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ISBN : 2072752388
Éditeur : Gallimard (04/01/2018)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 8 notes)
Résumé :
«Cela faisait plus de cinquante ans que je n’étais pas revenu en Algérie où j’étais né, d’où nous étions partis sans rien. J’avais si souvent répété que je n’y retournerais jamais. Et puis une occasion s’est présentée : un festival de cinéma méditerranéen auquel j’étais invité comme juré à Annaba, une ville de l’Est algérien, ma région d’origine. J’ai pris en décembre l’avion pour Annaba, j’ai participé au festival, je m’y suis senti bien, j’ai eu l’impression d’une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Harioutz
  26 juin 2018
Né à Sétif en 1949, Jean-Noël Pancrazi a vécu à Batna avant de s'exiler avec sa famille, juste après les accords d'Evian. Crève-coeur, déracinement, vie à Perpignan. On est en 1962.
Cinquante-trois plus tard, le romancier revient à Bône, devenu Annaba (ancienne Hippone de Saint Augustin) pour être juré dans le nouveau festival cinématographique qui décerne les « Anab d'or » parmi une sélection de films des bords de la Méditerranée.
Le récit Je voulais leur dire mon amour retrace avec acuité, mémoire et nostalgie un voyage aller/retour amer ; l'écrivain se faisait une joie de revoir la terre natale, de retourner, comme on lui avait promis, une fois le festival clôturé, dans la ville de sa dernière résidence algérienne de 1962, Batna.
Les époques se bousculent : son amour du cinéma l'a toujours traversé ; les salles de cinéma interfèrent, du Régent de l'enfance et des palmes de Cannes que l'on passait avec retard à la salle de projection d'Annaba, son regard réévalue le monde perdu, le recrée, à sa manière, mélancolique, en de très longues phrases charpentées, toujours lisibles, d'un style inouï. On reconnaît à sa patte cet univers qui enserre dans les longs développements le coeur mis à l'épreuve du temps et de ses secousses. À Batna, durant la guerre d'Algérie, il y a eu pour le jeune ado une explosion au coeur d'un cinéma. Aujourd'hui, à Annaba, on évoque dans les films les problèmes aigus du temps : terrorisme et immigration. le temps d'une phrase, même brève, on passe d'une période à l'aujourd'hui (décembre 2015, premier festival).
C'est l'occasion pour le romancier subtil de recréer un contexte, comme il l'a très bien fait dans Madame Arnoul et Renée Camps, ou encore dans le récit La montagne, plus récent.
Les décors, les parfums, les usages sont passés au filtre d'une sensibilité de tous les instants, au tamis d'un style reconnaissable entre tous, à l'aune des prosateurs Bianciotti, de Ceccatty. de longues phrases toutes de circonvolutions favorisent, il me semble, une prise en compte des diverses réalités et matières qui tressent la mémoire de ce narrateur, apte à saisir, au-delà de l'émotion, au-delà des pures sensations, l'enveloppante nature du temps, ambigu, complexe, qui imprègne sa conscience, l'attise et lui fait énoncer sur ce mode sa propre remémoration des jours perdus.
La beauté poignante du livre tient évidemment à sa chute, que nous ne dévoilerons pas ; le lecteur, qui connaît un peu ce mémorialiste sensible, sortira de Je voulais leur dire mon amour avec l'âme pincée de détresse, signe des grands livres, partageables, que l'on ne peut oublier.
Philippe Leuckx
Lien : http://www.lacauselitteraire..
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oran
  08 juillet 2018
le roman de Jean-Noël Pancrazi "Les Dollars des sables" (Gallimard 2006) a été adapté au cinéma - Sands Dollars - en 2015 par Laura Ameli Guzman, réalisatrice, scénariste, actrice dominicaine et son époux Israel Cárdenas, et dans un rôle majeur, Géraldine Chaplin, une des filles de celui qui pendant son enfance le distrayait, lors des longues nuits de couvre-feu, quand il fallait rester cloîtré dans la maison , alors les projections de petits films de Charlie Chaplin , Charlot, sur le mur d'une chambre permettaient l'évasion .
