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ISBN : 2234086582
Éditeur : Stock (03/04/2019)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 18 notes)
Résumé :
« Après deux premiers romans fictionnels, je me suis trouvée face à la nécessité d’écrire un roman plus intime. L’écriture lyrique dont j’avais usé jusque-là laissa place soudain à une écriture plus directe, sans autre envie que celle de raconter la stricte vérité. Pourquoi ? Pour trouver, à travers la littérature, des réponses aux questions qui nous empêchent de vivre.
Les Os des Filles est l’histoire de trois femmes : Ba, sa fille et sa petite-fille – ma gr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  08 juin 2019
L'auteur est née « par accident » à Hanoï, de mère vietnamienne et de père français. Sa vie s'écoule avec insouciance, au sein de la bruyante et chaleureuse tribu familiale où, entre grand-mère, tantes et nourrice, elle compte « plusieurs mamans ». La soudaine décision de ses parents de partir s'installer en France fait exploser l'univers de la fillette. A onze ans, Line se retrouve brutalement transplantée dans un environnement inconnu et froid, loin de ses attaches. C'est un déracinement culturel, mais surtout une déchirure affective qui va la dévaster : Line sombre peu à peu dans un insondable trou noir, irrésistiblement aspirée vers un néant mortifère. L'anorexie la détruit.

Le récit s'ouvre sur le retour de Line à Hanoï. Elle a maintenant vingt-trois ans et est déjà revenue une fois après le début de sa guérison, à la recherche de ce qu'elle a quitté bien des années plus tôt. Hélas, la vie ne l'a pas attendue, et Line s'aperçoit bien vite qu'elle est désormais autant française que vietnamienne. Alors elle raconte : la vie de sa grand-mère, de sa mère et de ses tantes pendant les guerres qui ont ravagé son pays d'origine, sa propre enfance dans un bonheur coloré et turbulent, tout ce qui a constitué « ses os », même si cela a disparu aujourd'hui et si elle doit apprendre à en faire son deuil.

Les deux parties du livre sont aussi fascinantes l'une que l'autre : le récit du passé familial et de l'enfance vietnamienne de Line plonge le lecteur dans un tourbillon de vie et de couleurs dépaysantes ; l'anorexie racontée de l'intérieur ouvre des abîmes terrifiants de noirceur et d'impuissance. L'on ne peut que rester sans voix devant tant de souffrance et tant de force, dans cette guerre toute intérieure qui menace la vie de l'adolescente.

Les livres ont été le seul point d'accroche de Line pendant son désespoir. Et l'on comprend toute l'importance de la rédaction de son histoire pour la reconstruction de l'auteur. L'écriture possède un style très personnel : elle alterne constamment entre le "je", le "tu" et le "elle", dans une courageuse tentative d'exploration de soi, de cette fille fragile et forte qui avait perdu le contrôle et qui cherche à tâtons à se réconcilier avec elle-même.

Tout le livre n'est-il pas finalement que le rassemblement des pièces éparses du puzzle qu'était devenue l'auteur ?
Quoi qu'il en soit, jamais ce récit ne pointe du doigt ni n'accuse, jamais le moindre ressentiment n'affleure : Line ne règle ses comptes qu'avec elle-même, sans une once d'auto-apitoiement et sans une plainte.

