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ISBN : 2742743871
Éditeur : Actes Sud (03/06/2003)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 25 notes)
Résumé :

La vieille Yannou est au chevet de sa petite-fille, âgée de quelques jours à peine et déjà gravement malade. Au fil des heures de veille durant lesquelles elle se remémore sa vie passée, elle découvre qu'elle n'a jamais vécu que dans la servitude. Elle se persuade alors que son devoir est de délivrer - par tous les moyens - les petites filles de l'enfer qui les attend. Ecrit en 1903, Les Petites Filles et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Pancrace
  17 octobre 2019
Avant-propos - Je suis un fan inconditionnel de Jean Becker, cinéaste : « L'été meurtrier, La tête en friche, Les enfants du marais, Effroyables jardins »… sont les films que je préfère dans l'oeuvre de cet homme d'une grande sensibilité.
Néanmoins, il y a aussi « Elisa » et c'est ici ma référence pour vous attendrir, vous émouvoir comme j'ai été intensément troublé lorsque cette mère, accablée par la vie, va étouffer avec son oreiller, son enfant afin de lui éviter la misère.
Cette scène impromptue d'une violence rare m'a, en son temps fortement marqué.
Quelques films et livres plus tard…
Grèce, début du siècle dernier. La vieille Yannou veille sa petite fille et s'interroge : comment échapper à l'indigence, au dénuement à la souffrance ? Et puis des filles toujours des filles.
Elles ne manqueront à personne, elles ne pleureront plus, ne seront plus un fardeau…
On doit la comprendre, c'est pour leur bien, le bien de toutes et de tous, elle fait le bien !
« C'est toi qui nous as fait naître, qui nous as mises au monde.- Elle nous a mises… dans l'autre monde. »
La vieille assume, recommence encore, chez des voisins, chez des bergers. Elle les délivre. C'est irraisonné, ça devient incontrôlé, presque inconscient. Ses mains glissent et serrent.
Souvent les remords vous rattrapent bien avant la police, et les étoiles dans le ciel n'arrivent plus à calmer votre esprit, ni les odeurs du maquis, ni la beauté du bleu de la mer.
Les bleus sont à l'âme, même la fuite ultime ne suffit pas, la tête reste sur les épaules même si les jambes vous emporte dans de vierges territoires.
Moralité… c'est immoral ! C'est bien écrit, très bien écrit, si bien qu'on réfléchit, qu'on rumine, qu'on gamberge…
La compassion pour Yannou, tellement naturelle dans sa démarche m'effleure, mais ma gorge se noue et je sens très vite ses doigts qui me serrent.
« La mort devait être le meilleur des sommeils. » Qui peut dire…
Ferme le livre vite, mais après l'avoir lu.
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Sachenka
  30 avril 2017
Pour les jeunes filles, la vie dans les îles grecques du 19e siècle était dure. Ça ressemblait presque à de l'esclavage, s'il faut en croire les mots d'Alexandros Papadiamandis :
« Jeune fille, elle avait été la domestique de ses parents. Une fois mariée, elle était devenue l'esclave de son mari - et pourtant, par l'effet de son propre caractère et de la faiblesse de l'autre, elle était en même temps sa tutrice. Quand ses enfants étaient nés, elle s'était faite leur servante ; et maintenant qu'ils avaient à leur tour des enfants, voici qu'elle se retrouvait asservie à ses petits-enfants. »
Après avoir menée une pareille vie, je peux comprendre la vieille Yannou de souhaiter un sort différent à sa petite-fille et même à d'autres fillettes. Mais passer de la parole à l'action… Surtout que ce n'est pas vraiment son choix. Si au moins elle avait commis l'irréparable dans un moment de folie passagère qu'elle regrettait ensuite. Mais non. C'est l'aïeule de Patrick Bateman !
Et, après l'avoir fait une fois, pourquoi ne pas « libérer » les petites voisines aussi… Brrr… À en donner des frissons. Deux, trois crimes plus tard, des soupçons commencent à peser sur la vieille Yannou, mais ils sont vite écartés. Je trouve assez ironique que ce soit l'enfant qui meurt réellement par accident, sans le concours de la vieille femme, qui apporte sa chute…
Les petites filles et la mort est l'ouvrage de Papadiamantis qui semble le plus apprécié et, étrangement, c'est celui qui m'a le moins plu. Je n'ai pas détesté, au contraire, mais il y manquait un petit quelque chose, selon moi. Oui, l'univers de ses nouvelles est aussi dur (des gens qui s'échinent sur leur terre rocailleuse et peu productrice, qui survivent de presque rien) mais les moments difficiles étaient entrecoupés de moments de plaisir. Que ce soit un jeune homme en quête d'une fiancée, d'une fête improvisée avec danses, musique et chansons, d'un repas partagé, de la naissance d'un enfant, le recueillement dans un monastère, etc. Ici, le lecteur n'a droit qu'à la misère et à une violence vicieuse.
