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ISBN : 2266247549
Éditeur : Pocket (07/01/2016)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Jour de l’Épiphanie, rue Pareille, à Lyon. La vieille Elisa, émigrée italienne, erre entre les rayons du supermarché, Élisée épie sa voisine depuis la fenêtre, Angèle cherche à vendre des forfaits téléphoniques, Violette souffre d’exclusion à l’école, tandis que Jean-Albert procède à des licenciements. Vies fragmentées, parallèles, que rassemble dans son regard d’artiste Susanna, originaire elle aussi de cette rue Pareille qui fait songer à la rue Vilin de Georges P... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Sando
  08 juin 2015
Rue Pareille, à Lyon, les habitants du quartier se débattent dans une vie qui les étouffe, les isole, les oppresse, sous le regard acéré, mais aussi bienveillant de Susanna, une artiste originaire de la même rue. Fragments de vie pleins de mélancolie, morcelés par le temps mais liés par un même lieu, on fait connaissance, petit à petit, avec ces habitants, comme dans une vidéo qui commencerait par un plan rapproché pour finalement s'élargir progressivement et offrir une vue d'ensemble sur une séquence qui prendrait alors toute son ampleur. Elisa, Elisée, Angèle, Violette ou encore Jean-Albert sont tour à tour acteurs, puis figurants de cette jolie tranche de vie.

Avec ce premier roman, plein de finesse et de délicatesse, Dominique Paravel crée un lien subtil et ténu entre quelques habitants vivant dans le même environnement sans réellement se côtoyer. le lecteur se retrouve dans la position de spectateur et observe, silencieux, la scène de la vie quotidienne qui se joue sous ses yeux, faisant le lien au fur et à mesure entre chacun. Une envie persiste une fois la lecture achevée, celle de tout reprendre depuis le début afin de raccorder toutes les ficelles et de renouer les liens. Un joli exercice de style !
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TRIEB
  13 juin 2013
Peut-on manier l'humour, de préférence grinçant, et s'essayer à la satire sociale et à la peinture des travers de nos contemporains ?
C'est à ce piège qu'échappe Dominique Paravel, qui signe son premier roman Uniques. le roman, divisé en trois parties, met en scène des personnages souffrant souvent de solitude, de mal-être au travail, de déclassement social. On trouve ainsi dans cette galerie de portraits Angèle vouée à la vente de forfaits téléphoniques et subissant à ce titre les affres du management moderne, la déshumanisation du monde du travail. Jean-Albert, pour sa part, est contraint de justifier l'injustifiable : des licenciements boursiers censés booster les revenus des actionnaires.
Dans la seconde partie, c'est la vie d'une artiste qui est décrite : ses rencontres à Lyon et à Paris, ses déceptions, ses conflits familiaux, ses réflexions sur le statut de la femme : « Déjà s'insinue en moi le goût de la terre. le corps des femmes est un capital qu'il faut entretenir sans relâche .Les vieilles camouflent leur chair flaccide sous des habits de jeunesse(…) Tôt ou tard, pourtant, elles finissent par abdiquer et apparaissent dans toute leur beauté indigne, bonnes à vivre, enfin. »
Il y a aussi, dans ce chapitre, toute une dénonciation de la situation de l'art contemporain, de l'artiste comme voie et moyen d'une médiatisation, d'une récupération. La confusion entretenue par certains milieux entre la culture et l'art est très pertinemment dénoncée ainsi qu'une certaine marchandisation de l'art .Le mécène auquel à affaire notre artiste s'appelle Paul Finault. (François Pinault ?)
Un des passages les plus cocasses de ce roman est celui durant lequel l'artiste, invitée au vernissage d'une exposition : « L'arrivée soudaine de ma galeriste, à peine descendue du train de Paris, change brutalement la configuration spatiale et sociale de la soirée. (…) Un à un, les critiques, commissaires d'exposition, élus locaux, viennent m'offrir leurs félicitations et propositions. (…) J'accueille, hébétée, le miracle. »
La troisième partie de ce roman est composée de différents portraits, d'arrêts sur image sur le monde social, sur l'histoire du salariat. Cette évocation ne tourne jamais à la démonstration, elle est toujours empreinte d'ironie, d'humour, de retenue. L'écriture du roman est dépouillée, le style direct, simple .L'ambiance générale de ce roman nous emporte ; elle nous séduit assez pour prédire à ce premier roman un parcours plus qu'honorable.
