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EAN : 9782355847967
528 pages
Sonatine (06/02/2020)
3.78/5   90 notes
Résumé :
Tokyo – l’enfer du décor.
L'histoire vraie d'une jeune femme disparue dans les rues de Tokyo et du démon qui l'a engloutie.
Lucie Blackman est grande, blonde et sévèrement endettée. En 2000, l’été de ses 21 ans, cette jeune Anglaise travaille dans un bar à hôtesses de Roppongi – quartier chaud de Tokyo – lorsqu’elle disparaît sans laisser de traces. Ses parents lancent alors une vaste campagne de mobilisation pour la retrouver. L’enquête des autorités ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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sur 90 notes
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Sylviegeo
  02 novembre 2021
Mitigée. Je ne sais trop quel ressenti éprouvé après cette lecture. le titre est très clair: Enquête sur la disparue de Tokyo. Alors oui c'est exactement une enquête, celle du journaliste Richard Lloyd Parry qui a tout mon respect. Car quel travail il a effectué. Colossal. Il a tout fouillé, tout lu, parlé à tout le monde et c'est presque le verbatim de ces rencontres, ces discussions et ces lectures que nous retrouvons dans ce titre. Ce qui le rend un brin poussif. Par contre, ce que j'ai trouvé captivant ce sont les descriptions et les explications sur Tokyo, ses bars à hôtesses, sur le service de police, sur les procédures judiciaires, sur les tribunaux. On nous fait un peu de l'histoire des relations du Japon avec les pays l'entourant. Immensément instructif. Une jeune britannique, hôtesse dans un bar de Tokyo disparait et l'auteur expose tout ce qu'une famille défaite a dû faire pour avoir des réponses et oh combien furent grand les ravages subis par les proches de la disparue. On ne peut même pas imaginer...Alors oui, ce côté du titre était intéressant mais je crois que l'auteur aurait pu ramasser quelque peu son propos et cela n'aurait rien enlevé à la compréhension.
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Bazart
  05 mars 2020

Lucie Blackman disparaît le premier juillet 2000, elle allait avoir 22 ans et vivait depuis quelques mois à Tokyo. La jeune femme qui travaillait dans un bar à hôtesses connaitra une fin épouvantable. A cette époque Richard Lloyd Parry est correspondant pour un quotidien britannique dans la capitale japonaise. Il va couvrir ce fait divers durant tout le déroulement de l' enquête.
Dans ce pays exotique, si loin de notre culture occidentale, la famille de Lucie se retrouve confrontée à l' inertie de la police et au mépris affiché pour la disparue, une simple entraîneuse de bar.
Plus tard, les parents de la jeune femme seront complètement déconcertés par le déroulement du procès et par la personnalité du meurtrier.
Arrivé rapidement au Japon, Tim, le père de Lucie, mediatise les recherches de sa fille, c' est à cette occasion que le journaliste fera la connaissance de toute la famille Blackman.
Cette proximité et cette intimité dans le déroulement des recherches vont finalement obséder Lloyd Parry. Il enquête, Il questionne, Il recoupe les informations et les témoignages durant des années en suivant toutes les étapes du procès accumulant ainsi une somme impressionnante de documents.
" Dévorer les ténèbres, enquête sur la disparue de Tokyo" constitue en effet la synthèse éblouissante de ce travail.
Formidable et tragique plongée dans la vie tokyoïte, étude des us et coutumes de Rappongi Hills le quartier chaud de la capitale japonaise et description méthodique du fonctionnement de la police et de la justice japonaise.
En reprenant cette enquête, Richard Lloyd Parry nous offre un étonnant document sur le "Japan Way of Life", mais il écrit aussi une triste saga familiale, un thriller angoissant et un reportage à l'anglo-saxon précis détaillé et l'ensemble s'avère être absolument passionnant.
