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ISBN : 1095718517
Éditeur : Agullo (17/01/2019)

Note moyenne : 4.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Traduit du polonais par Margot Carlier et Caroline Raszka-Dewez.

Dès 1970, la Stasi et les garde-frontières bulgares montent une opération pour arrêter tous ceux qui tentent de fuir le bloc communiste. Opération qui sert également à assassiner des opposants politiques au régime...
En 2011, dans un immeuble abandonné de Berlin squatté par des Roms, on retrouve le cadavre atrocement mutilé de Frank Derbach, employé aux archives de la Stasi.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
monromannoir
  24 février 2019
Service de presse.
Interroger l'histoire pour en retracer les contours sous la forme d'un roman noir afin de nous permettre d'appréhender, à hauteur d'homme, la perception que l'on peut avoir des événements historiques qui ont marqué un pays tout en aiguisant notre curiosité. Interroger l'histoire, c'est également l'occasion de faire en sorte de se remémorer les scories d'époques révolues qui paraissent si lointaines à un point tel qu'on en oublie les enseignements que l'on a pu en tirer à l'instar de ce mur de Berlin dont l'effondrement survenu il y a de cela presque trente ans, fait cruellement écho à cette velléité d'en ériger un nouveau, dans une autre contrée du monde. Des raisons idéologiques d'autrefois aux préoccupations économiques d'aujourd'hui, rien ne change puisque les victimes tentant de franchir cet obstacle sont sacrifiées au nom de volontés politiques complètement absurdes comme l'a évoqué Magdalena Parys avec 188 Mètres Sous Berlin (Agullo 2017) en mettant en lumière les enjeux stratégiques et les manipulations des différents services secrets des deux blocs séparant le monde et plus particulièrement l'Europe. Mais il n'existe pas de mur sans gardien et Magdalena Parys consacre son second roman, intitulé le Magicien, aux opérations secrètes misent en place par les membres de la police politique de la Stasi contribuant au bon fonctionnement de la surveillance du rideau de fer avec pour conséquence l‘incarcération ou la disparition pure et simple de plusieurs milliers de citoyens tentant de fuir le régime communiste.
En 2011, du côté Sofia, personne ne connaît les circonstances exactes de l'assassinat de Gerhard Samuel, photoreporter, qui enquêtait sur un ami disparu en 1980 à la frontière bulgare. Peut-être s'agit-il des mêmes personnes qui ne souhaitent pas que l'on fasse la lumière sur l'exécution des frères Seidel essayant de fuir le régime communiste de l'époque. Leur père, Burkhard Seidel en est persuadé, car depuis la mort de ses enfant, il n'a eu cesse de vouloir traduire les commanditaires politiques en justice en récoltant une impressionnante masse de documents et de photographies qui alimentent désormais son musée à la mémoire des victimes disparues en tentant de fuir les pays du bloc de l'est. Plus inquiétant encore, le corps de son principal pourvoyeur, Frank Derbach, est retrouvé sauvagement mutilé dans un immeuble abandonné à Berlin. Arrivé sur place, le commissaire Kowalski est rapidement écarté de cette enquête jugée bien trop sensible. Néanmoins, le policier tenace va poursuivre ses investigations en comptant sur l'aide de la belle fille de Gerhard, une journaliste désireuse de faire toute la lumière sur des événements douloureux de son passé. Ancien haut gradé de la Stasi et désormais politicien bien en vue, Christian Schlangenberger est également inquiet depuis qu'un expéditeur anonyme lui fait parvenir des photos où on le voit exécuter un opposant politique dans le cadre de l'opération secrète « le Magicien » visant à éliminer les dissidents du régime communiste.
