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ISBN : 2749153018
Éditeur : Le Cherche midi (16/03/2017)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Barcelone, 31 décembre : Amalia et son fils Fernando s’affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu’elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d’Emma, et l’oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
22 avril 2017
"Dans la famille le sens de l'humour arrive toujours au bon moment, comme un pas de côté qui nous sauve du précipice et nous octroie un délai, un temps de répit en fin de compte bénéfique."
Une mère, deux filles, un fils, un oncle et un père escroc de métier aux abonnés absents. Une famille avec ses " quelques lueurs et beaucoup de zones d'ombre" qui se retrouve pour un dîner de réveillon chez la mère, à Barcelone. Une mère divorcée, déchaînée et une soirée qui s'annonce mouvementée ! La mère et le fils ouvrent le cortège, dans l'attente des autres, en compagnie de Max et Shirley , les membres à quatre pattes de la famille. À partir de là, le fils, Fer, le narrateur, nous déroule leur histoire le temps d'une nuit, au passé et au présent; le fil d'une pelote aux nombreux noeuds, que l'humour et la tendresse défont minutieusement,.....autopsie délicate d'une famille, en directe.
L'histoire dans le fond n'est pas des plus gaies et les sujets abordés sont difficiles et même tabous, mais c'est sans compter sur la prose truculente de Alejandro Palomas, dont je croise le chemin pour la première fois. Il nous croque des portraits de personnages excentriques haut en couleurs,
tendre d'Amalia, la Mère, ingénue mais pas tant que ca,
cruel d' "absolument" Olga, la compagne d'une des filles,
cynique de Silvia, la fille qui n'a pas la langue dans sa poche,
compatissant d'Emma la fille soumise, qui porte une cicatrice profonde,
stoïque de Fernando, le fils, le confident souffre douleur de la famille,
et caricatural du déluré "charmeur de serpents" Oncle Eduardo,
.......bref un régal !
Tous traînent un passé douloureux, mais leur grand atout est l'humour, leur bouée de sauvetage,comme le dit si bien Fernando. Et plus, détrompez-vous, tous s'aiment, et vont se faire aimer de vous....comment ? ......par la magie de la plume de Palomas, et dans le fond et dans la forme. C'est très fin et profond et la personnalité exceptionnelle de la mère qui se déploie au fur et à mesure que le récit avance, est la grande surprise.
Ne vous privez pas de ce grand plaisir de lecture, c'est aussi loufoque et coloré que sa couverture ! Et bien plus.......du Almodovar en prose.
« On ne peut pas trouver la paix en évitant la vie, Leonard »
(Virginia Woolf,"The hours")
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iris29
01 avril 2017
Vous vous sentirez forcément concernés par ce roman, soit parce que vous êtes Une Mère, soit parce que vous avez (eu) une maman , soit parce que vous avez une famille et l'habitude de passer les fêtes de fin d'année avec eux , au moins le temps d'un repas ...
On est à Barcelone et Amalia , 65 ans , est super heureuse ; ce soir , elle va réunir le temps d'un dîner de Saint Sylvestre tout son petit monde .
Et son petit monde , c'est ses 3 enfants : Silvia qui viendra sans son mari Norvégien , Emma et sa compagne , Olga , Fernando le petit dernier ( gay , lui aussi ) et l'oncle Eduardo, vieux célibataire .
Autour de la table il y aura aussi les deux chiens ( Shirley et l'énorme Max) et puis Amalia n'oubliera pas d'ajouter , le 7° couvert , celui des absents et ils sont nombreux les fantômes de cette famille ...
Il y a aussi beaucoup de non-dits, de secrets, de ressentiments . La nuit promet d'être longue ...
Il y a eu par le passé , beaucoup de malheurs et d'incompréhensions ....
Oui la nuit est longue mais au bout, il y a le jour et avec le jour vient la lumière .
Amalia est une femme que j'ai sous estimée .
Souffrant de cécité à 64 % (et pas 65...) , Amalia est assez maladroite ,
(au propre comme au figuré) , elle parle beaucoup , parfois pour ne rien dire . Oui, jusqu'au chapitre 20, je sous estimais Amalia ...