Cet événement culturel va lui permettre d'être invité, en décembre 2015, au Festival du cinéma méditerranéen d'Annaba (L‘Hippone romaine, Bône, la française). C'est l'occasion pour Pancrazi de concrétiser son retour en Algérie, cinquante- trois ans après son départ en 1962 au moment de l'Indépendance.
Sous forme d'un récit autobiographique romancé, il relate ce voyage, une parenthèse de vie , où les souvenirs du passé, heureux, douloureux, viennent percuter ce séjour. Le jury dont il fait partie doit décerner le trophée l' Anab d'or. Enfant, passionné de cinéma il fréquentait , à Batna, assidûment les salles obscures , le Régent, le Colisée (on retrouve ces enseignes de cinéma dans plusieurs villes d'Algérie) , et, ce qu'il aimait encore plus, c'était d'assister aux projections des films, récompensés par la fameuse Palme d'or à Cannes , souvenir vif et récurrent du film primé « Quand passe les cigognes » (1958).
Pour lui, ce voyage sera l'occasion inespérée, car - « une obstination désespérée » le poussait à ne pas y retourner , une opportunité inespérée pour faire une incursion dans la région de son enfance, une immersion dans sa ville, redécouvrir les lieux qui lui furent chers, d'autres que la guerre ne permit pas de visiter, tenter de retrouver , peut-être, des amis . Ce bonheur lui sera refusé, et ces retrouvailles avortées, occasionneront une lourde et pénible frustration, un acte manqué .
L'émotion , la nostalgie, sans pathos larmoyant , sont palpables, c'est délicat, c'est plein de générosité, mais à cause des très nombreux analepses, j'ai perdu quelque fois , le fil de l'histoire , ne sachant plus si les fait évoqués étaient ceux du passé ou du présent, sans doute voulu, consciemment ou non par l'écrivain. .
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jpryf
  11 janvier 2018
Ce livre vient de sortir mais je ne pouvais pas le rater. D'abord parce que j'admire beaucoup son auteur, Jean-Noël Pancrazi dont j'ai lu presque tous les livres dont j'ai parlé ici mais, aussi, parce que le thème de ce livre: le retour en Algérie à l'occasion d'un festival de cinéma, après cinquante ans d'absence, ne pouvait qu'éveiller des échos en moi.
De cet écrivain j'ai beaucoup aimé "Les quartiers d'hiver", "Madame Arnoul","Renée Camps","Longs séjours, "Dollars de sable" et "La montagne" à la fois parce qu'ils nous racontent mais surtout par l'écriture où l'émotion est toujours a flotter à la surface de presque toutes les phrases, à cette façon de décortiquer le passé, d'une certaine manière à essayer de le faire revivre.
Cet écrivain est né à Sétif et a vécu dans la région et je crois même qu'il a dû avoir des contacts, à l'époque, avec mon grand père et la Compagnie Genevoise des colonies suisses car ses parents travaillaient dans une minoterie qui devait dépendre du blé de la Compagnie toute puissante à Sétif. Il évoque d'ailleurs Sétif et ,notamment, la Fontaine et la statue d'Ain Fouraa!
Dans ce récit il nous raconte son voyage en Algérie à Annaba, l'ancienne Bône pour un festival de cinéma et il y a , au fil des pages, de permanents aller-retour entre le passé et le présent et un bel hommage au cinéma qui m'a fait penser à bien des égards au magnifique film "Cinéma Paradisio" ici c'est le cinéma Régent, c'est l'évocation du Cours Bertagna a Annaba.
Profitant de ce festival l'auteur avait envisagé de retourner sur les lieux de son enfance à Batna et l'on verra que cela va s'avérer impossible malgré l'amitié des algériens qui étaient prêts a tout pour lui faciliter ses retrouvailles. Cela nous vaut des pages absolument bouleversantes.
Je retrouve des sensations que j'ai moi-même ressenties lors de mon voyage de retour et pendant sa préparation: au Consulat,pendant le voyage et même des expressions comme celle du sentiment de "boucler" quelque chose.
Jean Noël Pancrazi a encore réussi là à bouleverser le lecteur comme il avait réussi à le faire dans ses autres livres.
Lien : http://jpryf-actualitsvoyage..