Vengeance et culpabilité, sur fond de chantages et d'intimidations, animent l'ensemble des personnages de cet impressionnant roman où la réalité des opérations secrètes de la Stasi s'entremêle à la fiction d'une intrigue policière plus surprenante qu'il n'y paraît. Car en dépit des apparences, le terrible meurtre de Frank Derbach va révéler en toute fin de récit d'autres éléments permettant d'entrevoir tout un pan de la pâle humanité de personnages finalement bien plus vulnérables qu'on ne le croit. Extrêmement fouillée et extrêmement dense l'étude de caractère des différents protagonistes permet également de distinguer les péripéties des événements historiques qui ont marqué les différentes nations évoquées, que ce soit l'Allemagne bien sûr, et plus particulièrement Berlin, mais également la Pologne avec les révoltes ouvrières de Solidarność et la Bulgarie dans une moindre de mesure, théâtre d'un grand nombre d'exécutions de dissidents. C'est donc sur cette trame habile que Magdalena Parys tisse une intrigue solide imprégnée d'un fond historique passionnant quant à son impact sur la kyrielle de personnages animant ce roman politique au sens littéral du terme, qui ne manquera pas d'interpeller le lecteur. On prendra également plaisir à superposer le parcours de l'auteure sur quelques uns des protagonistes du roman à l'instar de Dragiwa, journaliste polonaise résidant à Berlin tout comme Magdalena Parys ce qui confère au récit une sensation de réalisme encore bien plus bouleversant.
Mais outre l'intrigue et les personnages, on appréciera également l'atmosphère singulière émanant de ce roman complexe nous permettant de découvrir quelques lieux insolites et méconnus d'une ville de Berlin qui va se révéler toute aussi envoûtante que les protagonistes qui traversent le récit. Un immeuble décati du quartier populaire de Neukölln, squatté par la communauté Rom, abrite une scène de crime sordide tandis que l'appartement luxueux de la maîtresse de Christian Schlangenberger donne sur l'élégante Gendarmenplatz. L'opulent quartier de Zehlendorf abrite le somptueux restaurant Hertz situé au bord du lac Wannsee non loin de la villa du peintre Max Lieberman et de la villa Marlier où se déroula la conférence de Wannsee portant sur les modalités de la solution finale. Pourtant, loin d'être une espèce de catalogue touristique, ces lieux chargés d'histoire deviennent les décors pertinents de cette histoire alambiquée et originale à la fois, empruntant quelques tonalités mélancoliques en adoptant un rythme paisible qui pourra déconcerter les lecteurs en quête de récits trépidants.
Diatribe politique imprégnée d'une intrigue policière employant quelques éléments propres aux romans d'espionnage, le Magicien est un roman détonant qui s'emploie à dénoncer les exactions d'une effrayante institution policière dissoute en 1990 sans que leurs membres éminents ne soient réellement inquiétés puisque bon nombre d'entre eux détiennent, aujourd'hui encore, des responsabilités importantes au sein de l'appareil étatique allemand. Pertinent et édifiant.
Magdalena Parys : le Magicien (Magik). Editions Agullo 2019. Traduit du polonais par Magot Carlier et Caroline Raszka-Dewez.
A lire en écoutant : Debussy & Ravel : String Quartets interprétés par le Orlando Quartet. 1983 Universal International Music. B.V.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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EvadezMoi
  17 janvier 2019
J'avais découvert l'écriture de Magdalena Parys il y a un peu plus d'un an avec 188 mètres sous Berlin. http://www.evadez-moi.com/archives/2017/09/07/35653376.html
Elle nous amenait à l'époque où Berlin était encore coupée en deux par le Mur. Elle nous montrait l'autre côté, ses habitants, la vie derrière cette muraille.
J'avais beaucoup aimé.
Dans le Magicien, Magdalena Parys continue de parler de cet autre côté, un peu plus tard, avant la chute du Mur.
Elle nous explique ce qui s'est passé, notamment à la frontière Bulgare alors que des hommes tentaient de franchir cette ligne qui leur permettrait de rejoindre l'Ouest dans l'espoir d'une vie meilleure. C'était sans compter la répression… Elle nous montre combien le racisme et l'antisémitisme sont encore bien présents.
La Stasi était la police « politique » de la RDA (République Démocratique Allemande – ex-Allemagne de l'Est). Elle traquait tous ceux qu'elle jugeait comme opposants au régime, les intimidait, les emprisonnait et abattait tous ceux qui tentaient de fuir à l'Ouest. Elle était composée de policiers, d'anciens militaires nazis et d'informateurs (espions, délateurs, etc…)
Seul un grand homme est capable de convaincre et d'entraîner des foules entières derrière lui, quelqu'un d'authentique dans tout ce qu'il entreprend, de totalement dévoué. Mais seul un génie, dépourvu de toutes ces qualités, peut mentir de façon aussi persuasive.
