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Ada Palmer (Autre)
EAN : 9782843449758
544 pages
Éditeur : Le Bélial' (25/02/2021)
4.38/5   20 notes
Résumé :
Printemps 2454. L'âge d'or dans lequel vivait l'humanité depuis trois siècles a brutalement pris fin : corruption, prévarication, népotisme et meurtres calculés ; le prix véritable de cette exceptionnelle période de prospérité vient d'éclater au grand jour. Alors que le procès des responsables approche, l'opinion publique se divise : faire table rase du passé pour envisager un monde radicalement nouveau sous l'égide de J.E.D.D. Maçon, le dieu vivant, et ainsi plonge... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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JustAWord
  25 février 2021
« It is not power that corrupts, but the belief that it is yours. » ¹
C'est par cette phrase qu'Ada Palmer, historienne et écrivaine américaine, synthétise le coeur des préoccupations politiques de sa colossale quadrilogie Terra Ignota.
Si nous ne reviendrons pas ici sur le fabuleux worldbuilding qui entoure l'histoire elle-même (pour cela vous pouvez toujours consulter la longue critique du premier volume), il faut remettre en place les pièces de l'échiquier pour pouvoir expliquer comment, après deux tomes fabuleux se répondant l'un à l'autre, Ada Palmer utilise sa construction narrative et son univers pour servir de tremplin à un approfondissement philosophique de son intrigue.
Chronique des jours noirs
Nous sommes toujours en 2454 et Mycroft Canner ², condamné au Service, meurtrier, cannibale, tortionnaire et esclave aux services des plus grands dirigeants de la planète, reprend la plume après les événements des sept jours de la Transformation qui ont vu la société utopique se fracturer petit à petit.
Les raisons de cet écroulement sont multiples : la découverte d'O.S. ³ (un système d'assassinats calculé et réglé pour maintenir la paix mondiale en éliminant les personnes les plus susceptibles de la faire basculer), la révélation de Madame au peuple (qui transgresse les tabous de genre et de sexualisation de l'époque pour manipuler les plus grands et en faire ses marionnettes dans le plus pur esprit Sadien), l'infiltration des Mitsubishis au sein des autres Hives (en plaçant des simili-sets-sets pour prendre le contrôle en sous-main des structures les plus importantes) et leur main-mise sur les possessions terrestres, la manipulation du CFB (le comité de suggestion par lequel fonctionne le gouvernement de la Hive dites des Cousins) et, bien évidemment l'assassinat puis la résurrection (par Bridger) du Dieu qui venait visiter cet Univers, JEDD Mason.
Voilà de quoi enflammer une société qui n'avait plus connu la guerre depuis au moins 300 ans et qui, semble-t-il, ne sait même plus la faire.
Seulement voilà, alors que la guerre pointe de nouveau le bout de son horrible mufle, chaque Hive cherche à trouver des moyens de prendre l'avantage sur les autres dans le conflit à venir tandis que quelques-uns, notamment à Romanova, tentent désespérément d'empêcher le désastre.
JEDD Mason, qui pense la chose inéluctable car faisant partie de sa Grande Conversation avec son Pair (aka Dieu), charge Mycroft de consigner tous les événements qui mènent sur le chemin de la guerre et donnent aux belligérants la volonté de se battre ou La Volonté de se battre, justement le titre de ce troisième volume.
Le monstre des profondeurs
Contrairement aux attentes, La Volonté de se battre n'est pas là pour explorer directement le conflit sauvage qui va ravager la Terre.
Malicieuse, Ada Palmer prend son temps (et ça ne va pas plaire à tout le monde) et continue autant à construire son univers qu'à s'interroger sur les thématiques centrales déjà esquissées dans les deux précédents volume : la guerre, la Nature de l'homme, Dieu, le pouvoir politique et la notion de Justice. Un programme chargé et à forte valeur ajoutée en philosophie.
Mais, ça tombe bien, Ada Palmer adore la philosophie et va nous le prouver une troisième fois.
