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ISBN : 225393447X
Éditeur : Le Livre de Poche (02/01/2020)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 95 notes)
Résumé :
« Après deux premiers romans fictionnels, je me suis trouvée face à la nécessité d’écrire un roman plus intime. L’écriture lyrique dont j’avais usé jusque-là laissa place soudain à une écriture plus directe, sans autre envie que celle de raconter la stricte vérité. Pourquoi ? Pour trouver, à travers la littérature, des réponses aux questions qui nous empêchent de vivre.
Les Os des Filles est l’histoire de trois femmes : Ba, sa fille et sa petite-fille – ma gr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  08 juin 2019
L'auteur est née « par accident » à Hanoï, de mère vietnamienne et de père français. Sa vie s'écoule avec insouciance, au sein de la bruyante et chaleureuse tribu familiale où, entre grand-mère, tantes et nourrice, elle compte « plusieurs mamans ». La soudaine décision de ses parents de partir s'installer en France fait exploser l'univers de la fillette. A onze ans, Line se retrouve brutalement transplantée dans un environnement inconnu et froid, loin de ses attaches. C'est un déracinement culturel, mais surtout une déchirure affective qui va la dévaster : Line sombre peu à peu dans un insondable trou noir, irrésistiblement aspirée vers un néant mortifère. L'anorexie la détruit.

Le récit s'ouvre sur le retour de Line à Hanoï. Elle a maintenant vingt-trois ans et est déjà revenue une fois après le début de sa guérison, à la recherche de ce qu'elle a quitté bien des années plus tôt. Hélas, la vie ne l'a pas attendue, et Line s'aperçoit bien vite qu'elle est désormais autant française que vietnamienne. Alors elle raconte : la vie de sa grand-mère, de sa mère et de ses tantes pendant les guerres qui ont ravagé son pays d'origine, sa propre enfance dans un bonheur coloré et turbulent, tout ce qui a constitué « ses os », même si cela a disparu aujourd'hui et si elle doit apprendre à en faire son deuil.

Les deux parties du livre sont aussi fascinantes l'une que l'autre : le récit du passé familial et de l'enfance vietnamienne de Line plonge le lecteur dans un tourbillon de vie et de couleurs dépaysantes ; l'anorexie racontée de l'intérieur ouvre des abîmes terrifiants de noirceur et d'impuissance. L'on ne peut que rester sans voix devant tant de souffrance et tant de force, dans cette guerre toute intérieure qui menace la vie de l'adolescente.

Les livres ont été le seul point d'accroche de Line pendant son désespoir. Et l'on comprend toute l'importance de la rédaction de son histoire pour la reconstruction de l'auteur. L'écriture possède un style très personnel : elle alterne constamment entre le "je", le "tu" et le "elle", dans une courageuse tentative d'exploration de soi, de cette fille fragile et forte qui avait perdu le contrôle et qui cherche à tâtons à se réconcilier avec elle-même.

Tout le livre n'est-il pas finalement que le rassemblement des pièces éparses du puzzle qu'était devenue l'auteur ?
Quoi qu'il en soit, jamais ce récit ne pointe du doigt ni n'accuse, jamais le moindre ressentiment n'affleure : Line ne règle ses comptes qu'avec elle-même, sans une once d'auto-apitoiement et sans une plainte.

Voici au final un roman fort et courageux, celui d'une résurrection personnelle effectuée avec une dignité qui force le respect. Il se dévore dans un souffle de sidération, celle que l'on ressent, impuissant, devant la souffrance la plus brute. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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kitou94170
  02 décembre 2019
Voici une jolie découverte que cette auteure Line Papin avec son roman « Les os des filles ». Entendue à "La grande librairie", sa prestation m'avait donné envie de la lire. Elle avait l'air si fragile. Tellement jeune ! 23 ans à peine et déjà si douée !
A dix ans, Line doit quitter précipitamment le Vietnam pour suivre ses parents en France. Line est métisse, née d'un père français et d'une mère vietnamienne. Ce départ, c'est une déchirure, une terrible rupture dans la vie de cette petite fille. D'un coup, elle perd tous ses repères : sa famille, sa nourrice, ses amies, son pays avec ses us et coutumes. Pour quelle raison ? Elle n'en voit aucune et ne comprend pas. du jour au lendemain, la voilà propulsée dans un environnement qui lui est totalement inconnu et à mille lieux de son univers. Tout est si différent ici : le temps, les gens, la nourriture…. Un vrai choc psychologique et culturel qui passe totalement inaperçu par ses parents. Un profond déracinement qui va la dévaster et la conduire durant son adolescence à une anorexie mortifère.
