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Critique de Madamedub


Madamedub
  23 juillet 2011
Trois amis s'apprêtent à honorer un terrible serment. Un homme sent naître en lui une pulsion inédite. Une femme marche d'un pas décidé vers le coin de trottoir ou elle attendra ses clients. Trois adolescents ivres partent à la recherche de nouvelles sensations. Un habitué d'une boite de nuit contemple la danseuse que tous convoitent. Un amant éconduit cherche de la compagnie dans un bar. Un vieillard défiguré raconte sa triste histoire à un jeune homme. Un employé de banque et son patron rentrent tard sur une nationale mal éclairée. Un criminel pressent que justice sera faite d'une manière ou d'une autre… La nuit est en train de tomber sur un des pays les plus dangereux du monde, et ce soir, vous, lecteur, serez au mauvais endroit, au mauvais moment.
Telle est la promesse des Limites de la nuit. Principal décor de toutes ces histoires, la Nuit crée un monde sans ciel étrangement semblable au notre. La noirceur n'y est fendue que par les éclairs, par la lumière sale des phares des voitures qui roulent trop vite ou encore les faisceaux meurtriers des projecteurs de la migra, la police des frontières américaine, chargée de tirer à vue sur ceux qui voudraient goûter au paradis gringo. Les neuf nuits que Parra vous invite à vivre sont autant de malédictions, dont les victimes devront endurer la solitude et le désespoir si elles vivent assez pour voir le matin.
Eduardo Antonio Parra donne à la Nuit le pouvoir de démasquer l'Humanité et de révéler sa nature monstrueuse. Il décrit une faune dégoûtante et absurde de proies et de prédateurs qui se chassent, se violent et se tuent sans pitié. Mais l'auteur permet à ses personnages de rester humains : il prend soin de faire le lien entre ces créatures amorales, criminelles, et les hommes et femmes qu'ils étaient, avant les ténèbres. On se sent curieusement, anormalement proche d'eux. Perra crée des coupables qu'on ne peut pas juger.

En inventoriant toutes ces déchéances, cet ouvrage a quelque chose de l'exercice de style. On se demande parfois si ce n'est pas le genre de recueil qu'on prend plus de plaisir à écrire qu'à lire. du monologue verbeux à l'apostrophe lapidaire, l'auteur joue d'un style tantôt factuel, tantôt poétique. Malgré quelques artifices, il garde toujours assez de réalisme pour conserver cette brutalité qui manque parfois au glamour vénéneux des films noirs. Quoi qu'il en soit, la variété des thèmes et des narrations en font un de ces livres où chacun trouve finalement quelque chose à apprécier.
JG
Lien : http://madamedub.com/WordPre..
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