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ISBN : 207011368X
Éditeur : Gallimard (31/08/2017)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Comme tant d’autres, Mevlut a quitté son village d’Anatolie pour s’installer sur les collines qui bordent Istanbul. Il y vend de la boza, cette boisson fermentée traditionnelle prisée par les Turcs. Mais Istanbul s’étend, le raki détrône la boza, et pendant que ses amis agrandissent leurs maisons et se marient, Mevlut s’entête. Toute sa vie, il arpentera les rues comme marchand ambulant, point mobile et privilégié pour saisir un monde en transformation. Et même si s... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Cath36
21 août 2017
"Boza ! Boza !" Tel est le cri qui parcourt les rues d'Istanbul depuis des générations, à la recherche du client. Qu'est-ce-que la boza me direz-vous. Et bien c'est une boisson traditionnelle à base de céréales fermentées qui se boit froide et qui fut longtemps vendu par des marchands ambulants avant que la modernité et ses commerces la transforment en activité sédentaire au grand regret des stanbouliotes. Et à travers ce métier, c'est toute la vie de Mavlut que nous raconte ici Orhan Pamuk dans une saga qui est aussi un très grand roman. Mavlut est au départ un jeune homme issu de la campagne qui s'installe avec son père à Istanbul pour y faire des études, gagner sa vie et envoyer de l'argent à la famille restée en Anatolie. Il y retrouvera des compatriotes et se mariera avec l'aide de l'un d'eux en enlevant la jeune fille dont il est tombé amoureux. Sauf que c'est la soeur de celle-ci qu'on lui fera épouser et avec laquelle il aura deux filles et sera très heureux, jusqu'à la mort accidentelle de la jeune femme.
Dans une histoire très riche et à multiples rebondissements, Pamuk nous décrit la vie de ces migrants très pauvres qui venaient tenter leur chance dans une capitale en pleine évolution et en pleine croissance et qui devaient s'adapter sous peine de disparaître, non sans cette nostalgie des temps anciens, représentés ici à travers la vente de la boza et des chiens errants tour à tour indifférents ou menaçants.
Les traditions familiales et les usages, la religion et la politique, les conflits familiaux et l'entraide, tout est décrit dans un style magistral dont la simplicité entraîne le lecteur dans les méandres d'une histoire et d'une ville aux multiples facettes : Istanbul.
"Mevlut saisit clairement à cet instant la vérité qu'il connaissait depuis quarante sans en avoir totalement conscience : déambuler la nuit dans les rues de la ville lui donnait l'impression de se promener dans sa propre tête. "
Et ce sont ces liens entre la ville et l'homme qui font de cette saga passionnante une histoire profondément humaine. Roman choral, les différentes interventions des personnages rendent le récit fort digeste en dépit de sa longueur.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Gallimard pour cette belle lecture d'été, effectuée dans le cadre de la Masse Critique.
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Verdure35
15 août 2017

Cette chose étrange, est le sentiment de perdition dans un pays , pourtant lieu de naissance et de l'auteur et de son héros à travers l'évolution d'une famille installée à Istanbul depuis un demi-siècle.
Dans les années 1950, Istanbul comptait 3 millions d'habitants, aujourd'hui, 13 millions .Des familles de paysans sont venues d'Anatolie pour travailler et avoir une vie décente, ils se sont installées de façon anarchique sue les collines bordant Istanbul, et c'est l'histoire de l'une d'elle qu'Ohran Pamuk (Prix Nobel de littérature) raconte dans cet énorme et très accessible roman.
Tout d'abord, figure un arbre généalogique qui guide bien le lecteur pendant un petit moment ; le membre de la famille qui est le centre du roman est Mevlut, un homme arrivé à Istanbul en en 1969, après une enfance villageoise.
Les bonheurs, les chagrins, le quotidien, la vie quoi ! de cette famille sont rapportés de façon précise , mais pas de façon chronologique, chacun y apporte sa touche personnelle, même l'auteur qui vient parfois reprendre le lecteur par la main, ce qui est bien plaisant , fallait y penser.
Comme dans toute famille, certains ont plus de réussite en affaires , certains plus volontaires que d'autres, et Mevlut, lui, le bon garçon qui rêve comme les autres , a bien du mal , sans l'aide de ses frères à se sortir de la misère.