Autre élément peu engageant : la protagoniste est une vieille femme aigrie, une faiseuse d'anges. Malgré cela (et c'est tout le génie de l'auteur), on ne la déteste pas. On comprend sa situation et on sympatise avec elle (jusqu'à un certain point, cela va de soi !). Toute sa vie n'était que noirceur. Mais toute cette noiceur et cette violence gratuite deviennent rébarbatif et m'ont tenu à distance…
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spleen
  09 mai 2018
Ce roman , les Petites Filles et la Mort a été écrit en 1903 et a comme titre original La Meurtrière .
Dans la Grèce du début du vingtième siècle, rien n'a vraiment changé dans les moeurs , la pauvreté règne dans les campagnes et le sort des femmes y est peu enviable .
Yannou, une femme âgée , veille le dernier né de sa fille ainée, une petite fille de quelques jours qui est déjà entre la vie et la mort .
Ces heures passées dans l'obscurité d'une petite pièce entrainent chez Yannou des réflexions sur sa vie de servitude entre ses parents puis son mari et maintenant ses enfants et le peu d'espoir d'une vie heureuse quand on nait fille, sans compter la dot que devront fournir les parents et elle aboutit dans la demi conscience de ses nuits sans sommeil à l'opportunité d'abréger cette vie sans avenir de petite fille et la galère de la mère de mettre au monde des filles . le geste suit rapidement la pensée et elle étouffe le bébé.
Yannou qui connait bien les plantes sauvages , elle est guérisseuse et faiseuse d'anges, parcourt la montagne avec son panier , elle croise donc souvent des petites filles jouant devant les bergeries , l'occasion est facile alors de les faire tomber dans les puits et de poursuivre ainsi ce qu'elle pense être sa tâche, un devoir qui lui est imposé même si l'effroi de son geste l'obsède et si ses nuits sont hantées par les fillettes qui l'appellent .
Terrible constat d'impuissance devant le sort si ce n'est de donner la mort pour abréger des vies innocentes , la meurtrière devient une femme aux abois et le lecteur est tiraillé entre l'horreur de ses actions et l'empathie vers cette femme profondément malheureuse et qui croit faire son devoir .
Une magnifique description de la condition féminine dans cette Grèce au bord du changement .
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ivredelivres
  06 février 2014
Au club lecture de la médiathèque j'ai la chance d'avoir fait connaissance avec une lectrice férue de littérature grecque, traductrice en plus. C'est elle qui m'a soufflé le titre de ce roman.
Ce n'est pas du tout un livre récent, écrit en 1903 il n'a pas pris une ride.

Dans ce dix-neuvième siècle finissant en Grèce, naître fille était un grand malheur, une vie promise au travail incessant et parfois aux coups du père, du mari. Un drame pour la famille qui se devait de réunir une dot et par là sacrifier un champs, une oliveraie.
Trouver un époux avait un prix et plus la fille était laide plus le prix atteignait des sommets.
Voilà la famille de Yannou, sa fille s'est mariée à un homme dont il y aurait beaucoup à dire et elle va accoucher, deux de ses fils ont quitté le nid pour un avenir en Amérique. « A mesure que la famille s'était accrue, les amertumes s'étaient multipliées » l
Denier problème en date, la naissance d'une petite fille dont la santé est chancelante, Yannou la veille, les heures passent et Yannou se revoit jeune femme, elle prend conscience de n'avoir jamais vécu autre chose que la servitude « domestique de ses parents. Une fois mariée, elle est devenue l'esclave de son mari ».
Elle ne peut se résoudre à laisser cette enfant vivre la même chose, elle veut faire une bonne action, lui éviter de souffrir.
Elle qui sait soigner, qui connait les herbes qui font du bien, elle divague « Mon Dieu, pourquoi faut-il que celle-là soit venue au monde ? » elle s'interroge « Mon Dieu, pourquoi faut-il que celle-là soit venue au monde ? »
De machine à faire les enfants elle devient la force du destin.