Lorsque l'on est au plus profond du gouffre, deux choix s'offrent à nous : sombrer donc mourir. Lutter donc vivre. Line va choisir la vie et tout doucement va remonter à la surface.
Pour retrouver définitivement l'envie de vivre et surtout la force pour continuer, à l'âge de 17 ans, elle va entreprendre seule un premier voyage au Vietnam. Retourner dans ce pays qu'elle aime tant. Mais le Vietnam a changé en sept ans. Hanoï ne l'a pas attendu pour évoluer et subir de nombreuses transformations vers la modernité. Troublée pas ces changements, Line s'aperçoit finalement que bien malgré elle, elle est devenue autant française que vietnamienne. Malgré cela, partie à la recherche de ses racines, elle va tenter de réconcilier son passé et son présent. Mais surtout, se réconcilier avec la vie. Mais pour y arriver définitivement, il lui faudra d'autres voyages :
«Où je vais ? Au Vietnam, à Hanoï, comme il y a cinq ans, dix ans, quinze ans, comme toujours, chaque fois différemment , chaque fois seule, pour tenter de réconcilier le passé et le présent, les deux continents et mes membres souffrants – pour tenter de me réconcilier . »
Dans ce roman autobiographique, à travers le destin de trois femmes, qui s'avèreront toutes d'une force incroyable : sa grand-mère, sa mère et elle-même, Line Papin nous raconte l'Histoire du Vietnam et la vie si difficile entre guerres, famines et misère. En partant à la quête de sa propre histoire, l'auteur aborde avec une pudeur extrême deux thèmes graves qui sont l'exil et l'anorexie. Son écriture magnifique, quelque peu singulière, pleine de douceur et d'émotion nous touche profondément et nous emporte avec elle.
«Les os des filles » est un livre magnifiquement bouleversant, lumineux et plein d'espoir. C'est pour moi une très grande réussite pour une si jeune auteure. Quelle maturité ! A 23 ans à peine, la jeune romancière en est déjà à son troisième roman et quel roman ! Un avenir de romancière plus que douée s'ouvre à elle.
A lire inévitablement !
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alexb27
  17 juin 2019
Dans ce court roman, Line Papin se raconte et raconte son histoire familiale : sa grand-mère vietnamienne lettrée et enseignante, sa mère mariée à un français, ses tantes ambitieuses et curieuses du monde. Elle raconte surtout la vie ensemble et la rupture difficile l'année de ses 11 ans, le retour en France et l'anorexie qui a suivi. C'est un texte délicat au coeur duquel la notion d'identité est centrale. Une belle lecture à la plume réfléchie. Merci à Netgalley et à l'éditeur pour cet envoi. #LesOsDesFilles #NetGalleyFrance
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Alexandra_LDVX
  16 juillet 2019
Un merveilleux moment de lecture pour le roman " LES OS DES FILLES", titre qui prend tout son sens au fil de la lecture.
Un véritable coup de cœur pour l'écriture de Line PAPIN mon premier de l'auteure un roman court et captivant divisé en 3 parties bien identifiables.
je l'ai lu en 3 jours c'est rare que j'accorde dés le premier roman 5 étoiles alors je dis oui je vous le conseille.
La première partie se déroule dans un village proche de Hanoï où elle voit le jour:
elle nous raconte le Vietnam celui de sa grand-mère, de sa mère de ses proches le Vietnam de la guerre qui affame et fait saillir les os des corps on revit la guerre d'Indochine contre les Français la guerre du Vietnam contre les américains ... un quotidien de guerre fait de labeur, de privations, de chaleur, de travail dans les rizières mais aussi un quotidien de liberté, d'insouciance, de partage, d'amitié et d'amour.
c'est aussi un livre de courage un livre de femme pour les femmes: elle rend un bel hommage aux femmes de sa famille, sa grand-mère vietnamienne lettrée et enseignante, sa mère mariée à un français, ses tantes ambitieuses et sa nounou.
2ème partie est plus axée sur le déménagement brutal à 10 ans en France le pays de son père, le déracinement et le dépaysement qui suivent sont alors dévastateur. Elle se retrouve brutalement dans un nouveau pays froid loin de tout ce qui faisait sa vie.