Son bonheur secret , tout en essayant plusieurs métiers, c'est de traverser la ville tard le soir pour vendre la « boza », une boisson traditionnelle turque, fabriquée artisanalement,mais pour les jeunes générations, achetée en bouteille au supermarché. Seuls lui restent des clients nostalgiques des vendeurs ambulants «  d' avant » .
L'évolution des moeurs est aussi au centre de ce roman . Et la vie amoureuse de Mevlut débute sur un énorme malentendu. Mariages arrangés ou pas , l'auteur raconte, tout en restant éloigné de toute controverse.
La politique est évoquée aussi , le nom d'Atatürk est souvent cité.
Le roman se termine en 2012 ,Mevlut a 56 ans, sa vie a connu pas mal de soubresauts , comme son pays tant aimé, la Turquie.
Il est de très gros romans parfois un peu longuets, pas ceux d'Orhan Pamuk qui avait déjà conté en 2003 dans « Les souvenirs d'une ville » et cette fois à travers une grande famille bourgeoise, l'amour qu'il éprouve pour son pays.
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mollymoon
19 août 2017
À la fois chronique sociale et familiale, l'histoire de Melvut s'étale sur une large période allant de 1968 à 2012 qui nous plonge au coeur d'un Istanbul inattendu, celui d'un sous-prolétariat né de l'exode rural, vivant en périphérie urbaine dans des bidonvilles construits sur les collines.
Ce roman qui donne la parole à Melvut et aux siens fait la peinture d'une ville en mutation et exprime sur un fond historique parfois assez détaillé la réalité d'une société très politisée, coutumière des tensions sociales qui engendrent la violence, une société en mutation elle aussi, divisée entre modernité et tradition.
Melvut assiste de plus ou moins près aux petits et grands évenements qui ont traversé ces quatre décennies mais il se garde bien de de porter un jugement ou de prendre parti. Quand son père l'a initié au métier de vendeur de boza, il lui a surtout appris à être un homme qui voit tout et qu'on ne voit pas, qui entend tout mais qui fait comme s'il n'avait rien entendu. C'est un homme un peu naîf qui accepte les choses avec un fatalisme tout oriental mais qui reste optimiste malgré ce petit quelque chose en lui de mélancolique qui l'empêche d'être en adéquation totale avec le monde dans lequel il vit. Comme une nostalgie d'un temps révolu dont le boza reste le symbole...
C'est une lecture passionnante, enrichissante pour qui veut comprendre l'âme turque mais que j'ai trouvée un peu longue même si le style simple et très vivant accroche le lecteur. Ce roman m'a fait penser à une énorme boîte de loukoums de chez Haci Bekir (les meilleurs d'Istanbul) qu'on se réjouit d'avaler. Au début on en savoure les différents goûts avec délectation mais comme la boîte est décidément trop grosse, on finit par saturer un peu. J'ai eu un peu de mal à venir à bout de ces 660 pages qui heureusement n'abîment pas les dents.
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AnnaDulac
22 août 2017
Recevoir un prix Nobel de littérature, comme Orhan Pamuk en 2006, n'entrave en rien l'élan créateur comme on pourrait le craindre, puisque « Cette chose étrange en moi » a été publié en turc en 2014, et traduit excellemment en français par Valérie Gay-Aksoy en 2017 pour les éditions Gallimard.
C'est peut-être un des meilleurs romans de l'auteur, dont les personnages habitent le coeur du lecteur une fois tournées les 679 p. de cet énorme volume. Sans compter l'envie de voyager à Istanbul, de s'arrêter dans un café, et d'y écouter le récit de Pamuk qui souvent interpelle le lecteur ou met en scène des personnages qui passent, donnent leur avis, rectifient les propos de l'auteur, puis retournent se perdre dans les rues.
Depuis longtemps O. Pamuk avait en effet le projet d'écrire sur le « sentiment d'étrangeté » qu'exprime le poète anglais W. Woodworth dans des vers cités en exergue, soit cette impression de n'être pas à sa place dans une ville, dans un paysage ou dans sa vie même.
Dans son bureau vitré donnant sur le Bosphore, O. Pamuk aura mis six ans à écrire l'histoire de Mevlut, vendeur ambulant de yaourt et de boza à Istanbul. Six ans pour accompagner plusieurs décennies (de 1969 à 2012) de la vie d'un émigré d'un petit village d'Anatolie venu s'installer dans une ville en pleine expansion, mais où on pouvait encore s'approprier un terrain en le bornant simplement de pierres, parfois phosphorescentes. Six ans à suivre les déambulations de Mevlut, l'école, le service militaire, son mariage sur un malentendu, ses différents petits boulots, et sa résignation heureuse, six ans à évoquer l'explosion urbanistique d'une ville qui passe de 3 à 13 millions d'habitants.