Plaçant immédiatement son premier roman sous l'égide De Voltaire et de ses comparses des Lumières, La Volonté de se battre se choisit lui un nouveau parrain en la personne de Thomas Hobbes, philosophe anglais du XVI-XVIIème siècle à qui l'on doit l'écriture d'un ouvrage à l'influence colossale : Léviathan ⁴.
Ada Palmer, fervente admiratrice d'Hobbes à travers le personnage clé de Mycroft Canner, va fondre la fameuse théorie philosophique développée par l'anglais à l'intérieur de son histoire comme elle pu le faire dans les précédents ouvrages avec Voltaire, Diderot ou Sade. Si Mycroft aime à nous rappeler des points historiques essentiels concernant Thomas Hobbes, il ne se contente pas de ressasser ses théories.
Ada Palmer les applique directement en décrivant les fameuses Black Laws (un ensemble de huit lois régissant à minima toute l'humanité et que certains peuvent choisir de suivre uniquement sans intégrer une Hive ou une autre) par le détail (elle invente carrément huit lois comme l'avait fait Isaac Asimov pour la Robotique, mais en s'inspirant cette fois des Lois de la Nature de Hobbes) et en bouclant donc son système politico-philosophique du futur qui, de fait, semble incroyablement bien pensé (et jusque dans les moindres détails).
Conversation divine
Pourtant, au-delà de la mise en pratique de la philosophie de Hobbes (et d'autres comme Blaise Pascal), La Volonté de se battre poursuit son histoire de dominos en montrant comment une utopie prend fin, quelque part entre l'orgueil des hommes et la nécessité d'une vénération divine décidément invincible.
Des figures divines, le roman en comprend deux : JEDD Mason et Achilles.
Comme les lecteurs de Sept Redditions le savent déjà, Bridger s'est suicidé en incarnant l'ancien héros grec en chair et en os tout en le mêlant aux esprits du Major et aux connaissances sur la nouvelle Illiade composée par Apollo Mojave.
Achilles, personnage anachronique mais délicieux, devient dès lors un enjeu central pour toutes les Hives qui voient en lui le dernier capable de façonner la Guerre. Dans un long chapitre, et malgré les souvenirs fuyants et confus de Mycroft, chaque puissant tente d'attirer Achilles à ses côtés. On comprend dès lors qu'Ada Palmer, non contente d'offrir une utopie sous l'influence de la Renaissance et des Lumières, tente sa propre relecture de la guerre de Troie où le lecteur doit tenter de retrouver Hector (ou Sniper ?), les Troyens ou encore Agamemnon. Quand on croit que l'américaine ne peut pas faire plus dense, elle nous prouve encore le contraire.
Mais si Achilles est si important pour l'histoire, c'est aussi parce que dans une époque où le rationnel doit régner en maître, très peu remettent en cause sa nature même, pourtant impossible. Un point commun avec l'autre personnage extraordinaire du récit, à savoir JEDD Mason, ou l'homme qu'on pensait Dieu qui se révèle être un Dieu venu d'un autre Univers ⁵.
Certainement l'un des plus fascinants personnages de la science-fiction moderne, JEDD Mason incarne tout le paradoxe de l'humanité, à savoir le besoin absolu de croire en quelque chose de supérieur dans un monde de plus en plus rationnel.
Pourtant, malgré sa résurrection par Bridger, rien n'indique encore une fois que JEDD soit véritablement le Dieu qu'il dit être. C'est la conviction qu'il suscite et la ferveur qu'il ravive qui importe bien davantage pour le récit d'Ada Palmer et montre que peu importe les Sensayers, les lois, les catastrophes, l'homme DOIT croire.
Et si Hobbes définit l'état naturel de l'homme comme celui où l'homme n'a aucune notion du bien et du mal, qu'il régresse au niveau de la Bête et peut donc être en état de guerre perpétuel, Ada Palmer ajoute ici que l'Homme est une bête de croyances qui lui sont aussi vitales pour vivre que l'air qu'il respire.
La Guerre de Troie aura bien lieu
Audacieuse jusqu'au bout, Ada Palmer construit pour la troisième fois (et peut-être de façon encore plus marquée) un ouvrage de Philosophique-Science-Fiction où elle n'hésite pas à passer un chapitre entier au Sénat ou à discuter du bien-fondé de la Guerre à travers des lignes et des lignes de dialogues.