Véritable travail de recherche anthropologique et littéraire, " Dévorer les ténèbres" se dévore comme un page-turner particulièrement addictif.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Stelphique
  26 février 2020
Ce que j'ai ressenti:
▪️Tokyo et ses mystères…
Ce que j'ai aimé avant tout, c'est cette visite inédite de Tokyo, avec tout ce qui en fait son charme mais aussi, toute sa partie sombre. C'est une ville fascinante à bien des égards, et ses habitants ont une culture tellement différente de la nôtre, que c'est intéressant de découvrir les comportements, les us et les coutumes de ces hommes et femmes à l'autre bout de la planète. Nous en apprenons beaucoup sur les mentalités et j'ai apprécié de connaître un peu mieux leur histoire, les conflits qui les opposent aux coréens, et être plongé dans leurs réalités. Sentir l'odeur et l'ambiance de la ville. S'immiscer dans leurs quotidiens pour mieux comprendre. Dans cette recherche de vérité, on se retrouve au coeur d'un quartier chaud de la ville, Roppongi, où il ne fait pas bon s'égarer dans ses ruelles, et ça, la jeune Lucie Blackman va l'apprendre à ses dépens…C'est elle, la disparue de Tokyo sur laquelle Richard Lloyd Parry, va mener l'enquête. Parce qu'elle s'est évaporée un peu trop facilement de la surface de la terre, un peu trop mystérieusement pour pas éveiller l'intérêt d'une grande majorité, un peu trop tragiquement pour laisser indifférent ce journaliste. C'est une histoire vraie. Et nous allons voir ce qui se cache derrière le titre Dévorer les ténèbres…À quel point, il prend tout son sens…Je vous préviens de suite, on en ressort pas tout à fait indemne…
"Roppongi émerge de son sommeil de vampire. Dès le milieu de la soirée, tout s'est transformé- le son, l'odeur, le regard, le toucher."
▪️Une enquête passionnante et hors norme.
C'est une lecture difficile et pourtant, très intéressante dans son approche. Sincèrement, je suis très sensible et plonger dans une histoire aussi sordide, ça laisse des traces, mais c'est aussi une enquête minutieuse menée par un journaliste investi qui va au-delà de l'aspect professionnel. Il s'efforce de reprendre le contexte personnel et familial, les circonstances du drame, les répercussions sur les médias, les failles judiciaires, et c'est ça qui est louable dans son intention, c'est d'être le plus objectif possible pour lever le voile sur cette disparition terrible. Dans ce livre, on a cette jeune fille, Lucie Blackman, belle et lumineuse mais qui nous livre dans ses derniers mots, un mal-être évident à se retrouver ainsi dans une « baraque de merde ». On ressent dans son journal intime, une détresse émotionnelle qui m'a fait mal de lire, sans compter qu'elle exerce un boulot d'hôtesse qui n'a pas l'air de lui convenir totalement. Ensuite, il y a cette famille éplorée qui va exploser sous nos yeux. Et puis, tout le contexte de l'enquête et du procès qui m'a hérissé les poils plus d'une fois…Bref, non seulement c'est dense, parce que l'auteur ne nous épargne aucun détail mais en plus, c'est assez difficile à lire tellement on va s'approcher au plus près de la noirceur. Et c'est cela, qui a mon avis, fait tout l'intérêt de cette lecture, c'est de vivre, presque en temps réel, au coeur de ce drame.
"C'est ça, le pire: ne pas savoir. Ne pas savoir quelle émotion ressentir. Tu as tellement d'émotions en toi-tu dois en choisir une."
▪️Au revoir, Lucie Blackman
Je pense que cette histoire va encore me hanter pendant très longtemps. Elle a de quoi réveiller nos plus grandes peurs. Les ténèbres ont ce pouvoir effrayant, elles peuvent te rester en mémoire un certain temps et obscurcir ta vision du monde. Et c'est parce que ce drame est bien réel que l'impact sur nous lecteurs, est d'autant plus grand. Pour autant, je recommande cette lecture avec certes une réserve pour les âmes sensibles, mais elle me semble nécessaire. Pour qu'il n'y ait plus de disparues, pour qu'on connaisse mieux les démons qui peuplent notre monde, pour ne pas oublier. Repose en paix, Lucie, c'est ma seule prière: envole-toi loin de ce monde maintenant…
"Où allions-nous la trouver désormais, notre prochaine petite lueur d'espoir?"