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SophieLesBasBleus
  14 mars 2016
Après avoir tellement aimé "Giratoire", il me fallait absolument me replonger dans l'univers et l'écriture de Dominique Paravel. Mais - petite inquiétude de lectrice - et si j'étais déçue par "Uniques", le premier roman qu'elle a écrit ?
Que non ! Mais alors que mille fois non !
J'ai eu la confirmation du talent de Dominique Paravel, ce talent si rare de pouvoir donner chair et sens à des formes littéraires inhabituelles et audacieuses qui mettent à la lumière des déchirures intimes, sociales, universelles que l'on choisit souvent de laisser dans l'ombre pour plus de confort.
Dans "Uniques", l'éclatement des faits et le nombre des personnages forment contraste avec l'unité de temps, le jour de l'Epiphanie, et de lieu, la rue Pareille à Lyon. Ce jour-là on se promène dans cette rue à nulle autre Pareille et pareille à tant d'autres et l'on y rencontre une vieille dame qui compte les quelques sous qui lui restent pour finir le mois, une jeune femme épuisée de l'inanité de son travail de démarchage téléphonique, une adolescente qui ne veut pas se savoir pauvre. On y croise Elisa, Violette, Jean-Albert, Elisée, Jani... toute une humanité réunie sous notre regard et sous celui de Susanna, l'artiste revenue pour un temps dans cette rue où, enfant, elle a vécu. C'est elle qui par son oeuvre provoque l'épiphanie, cette "prise de conscience soudaine et lumineuse" des solitudes et des détresses portées par ceux qui passent et s'arrêtent parfois sur ces trottoirs, devant nos yeux.
La force de l'écriture donne chair, sang et larmes à chacun de ces personnages dans des scènes réalistes ou oniriques. La construction joue des points de vue comme avec un tableau que l'on regarderait de tout près, détail après détail avant de les structurer tous ensemble dans une image entière que l'on complète enfin en y insérant la profondeur de champ du réel.
C'est un livre qui affûte le regard et l'esprit et qu'on lit la gorge serrée. Un livre remarquable !
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kathel
  02 novembre 2013
C'est le type même de roman qui enthousiasme sur le moment, par sa forme originale… mais avec un peu de recul, je me demande ce que j'en ai retiré, ce qu'il me reste de cette lecture. Alors qu'il commençait bien, avec les habitants d'une rue tour à tour évoqués, la suite a été un peu plus confuse, avec des réflexions sur les raisons des licenciements économiques, sur l'art contemporain, sur l'exclusion… Pas inintéressant, mais pas un chef-d'oeuvre non plus.
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PinkCatReading
  02 mars 2017
La rue Pareille, entre Rhône et Saône, est une petite rue du quartier Saint Vincent à Lyon qui commence rue De La Martinière et se termine rue Bouteille. C'est une rue courte et large, flanquée d'immeubles 1900. Elle est à proximité de l'Ecole Doisneau et possède aussi deux arches de pierre et une belle montée d'escaliers. Voici ce que nous dit le site "Rue de Lyon". La rue Pareille est un carrefour (oui, étrange pour une rue) où les gens se croisent, où leur vie commence ou prend fin. Elle est le lien ténu entre ses habitants qui y vivent ou y ont vécu et qui, s'ils ne se rencontrent pas vraiment, ont tous en commun une vie étouffante, pesante, solitaire, dure. Ils vivent dans un contexte économique et social difficile où règne les apparences et le profit. Une société qui a perdu de vue l'humain. Voici ce que nous dit Dominique Paravel.
Ce court roman se découpe en trois parties qui vont du particulier à une vue d'ensemble sur la société. Je n'ai pas trop aimé cette approche qui m'a donné une impression de précision puis de confusion et c'est déstabilisant ! Sont abordés : la déshumanisation dans le monde du travail, l'art contemporain et la marchandisation de l'art et enfin l'histoire du salariat.