Ou, plus précisément, des conditions d'une Guerre.
Forte de sa formation d'historienne, l'américaine revient sur les grands conflits et cherchent à travers les 350 pages de la Volonté de se battre à explorer les voies qui mènent à la Guerre et comment, malgré la bonne volonté des uns et des autres, l'engrenage ne peut s'arrêter une fois mis en branle par la volonté individuelle des plus puissants.
Encore une fois, elle rejoint la pensée de Thomas Hobbes qui stipule que si le Léviathan est nécessaire pour maintenir la paix entre les hommes et pour s'arracher à l'État de Nature, il ne faut pas oublier qu'à la tête du Léviathan se trouve aussi des hommes capables de se faire la guerre.
Dans La Volonté de se battre, ils sont aux moins sept, pour les sept Hives principales, sans compter les trois groupes Sans-Ruche et les autres marginaux (comme les Servicers).
Dès lors, la catastrophe attend le monde créé par l'américaine.
Une catastrophe dont nous seront témoins privilégiés dans le prochain volume mais qui débute largement avant avec les différentes complots, mesquineries et ambitions des uns et des autres, humains après tout.
En s'amusant avec les systèmes politiques qu'elle a elle-même mise en place (notamment avec le pouvoir absolu de Cornel MASON), Ada Palmer poursuit sa construction de haute volée sur une société éminemment politique terrassée par l'orgueil de chacun.
Terra Ignota
Dès lors, où placer O.S. et son système terriblement immoral qui a pourtant permis de maintenir la paix mondiale ?
C'est là tout le sens du fameux Terra Ignota⁸, ce territoire inconnu où il est impossible de distinguer le noir du blanc, d'autant plus lorsque le noir est utilisé pour produire du blanc.
Ada Palmer, froidement réaliste, finit par montrer qu'il faut des sacrifices nécessaires sur l'autel du bien commun. Reste à choisir de quel côté notre souplesse morale nous entraîne, un peu à la façon d'un Watchmen d'Alan Moore qui proposait déjà ce choix sous le truchement super-héroïque.
Nos perceptions du bien et du mal ont de toute façon été déjà bien mises à mal par la révélation des crimes d'un certain Mycroft Canner, un narrateur que l'on a appris à aimer, mais aussi par le rôle des Utopistes, cette mystérieuse Hive qui semblent tellement vouloir la guerre ⁶.
Nombreux seront les passages où Mycroft verse dans la folie permettant ainsi à Ada Palmer de se permettre toutes les audaces narratives en donnant la parole à des personnages morts comme Appollo Mojave voire à ressusciter des philosophes comme Thomas Hobbes lui-même.
Si les lignes destinées aux lecteurs sont toujours là pour casser le Quatrième Mur, c'est bien la folie narrative de l'autrice qui scotche, capable de jongler entre l'anglais, le français, l'espagnol, le grec et le vieil anglais avec une aisance qui laisse pantois. Oubliez les jeux de mots vaseux et ridicules d'un Alain Damasio, et profitez ici de la langue ultra-soignée d'une écrivaine au sommet de son art qui montre l'étendue de son savoir linguistique et arrive même à faire passer des lignes entières de dialogues en latin sans que cela ne s'en ressente sur le rythme du récit. Un vrai tour de force en somme.
L'Utopie est éternelle
Il reste pourtant des gros bout d'utopies qui refusent de partir avec La Volonté de se battre. Si l'entreprise d'Ada Palmer peut sembler pessimiste, elle n'arrive cependant pas à cacher son admiration pour les choses qui unissent les hommes, la foi ou le sport, voire les deux, et pour ces personnes capables de tout donner pour le futur.
L'entreprise des Utopistes trouve tout son sens à l'époque actuelle où nous avons désormais totalement oublié les étoiles. Voilà une caste de rêveurs prêts à tout pour toucher l'infini et qui s'en donne les moyens…mais incapable tout de même d'abandonner ses frères imbéciles et bornés qui persistent à vouloir s'entretuer pour des questions de politique ou d'eugénisme ⁷.