Voici au final un roman fort et courageux, celui d'une résurrection personnelle effectuée avec une dignité qui force le respect. Il se dévore dans un souffle de sidération, celle que l'on ressent, impuissant, devant la souffrance la plus brute. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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alexb27
  17 juin 2019
Dans ce court roman, Line Papin se raconte et raconte son histoire familiale : sa grand-mère vietnamienne lettrée et enseignante, sa mère mariée à un français, ses tantes ambitieuses et curieuses du monde. Elle raconte surtout la vie ensemble et la rupture difficile l'année de ses 11 ans, le retour en France et l'anorexie qui a suivi. C'est un texte délicat au coeur duquel la notion d'identité est centrale. Une belle lecture à la plume réfléchie. Merci à Netgalley et à l'éditeur pour cet envoi. #LesOsDesFilles #NetGalleyFrance
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VivianeB
  18 juin 2019
Quelle jolie découverte : celle d'une belle écriture et le sujet de l'arrachement à ses racines avec des répercutions sur une vie d'enfant traité avec délicatesse, sensibilité et lucidité. J'ai été émue, touchée, bouleversée et rassurée de lire que cette enfant devenue jeune fille puis femme a su prendre le contrepied de la souffrance pour se construire une vie nouvelle. Je recommande.
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Papyrusdunil
  19 mai 2019
Ce roman qu'on devine autobiographique est un cri de douleur poussé par Line pour dire au monde combien il est difficile de se construire entre deux cultures et pour dire à tous ceux qui en doute qu'il n'est jamais facile de quitter sa terre natale, sa culture, sa famille, ses ancêtres, même si cette terre est pauvre, même si cette terre est en proie aux démons. Quitter sa terre est toujours un déchirement.
Ce livre raconte le déchirement et la réparation.
Saisie dès l'abord par l'écriture extrêmement personnelle de l'auteure, je me suis plongée intensément dans cette saga familiale féminine et féministe dont Line Papin, sur le départ pour le Vietnam, remonte le cours.
C'est son histoire qu'elle va nous livrer, une histoire qui débute dans un pauvre village situé à 30 km de Hanoï au moment de l'invasion japonaise en 1945, la première des 3 guerres, précédant celles contre les français, suivis des américains. Elle retrace les épreuves traversées par son grand-père Trang et sa grand-mère Ba, femme de caractère, à la vie mouvementée et militante. Puis la naissance de sa mère et de ses tantes.
Line va naître à Hanoï, dans des conditions précaires, de la deuxième fille de Ba (deuxième H, les prénoms des 3 soeurs commençant tous par un H), et d'un père français. On saura peu de chose de ces parents qui, tout à leur vie d'enseignants, la confient à une nourrice vietnamienne qui sera sa « vraie » mère.
Bientôt cette vie bruyante, vivante, peuplée de parents, grands-parents, tantes, cousins, amis, copains, cette vie qu'on imagine se dérouler essentiellement dans la rue, une vie pleine d'odeurs, de jeux, d'affection, cette vie pétaradante va être interrompue brutalement par le retour en France des parents de Line.
Et c'est la bascule, le vide qui s'installe dans la vie de la petite fille, une vie faite d'attente et de frissons, une vie de manques, une guerre intérieure.
Cette partie est parfois difficile à lire, nous emportant dans les tristes rivages de l'anorexie, nous plongeant dans l'univers froid et impersonnel de l'hôpital chargé de ramener ces enfants morts vivants à la vie…
Même si certains passages m'ont vraiment touchée, voire même bouleversée, j'avoue avoir été parfois saturée de tout ce chagrin et ce désespoir.
Line Papin est à mon avis une auteure pleine d'avenir. Son écriture est très intense, lyrique et belle, même si j'ai trouvé surtout sur la fin, quelques formulations absconses dont elle ne devrait pas abuser sous peine de lasser. Je ne suis par ailleurs pas vraiment conquise par le passage du « je », au « elle », au « tu », une alternance de pronoms personnels que l'auteure emploie pour se désigner au sein du même paragraphe, partis pris littéraires dont je ne saurais dire s'il relève du talent ou du snobisme !
J'ai regretté aussi il faut bien le dire que cette écriture au demeurant très travaillée, ne crée pas toujours chez le lecteur la proximité, la connivence, l'empathie avec les personnages que moi j'apprécie dans mes voyages littéraires.
