AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782490155231
Éditeur : COLLAS (06/03/2020)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 12 notes)
Résumé :

Dans le but de célébrer les 84 ans de leur grand- mère, Chitralekha, événement important selon la tradition népalaise, ses petits-enfants se rendent à Gangtok, dans l'État lointain du Sikkim, en Inde du Nord-Est. Ils vivent tous à l’étranger et chacun d’eux, pour des raisons différentes, redoute l'inquisition familiale. Comment sortir indemne de cet anniversaire ? Au fur et à mesure qu'avancent les célébrations, l’affaire se complique, d'autant plus qu'une s... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  15 février 2020
Nous sommes à Gangtok, au Sikkim, au nord-est de l'Inde. Une région coincée entre le Boutan, le Tibet et le Nepal, dont les trois-quarts de la population sont d'origine népalaise, comme Chitralekha, veuve et propriétaire de l'usine de TEXTILES NEUPANEY. Ses petits-enfants, qui vivent dans différents pays, dont elle peut à peine prononcer le nom et qu'elle n'a aucune intention de visiter, seront bientôt là pour son chaurasi*, son quatre-vingt-quatrième anniversaire, dont les préparatifs battent leur plein.
Le pitch de l'histoire sont ces petits-enfants éparpillés de par le monde et qui ont des vies et conjoints peu conformes aux exigences et coutumes de leurs appartenances ethniques et de leurs castes, et surtout à celles de leur grand-mère.
L'une enfuie aux E.U. avec un damaai, réfugié boutanais de basse caste, une autre, intellectuelle diplômée d'Oxford, enlisée dans un mariage arrangé, faisant la nurse à un beau-père, pandit népalais paralysé, un troisième oncologue à New York, vivant en couple avec un infirmier américain, dont ce dernier n'en apprécie guère la clandestinité, et un dernier petit-fils, écrivain relégué aux oubliettes pendant “Treize foutues années” par la vieille.
Bref, des retrouvailles compliquées chez une grand-mère encore plus compliquée avec en prime, Prasmanti, une chakka** transgenre, domestique, « petite fille préférée » et porte parole de Chitralekha.....
Un roman très coloré sur le problème de l'Identité, celle de notre vraie identité discordant avec celle imposée par la société, ici dans le cadre d'une société rigide, engluée dans les traditions et rites religieux, en plus des problèmes de castes, d'origines ethniques et du qu'en dira-t-on. Le cadre est pittoresque, mais le fond embrasse des problèmes universels.
L'auteur Prajwal Parajuly, fils d'un père indien et d'une mère népalaise, qui partage son temps entre New York, Oxford et Gangtok, sa ville natale dans l'Himalaya indien, nous livre ici un livre intéressant sur le monde actuel, où les mouvements migratoires, donnent lieu à des mondes à cheval entre la culture d'origine et celle du pays émigré. Ni bien chez soi, ni bien en exil, dilemme d'un nombre croissant de personnes, dans un monde qui devient de plus en plus chaotique. La prose rappelle parfois la forme théâtrale. Quand au fond, pour l'apprécier pleinement une connaissance basique sur les rites, coutumes et castes indiens est nécessaire. Un glossaire en fin de livre aurait été aussi d'une grande utilité, vu le vocabulaire nombreux employé dans la langue d'origine.
Un grand merci aux Éditions Emmanuelle Collas et NetGalleyFrance pour l'envoie de ce livre.
#FuiretrevenirEmmanuelleCollasPrajwalarajuly#NetGalleyFrance