Ada Palmer célèbre aussi le sentiment amoureux et la grandiloquence que l'on retrouvait au siècle des Lumières, par les envolées lyriques et folles d'un Mycroft Canner parfois débordé par ses propres émotions, face à Saladin, face à JEDD Mason, face à Apollo. Comment l'amour peut-il persister en face des choses les plus terribles, comment un homme peut renoncer au projet de toute une vie pour rester aux côtés de son amant jusqu'à la dernière minute ?
C'est dans ces instants, qui semblent peu signifiants par rapport à la densité du propos d'Ada Palmer, que l'humanité se révèle la plus incompréhensible et la plus belle, que même la destruction des cités et les rugissements de la guerre ne peuvent faire taire.
Lorsqu'un homme choisit d'abandonner Mars pour mourir sur Terre car il aime et qu'on ne lui enlèvera jamais ce sentiment.
Voilà l'Utopie ultime d'Ada Palmer.
Troisième coup de génie d'une autrice simplement brillante et extraordinairement audacieuse, La Volonté de se battre impose un nouveau modèle de science-fiction érudite en diable et d'une profondeur sans cesse renouveler. Si les amateurs d'action et autres péripéties explosives seront déçus, les autres trouveront dans le nouvel ouvrage d'Ada Palmer un chef d'oeuvre qui semble vouloir faire date dans l'histoire de la science-fiction, quelque part entre Hypérion et Dune.
Reste à savoir où s'arrêtera l'américaine (peut-être les étoiles ?) avec son dernier volume attendu l'année prochaine : Perhaps the Stars.
[Critique complète sur le site avec les annotations]
Lien : https://justaword.fr/terra-i..
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gwendal
  06 juin 2021
**Attention Spoiler ou divulgachage, c'est comme vous voulez des tomes précédents **

Dans ce troisième tome, nous continuons à assister à la fin d'une utopie. Après les révélations du tome précédent, à savoir les meurtres (organisés par une alliance de Ruche et mis en oeuvre par O.S, sous la coupe des Humanistes) de personnes au potentiel néfaste pour l'humanité, mais aussi l'existence de la maison des plaisirs de Madame et de son cercle intérieur, après le meurtre de J.E.D.D Maçon (et de sa renaissance grâce à l'intervention de Bridger), tout le système mis en place après les guerres religieuses, semble s'effondrer à vitesse grand v.
Les puissants de ce monde on demandé à Mycroft Canner, notre guide depuis le début, de raconter ce qu'il s'est passé entre la fin du tome 2 et le début de la future guerre. Et il s'est passé beaucoup de choses, luttes de pouvoir, négociations secrètes, tentatives d'assassinats, procès, manipulation de masse, grèves.....
Toujours beaucoup de personnages, toujours aussi charismatiques (MAÇON, Dominic, Mycroft « Martin » Guildbreaker, Achille ...). Toujours autant de grain à moudre en terme de réflexion, sur l'humanité, la religion, la justice, la guerre, la politique. Très intelligemment fait, sans manichéisme, les idées fusent et sont immédiatement remises en cause. le monde qu'a construit Ada Palmer est juste fascinant, les Ruches une idée de génie (les Utopistes mes chouchous) et les hors-ruche par la même occasion. Tout semble réglé comme du papier à musique (l'organisation politique et législative c'est juste bluffant) et c'est un vrai régal de plonger dans ce monde et de s'y immerger.
Alors avec tout ces point positifs pourquoi pas 5 étoiles ? Ben parce que j'ai ramé pour avancer, j'ai trouvé le processus narratif très (trop ?) lent, certains dialogues (et il y en a beaucoup) étant interminables, et parfois confus. La folie de Mycroft qui le fait parler avec, au choix, des personnages morts, des philosophes disparus et le lecteur d'un futur hypothétique a amplifié la confusion ressentie sur certains passages.
Mais au final, j'aime Ada Palmer, j'aime ses romans, j'aime son ambition et j'attends avec une grande impatience le prochain tome tellement la fin de celui là m'a électrisé.