Il y a ici toute une galerie de personnages et de tranches de vie, un constat amer de l'évolution d'un quartier et de l'évolution sociale en générale. Malgré la brièveté de ce roman, les personnages multiples sont assez bien développés et je me suis prise au jeu de les retrouver tout au long de l'histoire, qu'ils soient au premier plan du récit ou qu'un autre personnage les croise brièvement dans la rue.
Malgré un joli exercice de style, une forme originale, une écriture parfaitement équilibrée et le fait que l'histoire se passe dans ma ville chérie, je n'ai pas du tout accroché. Je me suis retrouvée en lectrice - spectatrice qui observe des scènes de vie du quotidien, qui plus est franchement pas gai! Je me suis ennuyée et mon imaginaire et mon optimisme n'avait pas leur place ici...
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critiques presse (1)
Actualitte   07 octobre 2014
Ce n'est pas désagréable. C'est plutôt bien écrit. Mais cela m'a paru un peu superficiel et manquer de fond, excepté, bien sûr, la Rue Pareille, tellement présente. Je ne sais pas où l'auteur voulait nous emmener. Je ne suis pas certain qu'elle le savait elle-même en dehors de cette narration de bribes de vies.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
kathelkathel   14 octobre 2013
Sur quelques mètres le long de la rue Pareille elle traîne son chariot écossais, trop de pas à faire, de mètres à franchir, trop de ciel lourd à porter. Cette vieillesse affreuse m’empèse le cœur. Elle se laisse tomber sur un banc. Je vais rester là et attendre la neige. Sur la première neige du matin toutes les images de ma vie s’inscriront. Dans le ventre de ma mère il y avait des images, déjà, alors que je n’avais encore rien vécu. J’étais aveugle et je rêvais, quels souvenirs, de quel rêve, me parvenaient de la chair obscure de ma mère ? J’emporterai avec moi une seule de ces images, froissée, décolorée par le temps, jamais oubliée, je suis de plus en plus petite, si petite maintenant que maman me reprend tout entière dans son ventre.
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OreaneOreane   23 août 2013
Son âme ne possède désormais plus de canaux de réciprocité. Voilà pourquoi il exécute sans faillir le travail qui lui est demandé. Remplir et vider les rayons du supermarché de l'emploi, recruter, évaluer, licencier le matériau humain, ce morne agrégat de chair fatiguée et d'émotions vulgaires. Sous la nappe en plastique transparent qui couvrait la table du restaurant, des CV de demandeurs d'emploi avaient été glissés. Une initiative du restaurateur, encouragée vivement par la direction de Rodolpa. Tout en mastiquant le fade coquelet, il a lu la vie résumée d'une jeune femme, vingt-six ans, deux ans d'études au Conservatoire, cherche emploi de standardiste. Belle voix, diction parfaite. Le visage est très beau, mais fragile et las, dissuasif. Un produit qui ne trouvera pas preneur. Une petite marchande d'allumettes qui finira gelée sur le trottoir.
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TRIEBTRIEB   13 juin 2013
Tôt ou tard, Déjà s’insinue en moi le goût de la terre. Le corps des femmes est un capital qu’il faut entretenir sans relâche .Les vieilles camouflent leur chair flaccide sous des habits de jeunesse(…) pourtant, elles finissent par abdiquer et apparaissent dans toute leur beauté indigne, bonnes à vivre, enfin
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IsayaIsaya   30 juin 2013
Elle est partie. Il l'a quittée. La phrase exacte importe peu, les corps des amants ont cessé de s'épouser, les routes si peu s'unissent, ce ne sont qu'embranchements et carrefours, imprévus, inévitables, ta peau se sépare de la mienne et n'y laisse aucune trace, quelle était son odeur, je ne sais déjà plus.
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ZalvecZalvec   23 janvier 2016
Appelle-moi. A quelle distance es-tu, dans quel monde, quelle page de la vie faut-il tourner pour te trouver ?
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Videos de Dominique Paravel (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Paravel
Dominique Paravel : "Les personnages sont le premier matériau de mes textes" .Pour la rentrée littéraire de septembre 2013 Dominique Paravel a publié son premier roman Uniques (éd. Serge Safran). Plusieurs personnages qui cohabitent dans la rue Pareil à Lyon, se croisent et se recroisent au fil du récit. Dominique Paravel nous explique comment elle a construit les personnages de son roman
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