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Münevver Andaç (Traducteur)
EAN : 9782070401192
715 pages
Éditeur : Gallimard (15/11/1996)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 79 notes)
Résumé :

Ruya abandonne Galip en laissant derrière elle une lettre brève et énigmatique. Le jeune avocat turc, ainsi privé de son amour d'enfance, ne voit d'autre alternative pour retrouver sa femme disparue que de se plonger dans son passé et les écrits du demi-frère de celle-ci, Djélàl.Mais cet écrivain secret et inspiré que Galip vénère semble également s'être volatilisé... Commence alors pour Galip une quête acharnée de la vérité à travers les méandres d'Istanbul... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Tagrawla
  15 avril 2017
Bien sûr, je pourrais commencer par vous dire que le Livre Noir, c'est l'histoire un homme qui, un soir, ne trouve pas sa femme chez lui, constate qu'elle lui a laissé une lettre lapidaire pour lui dire qu'elle est partie sans la moindre explication et que cet homme se met à errer à la recherche de son épouse dans les rues d'Istanbul. Ça serait parfaitement vrai et proche de ce qui est écrit sur la quatrième de couverture, mais c'est à cause de cette description que ce roman est resté deux ans sur mon étagère des livres à lire, tout cela ne me semblant pas très intéressant.
La réalité, c'est qu'il est impossible de résumer ainsi ce roman, mais le problème c'est qu'il est impossible de résumer ce roman dans l'absolu. le Livre Noir est une histoire à tiroirs dans la grande tradition orientale. C'est une quête d'identité personnelle et culturelle, c'est un regard mélancolique porté sur la Turquie, c'est une multitude de contes traditionnels, un voyage intérieur, une confrontation de l'orient et de l'occident, un livre d'Histoire mâtiné de philosophie, d'histoire des idées et des religions. On y parle d'amour et de censure, de famille et de pression sociale, de créativité et de secrets, de politique et de liberté. Et ça a beau partir dans tous les sens, l'écriture est parfaitement maîtrisée et cohérente. Je suis prête à parier que Orhan Pakuk est un lecteur assidu de l'autre prix Nobel qu'est Thomas Mann, et en particulier de la Montagne Magique. Nous sommes dans le même type de romans : ceux où il ne se passe pas grand-chose mais qui sont d'une incroyable densité.
Disons-le tout net : ça n'est pas le genre d'ouvrage qui sera accessible à tous les lecteurs. S'il est intemporel et universel, il n'en est pas moins d'un abord complexe. L'écriture est riche, la forme est complexe, le fond nécessite des bases solides. le Livre Noir ravira les lecteurs de grands classiques mais plongera les amateurs de légèreté dans les affres de l'expectative. Il n'en est pas moins l'un des plus grands livres de la fin du XXe siècle.
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AngelineBailleul
  15 mai 2020
Orhan Pamuk voue un véritable culte aux objets anodins du quotidien. Ses textes en foisonnent et délivrent des symboles, des messages cachés. L'énumération d'objets triviaux constitue des indices de la trame de l'histoire, mais anticipe également le Musée de l'innocence qu'il écrira des années plus tard.
Le leitmotiv du puits que l'on retrouve dans La Femme aux cheveux roux, la crainte des chiens présents dans Cette chose étrange en moi, l'amour entre un homme et sa cousine, également présent dans le Musée de l'innocence, la quête d'identité présente dans la plupart de ses romans, pourraient bien faire croire au lecteur happé par les chroniques de Djélâl, que ce roman est le livre à partir duquel, tout a commencé.
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miriam
  16 février 2013
Je ne suis pas entrée d'emblée dans ce gros livre (716p). L'intrigue m'a d'abord paru mince : Rouya, femme au foyer, disparaît du domicile conjugal, son mari Galip, avocat un peu terne, la cherche dans la ville, chez son premier mari, ses amies d'enfance…Cette quête est le prétexte de déambulations dans Istanbul – .
Là où la lecture se complique, c'est que des chroniques d'un journaliste célèbre, Djelâl, le cousin de Galip et le demi-frère de Rouya, interrompent le cours logique du livre. On ne sait plus qui est le narrateur, Galip ou Djelâl ? Ces chroniques sont parfois fort anciennes. Spirituelles, elles racontent Istanbul avec originalité. Je me laisse porter par ces nouvelles qui évoquent les Mille et Unes Nuits. Elles enchaînent de courts épisodes triviaux comme la description d'une épicerie de quartier, ou le puits d'aération d'un vieil immeuble, avec des digressions fantastiques : le jour où les eaux du Bosphore se retireront….et des critiques politiques. On oublie Galip et Rouya, on se passionne pour un prince ottoman. le plus étrange est que Djelâl a, lui-aussi, disparu et que sa recherche mobilise plus le mari délaissé que celle de sa femme.
