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Critique de Krout


Krout
  15 février 2018
Ce que j'aime avant tout dans les masses critiques organisées par Babelio (que je remercie au passage ainsi que tous les éditeurs qui y participent) c'est la part de rêve au moment du choix et plus encore l'opportunité de découvrir de nouveaux coins dans son propre jardin secret intérieur, petits endroits magiques qui seraient autrement restés inexplorés. Aussi en janvier avais-je coché trois livres d'auteurs coréens, non pas à cause des jeux olympiques mais plutôt par le souvenir très poétique de L'impossible conte de fées si bien écrit par Yu-joo Han. Un trouble rare demandant une attention soutenue et l'acceptation de se laisser emporter vers l'inconnu. Pub : https://www.babelio.com/livres/Han-Un-impossible-conte-de-fees/935741
Enfin la Corée une évidence suite au contexte géopolitique non pour juger, non pour comprendre, pour ... approcher.

De morte : je ne l'ai pas compris, je n'en ai pas les bases mais je l'ai approché, oui, un peu, oui. La traversée fut longue, quarante jours dans le désert, oui, exigeante, oui, déroutante, oui. J't jure quand t'as rie put'accrocher, pas d'Tao, pas d'Bouddha, pas d'maîtresse-nonne pou't défouler. Putain te commence à t'figurer enfin que 69 est le symbole du Yin et du Yang : découverte !!! Enfin, respirer... l'écriture est dérangeante par moments, par d'autres éblouissante. Je ne connais rien au Bouddhisme et donc je vois des symboles passer, des références : elles sont belles, je ne les comprends pas. (Une pensée pour mon ami Bernacho que je ne croise plus ici, lui peut-être ? C'est-il métamorphosé ?) Elles sont riches, elles me soufflent de ces choses métaphysiques, oui, je les ressens. je les ressens...

"Les étoiles semblaient bien plus profondes que le plein jour comme si cela dépendait de leur sagesse, et elles scintillaient à intervalles réguliers dans le ciel bien sombre. Toutefois, quand bien même les rayons du soleil seraient ne serait-ce qu'un peu similaires, ces myriades d'éclats de sagesse perdraient forme telle des âmes en partance pour l'au-delà, et tout bien considéré le soleil expulse tout pour prendre possession du ciel, et ce n'est pas pour apporter la paix qu'il se lève, mais pour apporter l'épée. Le soleil, par conséquent, n'est probablement pas une métaphore appropriée pour la sagesse." p.437

Je me rapproche, je me rapproche...
"D'un côté on s'efforce par tous les moyens d'incarner une ""force magique invisible", et de l'autre, on entend nier jusqu'à l'existence même de cette racine après l'avoir démolie par tous les moyens. D'un côté on cherche la plénitude, et de l'autre on veut parvenir au vide. Cela semble difficile à comprendre. Mais si l'on regarde le soleil, il vide le ciel en le remplissant, et en évidant le ciel, il le remplit à ras bord." p.440

Park Sang-Ryung et son traducteur Simon Kim en collaboration avec Choi Yun-ju font preuve d'un remarquable travail stylistique. Un travail sur la langue au point que le héros, moine errant en pénitence à la foi criminel et son propre policier, finira par se la couper. J'ai beaucoup aimé l'ironie utilisée à bon escient, les métaphores que j'adore. Mais bien d'autres procédés donnent une ambiance toute à fait particulière à ce long roman où je me suis souvent perdu dans les brumes et la bruine de Yuri. Pour finir dans la canopée écoutant un autre chant du corbeau d'Egar Allan Poe que Nevermore.

Alors voici ce que j'y ai pêché dans cette steppe immense :
"Là-dessus, je commençai enfin à savoir que telle était la vie. Un poisson nageant dans l'océan de la mort." p.179
Métaphysique, oui ?
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