Mis à part dans le titre où le « je » apparaît, Mevlut ne prend jamais la parole, sauf dans certains dialogues rapportés par des tiers, notamment quand il affirme (p. 266) : « Il y a quelque chose d'étrange en moi, répondit Mevlut. J'ai beau faire, je me sens terriblement seul en ce monde. »
L'auteur dit de lui « notre héros » comme dans un roman épique, alors que Mevlut est tout sauf un héros au sens strict. C'est un homme humble, sans qualités particulières, qui a peur des chiens et aime le bruit des feuilles dans le vent. Un homme dont le plus grand bonheur est de dormir dans une pièce unique avec sa femme et ses deux filles, dans les odeurs de pois chiches, sachant que sa charrette de vendeur ambulant dort au pied de la maison. Un homme qui aime crier « Bozzaaaaa !!! » dans la nuit ses seaux équilibrés sur ses épaules à l'aide d'une grande perche qui lui déforme le dos. Un homme qui se résigne à ce qui est, puisqu'on ne peut rien changer au destin.
« Ce sentiment étrange en moi » qui suit Mevlut depuis son enfance n'est pas un « Bildungsroman ». Mevlut reste le même, malgré quelques tentatives pour faire évoluer son commerce. Il fréquente des membres de sa famille ou des amis attirés par l'extrême droite ou la révolution ou encore le soufisme, mais jamais il ne s'engage. Toutes ces questions politiques sont évoquées par O. Pamuk, comme le port du voile aussi ou l'émancipation des femmes, mais sans insister. Istanbul et Mevlut sont au coeur du roman, étroitement liés l'un à l'autre par une réelle alchimie.
C'est un roman sur la déambulation, la flânerie, la douceur humaine, et l'acceptation mélancolique qui n'empêchent pas une certaine dérision lucide. Un roman sur la lumière d'Istanbul, les odeurs, la poussière de la ville, les marches nocturnes dans les cimetières, l'impression de vivre la vie d'un autre et de s'en accommoder. « Ne vous inquiétez pas pour lui » dit l'auteur à propos de Mevlut.
A découvrir absolument.
Merci à Babelio et aux éditions Gallimard.
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Lisewine
16 août 2017
Bien que sa lecture ne présuppose en aucun cas celle des autres romans d'Orhan Pamuk, « Cette chose étrange en moi » apparaît comme étroitement lié au « Musée de l'innocence », dont il propose en quelque sorte un reflet inversé : à la mélancolie tragique et à la nostalgie pour ainsi dire « objective » de Kemal, le héros du « Musée » issu des couches supérieures de la société stambouliote, pour un amour et une ville toujours déjà happés par un passé qui ne cesse de le hanter, ce nouveau roman substitue en effet l'optimisme inquiet et le pragmatisme éminemment « subjectif » de Melvut, humble marchand de yaourt et de boza venu de province et qui voit Istanbul et son propre destin s'entremêler, évoluer et se transformer au fil des ans en spectateur certes intéressé, mais également emporté par son désir irrépressible de réconcilier intention « officielle » et intention « du cœur ».
Tout l'art d'Orhan Pamuk consiste dès lors à mettre en balance dans son récit, à l'instar des pots de yaourt et de boza au contenu variable que Melvut porte le soir sur ses épaules lors de ses tournées de vendeur des rues, une justice étrange qui dans ses arrêts établit des connexions imprévisibles entre devenirs personnels et histoire(s) collective(s). Amours, amitiés et relations de parenté ne cessent de trembler sur leur axe à la façon des relations de commerce que le héros lui-même entretient avec ses clients, ou encore de l'angoisse qu'il éprouve lors de ses tournées vis à vis des chiens errants dont l'agressivité est précisément provoquée par l'incertitude de celle ou celui qui les rencontre. Comme dans "Le livre noir", l'intrigue produit constamment des doubles et des fausses pistes à la faveur d'une enquête quasi-policière, oscillant entre l'analyse d'un événement en apparence extérieur et le déchiffrement d'un sentiment intérieur qui apparaît incompréhensible tant qu'il n'a pas trouvé son reflet. Car lorsque Melvut, trompé par son cousin, enlève sa future femme Rahiya en pensant qu'il s'agit de sa petite soeur, la véritable énigme réside moins dans les circonstances de cette substitution que dans son acceptation immédiate et inconditionnelle par le héros : et c'est par la polyphonie de l'écriture, qui donne la parole tour à tour à chacun des proches de Melvut sans que jamais ce dernier ne s'exprime à la première personne, que va patiemment se construire l'édifice polysémique permettant d'aller à la rencontre de cet inexplicable acquiescement, en faisant de toutes ces voix mêlées le repli et la vérité même de ce secret qui l'accompagne et que lui renvoient comme en négatif les déambulations nocturnes dans les rues d'Istanbul qu'implique son métier.
