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EAN : 9782070647965
256 pages
Éditeur : Gallimard (02/02/2013)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 537 notes)
Résumé :
Un matin, Louise, excellente élève de terminale S, a un malaise en plein cours de maths. Quelques instants plus tard, elle accouche seule d'un enfant dont elle ne savait rien, qu'elle n'a pas attendu, encore moins désiré.
A partir de ce jour commence pour Louise un cheminement difficile, jalonné de questions. Comment ce petit garçon de 3,3 kg peut-il être son fils ? Elle n'a pourtant jamais couché avec personne... Qui peut être le père ? Que s'est-il passé ? ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (263) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  22 août 2015
Elève de terminale S, Louise est promise à un brillant avenir. Elle aime les matières littéraires, elle hésite entre Sciences Po, HEC et Hypokhâgne pour l'année prochaine, mais elle a encore un peu de temps pour se décider, on n'est qu'en octobre. Et puis sa vie bascule un matin en cours de maths : malaise, crampes abdominales, elle quitte la classe et file aux toilettes, accompagnée d'un camarade. Le copain l'attend dans le couloir, fume une clope devant la fenêtre (y a pas le droit, mais bon), s'inquiète, voit du sang, alerte le proviseur, les pompiers mettent un temps fou à arriver, les manifs contre la réforme des retraites bouchent les rues. Louise est envoyée à l'hôpital...
Entre ces 250 pages, on parcourt un long chemin avec Louise, un long chemin douloureux. Ce parcours n'est pas rectiligne, il bifurque, on revient sur ses pas, on n'est pas sûr de ses choix - Louise est encore si jeune, malgré sa force de caractère - et ça fait tellement mal de voir qu'on s'est trompé, il faut se réarmer de courage pour reprendre une autre direction, repartir, retrouver la force alors qu'on pensait être au bout du rouleau.
Roman magistral sur le déni de grossesse. Isabelle Pandazopoulos évoque ce sujet complexe avec beaucoup de talent et une grande sensibilité. La polyphonie de la narration est parfaite pour en montrer tous les aspects, tous les problèmes qui peuvent s'y rapporter de près ou de loin : déni des parents de la jeune fille, chaos parmi les proches (amis et famille), dépression adolescente, premières amours et découverte de la sexualité, maternité...
L'auteur a le ton juste, le roman est très émouvant, jamais mièvre ni caricatural. Je l'ai lu avec beaucoup d'émotion - certaines scènes sont bouleversantes - et un sentiment d'énorme gâchis, pour le bébé, Louise, ses parents, le père de l'enfant, les autres jeunes filles du centre : toutes ces vies à reconstruire, ces personnes à remettre debout...
J'ai notamment été touchée par ce message, parmi beaucoup d'autres : quand un proche va très mal, il faut savoir cacher sa propre douleur.
« Je ne peux pas affronter leur souffrance, leur regard, je n'en ai pas la force » dit Louise qui, au fond du gouffre, ne reproche rien à ses parents mais ne veut plus, ne peut plus les voir.
« C'est monstrueux, ils n'y sont pour rien. Je sais mais je ne peux pas, je ne suis plus leur petite fille. Et c'est celle-là qu'ils voient, celle que je ne suis plus. »
C'est dur à entendre, oui, c'est insupportable de ne pas pouvoir aider et même d'entraîner plus encore vers le fond, mais laissez-là se reconstruire, s'accepter, s'estimer à nouveau digne de vous...
Superbe. ♥
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rabanne
  15 octobre 2018
Un excellent roman pour adolescents traitant d'un sujet encore tabou et mal connu aujourd'hui : le déni de grossesse.
Comment faire pour accepter un fait que l'on ne peut "concevoir" en pleine conscience ?!
D'autant qu'il vient s'ajouter un élément dramatique à l'histoire de Louise, une lycéenne de terminale apparemment sans histoire. Mais Noé existe bel et bien ; ça elle ne peut le nier indéfiniment. Vaillamment, elle va tenter de faire face...
J'ai beaucoup aimé le traitement réaliste et psychologique de l'histoire : la sidération et l'impuissance de l'entourage, l'angoisse de cette jeune-fille confrontée brutalement à une grossesse non désirée, le questionnement de l'amour maternel, celui de l'abandon.
Un récit à plusieurs voix, servi par une plume à la fois ciselée et sensible. Je recommande fortement !!
(À partir de 15 ans)
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latina
  14 juillet 2019
Difficile pour une jeune fille de Terminale de décider si elle va garder ou pas l'enfant qu'elle vient de mettre au monde alors qu'elle ignorait totalement qu'elle était enceinte.