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kadeline
  06 avril 2021
Il n'est jamais pas évident de parler d'un tome 3 sans rien divulguer de ce qui a pu se dérouler précédemment. Pour une saga lambda ce n'est pas évident mais pour un univers aussi dense et en plein changement c'est encore pire. Je vais me contenter de quelques pistes et de mon ressenti dans l'idée de remettre en avant cette saga que j'adore plutôt qu'un réel avis construit autour de ce tome 3.
Dans ce tome, le lecteur en apprend plus sur le système des hors-ruches. le texte, l'histoire et le nombre conséquent de références font qu'on est toujours dans une lecture qui demande de la concentration et de la disponibilité de cerveau. Ce n'est pas un livre que l'on commence un vendredi soir après une semaine de boulot intense. Encore une fois il y a beaucoup de réflexions sur la philosophie des lumières. A celle-ci s'ajoutent en autre des références aux mythologies grecques et romaines.
C'est un tome qui tourne autour des réflexions sur l'avenir de la planète. Est ce qu'on garde le système actuel qui est maintenu par des choix peu éthiques ou pas ? Si on ne le garde pas, peut-on le changer sans faire la guerre ou pas ?
C'est clairement le tome de lancement des changements et des réflexions sur la manière de les faire aboutir.
Faut-il un retour de la religion ? un retour des genres ? maintenir la paix ? faire la guerre ? s'il y a guerre, sera-t-elle totale ou partielle ? Que faire des jeux olympiques qui sont programmés bientôt ? etc
Le narrateur est toujours aussi spécial et trouve bon équilibre entre les interpellation aux lecteurs et son compte rendu pour le futur.
C'est une lecture qui se centre plus sur les aspects socio-psychologiques que sur l'action. L'autrice nous manipule de manière excellente. C'est foisonnant et toujours aussi génial.
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Lilmoon
  13 mai 2021
Voilà une sortie que j'attendais avec impatience ! Ce nouveau tome confirme à mes yeux la qualité et l'originalité de Terra Ignota, une oeuvre de SF intelligente et ambitieuse mêlant habilement idées des Lumières et société utopique. Ce roman a beau être un gros pavé au langage parfois alambiqué, il se dévore plus qu'il ne se lit.
[...]
Les opus 1 & 2 traitent des évènements qui mènent un monde à sa fin. Fort logiquement, cette suite parle de ce qui se passe ensuite, de la manière dont le monde s'écroule. le titre est explicite à cet égard : la question centrale de ce roman est la guerre. Où plutôt ce qui se passe juste avant qu'elle ne se produise. [...] Au milieu de tout ça, on trouve l'être humain et ses paradoxes. Recherchant le calme et la paix mais se préparant à trucider son voisin. Capable tout autant de se dépasser, de se transcender physiquement et intellectuellement, que de passer sa vie dans une routine ronronnante et satisfaisante. La conquête de Mars et les Jeux Olympiques face à un canapé douillet et des repas chauds chaque jour.
On retrouve notre narrateur préféré, Mycroft Canner. Ses allégeances étant maintenant connues, il est plus simple de comprendre son point de vue et ses angles morts, de le situer lui, dans cette histoire dont il essayait au départ de se distancier. S'il se perd moins en digression que dans les premiers tomes (après tout, maintenant, l'univers est posé), sa fiabilité se détériore, son esprit vacille, obligeant parfois un autre personnage à intervenir sur le texte. Adieu Diderot, Voltaire et Sade, ce tome porte le marque de Hobbes et de son Léviathan. Hobbes s'inscrit dans la narration comme un personnage à part entière, discutant et dissertant allègrement avec le lecteur, Apollo et Mycroft (qui doit avoir ma foi la tête bien encombrée avec toutes ces voix à l'intérieur !).
[...]