Quelques bémols sur la forme qui expliquent ma note.
Ce roman est cependant sans aucun doute une belle découverte ! J'attends impatiemment de lire le suivant !
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michdesol
  19 juin 2019
Née au Vietnam d'un père français et d'une mère vietnamienne, l'auteure, Line/Linh, émigre en France avec ses parents à l'âge de 10 ans.
C'est la rupture brutale avec son enfance, avec son pays, et la difficile adaptation à un nouveau pays qui n'est pas, ou n'est pas encore, sa patrie. Elle deviendra peu à peu étrangère à son Vietnam de naissance tout en restant longtemps étrangère en France.
Cette rupture sera la cause d'un terrible plongée dans l'anorexie, décrite dans de longues et émouvantes pages.
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   13 juin 2019
Les os des filles, c’est son histoire, mais aussi et surtout celle de la famille de sa maman. Ses grands-parents, Ba et Trang, leurs trois filles, élevées dans un pays miné par les guerres, l’embargo américain, les famines. Très beau roman autobiographique de Line Papin.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   28 mai 2019
L’écrivaine s’explore elle-même dans ce troisième roman, à travers sa lignée maternelle, d’Hanoï à Paris, et retour.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   07 mai 2019
La romancière de 23 ans raconte le Vietnam de son enfance et évoque ses amours créatives.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro   11 avril 2019
Le troisième roman de la jeune auteure est un cri d’arrachement au pays natal et à l’enfance.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
EveduChambonEveduChambon   23 juin 2019
Tu as guéri. Tu as retrouvé un corps de vivant, un cœur de vivant, un visage de vivant. La mort est partie. La petite fille est revenue. Et tu as décidé, en ce retour, parce que tu pouvais enfin marcher et vivre, de te rendre toi-même sur les lieux de ton enfance - ceux que tu avais perdus, ce qui t'avait tué. Tu avais dix-sept ans alors, à peine, et tu as pris l'avion, seule, pour retourner à Hanoï.
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EveduChambonEveduChambon   23 juin 2019
Les matins devenaient bisques, miels, blés, blonds. La vie allait pouvoir commencer.
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michdesolmichdesol   19 juin 2019
La guerre passée, Hanoï demeurait noire de misère parce qu'elle essuyait les restes des bombes et des récoltes brûlées, parce qu'elle subissait l'embargo américain qui interdisait à tout pays de faire du commerce avec elle. Il n'y avait rien, au Vietnam : pas d'électricité, pas d'eau potable, ni de savon, de dentifrice, de chaussures pour les gens, pas de frigidaire, pas d'ustensiles de cuisine, rien. Ils vivaient dans le dénuement et la crasse. Ils ne s'en rendaient pas compte : ils n'avaient rien pour comparer. Ça avait toujours été ainsi.
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michdesolmichdesol   19 juin 2019
Pardon, excusez-moi, je chope ma valise, les taxis à l'aéroport, Parisiens ronchons, et le périphérique, et Paris qui se dresse, ses églises, sa tour Eiffel, les immeubles dans lesquels vivent mes amis, mon amour, ma famille, les petites rues rangées, les petits trottoirs propres, les feux rouges, et les cafés aussi, où l'on boit un crème, alors, cela a été triste, oui, je suis une étrangère au Vietnam, une étrangère en France, une étrangère en... mais Paris, je te connais, et tu me connais bien aussi maintenant, nous nous sommes un peu fait mal, mais tu m'aimes, non ? moi, je t'aime. C'est ici aussi, la vie.
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michdesolmichdesol   19 juin 2019
Vous étiez là, désormais, sur ces trottoirs silencieux, avec ces fringues horribles, pulls à col roulé, manteaux, écharpes, quoi encore, jamais porté ça, et de la bouffe lourde, steak haché, spaghettis, gratin dauphinois, quoi encore, jamais mangé ça, et ces piétons qui attendent le feu vert pour traverser, passages cloutés, ces voitures qui s'arrêtent au rouge, dociles, quoi encore, jamais vu ça... Oh, c'était d'un chiant !
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Videos de Line Papin (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Line Papin
Le Prix de la Vocation est-il un Prix parmi tant d'autres ? Certainement pas répond Line Papin, Lauréate 2016.
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