Cartographie intime de la ville et sentiments personnels inséparables des ramifications de l'histoire même du paysage urbain tissent alors ensemble un réseau fragile où la fausse modestie du narrateur prétendant se livrer à une simple chronique familiale rejoint celle du héros qui négocie d'un appartement à l'autre pour continuer à vendre sa boza, cette boisson fermentée passée de mode qu'il prétend alcoolisée ou non au gré des prises de position politiques, des conflits familiaux, du rapport à l'Occident ou encore de l'humeur de ses clients. L'éloge de ce fragile équilibre peut ainsi ouvrir dans les dernières pages du roman sur un lyrisme insoupçonné, qui le dérobe au luxe d'une mélancolie compassée à laquelle aurait pourtant pu le vouer sa structure même. Tout se passe dès lors comme si Melvut hélait depuis la rue le riche Kemal en criant « bozaa ! », l'incitant à se pencher à la fenêtre de son musée pour apercevoir le marchand de pilaf, l'épicier ou le vendeur de yaourt qui ont précisément donné vie à ses chers objets ; tout un univers qui, contrairement à ce qu'il semble croire, déborde encore d'activité et se trouve loin d'avoir disparu. Un grand merci à Babelio et Gallimard de m'avoir permis de lire ce texte via l'opération Masse Critique!
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Les critiques presse (2)
LePoint14 août 2017
Un magnifique roman sur les métamorphoses d'Istanbul.
Lire la critique sur le site : LePoint
Liberation31 juillet 2017
Orhan Pamuk livre avec Cette chose étrange en moi un impressionnant récit épique et choral, dostoïevskien.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
MagEvMagEv23 août 2017
Il y a deux sortes d'amour en ce bas monde. Le premier, c'est de tomber amoureux de quelqu'un parce qu'on ne le connaît pas. Si les gens se connaissaient un peu avant le mariage, la plupart d'entre eux ne tomberaient jamais amoureux. C'est la raison pour laquelle notre Saint Prophète ne jugeait pas convenable les rapprochements avant le mariage. Et puis il y a ceux qui s'aiment après le mariage, parce qu'ils ont passé leur vie ensemble, une conséquence d'ailleurs du mariage sans se connaître.
+ Lire la suite
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Cath36Cath3621 août 2017
-Il n'y a aucun problème entre Samiha et moi. Le problème, c'est l'orgueil des hommes.
- Ils n'appellent pas cela de l'orgueil, mais de l'honneur, dit Vediha. Et alors les choses empirent."
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Gwen21Gwen2119 août 2017
Dans le monde qui apparaissait à la fenêtre du train, il y avait infiniment plus de gens, de champs de blé, de peupliers, de vaches, de ponts, d'ânes, de maisons, de montagnes, de mosquées, de tracteurs, d'inscriptions, de lettres, d'étoiles et de pylônes électriques que Mevlut n'en avait vus durant ses douze ans d'existence.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon18 août 2017
Le collage d'affiches ressemblait à la vente ambulante de nuit. On mélangeait chez soi certains liquides et certaines poudres comme un sorcier et on sortait dans les rues sombres. Mais tandis que le vendeur fait du bruit, crie et agite sa clochette, le colleur d'affiches doit se faire aussi discret que possible et se fondre dans la nuit.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon17 août 2017
(...) ce qui fait qu'une ville est une ville, c'est justement la possibilité de se fondre dans la foule et d'y cacher son étrangeté.
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Videos de Orhan Pamuk (7) Voir plusAjouter une vidéo
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Payot - Marque Page - Orhan Pamuk - Cevdet Bey et ses fils.
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