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Critique de migdal


migdal
  23 août 2019
Le fauteuil 26 de l'académie belge a été occupé successivement par George Simenon, Pierre Ryckmans et maintenant Amélie Nothomb … Ryckmans est le moins connu et Simon Leys, son nom de plume, l'a rendu immortel.

A l'âge de 20 ans, en 1955, il eut la chance d'être invité en Chine et ce voyage détermina son itinéraire intellectuel et sa carrière sinologique. Après de nombreux voyages en Asie qui lui permirent de connaitre en 1962 Robert van Gulik, ambassadeur des Pays Bas en Malaisie et auteur de romans policiers, il commence sa carrière par sa thèse « Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère de Shitao. Contribution à l'étude terminologique des théories chinoises de la peinture » et « La Vie et l'oeuvre de Su Renshan, rebelle, peintre et fou, 1814-1849. », publiés en 1970 sous le nom de Pierre Ryckmans. Des ouvrages destinés à un lectorat aussi élitiste qu'universitaire.

Vivant alors à Hong-Kong, il observe les cadavres des suppliciés de la Révolution Culturelle s'échouer sur les plages de la colonie et publie, sous le pseudonyme de Simon Leys, « Les Habits neufs du président Mao », un ouvrage sur la Révolution culturelle chinoise.

En 1971, la Belgique décide de nouer des relations diplomatiques avec la Chine, et Pierre Ryckmans est nommé attaché culturel, aux côtés de Jacques Groothaert et Patrick Nothomb, à l'ambassade belge à Pékin. Amélie Nothomb, fille du diplomate, âgée alors de 5 ans, écrivait en 2014 « Pendant quelques jours nous logeâmes dans notre misérable appartement [à Pékin] un monsieur qui ne souriait pas beaucoup. Il portait une barbe, ce que je croyais l'attribut du grand âge : en vérité, il avait l'âge de mon père, qui parlait de lui avec l'admiration la plus haute. C'était Simon Leys. Papa s'occupait de ses problèmes de visa. ».

Puis il publie Ombres chinoises (1974) et Images brisées (1976), achevant ainsi sa trilogie chinoise, alors jugée comme politiquement incorrecte, mais aujourd'hui incontestée. Ces ouvrages écrits en français seront l'objet de multiples traductions dans le monde entier et petit à petit Pierre Ryckmans s'effacera derrière Simon Leys, s'installera en Australie, écrira en trois langues (français, anglais et chinois) et acquiérera une renommée internationale.

Il élargit alors sa réflexion et son action en se consacrant à la traduction et à la critique littéraire et s'intéressa notamment à « la mer dans la littérature française » anthologie publiée en 2003.

A « ce navigateur entre les mondes » décédé il y a 5 ans, son ami Philippe Paquet consacre une biographie incontournable pour qui s'intéresse à la Chine, à sa civilisation, à son avenir et à qui est attentif aux faits concrets et aux courants de pensées qui façonnent notre vision du monde.

Excellente occasion de lire et relire les ouvrages de Pierre Ryckmans ou Simon Leys.
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