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ISBN : 2075089159
Éditeur : Gallimard Jeunesse (26/10/2017)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Un roman qui s’ouvre comme une valise pleine de secrets : des photos d’archives, des cartes, les notes d’un journal intime… et des lettres. Celles que s’envoient, par-delà les frontières, trois jeunes femmes emportées par la tourmente de Mai 68.
Cinquante ans après Mai 1968, le roman fait revivre la montée des événements en France, en Allemagne et en Grèce de 1966 à fin 1968.
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  21 août 2018
1966. Athènes, Paris, Berlin.
Des lettres de Suzanne, Magda, Cléomèna, trois jeunes filles nées en Europe en 1949.
Elles sont issues de milieux sociaux favorisés - parents intellectuels et/ou bourgeois aisés.
Mais les contextes socio-politiques sont loin d'être idéaux, en revanche : les parents de Cléomèna, communistes, ont été déportés. Son frère et elle doivent se cacher.
Les familles de Suzanne et Magda ont dû fuir.
Les relations entre ces trois filles et leurs mères, essentiellement, nous présentent les problèmes de jeunes filles entre enfance et âge adulte, partagées entre raison et passion.
Je l'ai offert à une demoiselle souvent en colère, et plutôt trois fois qu'une (contre sa mère ?), pour qu'elle y trouve des échos, peut-être.
Outre les pages d'Histoire enseignées (dictature grecque, guerre froide en Allemagne, mai 68), cet ouvrage a le mérite de montrer qu'au seuil de l'âge adulte, rien n'est simple, ni avec les autres, ni avec soi-même. Et qu'une mère, c'est plus facile à aimer de loin...
Dans ce registre, j'ai préféré 'La décision', de la même auteur, 'Dans le désordre', de Marion Brunet, et 'Refuges', de Annelise Heurtier.
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IreneAdler
  15 mai 2019
3 jeunes filles de la fin des années 1960 se livrent dans un échange épistolaire qui commence en 1966 et se termine en 1968, après les événements de mai. Elles sont d'horizons et de pays différents, et toutes vivent avec leur temps : lutte politique, vie dans un pays coupé en 2, dictature des colonels. Toutes ont des sensibilités de gauche, voire très à gauche et ont à coeur de changer la société étouffante, conformiste qui est la leur. Si le France n'est pas aussi étouffée que Berlin à l'ombre du mur ou la dictature extrêmement brutale en Grèce, aucune ne se sent à sa place là où elle est et cherche à sortir du marasme ; aucune ne correspond à l'idéal de la femme véhiculée à l'époque.
Le roman est également traversé par la question de la maternité, voulue ou non, les secrets de l'histoire dans certaines famille, la mort. Mais aussi par l'amour et l'amitié. Ces jeunes filles se construisent politique et personnellement. Les extraits de journaux intimes, les photos, les coupures de presse enrichissent encore ce roman déjà très intéressant de nombreux points de vue.
A mettre entre toutes les mains.
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Takalirsa
  05 mars 2018
A l'aube de Mai 68, trois jeunes filles participent au bouillonnement des idées et des moeurs dans leur pays.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre. Les personnages nombreux et le contexte obscur font que l'on parcourt les premières lettres sans véritablement cerner les situations. Pourquoi Magda a-t-elle quitté Paris? Quel est le danger qu'elle évoque ? Pourquoi sa famille est-elle séparée de chaque côté du mur de Berlin ? Pourquoi sa mère a-t-elle été arrêtée ? La situation en Grèce est tout aussi confuse. Il y est question de déportation de détenus politiques sur l'île de Makronissos. Si la profusion de documents de diverse nature apporte quelquefois un éclaircissement, ceux-ci donnent plutôt une impression de dispersion, de pêle-mêle un peu superficiel (notamment le journal de Suzanne).
Ce n'est qu'à la moitié que l'on commence à saisir l'esprit de Mai 68, entre les interrogations de Suzanne sur la sexualité et la fréquentation de cercles étudiants par Magda. Cléomèna (dont l'histoire va croiser celle de Suzanne) fait un peu la jonction entre les deux, associant les personnalités et convictions de l'une et de l'autre. Au coeur des discussions, la dénonciation "de tous les interdits autour de la sexualité" et la réclamation d'un "changement des moeurs", notamment une plus grande liberté pour les femmes à disposer de leur corps et de leur vie : "Dans ce pays comme dans tous les autres, le plaisir des femmes passe après le vôtre.", "Je ne supporte plus cette volonté de contrôler et de soumettre le corps des femmes en vertu de principes moraux qui tombent du ciel." le projet de loi autorisant la contraception est d'ailleurs en cours. La maman de Suzanne, qui tombe en dépression suite à une grossesse non désirée, montre bien l'urgence de cette législation. Cléo va même plus loin: "Je ne dépendrai jamais d'un homme".
Côté politique, les étudiants réclament une plus grande liberté de pensée, que ne permettent pas les programmes universitaires alors en vigueur. Mais aussi "un monde sans guerre" - on finit par comprendre que la Grèce est alors soumise à une dictature. Car les explications sont fournies par bribes... Or la période est mal connue et aurait nécessité des informations plus claires. Quant à la famille de Magda, elle renferme des "secrets bien gardés" qui remontent à la Seconde Guerre : "La Stasi continue de nous surveiller." (encore faut-il savoir ce qu'est cette organisation). Ainsi entre le sujet ardu et le style trop souvent mélodramatique, le lecteur peine à accrocher à l'intrigue. Par contre il m'a donné envie de découvrir les textes de Simone de Beauvoir qui a participé au mouvement de libération des femmes, notamment son essai "Le Deuxième sexe", mais aussi son oeuvre autobiographique rejetant la morale bourgeoise, "Mémoires d'une jeune fille rangée", qui ne va pas sans rappeler le personnage de Suzanne.
Lien : https://www.takalirsa.fr/tro..
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sylviedoc
  20 octobre 2018
Une correspondance entre trois jeunes filles vivant respectivement à Paris (Suzanne), Berlin-Ouest (Magda, sa cousine qui a vécu chez elle durant 5 ans juste avant), et Athènes, puis Paris (Cléoména), qui s'échelonne d'août 66 à juin 68. Entre les lettres échangées s'intercalent des articles et photos d'époque ainsi que des extraits de journaux intimes. Au-delà de la vie quotidienne des jeunes filles de 17 ans de l'époque (bien différente par certains aspects de celle des ados d'aujourd'hui), on découvre tout le contexte historique qui aboutira aux événements de mai 68. Personnellement je connaissais très mal l'histoire de la "dictature des colonels" en Grèce, et je regrette un peu qu'il n'y ait pas plus de développement à ce niveau, les jeunes lecteurs risquent d'être perdus s'ils ne se documentent pas sur le sujet. L'histoire de la partition de l'Allemagne et du mur de Berlin leur sera sans doute plus familière, le sujet étant traité à partir de la classe de 3ème.
D'un point de vue personnel, j'ai bien accroché, l'époque et les personnages font écho à mon histoire personnelle, même si j'étais encore enfant à l'époque, on était très impliqué dans mon entourage. le récit est très réaliste, et présente plusieurs points de vue (générations des parents et des enfants, hommes et femmes, étudiants, travailleurs et patrons...). Les jeunes femmes se posent des questions qui feront sourire les lecteurs d'aujourd'hui, mais qui étaient brûlantes à l'époque, notamment concernant la sexualité et la contraception (on y parle de la loi Neuwirth). On mesure bien l'évolution de la société qu'a apporté cette période de révoltes et de remises en cause des fondamentaux. Une piqûre de rappel pas inutile à mon sens, à une époque où on a tendance à considérer tous nos acquis comme normaux, en oubliant les luttes menées pour y arriver.
A titre professionnel, je conseillerai cette lecture à partir du niveau 3ème pour de bons lecteurs ou pour des lycéens. Je pense qu'il est nécessaire d'avoir déjà une certaine maturité et un intérêt pour l'histoire politique. A défaut, certains aspects du romans risquent de passer complètement à la trappe.
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letilleul
  27 décembre 2017
Un roman épistolaire très vivant et proche de l'ambiance historique des années 60 à 70, il permet également de se questionner sur la question du genre et de ce qui est traditionnellement associé au statut des femmes et de la liberté.
Trois filles en colère a un côté source historique avec sa présentation des correspondances en forme de carnet de croquis, qui permet très facilement au lecteur de s'identifier et forme un très bel objet livre.