Au bout de 200 pages, je suis emportée, après 400, conquise.
Dans la deuxième partie, Galip enfermé dans l'appartement de Djelâl, cherche des indices dans les chroniques. Et les mots « indices », « signes » et « mystères» font des apparitions plus que récurrentes dans le texte. Il s'agit de déchiffrer des signes, dans les textes mais aussi dans les photos que le journaliste a collectionnées. Des Mille et Unes Nuits, le lecteur se trouve propulsé dans les textes fondateurs et dans le Mesnevi du poète mystique Mevlâna :
« Tout comme les Mille et Unes Nuits, le Menesvi est une composition étrange et désordonnée, où une deuxième histoire commence alors que la première n'est pas terminée, où l'on passe à la troisième avant la fin de la deuxième….tout comme on se lasse d'une personnalité pour en choisir une autre… »
« l'important n‘est pas de créer mais de pouvoir dire quelque chose d'entièrement nouveau à partir de chef d'oeuvres merveilleux créés au cours des siècles… »
La structure du livre s'explique. La promenade dans Istanbul traverse les siècles. Et prend tout son relief ! Ce n'est pas la ville touristique, ni celle des romans historiques. Mais toute une accumulation, une stratigraphie dans les sédiments qui se sont accumulés, les tunnels secrets. C'est aussi un imbroglio de secrets, conspirations, et même de sectes comme ce Houroufisme, de Fazllalah d'Esterabad(1339), prophète, faux Messie, dans le chapitre « Les secrets des lettres et la disparition du secret » où les adeptes de cette secte et peut être Djelâl, lisent des lettres sur les visages pour y découvrir des signes. En 1928, la Turquie adopta l'alphabet latin mais la lecture des lettres sur les photos ne s'interrompt pas pour autant. Plaisir des jeux de lettres poussé à l'extrême : Djelâl était aussi auteur de mots croisés pour son journal. Ce livre-fleuve déborde aussi sur d'autres thèmes « être soi-même » est une recherche constante des personnages. Galip devient Djelâl. Et si « être soi-même c'était raconter des histoires ? On revient au plaisir de l'écriture.
«… Car rien ne saurait être aussi surprenant que la vie. Sauf l'écriture, oui bien sûr, sauf l'écriture qui est l'unique consolation. »

Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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stcyr04
  24 janvier 2013
Ce livre, est narré à la manière des récits orientaux, c'est à dire se trouve émaillé d'histoires qui se compénètrent, ou, selon l'art du naziré, avec des métaphores et des jeux verbaux nouveaux sur des thèmes et des sujets tirés d'oeuvres maîtresses déjà existantes. Il nous immerge dans un Istanbul morose et noir, hivernal et sale, derrière le sillage de Galip, à la recherche de sa femme Ruya et de son oncle, Djélâl, chroniqueur jouissant d'une belle renommée, mystérieusement disparus. Les chapitres contenant l'enquête de Galip alternent avec les chroniques drolatiques de l'oncle sur la vie stambouliote. Ici, pourtant, point d'enquête policière traditionnelle ; le récit n'est que prétexte à considérations philosophiques et existentielles, telles de la difficulté d'être soi-même.
Au final, le roman s'avère plutôt déroutant, avec ses chapitres ressemblant à des variations sur des contes des Mille et une Nuits, un peu bavard aussi, et aurait gagné à être un brin plus concis.