Line Papin n'emploie à aucun moment le mot exil mais il s'agit bien de souffrance et de douleur de quitter son Vietnam pour un autre pays.
La renonciation s'empara de cette jeune fille de 15 ans. Elle plongera dans l'anorexie qui la glissera presque vers la mort.
J'ai particulièrement aimé l'écriture émouvante sur l'anorexie cette maladie ce combat on n'en parle si peu si mal.
Line Papin s'exprime avec justesse.
et enfin 3 ème partie la renaissance la guérison qui marque la victoire de la vie cette vie difficilement changeable qui mérite pourtant d'être vécue comme un cadeau une délivrance près de ceux qu'elle aime et qui l'aiment et le retour au Vietnam, qui n'est plus du tout le vietnam de ses souvenirs, mais qui garde le parfum de l'essentiel.
Merci encore pour ce roman Line PAPIN
j'ai envie de découvrir les 2 autres et je vous conseille la lecture de celui-ci!
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nicolashouguet
  04 septembre 2019
Un matin, Agathe me parle de ce roman. Elle me dit qu'il lui a fait penser fort au mien, dans sa manière sincère d'appréhender sa propre vie. Souvent les gens enjolivent, embellissent. Souvent les souvenirs recréent et subliment. Elle m'invite à le lire. J'aime suivre son regard, elle est de ceux qui me connaissent instinctivement. Alors je le commence. Très mal. Un jour que je suis dans le train. Avec deux bambins qui hurlent dans une poussette à côté de moi. Je n'imprime qu'une phrase sur deux, c'est peine perdue.
Quelque temps plus tard, à Saint Maur en Poche, j'allais être interviewé sur la scène pour parler de mon bouquin. Juste avant moi, il y a Line Papin. J'arrive à la fin de son intervention. Je ressasse des fragments de son roman, de ce que j'en avais glané. Il me restait. Des images entêtantes comme des flashs. Sur scène, je l'ai évoquée maladroitement. Alors que j'étais censé parler de moi, mais je me sens tellement mieux à parler des autres. ça m'a rassuré. Elle m'a aidé. Elle ne le saura jamais.
J'ai su à ce moment-là que j'allais reprendre son roman. Au calme. Après ces tourbillons et ces mouvements incessants, ces odyssées étranges. Je l'ai fait hier. Presque dans la journée et ce matin encore, juste avant l'aube. C'était le bon moment. J'étais près d'elle, en phase. Les Os des filles paru chez Stock en plein dans le regard. Un rendez-vous que j'avais presque manqué, mais qui régulièrement s'est rappelé à moi. J'aime me rendre à ce genre de signe.


L'exil... souvent dans la littérature récente, ce motif est revenu. Cette langueur étrange d'un pays de l'enfance qu'on a déserté et qui demeure en fond de regard. La jeune femme est pleine de ce manque et c'est presque lui qui l'a fondée. Une innocence perdue incarnée dans une contrée volatilisée. Des premiers temps paradisiaques et une mémoire pas encore morcelée. le passé des femmes de sa famille, Line s'en souvient comme d'un conte. Une légende traditionnelle. Un pays traversé de guerres et de tourments, celles d'Indochine, contre les français et les américains. Ba, sa grand mère au caractère si fort, passionnée d'histoire et de Napoléon, plus tard devenant une figure engagée des premiers temps d'internet. Et puis les trois filles qu'elle enfante, les trois H. Sa mère est la seconde. Elle s'éprend d'un français qui l'emmène vivre dans une belle maison à Hanoï, un ilot d'expatriés. La petite Line s'en souvient comme d'un enchantement, près de sa nourrice à l'amour maternel qui lui passe tous ses caprices. Près de ces amis d'enfance dont elle n'a jamais oublié les noms. Dans cette ville qui de 1995 à 2005 était encore dans une forme d'enfance, pleine de promesses, pleine de possibles et de doutes. Hésitante, bordélique, entre deux mondes.