Lien : http://www.liresousletilleul..
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critiques presse (1)
Ricochet   30 septembre 2018
Un récit essentiel pour ne pas oublier d'où l'on vient et souligner l'importance de garder un équilibre dans ce monde en mutations et en proie à des extrêmes nourris par la haine de l'autre.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   01 août 2018
[ Paris, mai 1968 ]
Les gens sont horrifiés par la violence avec laquelle la police et les CRS se ruent en plein jour et en public sur des jeunes qui sont seuls, à terre et désarmés, n'ayant que leurs bras pour se protéger des coups. Des passages à tabac sous les yeux des passants, des actes complètement gratuits, filmés et photographiés, dont ils ne se cachent pas, au contraire, ils se croient légitimes, on le sent, on sentirait presque aussi le plaisir qu'ils y prennent, d'être cinq ou six ou sept, d'être armés et de frapper ensemble sur un plus faible, sur un plus petit, sur un plus rien, sur une ombre ou même plus ! Les ordres qu'ils ont reçus sont clairs. Il leur faut faire la démonstration qu'ils ne sont pas du genre à se laisser emmerder par des mômes de vingt ans qui-n'ont-aucun-sens-des-responsabilités, des rêveurs, des parasites dangereux qui s'imaginent capables de menacer l'ordre social et que quelques coups suffiront à faire taire...
Quand je les vois, ces ombres sans visages vêtues de longues capes noires, avec leurs casques sur la tête et les poches lourdes de matraques et de grenades, quand ils s'alignent en se tenant pas la main, si convaincus d'eux-mêmes, de leur droit, de leur force, à chaque fois j'ai l'impression que ce n'est pas réel, parce que ces flics, comme ils sont là devant moi, déguisés en quelqu'un d'autre, on dirait des méchants de contes de fées, des ogres pour de vrai. Leur violence est comme celle d'avant la civilisation et d'avant la culture, et même d'avant la pensée, ces gens sont comme des animaux, mus par l'instinct le plus bas.
Je me mets en face d'eux et je cherche leur regard, et je sais qu'ils ressemblent trait pour trait à ceux qui ont torturé mon papa*, au nom de la loi, jusqu'à le rendre fou.

