiment et ça fait mal.

Fight Club 2 est une remarquable BD (oh pardon, on dit roman graphique maintenant c'est vrai) qui va au-delà de tout ce que vous connaissez déja, et, d'autre part, le trait de crayon nerveux voire presque brouillon de Cameron Stewart fait tout à fait merveille. On dirait la vie contée d'un superhéros sur le mode naturaliste. Bref, rarement on a eu droit à un ouvrage comme celui-ci où l'on parle non seulement de la réalité mais aussi comment la contrôler; sinon y échapper.

Et aussi, à l'intérieur il n'y a pas de Prad Bitt ni de Shiassa Twain. Qui dit mieux, donc ?
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MarieKey
26 juin 2017
Fight Club 2 est l'un des livres que j'attendais le plus en 2016 et, à la fois, l'une des parutions que je redoutais. Il faut dire qu'on ne parle pas là d'une simple suite. Il s'agit de la suite de Fight Club, sans doute le roman le plus célèbre de Chuck Palahniuk, le plus alambiqué et le plus spectaculaire (sans la moindre objectivité, c'est clairement un de mes livres préférés).

Outre la perspective d'une suite à un livre qui n'appelle à aucune suite, le format de ce deuxième tome était également surprenant : d'un roman, on se retrouve à un comics. Palahniuk, connu pour son trash et sa verve venimeuse à souhait, imagé sur papier ? Ça avait de quoi laissé les lecteurs songeurs, moi la première. Et au terme de ma lecture, je dois avouer être toujours aussi songeuse.
Ai-je aimé ou non Fight Club 2 ? Autant le dire directement : à la sortie de ma lecture, je n'en avais pas la moindre idée.

Côté graphisme, et pour illustrer les idées tordues de Palahniuk, on retrouve Cameron Stewart, dont le nom vous sera sans doute connu si vous êtes férus de comics, et spécialement de Batman. Si ses dessins m'ont parus assez quelconques, il faut bien avouer qu'il y a quelque chose de très percutant dans le style de Stewart, que ce soit dans sa façon de faire surgir les émotions des personnages à travers les planches ou dans le côté très méta-textuel de son coup de crayon qui insert des objets (pilules, pétales de roses) sur les planches pour nous empêcher de lire certaines bulles ou de reconnaître certains personnages (coucou Tyler, on sait que c'est toi !).

Au niveau du scénario, il n'était pas forcément évidemment de reprendre l'histoire là où Palahniuk l'avait laissé, on se retrouve donc projeté des années plus tard et il n'est pas toujours facile de se faire aux nouvelles facettes des personnages (dont la vraie nature repointe tout de même assez vite le bout de son nez). On se laisse malgré tout assez vite prendre au jeu de ce nouveau récit qui joue encore une fois sur l'ambiguïté entre Tyler et Sébastian (nouveau prénom de vous-savez-qui), mais également sur l'ambiguïté entre réalité et fiction grâce à des passages dans lesquels Monsieur Palahniuk se met lui-même en scène entouré d'un groupe d'auteurs qui semblent incider sur toute l'histoire de Tyler.

Ce livre va faire partie de ceux qui demandent du temps, un délai de décantation pour faire le point, pour revenir dessus, pour se décider et finalement faire pencher la balance. C'est le genre de livre dont on sort sans avis fixe et qu'on découvre avoir adoré des mois plus tard après avoir relu deux, trois planches ou quelques chapitres. Adoré, ou détesté.

Quelques semaines plus tard, je me suis enfin fait un avis sur la question et pour ma part, je serais un peu moins catégorique cette fois : pas d'avis tranché, plutôt un ressenti en demi-teinte car non, je n'ai pas adoré cette suite sous forme de comics, mais sur certains points, j'ai trouvé cette lecture à la fois intelligente, surprenante et, il faut l'avouer, rudement bien foutue.
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RenoRaiden
21 mai 2017
Comment faire une suite à Fight Club ? Pari impossible selon moi et Chuck Palahniuk a réussi à me détromper sur ce sujet. En lisant le scénario j'en aurais bavé d'envie : « Jack » devenu « Sebastian » vit sa petite vie de banlieusard avec une Marla Singer frustrée qui rève de faire revenir Tyler Durden, le révolutionnaire qui l'avait tant séduite. Pour se faire elle diminue les doses de cachets de son mari à son insu. Si le postulat de départ semblait une bonne idée, Palanhiuk va vite sombrer dans un scénario complètement raté : Fight Club 2 est (selon moi) l'expression de la frustration d'un écrivain qui a vu le film adapté de son roman devenir plus culte que le matériau de base.

L'auteur passe son temps à référencer le film aux moyens de reprises de scènes dans le second opus que ça soit des plans de caméras repris à l'identique ou carrément des dialogues, comme une manière de dire « ouais ok, le film est bon, mais moi aussi je peux le faire » sauf que ça ne marche pas, parce que ces références on les connaît déjà. le second point négatif vient du fait que Palanhiuk flingue lui-même un tas de choses qu'il a mise en place et qui étaient irréversible après le premier opus (vous savez de quoi je parle et non je ne spoilerais pas. Enfin le livre est totalement incohérent, un tas de scènes sont totalement irréalistes et ne sont explicable par le biais de la blague méta, car, oui Chuck Palahniuk lui-même est dans le livre et se permet de jouer les deus ex machina en choisissant lui-même de changer tel ou tel truc. Pire encore l'auteur nous gratifie d'une scène ou il rencontre son lectorat (nous) en prévoyant que le livre allait créer une réaction de tôlé et le résultat est un énorme mollard craché à la gueule de tout ceux qui ont lu et/ou vu le premier opus : nous sommes représenté par des décérébrés arborant des pin's aux slogans de Tyler Durden, parce qu'évidemment nous sommes incapables de faire la part des choses.

Ce qui est ironique c'est que Palahniuk semble dynamiter son premier opus juste pour que nous collions à l'image des fans qu'il décrit dans son oeuvre, sauf que s'il avait décidé de faire une suite valable nous n'aurions pas été aussi en colère, faire un étron et prétendre avant sa sortie que les gens ne vont pas aimer c'est comme si je lâchais un stylo par terre en prédisant qu'il va toucher le sol. Ce livre passe son temps à cracher sur le lectorat de la première heure et sur son premier opus et encore une fois j'ai la sensation que Palahniuk est le premier conscient que le film du génial David Fincher est devenu plus culte que le roman et que ça frustre l'auteur au point qu'il reprend des parties du film pour finir par flinguer l'histoire à la fin. Bref oubliez ce second opus et regardez le film qui est et restera visiblement à jamais la meilleur adaptation .
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