A partir du 21 : attention Amalia est une madre , une mama, une lionne, une putain de bonne maman, une daronne, Une Mère .
Amalia , c'est "total respect" !
Ce roman démarre (très) lentement , et prend véritablement son envol avec les chapitres 20 et 21 , absolument poignants et sublimes ...
Un autre élément du livre qui ajoute du piment , c'est la meilleure amie d'Amalia, Ingrid, qu'on ne verra jamais, mais qui sera présente de mille et une façons à ce repas .
Les absents, les non-dits et l'amour maternel infini comme clefs de voûte de ce roman qui ferait un magnifique film.
Je remercie les Editions du cherche midi et Babélio pour ce repas de famille à Barcelone . Quand j'ai vu la couverture , j'ai su que je lirai ce roman , c'était une évidence ...
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viou1108
10 avril 2017
Quand j'ai terminé ce roman, j'ai à nouveau regardé la couverture, et je me suis dit que c'était du Amalia tout craché. Ce visage de femme dont les yeux et le haut du crâne sont cachés par une couronne de fleurs flashy, c'est elle, cette mère de famille de 65 ans qui semble vivre dans un monde d'incongruités et d'innocence, indécrottable optimiste voyant la vie à travers un masque de roses et de violettes, comme si derrière ces oeillères elle refusait de voir le monde réel, bien plus dur.
Comme ce soir de 31 décembre, où elle est excitée comme une gamine à l'idée de réunir enfin la famille au complet. A savoir ses trois enfants : Fer (pour Fernando), Silvia (sans son compagnon, mais c'est chaque année pareil) et Emma (avec sa compagne Olga) ; son frère, l'oncle Eduardo (sorte de Don Juan noceur et fort en gueule), et deux chiens improbables : Max, l'énorme dogue allemand de Fer, et Shirley (comme Shirley McLaine), minuscule gremlin sur quatre pattes.
C'est à travers les yeux de Fer qu'on découvre l'histoire et les relations des membres de la famille, et leur façon plus ou moins maladroite de (ne pas) communiquer. On comprend qu'Amalia, divorcée depuis trois ans d'un mari odieux qui prenait son pied en rabaissant sa femme et en escroquant tout le monde, a découvert, à 60 ans passés, la liberté, y compris celle de faire toutes les conneries du dictionnaire, comme souscrire cinq abonnements internet sans avoir d'ordinateur, ou héberger une « mendiante » trouvée en bas de chez elle. Ingénue, gaffeuse, naïve, généreuse, fantaisiste et inconsciente, elle fait tourner ses enfants en bourriques, renversant les rôles et se faisant materner par eux. Surtout par Silvia, auto-promue chef de famille et Madame « je-répare-les-bêtises-de-ma-mère ». Autant dire qu'elle, la maniaque du contrôle et de l'hygiène est (parfois) (légèrement) exaspérée.
Et il n'y a pas de raison pour que ce soit différent ce soir, réveillon ou pas. Chacun arrive à table avec ses secrets, ses souffrances, et la carapace qu'il s'est forgée pour y faire face et éviter la douleur au maximum. Fer le sait bien, et pressent que cette soirée ne sera pas un long fleuve tranquille, n'importe qui pouvant imploser à n'importe quel moment.
Tout cela pourrait n'être qu'une comédie familiale grinçante, mais c'est sans compter la complexité du personnage d'Amalia. Car elle cache bien son jeu, cette candide loufoque. Jusqu'au chapitre 20, où elle se révèle dans son meilleur rôle, celui de mère. Une mère, qui fonctionne aux tripes et à l'instinct, presque animale, qui berce son enfant fragile, le sauve malgré lui et l'aide à guérir. Tout ce qui s'est dit jusque là prend alors une autre dimension et l'histoire gagne en profondeur. On comprend que le vrai, le seul pilier de cette famille, c'est Amalia, malgré ses fragilités et avec son excentricité.
Eclats de rire, larmes, tendresse, ironie, des personnages attachants, un style fluide et agréable et un auteur qui a un sens certain du suspense, « Une mère » est un bouquet de sentiments, coloré et qui fleure bon le plaisir de lire.