Mais est-ce le cerveau qui doit travailler, ou le coeur?
Ici, en l'occurrence, Mathilde Beaulieu se sent dévastée, en totale inadéquation avec la vie qu'elle menait, avec son entourage, ses parents, son petit frère, ses amis de toujours, dont Mélissa, sa meilleure amie.
Un grand vide intérieur la submerge et elle gamberge.
Evidemment, tout l'appareil classique est mis en place : assistante sociale, psychologue, médecin obstétricien, infirmière, tous guettent ses moindres gestes, ses moindres changements d'expression, battements de cils, pleurs… Et Mathilde n'en peut plus. Car elle affirme qu'elle n'a jamais eu de relations sexuelles, et personne ne la croit. Même les filles de la maison d'accueil dans laquelle elle demande à aller la considèrent avec méfiance.
C'est que la relation avec le petit bébé s'amorce bien difficilement, et personne ne comprend pourquoi le déni de grossesse continue alors que la naissance a eu lieu.

Roman choral mettant en scène cet entourage ainsi que Mathilde, bien évidemment, "La décision" nous plonge au coeur de ce problème de société que l'on rencontre encore assez souvent au détour de faits divers assez glauques.

Roman très intéressant, donc, mais qui ne m'a pas emportée outre mesure et je n'arrive pas à savoir pourquoi. Difficile pour moi d'éprouver de l'empathie pour l'un ou l'autre des protagonistes, peut-être en raison du style, assez commun, aux idées assez répétitives. J'avais l'impression que "ça n'avançait pas".
Roman destiné aux adolescents, mais je pense que je ne leur proposerai pas pour les raisons que je viens de donner.

En résumé, le thème est important, attire l'attention, le système de narration est bien choisi, mais il y a ce petit quelque chose qui m'empêche de le considérer comme un coup de coeur.

De toute façon, ce n'est pas à moi à vous (dé)conseiller de lire ce roman.
Chacun doit prendre personnellement la décision.
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petitsoleil
  10 février 2013
un beau livre, fort, âpre et sensible
une lecture qui nous hante, qui laisse flotter une sensation de malaise diffus
l'héroïne, Louise, ca pourrait être nous, ca pourrait être une jeune femme de notre entourage, et c'est terrible
le livre est écrit sans fioritures, et à plusieurs voix
tour à tour, nous avons la voix de Louise, celle de Samuel, celle de la mère de Louise, de son père, des différentes personnes de la maternité ...
ce qui nous permet de découvrir différentes versions de l'histoire, et des éléments, avant les révélations et le dénouement
Louise : une belle jeune femme blonde, mince, élève douée en Terminale S, qui joue du violon et reste très secrète
au début, on ne sait pas grand-chose d'elle
prise d'un malaise en plein cours de maths, ce qui étonne tout le monde, elle se dirige vers les toilettes, suivie plus qu'accompagnée, par Samuel, un jeune surdoué qui est aussi le délégué de classe
Louise accouche rapidement d'un petit garçon, un bébé de 3,3kg et c'est le malaise
malaise de tous, car personne ne l'avait deviné, Louise n'avait pas senti venir le bébé, n'avait pas ressenti la grossesse, n'avait pas même grossi !
malaise psychique, Louise ne peut-elle, ou ne veut-elle, se souvenir ?
que s'est-il passé ? Louise prétend ne pas se souvenir et ne pas avoir eu de relations sexuelles
malaise physique aussi, Louise a du mal à réaliser qu'elle a mis au monde un enfant, il reste d'ailleurs quelque temps sans même un prénom
malaise encore, à plusieurs reprises, Louise saigne encore, Louise s'évanouit, comme si son corps devait évacuer trop de tensions, de mystères, de soucis
malaise encore vers la fin, même si des vacances en Bretagne, puis un séjour dans un foyer de jeunes femmes, vont faire évoluer Louise
quel avenir pour Louise ? quel avenir pour son fils Noé ?
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argali
  19 avril 2013
Il m'est difficile de trouver les mots justes pour parler de ce récit qui m'a fait passer par de multiples émotions. de l'agacement à la révolte en passant par l'empathie, la colère, la compassion… j'ai ressenti toute une gamme de sentiments divergents.

Et c'est là toute la force de l'écriture d'Isabelle Pandazopoulos. En nous proposant un récit choral, elle nous plonge dans les pensées intimes de tous les protagonistes. Nous ne sommes pas seulement confrontés à Louise. Nous entrons tour à tour dans la peau de ses amis, de ses parents, des médecins, infirmières et psychologues qui l'entourent. Leurs réactions, leurs paroles nous apaisent ou nous révoltent, emportent notre assentiment ou notre colère et ce, jusqu'aux dernières lignes du récit.

Au-delà de l'histoire, des zones d'ombre que Louise cherche à combler, de l'enquête menée pour comprendre, c'est la richesse psychologique des personnages et la justesse des échanges que je retiendrai. On sent que l'auteure s'est immergée dans un centre maternel pour appréhender de l'intérieur l'univers des mères adolescentes. le ton est juste, cohérent, sans fausse note. Rien n'est laissé au hasard. Même pas le nom du lycée de Louise, Olympe de Gouges.