*Le chaurasi est un curieux événement religieux, où le quatre-vingt-quatrième anniversaire d'une personne en Inde est célébré dans le but d'exprimer la gratitude à la lune.
**Eunuque
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          974
kateginger63
  04 mai 2020
Un roman polyphonique exotique entre traditions et modernité.
*
Des facettes de l'Inde qu'on a rarement eu l'occasion de voir en littérature. Celle des citoyens qui sont aussi bien népalais qu'indiens, perdus dans le Sikkim si convoité. Ecrit justement par un indien/népalais vivant à New York, Oxford et Gangtok (Sikkim). Quelle richesse culturelle !
*
Je m'intéresse aux romans venus du pays de Gandhi, surtout depuis mon périple au Rajasthan d'il y a quelques années. Je crois que je ne m'en suis pas encore remise. Ce contraste saisissant, cette explosion de couleurs, d'odeurs, de multitudes de traditions hindous. J'ai retrouvé cette sensation si typique dans ce récit.
*
Une histoire intime familiale qui traite de problèmes sérieux tels que l'appartenance aux castes (et ce que cela implique lors d'un changement avec un mariage), l'homosexualité, le statut flou des Hijras (transexuels), le retour des jeunes partis à l'étranger (et leur possible réintégration) et aussi la perte des traditions séculaires.
D'autant plus que le récit se passe à la campagne, loin de la capitale. Un peu comme si les bruits s'étouffaient, les problèmes ne seraient non moins importants. Et pourtant....
*
Entre non-dits, rancoeurs, comptes à régler, secrets, débordements émotifs, cette famille se fait égratigner. On passe du doux-amer à de l'acide, du salé au sucré, tout cela en un mélange bien dosé. Des portraits justes, nuancés, pas clichés du tout qui m'ont ému fortement. J'ai l'impression d'avoir été dans une bulle, une sorte de parenthèse doucereuse, loin de mon Auvergne :)
Un auteur à suivre.....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          545
Eve-Yeshe
  23 mars 2020
Chitralekha fête son anniversaire (84 ans, un chiffre riche en symboles et ses petits-enfants doivent venir à la fête à Gangtok. Ce devrait être la fête des retrouvailles mais rien n'est simple dans cette famille…
Du côté des petits-enfants, nous avons l'aînée : Bhagwati qui est la honte de la famille parce qu'elle s'est « enfuie de la maison » pour épouser un Indésirable. Elle a connu l'exil car indésirable au Bhoutan comme au Népal, après être restée pendant des années dans des camps de réfugiés pour être enfin envoyée aux USA, où elle fait la plonge, tandis que son époux cherche du travail. Juste avant de partir, elle est congédiée car elle a osé se rebeller quand un « chefaillon » lui a mis les mains aux fesses. Inutile de dire qu'elle prend l'avion la peur au ventre…
Le deuxième, Agastaya, médecin aux USA, qui est censé avoir réussi mais toujours pas marié au grand désespoir de la grand-mère qui veut profiter de la fête pour lui présenter des partis intéressants. Mais, il y un hic, il est homosexuel, et vit avec Nicky qui voudrait qu'ils adoptent un enfant alors qu'il n'assume déjà pas son homosexualité…
La troisième, Manasa qui a fait un beau mariage selon les critères de Chitralekha (dans la même caste) qui vit à Londres, avec son époux Himal et son beau-père paraplégique dont elle est devenue l'auxiliaire de vie, son beau diplôme d'Oxford remisé au placard. Pas d'enfant, acariâtre…
Nous ferons la connaissance du quatrième, Ruthwa, bien plus tard, car il est banni lui aussi pour avoir publié un livre jugé scandaleux par sa famille… on imagine très bien ce que va déclencher son arrivée en fanfare, de même que celle, imprévue, de Nicky…
Un autre personnage important dans l'histoire : Prasanti, eunuque, « hijra » (personne du troisième sexe), domestique de la grand-mère et qui n'en fait qu'à sa tête et vit très bien sa sexualité. Mais, c'est loin d'être aussi simple.
Ce roman aborde les castes, les mariages arrangés, le statut des femmes, les problèmes de l'homosexualité ou des transgenre, sur fond d'Histoire de l'Inde, des guerres entre Sikkim, Bhoutan, Népal, le statut des intouchables, des réfugiés, les relations compliquées entre la grand-mère rigide et ses petits-enfants sur lesquels elle règne en tyran, mais qui réagissent chacun à sa façon, la rébellion pour l'une, le désir d'être enfin reconnue pour l'autre petite-fille, entre autres.
Prajwal Parajuly évoque de manière très forte le statut des Hijras à travers l'histoire familiale compliquée de Prasanti car toutes ne vivent pas de la même manière qu'elle et souvent la prostitution est au bout de la route.
J'ai beaucoup aimé ce roman, haut en couleurs, qui surfe aussi sur la corruption en politique, les tentations « indépendantistes » des uns, les rivalités ethniques et aussi religieuse même si l'Hindouisme et ses rituels, comme la fête des lumières, ses malas constitués d'oeillets d'Inde, est le véritable terreau.
J'ai retrouvé avec ce roman la culture indienne ainsi que les relations familiales compliquées qui m'avaient beaucoup plu dans « Deux vies » de Vikram Seth dont il me reste encore à lire le superbe pavé « Un garçon convenable ». J'ai aussi V. S. Naipaul à découvrir (que l'auteur évoque notamment avec le roman « La moitié d'une vie » …
L'écriture de Prajwal Parajuly est riche en couleurs, en nuances, et il fait des portraits sans concession. Au début, étant donné la manière dont il exprime les choses, j'ai pensé que c'était une femme…C'est son premier roman et c'est une réussite. Auteur à suivre donc.
Un immense merci à NetGalley et aux éditions Emmanuelle Collas qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteur.
#fuiretrevenirEmmanuelleCollasPrajwalarajuly
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          520
mariech
  08 février 2020
Chitralekha fête son quatre vingt quatrième anniversaire , à cette occasion on organise une grande fête en Inde dans la communauté d'origine népalaise .
C'est l'occasion pour ses petits enfants de se retrouver parfois après de nombreuses années .
Chitralekha n'est pas n'importe qui , elle vient d'une famille aisée , de la caste la plus haute , femme de tête , elle dirige une grande usine d'une main de fer , s'occupe beaucoup moins de sa maison .
L'auteur nous présente un portait de l'Inde actuelle , avec ses castes rigides,ses conventions difficilement compréhensibles à nos yeux .
Il y a beaucoup d'humour dans ce roman , c'est super bien écrit , dépaysant , on s'attache aux personnages .
Il y a le médecin réputé à New York qui n'osera jamais avouer son homosexualité, l'écrivain qui a plagié le grand écrivain indien VS Naipaul après un premier roman à succès où il dévoilait la vie intime de sa grand -mère , l'intellectuelle qui a fait un beau mariage et qui doit s'occuper de son beau - père paralysé , celle qui a été bannie de la famille car elle a épousé un intouchable , sans compter sur la domestique de la famille qui est hijra c'est à dire faisant partie de la communauté des eunuques .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
cecille
  06 mars 2020
C'est la couverture qui a attiré mon regard sur ce livre, puis le titre et enfin l'auteur.
Ce livre nous emmène en voyage en Inde et je ne pouvais louper l'envol pour ce Pays qui me séduit affectivement.
Je ne suis pas déçue, c'est un roman coloré, plein d'humour et de souffrance. La souffrance de l'exil pour certains, la souffrance du revenir pour d'autres, la souffrance de la vérité pas facile à exprimer .....
Attérissage donc à Gangtok, dans l'État du Sikkim, situé dans le nord-est de l'Inde. Une femme, propriétaire d'une remarquable usine, puissante, grand-mère, de haute-caste, Chitralekha va fêter ses 84 ans et à cette occasion unique, ses quatre petits enfants reviennent chez elle. Pour certain elle ne les a pas vu depuis 18 ans. C'est le cas de sa petite fille Bhagwati, partie avec son mari, toute jeune du camp de réfugiés du Népal pour le Colorado. Son mari est de basse caste et donc elle est répudiée de sa famille.
Ainsi la grand-mère a des comptes à régler avec tout le monde et tous appréhendent la confrontation.
Au fil des pages, nous allons découvrir chacun des petits enfants, leur nouvelles conditions de vie à l'étranger.
Des personnages caractéristiques, beaucoup d'humour et de tristesse, de la mélancolie et de l'amour.
Une véritable tragi-comédie à l'indienne !
Un plaisir de lecture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190

Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   12 février 2020
Ram aurait peut-être voulu l’accompagner. On aurait pu organiser une rencontre furtive avec ses frères toujours bhoutanais à Gangtok. Résidents fiers, mais terrorisés du Bhoutan, ceux-ci se tenaient maintenant à distance de toute manifestation contre la monarchie. Quand ils avaient appris l’installation de Ram à Denver puis Boulder, ils l’avaient supplié de trouver le moyen de leur faire quitter le pays. De ce point de vue-là, ses frères étaient comme tout le monde – ils partaient du principe qu’en montant à bord d’un avion à destination de l’Occident, on laissait ses problèmes derrière soi en Orient. L’Orient, c’était la pauvreté. L’Occident, la richesse. L’Orient, c’était l’inégalité. L’Occident, l’égalité. L’Orient, c’était une vie de problèmes. L’Occident, la solution à ces problèmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          342
BookycookyBookycooky   13 février 2020
Comme l’âge adulte était compliqué ! Il comptait tant de chemins dangereux, de zones réglementées dont on ne parvenait plus à s’échapper si on y pénétrait par mégarde ! S’ils avaient été enfants, Bhagwati et lui se seraient probablement traités de tous les noms, bagarrés et réconciliés une bonne douzaine de fois pendant le trajet jusqu’à Gangtok. Adultes, ils trouvaient à peine le courage de se poser l’un à l’autre les questions importantes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410
Eve-YesheEve-Yeshe   23 mars 2020
Les réfugiés avaient du mal à savoir quelle était leur patrie, mais Bhagwati bien plus encore. Qui était-elle ? A sa naissance : une Indienne népalophone, dont le défunt père était originaire du Sikkim et la défunte mère, du Népal…