* père communiste, en Grèce

(p. 290-291)
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ZilizZiliz   02 août 2018
Ma chère Ilse, ma chère épouse,
Je t'écris un peu en désespoir de cause puisque tu tournes la tête quand tu me vois et que tu refuses de me parler. Tu n'arrives même pas à prendre ton bébé dans tes bras. Ce qui t'arrive me fait peur. Les médecins parlent de dépression et je n'y comprends rien. [...]
Je perds souvent patience. C'est tellement incompréhensible pour moi, tellement loin de la femme que tu as toujours été... Comment peut-on ne pas vouloir de son propre enfant ? [...] Quand je te demande ce dont tu as besoin, tu ne réponds rien. Ou tu pleures. Il faut que tu arrives à reprendre des forces, ma chérie, s'il te plaît, fais-le pour moi, fais-le pour nous. Le psychiatre m'explique que ce n'est pas une question de volonté. Et que c'est le propre de cette maladie de ne plus rien vouloir. [...]
+ Lire la suite
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ZilizZiliz   30 juillet 2018
[ 1966 - impétuosité d'un petit mâle de 17 ans... ]

Il disait que je lui avais manqué, et que j'étais devenue une véritable obsession, la douceur de ma peau, de mes lèvres, il rêvait de me voir nue... C'était si fort, son désir, que ça l'empêchait de dormir.
Jamais aucun garçon n'avait manifesté un tel enthousiasme à mon égard. J'étais complètement fascinée par ce déluge de sentiments et ses caresses de plus en plus pressantes.
Fascinée mais distante. Je n'y étais pas. Peut-être qu'il m'a manqué les étoiles et le bruit de la mer pour me faire chavirer. Il me plaisait, il me troublait, et c'était toujours délicieux de sentir ses lèvres sur les miennes. Mais une autre partie de moi refusait de se laisser aller. Je lui ai dit que je ne savais pas, que ça allait trop vite, qu'il fallait me donner du temps.
Il a eu l'air déçu.
Et puis agacé.
Et au final, il s'est fâché. Il trouvait qu'on en avait déjà eu beaucoup, du temps, tous les deux, qu'il avait été patient et que les gamines capricieuses et sans expérience, c'était franchement pas 'sa came'.

(p. 29)
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JangelisJangelis   16 mai 2018
Lettre 26
Ilse Lavagauleyne au député Lucien Neuwirth

Monsieur le député,
J'ai beaucoup d'admiration pour le combat que vous menez qui vise à faire adopter le projet de loi autorisant la contraception en France. Jamais je n'aurais imaginé que fussent possibles les propos délirants que votre proposition provoque, ces accusations de pornographie, cette peur de voir la France victime d'une "flambée d'érotisme". Je suis consternée par leur violence, par cet étalage de vulgarité, par la vision que les députés de notre Assemblée nationale ont de ce que doit être une femme. Plus consternée encore par la fureur de l'Église catholique et l'énergie farouche que déploient les prêtres pour empêcher que la question ne soit tout simplement posée et débattue avec un tant soit peu de sérénité.
Mais de quoi ces hommes ont-ils donc tous si peur ?
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ZilizZiliz   30 juillet 2018
[ Grèce, 1966 - oppression et déportation des communistes - des familles sont séparées ]

Maman,
Tu me manques. Je ne devrais pas te l'écrire mais penser à toi suffit à me faire monter les larmes aux yeux. Parfois, je marche dans la rue et quelque chose m'inquiète brusquement et sans raison apparente. Je cherche dans mes poches, comme si j'avais oublié les clefs de chez moi, je fouille les ombres des yeux et je finis par l'admettre, je n'ai plus de clefs, je n'ai plus de chez-moi.

(p. 39)
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