Toujours chez Line Papin, le lieu renvoie à un état d'âme. L'insouciance et l'allégresse d'Hanoï qui découvre la vie sans embargo comme elle-même découvre le monde, avec exubérance. L'amour. La chaleur, la communauté. Se rattacher à une tradition, deviner ses racines dans le regard des autres. Adopter une cohérence et un début de destin. Et puis être déracinée, brutalement. Revenir aux terres d'origine de son père en Touraine et découvrir cet autre monde. S'apercevoir qu'Hanoi désormais évoluera sans elle. Ne pas se faire aux maisons de pierres épaisses qui portent d'autres souvenirs que les siens. Ne pas se faire à Paris. Dépérir en France. Se repasser sans cesse l'image des silhouettes éplorées qui disparaissaient dans la lunette arrière du taxi qui l'arrachait des lieux qu'elle aimait.
S'affamer. Être maigre à faire peur, avoir la peau sur les os. Incarner son chagrin. Devenir le spectre de tout ce qu'elle a perdu. Ne plus rire. Errer dans un univers qu'elle ne reconnait pas. Dans la France grise, loin de l'allégresse enfantine qui semblait enrober le Vietnam comme un halo. Porter ce deuil. le figurer presque comme une toile fauve. Être décharnée comme un souvenir caché, interrompu dans sa trajectoire. Personnifier un exil qu'aucun mot ne saurait apaiser. Être orphelin d'une part de soi. le Vietnam, pour Line, est une mère. le lien d'affection est tangible et permanent. Même la lumière et les couleurs ne sont plus les mêmes quand elle décrit ses souvenirs de France, où tout, sans cesse est à recommencer. Une série de nouveaux départs qui renient leur passé. L'assimilation qui exige l'amnésie, l'amputation d'une part de soi. La négation d'une identité métissée et multiple. La honte même parfois et le refus de parler la langue de ses ancêtres.
Comment se retrouver alors ? Comment prendre goût à une vie transplantée, à reprendre racine dans un sol inconnu? Comment se souvenir de tous ces lointains, ces figures tutélaires qui nous forgent et dont on est le prolongement ? Comment revenir à un pays qui a bien trop changé pour qu'on le connaisse encore ?
Line Papin porte son monde intimement, en fait le récit. Elle est riche de tous ses visages, de tout son héritage. Elle est jeune encore, et n'a pas perdu la mémoire de l'enfance. On en ressent la beauté, on en ressent les blessures. Mais il y a là de la grâce, une forme de malice, de sagesse et d'intégrité à recoller les morceaux de son passé, à les réconcilier dans l'écriture. On commence ce livre comme on feuillette un album de famille, un temps de l'innocence, avec ses figures légendaires. Et puis la tendresse et la nostalgie d'enfance, la douleur adolescente secrète, indicible, intime. Enfin cette jeune femme, riche de toutes ces facettes et de toutes ses cultures, qui porte en elle des lieux comme des reflets d'elle-même. Des noms de pays comme des journaux intimes. Des lieux qui disent quelque chose de soi, qui nous dévoilent comme des secrets. Des liens qui sont brisés. Des déchirures qui finissent par nous détruire, nous aspirer, nous anéantir dans l'anorexie. de ces endroits et de ces êtres dont nous sommes le souvenir ou le tombeau vivant. Ces hiéroglyphes sur nos intimités.
C'est beau et bouleversant. Elle est dans la lignée évidente de Marguerite Duras, on en reconnait la mélancolie et la musique des souvenirs. Line se tient toujours en équilibre au dessus de son abîme intime, elle soutient ses gouffres, fait partager son impuissance avec une implacable lucidité. Elle raconte les guerres. Celles que sa famille a traversées. Celle intime, qu'elle s'est livrée. L'histoire d'une identité qui s'est construite dans la douleur. L'histoire des os des morts que l'on recueille et qu'on garde dans une petite boite après leur mort.
Je me disais bêtement que, sans doute, Line Papin n'avait pas besoin de moi. Qu'elle a eu de beaux articles et sans doute déjà un beau succès. Sauf qu'elle m'a ému. Et que plusieurs fois, j'ai failli ne pas le dire, que plusieurs fois j'ai failli la manquer, mais que sans cesse ce livre me revenait, dans le regard d'Agathe ou sur scène à Saint-Maur. Jusqu'ici, dans ces vacances et ce beau silence que je peuple des livres et du souvenir des autres.
Lien : http://www.nicolashouguet.co..
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   13 juin 2019
Les os des filles, c’est son histoire, mais aussi et surtout celle de la famille de sa maman. Ses grands-parents, Ba et Trang, leurs trois filles, élevées dans un pays miné par les guerres, l’embargo américain, les famines. Très beau roman autobiographique de Line Papin.