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Velours26
  06 février 2018
C'est le récit, poignant, d'un rendez-vous manqué,composé de longues,très longues phrases,bien ciselées à la façon de Marcel Proust.Jean-Noël Pancrazi est à la recherche de son enfance perdue dans une Algérie perdue.Il est invité comme jury du festival du film méditerranéen d'Annaba(anciennement Bône),"ville qui avait été justement notre point de départ pour l'exil" et qui se trouve à 200 km de Batna,la ville de son enfance avec son cinéma le Régent qui programmait toujours les films en avant-première(avant Alger) et a donné au jeune Jean-Noël le goût du cinéma.Pour l'auteur qui a plusieurs fois repoussé son retour dans son pays natal,c'est comme il l'écrit,l'occasion ou jamais."Le cinéma ferait tout passer,j'aurais l'impression d'aller d'écran en écran,les films m'accompagneraient,me donneraient l'élan qu'il fallait".On lui promet qu'il pourrait aller revoir en voiture,après le festival,sa ville,son quartier,sa maison à Batna.Dans ce but,il organise son pèlerinage avec des amis,simples algériens rencontrés dans un bar d'Annaba,L'Ours polaire,mais la veille de ce retour tant désiré,il doit rentrer précipitamment en France...
Ce récit alterne les souvenirs d'enfance heureux et malheureux et la réalité de son séjour à Annaba.
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critiques presse (3)
LeMonde   19 février 2018
L’écrivain, qui a vécu en Algérie de 1949 à 1962, n’y était jamais revenu, bien que ce pays soit au centre de son œuvre. « Je voulais leur dire mon amour » est le beau livre d’un retour déçu.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   02 février 2018
Cinquante ans après avoir été contraint de quitter brutalement l'Algérie, le narrateur retrouve son pays natal.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   11 janvier 2018
Depuis plus d’un demi-siècle, Jean-Noël Pancrazi hésitait à retourner en Algérie où il est né à Sétif en 1949 et qu’il a été contraint de quitter en 1962, traumatisé et nostalgique des souvenirs d’enfance qu’il en emportait.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   26 juin 2018
Et puis, soudain, le coup de téléphone dans la chambre. C'était l'adjoint du commissaire du festival chargé de la Sécurité. Il me demandait de descendre immédiatement dans le hall.
Il était là, au milieu, très grand, très droit, sans traits.
- Vous devez partir ... prendre l'avion avec nous à vingt-deux heures.
- Pourquoi ?
- C'est un ordre.
- Quel ordre ?
- Un ordre ...
- Pourquoi ? ... Dites-moi au moins pourquoi ...
Il commençait à tourner comme s'il ne savait comment raréfier l'espace autour de moi.
- Vous ne pouvez pas rester ici ...
- Je ne bougerai pas ... Je resterai en Algérie.
- Impossible.
- Je suis libre ... J'ai un visa pour un mois.
- Non, il n'est valable que pour la durée du festival ... Il est déjà périmé ...
- J'ai un billet d'avion pour la semaine prochaine.
- Qui vous l'a donné ?
- La jeune fille du festival qui s'occupait des billets.
- Elle n'avait pas le droit ... De toute manière, il n'est pas payé ... Il n'a aucune valeur ... Ce n'est qu'un bout de papier ...
Tous ces mensonges, cette mauvaise foi qui me faisaient si mal et me donnaient envie de mourir comme si je n'avais plus de lieu pour respirer, me tourner, recommencer.
- Je m'en vais à Batna demain matin ... Tout est prêt ... Des amis algériens m'attendent pour m'y emmener ...
- Vous ne pourrez pas ...
- Pourquoi ?
- La police vous arrêtera à la sortie d'Annaba.
- J'irai à Batna ... Personne ne m'en empêchera ... C'est ma ville ...
Je le répétais, je le criais, comme si on pouvait m'entendre de là-bas, comme si les rues en souvenir pouvaient venir me chercher et me prendre avec elles.
- C'est pour cela que je suis revenu ... On m'avait promis que je pourrais y aller après le festival ... On avait fait un accord ...
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oranoran   08 juillet 2018

Il y avait quelques lumières sur la mer – ou la terre encore- , et ce dernier scintillement, pareil à celui d’une petit palme à moins que ce ne soit qu’un reflet dans le hublot, qui semblait m’appeler, me dire adieu, témoignait, avant de disparaître dans la nuit, que j’étais revenu avec la seule intention de leur dire mon amour.