… Après son mariage : une Bhoutanaise népalophone qui avait juridiquement renoncé à la citoyenneté indienne afin de se sentir chez elle au Bhoutan. Après l’expulsion de six cent mille népalophones du Bhoutan : l’habitante d’un corps apatride échoué dans un camp de réfugiés au Népal. Après le geste magnanime des Etats-Unis : une réfugiée cette fois en Amérique….
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Eve-YesheEve-Yeshe   25 mars 2020
Main dans la main, ils contemplaient avec un émerveillement silencieux la majesté de cette ville dans laquelle ils se sentaient chez eux. Toute parole aurait altéré la valeur de ces moments. New York avait la capacité de les rendre muets…

… Quand une telle émotion vous envahissait il était facile de se laisser convaincre que les épreuves sont passagères, comme le reste d’ailleurs. L’impermanence est une chose magnifique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Eve-YesheEve-Yeshe   26 mars 2020
Leurs ancêtres reléguaient les femmes indisposées dans les étables de sorte qu’elles ne souillent pas la maison de leur ignoble contact. Une version de cette pratique – moins draconienne, mais encore très rigide pour l’époque actuelle – avait toujours cours sous le toit de Chitralekha : La femme « souffrante » devait demeurer dans certaines zones limitées, dont étaient exclus la cuisine et l’autel…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          173

Video de Prajwal Parajuly (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Prajwal Parajuly
Présentation du roman "Fuir et revenir" par Prajwal Parajuly avec le site "Inde-en-livres.fr"
autres livres classés : matriarchieVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Prajwal Parajuly (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Quiz sur le roman "Fuir et revenir" de Prajwal Parajuly

Où se déroule le roman "Fuir et revenir" ?

En Assam
Au Sikkim
Au Darjeeling
Au Meghalaya

13 questions
1 lecteurs ont répondu
Thème : Fuir et Revenir de Prajwal ParajulyCréer un quiz sur ce livre