Comparé aux tomes précédents, actions et retournements de situation sont plus nombreux. Et peut-être plus simple à suivre aussi : l'histoire de la liste volée du premier tome n'avait pas pour qualité première d'éveiller et attiser l'intérêt du lecteur, car il était difficile, dans un premier temps, d'en comprendre l'impact et l'importance. Alors qu'ici, quand une faction se déclare ennemi de telle autre, ou qu'un document est volé, on en saisi immédiatement l'intérêt et on regarde, horrifié et avide, la guerre qui se profile de plus en plus clairement à l'horizon...
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lehibook
  17 mars 2021
Troisième tome d'une série qui en comptera finalement 5 « La volonté de se battre » conserve le niveau et les qualités des deux premiers ce qui apparaît déjà comme une performance tant la barre était haute . Ce tome montre le monde utopique de 2054 au bord de l'explosion après la découverte de mécanismes de corruption et d'assassinats ciblés qui en ont assuré la pérennité . L'alternative pour les principaux dirigeants est , soit de conserver le système au prix d'adaptations ,soit de le modifier entièrement. Et cela ne peut passer que par une guerre plus ou moins radicale . Il ne s'agit rien moins que de préserver l'humanité et son avenir cosmique . Ce (trop) rapide résumé ne rend pas justice à la complexité et l'ampleur de l'oeuvre , à ses aperçus philosophico-politiques , à son inventivité et encore moins à sa sidérante originalité formelle (Seul « les Furtifs » de Damasio me semblent du même acabit). Une lecture exigeante pour le lecteur mais particulièrement féconde en dépaysement , en réflexions et , in fine, en plaisir .
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critiques presse (1)
SciFiUniverse   07 avril 2021
Ada Palmer poursuit une oeuvre magistrale de science-fiction à la dimension sociale et politique profonde et intelligente. Un roman riche à lire à tête reposée.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
gwendalgwendal   01 juin 2021
Comme l'observait Machiavel, Rome à montré, tyran après tyran, que les princes élevés dans le luxe palatin, persuadés de devenir maitres du monde, abusaient bassement de l'autorité quasi divine qui leur était donnée sans qu'ons l'eussent méritée en rien, alors que les personnes promues au mérite - Adrien, Antonin le pieux, Marc Aurèle - usaient judicieusement de l'Impérium dont ons estimaient être non les propriétaires, mais les dépositaires. Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la croyance qu'il vous appartient.
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gwendalgwendal   05 juin 2021
On lui demandait s'il prendrait une vie pour en sauver dix.
Il répondit que chacune des soixante-six vies qu'il avait prises personnellement en avait sauvé des millions, il en était persuadé ; s'il existait un vaccin capable d'en sauver des dizaines de millions, mais dont mourraient soixante-six personnes, pour cause de complications allergiques, Romanova et n'importe quelle Ruche, n'importe quel pouvoir disposant de l'autorité nécessaire, l'autoriseraient.
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gwendalgwendal   14 avril 2021
Un être humain peut en tuer un autre avec un fusil, une épée, une pierre aiguisée, mais l'espèce humaine ne sait plus faire d'un enfant de dix-huit ans un soldat, elle ne sait plus ranger une émeute en ordre de bataille ou déshumaniser un ennemi de manière à rendre supportable sa mise à mort.
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   17 février 2021
Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la croyance qu’il vous appartient.
Commenter  J’apprécie          80
lehibooklehibook   17 mars 2021
La nature est une chose étrange ,lecteur,si étrange que , vu son improbable vastitude ,la neige peut effleurer août,les requins énivrés d'eau douce se laisser dompter brièvement, les poisons guérir, les abeilles folles oublier ce qu'elles sont et trahir leur reine, les grenouilles congelées dormir cent ans puis se réveiller, et , une seule fois dans toute la vie de notre espèce ,madame verser des larmes sincères.
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Videos de Ada Palmer (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ada Palmer
A l'occasion du salon "Les Utopiales" à Nantes, rencontre avec Ada Palmer autour de son ouvrage ¨Terra ignota. Volume 1, Trop semblable à l'éclair¨ aux éditions le Bélial.
Retrouver le livre : https://www.mollat.com/livres/2367205/ada-palmer-terra-ignota-volume-1-trop-semblable-a-l-eclair
Notes de musique : Youtube Audio Library Propos traduit par Fleur Aldebert
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