C'est un livre bouleversant, poignant, même s'il ne tire pas des larmes. Il a fait écho en moi et vu mon âge, je me suis glissée successivement dans la peau de Louise, de sa mère ou des éducatrices. Et je me suis surprise à penser et réagir de manière différente, ce qui m'a aussi interpellée.

Bien sûr, le déni de grossesse est au centre de l'histoire. Mais elle nous parle aussi de la maternité, de son choix ou de son refus, de notre capacité à être mère, de l'instinct maternel -existe-t-il vraiment ? Elle nous parle aussi de tous les bouleversements qu'implique une naissance.

Une formidable leçon de vie, un sujet grave très bien traité, un roman qui force à réfléchir et qui peut être lu par les garçons comme les filles, chacun ayant un rôle à jouer dans une relation amoureuse.
A lire, avant que…

Lien : http://argali.eklablog.fr/la..
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critiques presse (2)
LaPresse   19 avril 2013
Isabelle Pandazopoulos leur laisse la parole, variant les narrateurs, donc les points de vue. Il se dessine ainsi un portrait en relief qui secoue, qui dérange. Qui fait réfléchir. Et fait tomber bien des préjugés.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Ricochet   15 février 2013
À sujet choquant, traitement délicat. Isabelle Pandazopoulos saisit les pensées des personnages confrontés à l'arrivée du bébé avec un naturel qui force l'admiration. [...] Une lecture dérangeante abordée avec pudeur, une lecture marquante autour d'un extraordinaire qui ne l'est malheureusement pas tant que cela…
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (96) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne   14 octobre 2018
Les larmes coulaient le long de mes joues, je les essuyais du dos de ma main, je ne voulais plus pleurer. Il fallait au contraire attiser cette rage qui m'agitait toute entière, l'entretenir, la laisser se déployer, m'appuyer sur elle et continuer debout. (...)
Je venais de retrouver en moi, fragile, si fragile, ma volonté de vivre.
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ZilizZiliz   23 août 2015
J'étais blottie contre elle [ma mère], tout contre, elle passait ses mains dans mes cheveux, doucement, tendrement, sans rien dire, et peut-être ai-je pu croire, comme elle l'a cru aussi, que j'avais du chagrin, simplement du chagrin, un de ceux qui nous étreignent et nous angoissent, qui nous font pleurer et puis qui s'estompent et enfin disparaissent. Juste un chagrin de passage.
Les larmes ont cessé de couler mais le noeud qui me serrait la gorge ne s'était pas dissous. J'étouffais. Il fallait que je sois seule. J'ai repoussé ma mère. C'était pas du chagrin. Ça n'avait pas de nom, ça ne se consolait pas, ça ne s'oubliait pas, c'était là, c'était moi tout entière.
(p. 91-92)
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kathelkathel   20 janvier 2015
Elle a tourné la tête de l’autre côté, lèvres serrées, bouche close, à nouveau résolument lointaine, ça la menaçait trop, l’idée la rendait folle, je le sentais, j’ai repensé au verre qu’elle avait jeté contre le mur, c’était pareil à l’intérieur, elle aussi éclatée, éparpillée en milliers de petits morceaux acérés et tranchants, obligée de refuser l’évidence, elle ne pouvait accepter ça, il s’agissait de sa propre survie.
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LirePourVivreLirePourVivre   08 avril 2014
Louise dormait, paisible, un peu pâle, ma fille, ma petite, la même que j'avais regardée partir de la fenêtre ce matin pour se rendre à l'école. J'avais beau me raisonner, je n'arrivais pas à y croire. Yannick se tenait derrière moi, lointain, silencieux. On n'osait pas se regarder. Je me suis remise à pleurer, doucement. Yannick m'a prise dans ses bras. Je suis sortie de la chambre à contrecoeur.
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c.brijsc.brijs   10 avril 2013
Rien ne reste aujourd'hui de l'innocence qu'on arborait ce matin-là. Comme si nous avions brusquement arraché nos masques d'enfants sages, ce n'était plus un jeu, la vie en vrai nous a sauté au visage, on est devenus grands, capables de faire des choix, des bons et des mauvais, d'être courageux, lâches, lucides ou hypocrites, insolents ou soumis, des hommes honnêtes ou des monstres.
Ou tout ça à la fois.
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Videos de Isabelle Pandazopoulos (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Pandazopoulos
4 ados en difficulté découvrent le pouvoir des mots grâce à une prof passionnée. Le nouveau roman d'Isabelle Pandazopoulos, l'auteure de "La Décision" et de "Trois Filles en colère", est un cris d'espoir et un torrent d'émotions. "Demandez-leur la lune", d'Isabelle Pandazopoulos, dès 13 ans.
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