Ma note Plaisir de Lecture 8/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Milllie
  25 avril 2020
Après avoir repéré ce livre dans une Masse Critique (où je ne l'ai pas gagné) et avoir craqué en l'achetant chez mon libraire, c'est une lecture que j'attendais d'attaquer avec impatience car le sujet m'intéressait et le travail journalistique fait par l'auteur semblait prometteur. Hélas, c'est finalement une lecture qui m'a parue bien poussive, à laquelle j'ai du m'accrocher pour arriver au bout et dont je sors déçue.
L'auteur enquête autour de la disparition mystérieuse de Lucie Blackman, une jeune anglais de 21 ans partie s'exiler à Tokyo un peu au hasard pour suivre une amie et gagnant sa vie en exerçant le métier ambigu d'hôtesse dans un bar. La 4e de couverture semblait promettre une enquête fouillée sur la complexité de la société japonaise, l'industrie des bars à hôtesses, le fonctionnement de la justice et les bas fonds de Tokyo. J'ai trouvé qu'en réalité ce livre ne nous apprenait pas tant de choses que ça, le rythme est très lent, le journaliste rapporte le moindre détail de l'enquête y compris certains qui n'apportent pas grand chose au récit.
Les premiers chapitres retraçant l'histoire familiale de Lucie m'ont paru très longuets, l'auteur y détaille tout son passé, y compris le divorce de ses parents, sa vie en tant qu'adolescente, ses ex petits amis... certes cela permet sans doute de mieux comprendre cette jeune fille et les raisons de sa venue au Japon mais je pense qu'on aurait pu faire plus synthétique.
La partie sur les bars à hôtesses et l'industrie du sexe et ses multiples variantes au Japon m'a par contre paru très intéressante : l'enquête est très fouillée, l'auteur nous donne à voir les multiples facettes des nuits de Tokyo avec de nombreuses clés sur la culture japonaise et sans jamais juger.
A l'inverse, sa critique implicite de l'enquête et du fonctionnement de la justice japonaise m'a agacée : certes de multiples maladresses ont été commises pendant l'enquête, certes le meurtrier aurait sans doute pu être appréhendé beaucoup plus tôt, mais est-on vraiment sûr que d'autres pays auraient mieux géré cette affaire ? Ces chapitres m'ont paru être rédigés "à charge" sans pour autant nous donner vraiment des explications sur la différence de culture et d'histoire qui motivent ce fonctionnement de la justice (en résumé : au Japon, l'essentiel est que l'accusé avoue son crime, toute l'enquête vise donc à obtenir des aveux avant le procès). L'auteur insiste beaucoup sur ce qui lui semble être des fautes de la police, se montre très ironique et au final n'apporte pas vraiment d'éléments concrets laissant penser qu'il y a eu des complicités ou des fautes de la part de la police ou des juges.
Je crois que ce livre a aussi souffert pour moi de la comparaison avec le magnifique Laetitia de Ivan Jablonka que j'avais lu il y a quelques années. Ce dernier a si bien réussi au fil de son enquête à donner vie à Laëtitia, assassinée dans des circonstances atroces, et à enquêter en profondeur sur tout ce qui tournait autour de ce meurtre (environnement familial, enquête policière, fonctionnement de la justice...) que la comparaison que je n'ai pas pu m'empêcher de faire rend La disparue de Tokyo bien léger par comparaison.
Ce n'est donc pas un mauvais livre mais je suis restée clairement sur ma faim... et si vous n'avez qu'une enquête à lire concernant une disparition je vous conseillerai plutôt mille fois de lire Laëtitia, dont on ne ressort malheureusement pas indemne.
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Bigmammy
  20 août 2020
S'il n'y avait pas eu la très efficace traduction de Paul Simon Bouffartigue – claire, fluide, élégante sans aucun terme technique non expliqué - je pense que j'aurais abandonné cet ouvrage (trop noir, trop dense, trop cruel ...). Cependant, j'aurais eu tort.