Merci aux éditions du Cherche Midi et à Masse Critique de Babelio pour cette jolie découverte.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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AMR
05 avril 2017
Merci aux éditions Le Cherche Midi et à Babelio pour cette opération Masse Critique privilégiée qui m'a permis d'être sélectionnée pour recevoir ce livre. La couverture avec la référence à Almodóvar met immédiatement l'eau à la bouche et ouvre l'appétit… Je suis d'avance dans les meilleures dispositions quand je pose ce livre sur le dessus de ma pile à lire principale.
Dans Une Mère, Alejandro Palomas revisite le thème du repas de famille, ici le repas de la Saint-Sylvestre, avec le voeu pieu de tous les convives « que tout se passe bien » et « le radar personnel » du narrateur qui sent bien, qu'encore une fois, les choses risquent de déraper. Ce roman aborde avec humour les difficultés de communication des familles quand « on ne se dit jamais les choses vraiment importantes », quand on n'arrive pas à s'exprimer, à confier ses doutes ou ses échecs. L'écriture à la première personne vient cependant mettre en lumière une véritable chorégraphie interne au cercle familial, faite de rituels, d'enchainements naturels de gestes et de paroles, garants et révélateurs d'une histoire et d'une réalité communes.
Dans toutes les familles, il y a « quelques lueurs et beaucoup de zones d'ombre » et certaines familles, comme celle dont il est question dans ce roman sont « excessives, imprévisibles et explosives ». La première partie plante un décor où malgré les précisions sur les personnages, apparemment largement divulguées pour ce qui touche au divorce des parents, à la séparation du narrateur d'avec son compagnon, à la rencontre de la fille cadette avec sa nouvelle compagne, aux problèmes de couple de la fille aînée, à la personnalité de l'oncle et même aux raisons de l'arrivée des deux chiens chez la mère et son fils, le lecteur se rend vite compte que le pire et le meilleur sont encore à venir.
La deuxième partie voit le déroulement du repas, avec les convives qui font la conversation en fond sonore et ceux qui restent silencieux, ceux qui « lâche[nt] des vérités ruminées pendant des mois » qui prennent les autres à contre-pied, la mère qui a un peu trop bu, les plats plus ou moins réussis, les maladresses au sens propre, causes de renversement et de bris de vaisselle, et au sens figuré quand, par exemple, la nouvelle compagne d'Emma « [pose] le pied [en] territoire comanche, une de ces nombreuses pages de l'album familial que, comme souvent, la famille ne partage qu'avec les siens ». Bien entendu, comme dans toutes les familles, il y a ceux qui ont tout vécu, qui ont des idées sur tout, qui surenchérissent quel que soit le sujet, se croyant toujours plus forts que les autres. Il y a aussi les complices de toujours qui échangent regards entendus, coups de pied sous la table et même SMS discrets.
Le narrateur approfondit ses analepses et analyse les évènements passés pour éclairer notre lecture, le présent du récit et les avenirs possibles des protagonistes : « comme le disait grand-mère, nous sommes tous ce que nous sommes par ce que nous avons vécu. […] Chacun d'entre nous est arrivé ici lourd de ses secrets et de son fardeau personnel ». de plus, certains convives sont venus dans l'intention d'annoncer de grandes nouvelles au reste de la famille et cela va susciter un florilège de réactions typiques, caricaturales ou complètement décalées. Je n'entrerai naturellement pas dans les détails… mais sachez que cette famille détient un beau record de casseroles à traîner et de projets d'avenir farfelus.
La troisième partie monte en puissance et en émotion et ce n'est pas seulement à cause de l'approche de minuit et du rituel espagnol de « l'heure du raisin ». La famille devient « un bateau dans lequel [les personnages sont] tous embarqués » et sans doute les lecteurs aussi. La « chaise des absences » et les tableaux en liège qui résument la vie des trois enfants prennent tout leur sens tandis que les révélations continuent. Les personnages gagnent en profondeur dans le ressenti du narrateur : Amalia, la mère, même si elle multiplie les gaffes, apparaît nimbée d'une aura d'amour plus forte que les deuils et les ruptures ; Silvia, la fille aînée, révèle le vide de sa vie, tandis qu'Emma, la cadette, apprend à vivre avec ses blessures ; l'oncle Eduardo avoue, lui aussi, ses fêlures ; même la grand-mère Ester, morte depuis longtemps, mais toujours présente dans les coeurs donne une belle leçon de vie.