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Velours26Velours26   06 février 2018
...les nuages des dernières sauterelles de juin--celles qui suivaient,les plus lentes,amoindries,déclinantes,inoffensives,comme lassées de ravager,aux élytres grisâtres,sèches,vieillies,presque transparentes,sans les couteaux des ailes émoussés par les années de ciel et d'invasion de la terre,et qu'on n'avait même pas envie de rattraper,faibles,impuissantes,même pas capables de s'infiltrer,de profiter des coins, des angles ou des lattes disjointes,de passer sous les bourrelets de tissus cloués au bas des portes-fenêtres,renonçant à avancer,à gratter,à fendiller le sol,désorientées,aveugles,dissociées,presque une à une,résignées,demandant seulement à être recueillies pour ne plus avoir à s'élancer et à détruire les blès,les oliviers,les rails ou les coquelicots,venant mourir ensemble dans le quartier,devenant un parterre d'ailes noires et de grésillements sur le point de s'éteindre,comme précédant,accompagnant le deuil du pays entier,descendues vers les terrasses comme vers la dernière halte,le dernier quai,la dernière part de terre où elles se regroupaient,qu'elles avaient épargnée malgré elles,ces sauterelles perdues,oubliées,à leur tour victimes,peut- être rejetées,éliminées par les tourbillons implacables,la vitesse sans pitié de toutes celles qui,royales,cuirassées,unies,assourdissantes et tueuses,avaient déjà atteint,dans leur armada noire qui emplissaient le ciel et chassaient le soleil de juillet,à peine visible,réduit à un halo d'hiver,le littoral et la mer où elles finissaient par disparaître.
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HarioutzHarioutz   26 juin 2018
Cela faisait plus de cinquante ans que je n'étais pas revenu en Algérie où j'étais né, d'où nous étions partis sans rien.
J'avais laissé régulièrement passer les occasions d'y retourner; ce n'était jamais le bon moment, la bonne manière, la bonne saison.
Je ne voulais pas des voyages en forme de pèlerinage, des comités de souvenirs pour revisiter et pleurer ensemble sur les endroits du passé, des séjours brefs et encadrés dans des lieux culturels qui ne me laisseraient pas de liberté pour me déplacer et m'aventurer où je voulais; je résistais aussi aux souhaits répétés de mes amis algériens de Paris qui me proposaient de les accompagner là-bas en juillet et de partager avec eux leurs étés en leur disant "la prochaine fois", cette prochaine fois qui n'arriverait jamais.
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oranoran   08 juillet 2018

La ville était plus silencieuse après la dernière séance de L’Amour du diable. Les islamistes avaient fini par s’incliner, par refluer dans la soirée avec les pancartes abandonnées, leur slogans éteints, Satan semblait , cette fois, leur avoir échappé, comme disparu dans l’immensité derrière l’écran, il ne restait dans l’air que leur désir plus ou moins satisfait, de traquer tout ce qui leur paraissait sacrilège et, dans les rues, quelques illuminés égarés qui ne savaient même plus contre quoi ils s’étaient élevés.
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Vidéo de Jean-Noël Pancrazi
« Cela faisait plus de cinquante ans que je n'étais pas revenu en Algérie où j'étais né, d'où nous étions partis sans rien. J'avais si souvent répété que je n'y retournerais jamais. Et puis une occasion s'est présentée : un festival de cinéma méditerranéen auquel j'étais invité comme juré à Annaba, une ville de l'Est algérien, ma région d'origine. J'ai pris en décembre l'avion pour Annaba, j'ai participé au festival, je m'y suis senti bien, j'ai eu l'impression d'une fraternité nouvelle avec eux tous. Mais au moment où, le festival fini, je m'apprêtais à prendre comme convenu la route des Aurès pour revoir la ville et la maison de mon enfance, un événement est survenu, qui a tout arrêté, tout bouleversé C'est le récit de ce retour cassé que je fais ici. » J.-N. P. Jean-Noël Pancrazi est l?auteur de nombreux romans et récits, parmi lesquels "Les quartiers d?hiver", "Tout est passé si vite", "Madame Arnoul" et "La montagne".
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