Un premier avantage : jusqu'à l'année dernière, mon rêve le plus cher était de visiter le Japon, dont je suis fan depuis l'adolescence. Pour des raisons évidentes de santé, je savais que ce rêve resterait à jamais de l'ordre du regret. La lecture de ce récit m'en a délivrée. En réalité, nous les occidentaux, même ceux qui s'intéressent de près au pays du soleil levant, nous n'en percevons qu'un infime reflet.
Cette histoire somme toute classique de disparition d'une jeune Anglaise de bonne famille un peu fantasque, grande et blonde, partie avec une amie à Tokyo gagner de l'argent comme hôtesse de bar pour renflouer des dettes criantes, ne se déroule absolument pas comme on aurait pu le prévoir dans n'importe quel pays moderne.
L'enquête journalistique publiée en 2011 sous cette forme est d'une profondeur méthodique et exhaustive. du travail typiquement anglo-saxon, de la part d'un correspondant spécialiste de l'Asie, acharné à connaître la vérité sur l'Affaire Lucie Blackman, ne négligeant aucun élément de contexte pour la clarté du propos. Mais de ce fait, il arrive que le lecteur s'ennuie car la progression est lente, l'affaire ayant duré près d'une dizaine d'années.
Quelques découvertes : l'évolution de ce que fut la tradition du « Monde flottant » du temps des maîtres de l'estampe pour devenir le "commerce de l'eau" et la place dans la société des maisons de rendez-vous et de rencontres. C'est dans le quartier de Ropponji que se trouvent aujourd'hui les bars à hôtesses où, en fin de journée, les salarymen payent (souvent sur le compte de leur entreprise) pour une conversation avec de jolies femmes, et en particulier des occidentales, les convient à des déjeuners … mais rarement plus même si affinités. L'auteur rappelle que « Au Japon, l'histoire de la pratique consistant à rémunérer une compagnie féminine est aussi longue qu'empreinte de noblesse. »
L'auteur souligne toutefois que le taux de crimes violents est extrêmement bas au Japon. le sort réservé à Lucie est donc exceptionnel … et cet élément semble expliquer pourquoi la police n'a qu'une faible expérience de ce genre de crimes. La description des recherches menées pour retrouver la jeune femme, les incohérences des investigations et des recueils de témoignages, les délais de réaction de la police sont sans doute le fruit de cette carence.
Autre surprise : le sort de la communauté coréenne, le mépris qu'elle inspire au Japonais "de souche", le plafond de verre auquel les enfants de la troisième génération se heurtent pour évoluer dans la société niponne, leur ressentiment ...
Une confirmation après l'expérience vécue par Carlos Goshn, c'est qu'au Japon, arrêter un suspect fait de lui un condamné dans environ 99% des cas. Peu importe les preuves ou leur absence, on recherchera par tous les moyens à provoquer des aveux. le système judiciaire japonais n'a rien à voir avec le système anglo-saxon ou européen. Et c'est pourquoi les gardes-à-vue sont si longues, prolongeables à volonté en multipliant les chefs d'accusation jusqu'à ce que le suspect craque. Finalement, je comprends pourquoi le PDG de Renault a préféré prendre la tangente.
Dernière analyse absolument dramatique : ce que provoque l'assassinat d'une personne auprès de chacun des membres de sa famille. D'autant plus qu'ici, l'enquête puis le procès du prévenu ont duré une dizaine d'années. Explosion du couple parental, dépressions, tentatives de suicide … Rien n'aura été épargné aux proches de Lucie, pendant sa disparition après la découverte de son corps, pendant et après le procès et même après le verdict. Mais ceci n'est pas spécifique à la procédure japonaise.
Un livre à conseiller à tous ceux et surtout celles qui envisagent de partir faire un séjour pour travailler au Japon !