La quatrième partie en forme d'épilogue suit « l'aube violette » de la nouvelle année et renforce la proximité entre le personnage éponyme et le narrateur. La meilleure preuve d'amour d'une mère est de laisser partir son enfant et, dans le cas d'un adulte revenu dans le giron maternel, de lui donner l'impulsion de rebondir pour s'envoler à nouveau loin d'elle, quel qu'en soit le prix.
Ce roman est bien plus qu'une simple comédie familiale. Les personnages sont certes déjantés, mais l'approche des caractères en « face A et B » révèle une analyse en profondeur des rapports humains et familiaux qui rappelle l'utilisation de la doublure chère à Almodóvar. Je connais mieux l'univers déjanté et touchant du cinéaste que celui d'Alejandro Palomas dont je ne sais pas grand chose, hormis peut-être son amour des chiens, mais je retrouve dans la médiation de la fiction un affect profond vis-à-vis de la mère, un regard fétichiste sur les objets du quotidien, une forme de recadrage intempestif sur les choses concrètes. Quelques recherches rapides sur le Net m'apprennent que les personnages d'Une Mère reviennent, notamment dans Un Perro : comme Almodóvar, Palomas revisite donc les situations déjà exploitées. La parenté entre les deux hommes est intéressante, mais il me semble toutefois qu'il faille démarquer l'oeuvre littéraire dans ce qu'elle donne à voir dans le ressenti de chaque lecteur.
Personnellement, je viens de faire une belle rencontre littéraire avec Alejandro Palomas et je compte bien essayer de me procurer ses autres livres en VO (Las dos orillas, un Hijo, Un Perro, et El Alma del Mundo) afin mieux connaître cet auteur, que naturellement, je recommande.
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LiliGalipette
29 mars 2017
Pour le réveillon du 31 décembre, Amalia se réjouit de réunir son fils Fernando et ses filles Sylvia et Emma. Il y aura aussi Olga, la compagne d'Emma, et Eduardo, le frère d'Amalia. Et aussi un septième couvert pour tous les absents. Amalia, récemment divorcée, maladroite et handicapée par une mauvaise vue, n'en est pas moins vive, épanouie et étrangement lucide. « J'ai la sensation que nous allons avoir plus d'une surprise, ce soir. » (p. 31) Autour de la table, ils sont tous très différents et ils semblent même irréconciliables. Et pourtant, au cours de la dernière soirée de l'année, bien des choses seront dites pour expliquer, absoudre et comprendre. « Pourquoi, dans cette famille, on ne dit jamais les choses vraiment importantes ? » (p. 37) Ce réveillon mal engagé est finalement l'occasion de faire table rase du passé pour accueillir l'avenir d'un pied plus ferme.
Ils sont tous un peu frappadingues : ni méchants, ni innocents, ils sont tous marqués par la vie et font face de leur mieux. Dans cette famille, il y a peu d'amours heureuses et durables. Chacun fait face à sa solitude et tente de guérir des plaies qu'il porte au coeur, tout en suivant une trajectoire plus ou moins douloureuse. Apprendre à pardonner et à se pardonner, à accepter l'autre tel qu'il est, ça demande une force que seule une mère peut apprendre et transmettre. Amalia est la colonne vertébrale de cette famille d'éclopés du coeur. Comme le dit la première de couverture, il y a du Almodovar là-dedans, entre scènes déjantées et émotions profondes. L'amour est souvent mal dit, en dépit des liens très forts qui unissent les membres de cette famille : chacun sait cependant pouvoir trouver un soutien auprès des siens. Et de l'aide au sauvetage, il n'y a qu'un pas que tous sont prêts à franchir d'un bond. « Je viens chaque année avec le désir secret que vous me demandiez de rester, parce que je n'ose pas vous demander si je vous manque. Par peur de la réponse. » (p. 285) Les chers absents sont toujours là, pour peu qu'on ne leur laisse que la place qu'ils méritent et pas davantage.