La mort de petite fille passe pour un accident mais Yannou se laisse emporter par la violence, la frustration, et les actes de mort se multiplient finissant par alerter les autorités.
Une longue traque va commencer sur cette terre aride, la culpabilité ronge Yannou mais ne l'empêche pas d'être certaine que « le plus grand cadeau serait d'avoir à leur donner, pardon mon Dieu ! L'herbe à rendre stérile »
Elle apparait monstrueuse elle qui est sûre d'avoir agit par charité et qui se réjouit car la dot n'aura coûté qu'un linceul !! Elle est le bras armé de Dieu.
Un roman à la fois moderne par l'oeil qu'il porte sur la condition féminine mais un drame antique pas sa violence et son côté inéluctable. Faire le mal par devoir est ce encore faire le mal ? le roman flirte avec le questionnement de Dostoïevski dans les Frères Karamzov.
Court, dense, très réussi, c'est l'occasion de découvrir cet écrivain parfaitement ignoré en France.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Pirouette0001
  16 août 2019
Je ne sais pourquoi, mais ce livre m'a fait penser d'un bout à l'autre à Accabadora de Michela Burgia. La même atmosphère d'un village perdu dans les campagnes méditerranéennes où la trop forte natalité, surtout lorsqu'il s'agit d'enfanter des filles, est un problème récurrent. Le même personnage de sorcière faiseuse d'anges. Sauf que ce livre-ci a été écrit bien avant et nous relate la difficulté d'être femme et mère dans des pays où les hommes sont ou absents parce que partis tenter leur chance et leur avenir ailleurs au loin, ou présents, mais clairement, on s'en passerait. Quel vide que ces vies !
Un écrivain grec reconnu dans son pays comme un tout grand. A découvrir certainement.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   21 juillet 2018
La somme que Khadoula avait volée en plusieurs fois à ses parents, et qui s'élevait à environ quatre cents piastres, la monnaie de l'époque, elle la tint soigneusement cachée pendant de longues années. Et pour parvenir à construire sa maison elle l'augmenta grâce à son industrie. Elle était travailleuse et pleine de savoir-faire. Autant que le lui permettaient les soucis qu'elle avait pour élever tant d'enfants qui se succédaient sans arrêt, elle travaillait chez les autres. Mais dans les villages il n'est pas de spécialistes, chacun exerce plusieurs métiers. Et de même qu'un épicier de campagne est simultanément mercier, pharmacien et même usurier, rien n'empêchait une ouvrière habile dans le tissage, comme était Francoyannou, d'être en même temps sage-femme et rebouteuse et d'exercer encore d'autres métiers - il suffisait qu'elle fût habile. Et Francoyannou était habile entre toutes les femmes.
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SachenkaSachenka   15 mars 2017
Jeune fille, elle avait été la domestique de ses parents. Une fois mariée, elle était devenue l'esclave de son mari - et pourtant, par l'effet de son propre caractère et de la faiblesse de l'autre, elle était en même temps sa tutrice. Quand ses enfants étaient nés, elle s'était faite leur servante ; et maintenant qu'ils avaient à leur tour des enfants, voici qu'elle se retrouvait asservie à ses petits-enfants.
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SachenkaSachenka   16 mars 2017
- Tu ne sais pas combien de fois les femmes donnent l'exemple! Dans pas mal de circonstance elle font preuve de beaucoup de courage.
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melly14melly14   27 mars 2017
Oh, ainsi... rien n'est tout à fait ce qu'il paraît être, mais quelque chose d'entièrement différent - et plus souvent le contraire. Et si le chagrin est joie et si la mort est vie et résurrection, alors le malheur est bonheur et la maladie santé. Et tous ces fléaux, si atroces en apparence, qui fauchent avant l'heures les nouveau-nés, la variole, la scarlatine, le croup et les autres maladies, ne sont-ils pas plutôt de grands bonheurs, des caresses affectueuses que font les ailes des anges, qui se réjouissent dans les cieux quand ils accueillent l'âme des petits enfants ?
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melly14melly14   27 mars 2017
(à propos des prêtres)
Comme ils étaient heureux ces hommes qui dès leur tendre jeunesse, et comme par une inspiration divine, avaient compris quelle était la meilleure action qu'ils pouvaient faire : de ne pas donner la vie à d'autres malheureux [...] La philosophie, ils l'avaient reçue pour ainsi dire en héritage, sans avoir à se tourmenter l'esprit pour la "recherche de la vérité", laquelle ne se trouve jamais.
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