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LeMonde   28 mai 2019
L’écrivaine s’explore elle-même dans ce troisième roman, à travers sa lignée maternelle, d’Hanoï à Paris, et retour.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   07 mai 2019
La romancière de 23 ans raconte le Vietnam de son enfance et évoque ses amours créatives.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro   11 avril 2019
Le troisième roman de la jeune auteure est un cri d’arrachement au pays natal et à l’enfance.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
LoralineDLoralineD   14 janvier 2020
Pourquoi a-t-on dû partir et quitter tous ceux qui m'aimaient? C'est la question que je pose, comme un soupir. J'ai de la peine car ceux qui m'aimaient, je les aimais aussi. Pourquoi a-t-on dû couper, sous le pied de l'amour, toute l'herbe?
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SZRAMOWOSZRAMOWO   28 mai 2019
On enterre les gens dans une tombe à leur taille pendant trois ans, au Vietnam. Puis, ce délai passé, la chair évaporée, on transvase dans un coffret plus chétif ce qu’il reste du corps : les os. Les cimetières sont donc faits de petits coffrets d’os. Ce sont eux qui demeurent, singuliers. Le premier cercueil est temporaire, public, il ne sert qu’à désosser et reçoit, tous les trois ans, différents morts. C’est un lieu de repos passager. Ensuite, dans l’unique boîte, il n’y aura plus que les os propres, comme si la chair importait peu, modifiable telle qu’elle est le long d’une vie, tantôt fraîche, tendre, lisse, tantôt ridée, malade, tavelée, tantôt douce, serrée, tantôt rêche, distendue, tantôt cisaillée tantôt… À la fin, il n’y a plus que les os qui s’entrechoquent.

Les sentiments de la chair, dégoulinants, sont passés. L’émotion terrestre est partie. Ne restent plus que les sentiments des os – essentiels. Nous finissons tous ainsi, après tout, et c’est doux. C’est doux parce que c’est commun. Il y aura eu bien des injustices, bien des secousses, bien des dangers ; il y aura eu des joies, des rires, des peurs, des amours, des haines, des ressentiments, des passions ; il y aura eu des accidents, des voyages, des crises, des maladies… Nous aurons été chacun à notre manière déformés par la vie. Il restera les os des humains – ce que nous avons été au minimum, ce que nous avons tenté d’être au maximum. Maintenant, j’ai compris jusqu’à quel point il faut descendre pour aimer sans retour et pardonner sans regard : jusqu’à cette ultime poche d’os.
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Alexandra_LDVXAlexandra_LDVX   16 juillet 2019
Tu as guéri. Tu as retrouvé un corps de vivant, un cœur de vivant, un visage de vivant. La mort est partie. La petite fille est revenue. Et tu as décidé, en ce retour, parce que tu pouvais enfin marcher et vivre, de te rendre toi-même sur les lieux de ton enfance - ceux que tu avais perdus, ce qui t'avait tué. Tu avais dix-sept ans alors, à peine, et tu as pris l'avion, seule, pour retourner à Hanoï.
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dizdiz   13 juillet 2019
Maintenant, c'est ici que nous vivons, sur notre corps maigre que nous choisirons de muscler, dans cette vie grise que nous choisirons de colorer. Maintenant, nous choisirons de comprendre, de regarder, d'accepter, de recommencer, de façonner à notre manière; maintenant, nous ne serons plus victimes des étourdissements, nous saurons... Maintenant, nous n'avons plus dix ans. Maintenant, nous n'avons pas pu finir d'être enfant, maintenant, nous avons raté l'adolescence, maintenant, nous allons vivre à notre façon.
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LeslivresdesophieLeslivresdesophie   05 novembre 2019
Vivra-t-elle ? Posée comme cela, doucement, si doucement... Plus personne n’a de force. Et l’on ne sait pas quoi répondre. Personne ne le sait. Vivra-t-elle ? Personne n’en est la cause. Personne n’a la solution et personne ne peut se saisir de la source. C’est une gamine, maintenant, qui ne grandira plus, qui n’aura pas d’enfant, qui est debout seule sur terre, sans passé, sans futur, sans vie, cassée et qu’on ne peut pas sauver. C’est une gamine, un solfège sans musique, qui doit se sauver sans raison, qui doit rester parce qu’elle est. Expliquez-lui cela ? Donnez-lui envie ?
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Vidéo de Line Papin
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