La narration se partage entre la soirée du réveillon proprement dite et de nombreux épisodes du passé qui expliquent la trajectoire et les décisions des protagonistes. Les personnages les plus insupportables deviennent alors très attachants et il est impossible de ne pas développer une douce compassion envers cette famille qui, comme toutes les familles du monde, a connu son lot de joies et de malheurs. « Quelques lueurs et beaucoup de zones d'ombre. Une expression qui nous est chère, dans la famille. » (p. 26) Les trois enfants sont adultes, mais ils se posent toujours de nombreuses questions sur leur père et leur mère, tandis que cette dernière s'émancipe sous l'oeil un peu réprobateur de ses rejetons. Tous doivent trouver un nouveau mode de relation, une nouvelle façon d'être mère, fils, fille, frère et soeur. Ce n'est pas simple de refonder sa propre famille. « Je te dirai que j'aime m'asseoir ici, à cette table, et constater qu'il reste encore quelqu'un qui m'attend tous les ans malgré les années. Que ça m'aide à vivre, à continuer, parce que depuis la mort de grand-père et de grand-mère, je n'ai jamais pu me faire à l'état d'orphelin et je crains que ce soit un peu tard pour apprendre. » (p. 284)
Ce premier roman est une belle réussite, très touchant et intelligent. Il interroge sur les relations familiales, sans juger ni imposer une vision catégorique. Chaque famille est heureuse à sa façon et il serait vain de vouloir appliquer une unique recette du bonheur.
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Les critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec22 mai 2017
Un petit bijou de livre qu’on vous invite à dévorer sans tarder.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations & extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
PerlunePerlune19 mai 2017
Mais moi je suis là. [...] Et nous allons nous balancer ensemble tout le temps qu'il faudra. Et si je dois couler pour que tu restes à flot, je coulerai. Et si je dois t'arracher des eaux pour que tu vives, je le ferai, quoi qu'il en coûte. Parce que je n'ai rien de mieux à faire dans la vie, ma fille chérie. [...] Non, il n'y a rien de mieux à faire dans la vie. Pas pour une mère.
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BookycookyBookycooky21 avril 2017
Micaela est une jeune Roumaine que maman a rencontrée à un feu un jour, alors qu’elle attendait qu’il passe au rouge, en promenant Shirley. Micaela fouillait dans un conteneur de vêtements avec un bâton. Dix minutes plus tard, elles prenaient un café chez maman et quelques jours après, Micaela commençait à faire le ménage chez elle deux fois par semaine.........Micaela Niculescu avait trois dents en or et six frangins postés aux coins des rues et aux feux rouges de la ville avec des seaux, des couteaux et des éponges, pour nettoyer des pare-brise qu’ils couvraient de crachats si la victime en question ne se décidait pas à leur donner la pièce. Le patriarche des Niculescu était, selon les propres mots de Micaela, « rrramassourrr », ce que l’on pourrait traduire par « voleur de cuivre dans les champs du Seigneur », et la mère tournait la soupe dans un squat où –cela, ne nous l’apprendrions que plus tard –deux pièces étaient destinées à « rrranger lé chosi, madamé », c’est-à-dire à être un bureau des objets pas perdus mais bel et bien volatilisés. Alors que je n’avais appris l’existence de Micaela que par un WhatsApp de Silvia –« Il y a une Roumaine avec trois dents en or et un BlackBerry à coque en cristal de Swarovski qui fait le ménage chez maman. J’hésite à appeler les flics ou un psychiatre en urgence pour qu’il aille lui faire des électrochocs direct » –,
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AMRAMR05 avril 2017
Maman est la reine pour détourner les conversations qui ne l’intéressent pas. Sa vue basse et la maladresse physique avec laquelle elle évolue dans le monde contrastent avec son agilité quand il s’agit d’esquiver tout ce qui la dérange. Elle sait parler comme ça, perpendiculairement aux interventions des autres, comme si elle jouait au Scrabble. Depuis qu’elle vit seule ici avec sa chienne, quand elle n’a pas envie de poursuivre une conversation, elle la coupe net avec une phrase, pour vous emmener vers n’importe quel autre sujet.