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critiques presse (1)
LePoint   21 février 2020
Le journaliste Richard Lloyd Parry met en doute la version officielle, tacle l'incompétence des autorités, nuance les larmes du père qui accepte un demi-million de livres sterling pour innocenter l'homme qui va se retrouver sur le banc des accusés… Son récit, époustouflant, file comme un roman, mais en pire, puisque tout est vrai.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   28 février 2020
" Le Japon était alors le pays paisible et sans histoire où je me reposais entre deux théâtres de guerre. Mais il m' était impossible d' oublier totalement Lucie Blackman et Joji Obara. Le procès se poursuivait doucement, au rythme d' une audience pat mois, et, dès que je le pouvais, j' allais moi-même au tribunal du district de Tokyo ou bien j' y envoyais un de mes assistants japonais qui revenait avec des pages remplies de notes aussi détaillées que déconcertantes. Difficile d' expliquer pourquoi cette histoire continuait à m' intéresser, deux ans après qu'Il avait commencé, le procès avait perdu pour la presse sa valeur en tant que sujet d' article. Mais quelque part, au plus profond de moi, elle continuait à me démanger, à me picoter et à me tarauder; le moustique continuait à bourdonnent à mon oreille."
+ Lire la suite
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BazartBazart   28 février 2020
"C'est le samedi après-midi que Lucie a quitté sa maison pour la dernière fois. C'est le lundi matin que Louise est allée voir la police et c'est le lundi après-midi qu'elle a reçu son mystérieux appel téléphonique. Mais c'est le lundi soir tard, soit plus de deux jours après la disparition de Lucie, que Louise s'est résolue à annoncer ce qui était arrivé à un membre de la famille Blackman. En Angleterre, c'était la fin de l'après-midi ; lorsque le téléphone sonna, Jane était chez elle, s'apprêtant à se rendre à la poste pour envoyer un colis rempli de douceurs à Tokyo. Lucie avait beau être arrivée saine et sauve au Japon, sa mère restait toujours aussi inquiète et inconsolable ; et cette nouvelle, la confirmation de toutes ses peurs, la précipita dans un cauchemar de souffrance, de panique et d'effroi. Sophie et Rupert furent convoqués dans la petite maison de Sevenoaks, Val et Samantha arrivèrent sur le champ et Jamie Gascoigne vint en voiture de Londres dès qu'il fut au courant."
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BazartBazart   05 mars 2020
Le Japon était alors le pays paisible et sans histoire où je me reposais entre deux théâtres de guerre. Mais il m' était impossible d' oublier totalement Lucie Blackman et Joji Obara.

Le procès se poursuivait doucement, au rythme d' une audience par mois, et, dès que je le pouvais, j' allais moi-même au tribunal du district de Tokyo ou bien j'y envoyais un de mes assistants japonais qui revenait avec des pages remplies de notes aussi détaillées que déconcertantes. Difficile d' expliquer pourquoi cette histoire continuait à m' intéresser, deux ans après qu'il avait commencé, le procès avait perdu pour la presse sa valeur en tant que sujet d' article.

Mais quelque part, au plus profond de moi, elle continuait à me démanger, à me picoter et à me tarauder; le moustique continuait à bourdonner à mon oreille.
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Amnezik666Amnezik666   21 avril 2020
L’idée qu’un criminel se montre fourbe, obstiné et menteur et qu’avoir affaire à ce genre d’individu était précisément le rôle de la police ne venait quasiment jamais à l’esprit des enquêteurs. Ils n’étaient pas incompétents, ils ne manquaient pas d’imagination, ils n’étaient ni paresseux ni complaisants – ils étaient simplement victimes d’un coup de malchance totalement inattendu : sur un million de criminels au Japon, il y en avait un de malhonnête, et c’est sur celui-ci qu’ils étaient tombés.
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Amnezik666Amnezik666   20 avril 2020
À la différence des tribunaux britanniques ou américains, où la seule exigence est de prouver les faits, les tribunaux japonais attachent une grande importance au mobile. Ce qui doit être prouvé devant la cour, ce sont le raisonnement et l’impulsion qui ont entraîné le crime ; ils constituent le facteur fondamental qui déterminera la peine d’un condamné. Le qui, le comment, le où et le quand ne suffisent pas : un juge japonais exige de savoir le pourquoi.
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