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Critique de kedrik


kedrik
  07 septembre 2011
Quel dommage. Les couleurs de l'acier débutait pourtant si bien. le roman raconte les tribulations d'un avocat répondant au nom de Loredan qui, loi oblige, fait ses plaidoiries en se battant à l'épée contre l'avocat adverse, le plus souvent à mort. Bon, c'est rigolo comme idée, mais un système de justice aussi mortel est quand même assez débile à mettre en place. Enfin, ça permet de placer quelques scènes de duel. Et donc notre avocat décide de prendre sa retraite car il sent bien que sa profession ne produit pas beaucoup de retraités. Il devient alors professeur d'escrime pour former les prochaines générations d'avocats. Sauf que la cité dans laquelle il exerce est soudainement menacée par une invasion de barbares des plaines. Aussi les notables décident de placer notre ex-avocat à la tête de la défense militaire de la cité car il est en fait l'un des derniers survivants d'une bataille qui a autrefois opposé les barbares avec l'armée qui défendait la cité. Et donc, paf, combat.

Pour complexifier l'affaire, il existe plusieurs sous-intrigues qui, à grands coups de hasard bien pratique pour l'auteur, viennent délayer le propos. Une histoire de vengeance, des magiciens invoquant des malédictions, une touriste qui possède des dons magiques hors norme... Et immanquablement quand on veut absolument pondre un volume de plus de 600 pages, l'intrigue finit par trainer en longueur pour cause de digressions. Les magiciens incompétents ont beau être aussi drôles que leurs homologues de chez Jack Vance, le bouquin patine dans la choucroute. Surtout que le héros est sympathique avec son mauvais caractère, mais le reste de la galerie de personnages n'est pas aussi réussie. En particulier le chef des barbares qui, après avoir passé quelques temps dans la cité pour étudier les défenses en place, rentre dans sa tribu pour apprendre sur le pouce à ses collègues comment construire 300 catapultes. Ben voyons, mon colon. du coup, l'invasion barbare est aussi crédible que les promesses d'un programme électoral, ce qui n'aide pas à avancer dans la lecture.

Il m'aurait été facile d'invoquer Bob et d'aligner quelques bons mots pour descendre ce livre en flammes. Sauf que K. J. Parker a un réel talent pour foutre de multiples détails techniques dans son histoire. Elle explique comment sont forgées les épées, ce qu'utilisent les tanneurs pour obtenir telle teinte, quel bois est utilisé pour sculpter des flêches... C'est très efficace pour donner du corps à l'univers. On sent que cette femme est une "gosseuse de patente" (comme disent les Québécois), c'est à dire une bricoleuse éclairée. Son écriture respire l'artisanat, et c'est bon. Mais comme elle ne maîtrise pas son réçit, ses bonnes idées ne font pas long feu et la narration s'écroule sous son propre poids. Autre petit détail qui m'a agacé : elle utilise à un moment le mot "marketing" pour deviser sur le commerce local. Pour moi, ça brise autant la fameuse "suspension of disbelief" que si elle avait appelé un de ses personnages Lolo Ferrari.

Les couleurs de l'acier n'est que le premier volume d'une trilogie. Déjà que c'est étouffe-chrétien comme roman, je ne vais certainement pas m'enfiler encore 1300 pages pour avoir le fin mot de l'histoire. D'autant que je n'ai pas l'impression que l'auteur sache où elle va. L'humour dont elle saupoudre son histoire ne rend malheureusement pas le bouquin assez digeste. C'est rageant, les 100 premières pages du roman m'avaient pourtant fait saliver.
Lien : http://hu-mu.blogspot.com/20..
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