[…]

C’est toujours bon de laisser les chakras prendre l’air et les auras respirer.

[…]

Ils sont si mauvais quand il s’agit de communiquer, ils assument si mal les vérités qu’ils ont le chic pour parler au pire moment, ce qui crée de petits îlots de désarroi et de tension qui tombent comme des cailloux dans l’eau d’une lagune. Par ricochets, ils provoquent des ondes autour d’eux. Certaines n’atteignent pas la rive. D’autres lacèrent.

[…]

Bon sang, ai-je pensé, […] comment est-ce possible que nous arrivions encore à nous entendre alors que chacun est un monde à lui tout seul, différent de l’autre et qui fonctionne en parallèle ? [en italique dans le texte].

[…]

Les trois panneaux sont les trois fenêtres que Maman a ouvertes pour nous, pour nous parler sans mots. C’est ce qu’elle voit de ses enfants, la lumière rouge qu’elle devine en nous trois. Les murs de sa salle de bain affichent la lettre que maman nous écrit à chacun depuis un moment, sa façon de nous dire tacitement : « je m’en rends compte. Je suis votre mère et je me rends compte de ce qui vous arrive, je sais où vous en êtes ». […] Maman nous dédie les murs de sa salle de bains et je sais que c’est important, qu’elle ne le fait pas que pour égayer la peinture défraichie. C’est sa façon de nous rappeler qu’elle est notre mère et que, du mieux qu’elle peut, elle est là.

[…]

- Qu’est-ce qu’elle disait, grand-mère, à propos des aubes violettes ? Elle a posé la question d’une voix tremblotante en me caressant toujours les cheveux.
Je renifle deux ou trois fois et je m’essuie les yeux d’un revers de main :
- Nuits de lune grise et de brises contraires, aubes violettes.
Elle hoche la tête.
- Oui, mais elle disait autre chose aussi. Tu ne te souviens pas. […]
- oui, elle disait : il n’est pas d’aubes violettes sans yeux pour les refléter, ni de longs chemins sans pieds pour les parcourir.
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BookycookyBookycooky22 avril 2017
"Il y a un petit trésor en chaque femme....."est une de ses phrases fétiches, qu’il se fait un plaisir de repartir comme on remet une carte de visite. "Simplement, elles ont besoin d’un bon explorateur, conclut-il, en haussant un sourcil séducteur et en ébauchant un demi-sourire canaille dont il sait tirer tout le jus. Sinon pourquoi croyez-vous qu’Indiana Jones les rend toutes folles ? Ce n’est pas pour ce qu’il est lui, non. C’est pour ce déguisement d’homme viril à qui il reste encore des découvertes à faire. Les femmes, il faut savoir leur faire sentir qu’elles ont ce que vous recherchez, même si ce n’est pas vrai".
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iris29iris2909 avril 2017
Oui, oui, les Cubains, ils sont comme ça , fait-il de sa voix d'homme du monde. Il vous donnent tout ce qu'ils ont. Le problème, c'est qu'ils n'ont jamais rien, alors ils inventent. Parce qu'ils aimeraient bien pouvoir donner. En fait, ce n'est pas qu'ils mentent : ils devancent la réalité. C'est de là que vient le cubisme ."
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Vidéo de Alejandro Palomas
Alejandro Palomas brosse avec humour le portrait d?une famille dont les travers font inévitablement écho à nos propres expériences, et celui d?une mère loufoque, optimiste, et infiniment attachante. Une mère profondément humaine, à qui il reste encore quelques leçons à transmettre à ses grands enfants : au cours de cette longue nuit, secrets, mensonges, non-dits et autres révélations familiales vont éclater.
En savoir plus : http://bit.ly/2mjzeWe
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