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dezecinte
  17 août 2019
Un jeune avocat erre jour et nuit dans Istanbul, à la recherche de son épouse qui a quitté le domicile conjugal sans explication ; le récit est rythmé, un chapitre sur deux, par les chroniques quotidiennes d'un journal populaire, écrites par le cousin du mari éploré, chez lequel ce dernier finit pas s'installer, pour constater qu'il a lui aussi disparu... Notre avocat va dès lors rédiger les chroniques à la place de son cousin, lesquelles mêlent récits de la vie quotidienne dans la cité et portraits de personnages ayant marqué l'auteur, avant de s'orienter vers une mystique où l'on disserte inlassablement sur le désir d'être un autre ou la lecture de lettres sur le visage de ses semblables ; il finira par retrouver, par une nuit neigeuse d'hiver, les cadavres de l'épouse et du cousin dans une rue de la ville.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   31 juillet 2008
incipit :
Dans a pénombre tiède et douce, recouverte de la couette à carreaux bleus, avec ses crêtes, ses ravines ombreuses et ses collines d'un bleu délicat, qui s'étendait jusqu'à l'extrémité du lit, Ruya dormait encore, couchée à plat ventre. Dehors, s'élevaient les premiers bruits d'un matin d'hiver : de rares voitures, quelques autobus, le fracas des bidons de cuivre que le marchand de salep, de mèche avec le marchand de petits pâtés, lâchait bruyamment sur le trottoir, et les coups de sifflet du gardien chargé du bon fonctionnement du taxi collectif. A l'intérieur de la chambre, la lumière d'hiver d'un gris de plomb pâlissait encore en traversant les rideaux bleu marine. Galip, qui n'avait toujours pas émergé du sommeil, lança un coup d'oeil à sa femme, dont la tête surgissait de la couette bleue. Le menton de Ruya s'enfonçait dans l'oreiller de plume. La façon dont elle penchait le front avait quelque chose d'irréel, qui éveillait chez Galip de la curiosité pour toutes les choses merveilleuses qui se produisaient à l'instant même dans son cerveau, de la peur aussi. "La mémoire est un jardin", avait écrit Djélâl dans une de ses chroniques. "Les jardins de Ruya, ses jardins à elle", s'était alors dit Galip. "N'y pense pas, n'y pense surtout pas, tu serais trop jaloux !" Mais Galip y pensa, tout en contemplant le front de sa femme.
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AngelineBailleulAngelineBailleul   15 mai 2020
"J'avais aussitôt compris que par le biais de ce puits réel, que tu nous décrivais en trois épithètes : perdu, sombre et silencieux, tu nous conviais, par une habile allusion, à tourner nos regards, non pas vers la hauteur des minarets, mais vers les âmes et les serpents qui hantent les puits noirs et desséchés de notre passé, enfouis dans notre inconscient. Dix ans plus tard, par une nuit d'insomnie et de désespoir, où tu te battais seul contre les fantômes de tes remords, tu écrivais un article qui s'inspirait de ton triste passé et des cyclopes, tu y parlais de l’Oeil du remords, du sentiment de culpabilité, qui te poursuivait implacablement depuis des années. Et si tu y comparais l'organe de la vue à "un puits sombre, planté au beau milieu du front", il ne s'agissait certainement pas là d'une coïncidence, mais d'une nécessité."
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AngelineBailleulAngelineBailleul   15 mai 2020
"Quand l'homme n'a plus rien à raconter cela signifie qu'il est tout prêt de lui-même [...] C'est seulement quand s'épuise tout ce que l'homme avait à raconter, quand il se retrouve dans ce silence profond qui signifie que ce sont tus tous les souvenirs, tous les livres, toutes les histoires, et sa mémoire même, qu'il peut entendre s'élever, des profondeurs de son âme, des labyrinthes ténébreux et sans bornes de son être, sa propre voix, celle qui lui permettra d'être lui-même."
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NuageuseNuageuse   23 mars 2020
Dans ces années-là, c'étaient les microbes qui étaient célèbres et non les médicaments : tout le monde était convaincu que, pour ce qui était des oreillons, l'air pur du Bosphore était le meilleur remède.
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AngelineBailleulAngelineBailleul   15 mai 2020
"Les avez-vous tous bien imaginés ? Tous ces visages ne se ressemblent-ils pas étrangement ? Ne voyez-vous pas une similitude entre eux, tout comme le lien invisible qui relie entre elles ces personnes si différentes les unes des autres ? Les silencieux, les muets, ceux qui ne savent pas raconter, qui semblent sans importance, tous ceux qui ne trouvent à chaque fois la réplique adéquate qu'une fois rentrés chez eux ; ceux encore dont les histoires n'intéressent personne, leurs visages ne semblent-ils pas plus expressifs, beaucoup moins vides que les autres ? A croire que, sur ces visages, grouillent les lettres de tous les mots des histoires qu'ils n'ont pu raconter ; à croire qu'ils portent les stigmates du silence, de l'humiliation et même de la défaite. Et parmi ces visages, vous avez peut-être reconnu le vôtre, n'est-ce pas ? Que nous sommes nombreux, pitoyables, et désespérés pour la plupart !"
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CREDITS : Conversation dans le noir est un podcast des editions du Masque. Realisation : Paul Sanfourche. Generique : Longing - Joachim Karud.
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