A sa dissolution, ses archives furent récupérées en partie par la CIA.
Dans le Magicien, l'auteure nous présente un vieil homme, Siedel, dont les deux fils ont été abattus à la frontière bulgare alors qu'ils tentaient de passer à l'Ouest. Il a voué sa vie à constituer, lui aussi, des archives, sur tous les disparus à Sofia ou dans ses environs et dont la mort est imputée à Christian Schlangenberger.
Vers la fin des années soixante-dix, une série de disparitions avait ainsi été programmée. La procédure, toujours la même, s'inspirait des bonnes vieilles méthodes, maintes fois éprouvées. Elle s'appliqua à vingt-sept opposants tchèques, polonais et hongrois. […] Chaque opération était soigneusement planifiée et devait être menée à la perfection. Pas plus d'un « malheureux accident » par ville. Les témoins éventuels, extrêmement rares, étaient liquidés.
Cette fois encore, elle confie la tâche de nous raconter des faits réels au travers de personnages fictifs et d'une enquête policière et d'espionnage totalement maîtrisée avec une conclusion vraiment inattendue.
Une plume toujours aussi belle pour décrire des événements très sombres, des personnages poignants qui donnent corps et âme à ce roman, Magdalena Parys affirme ici un style plus affirmé avec des scènes assez violentes qui n'étaient pas forcément présentes dans son précédent roman.
Si j'avais aimé 188 mètres sous Berlin, l'auteure m'a définitivement conquise avec le Magicien. C'est un grand polar qui, en plus d'être énormément prenant, vous apprendra quelques détails de l'histoire européenne qu'on n'apprend pas dans les livres d'histoire.
Comme toujours, Agullo a su trouver un texte qui allie beauté des mots, intrigue passionnante et enseignements pour tous.

Lien : http://www.evadez-moi.com/ar..
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Garoupe
  16 janvier 2019
Agents troubles
Le passé et le présent d'une Allemagne aujourd'hui réunifée et jadis coupée en deux s'entrechoquent chez Magdalena Parys.
Deux groupes s'opposent. D'un côté, Christian Schlagenberger et sa clique vivent sous les feux des projecteurs politiques en cachant un passé d'assassins qui ont sévi sur les frontières de l'Est en supprimant des activistes de tous bords. de l'autre côté, Burkhard Seidel flanqué de Gerhard, photo-journaliste allemand qui a épousé la femme d'un homme abattu à la frontière bulgare par Schlagenberger. Au milieu, Dagmara Bosch, la fille adoptive de Gerhard, qui va enquêter avec un flic sur la disparition de son père mais aussi sur la mort suspecte de Gerhard.
A 30 ans d'intervalle, un groupe de personnes volontaires et insubmersibles va saper les fondations d'une ascension politique basée sur la falsification, le mensonge et le meurtre pour faire chuter un homme qui porte toutes les responsabilités des crimes perpétrés au nom d'une société, au nom d'une idéologie.
A travers son récit, Magdalena Parys souligne surtout que malgré les années qui passent les sociétés n'ont foncièrement pas changé. Les manipulations d'opinion ont toujours cours et il en va de même de tout ce qui concoure à mettre un couvercle hermétique sur un passé trouble et coupable. Mais comme souvent, les protagonistes oublient qu'à trop vouloir poser ce couvercle hermétique sur une casserole qui reste sur une plaque encore allumée, on transforme le tout en une cocotte qui finira par exploser en rattrapant, irrémédiablement, Schlagenberger et ses acolytes. Pour mieux souligner que rien ne change, Magdalena Parys démontre habilement que tout cela tient au fait que les hommes ne changent pas. Pour exemple de preuve flagrante de cet immobilisme, bon nombre d'élus locaux des lands d'ex-Allemagne de l'Est sont encore issus de la Stasi ! C'est toute cette mécanique de fagocitage que dénonce Magdalena Parys.
Magdalena Parys écrit au nom de la mémoire due aux militants d'une autre société, d'une autre liberté que celle promise par le bloc de l'est, au nom des oubliés de l'histoire politique qui n'auront d'autre sépulture que celle de ces pages essentielles à cet unique titre. Que le récit de Magdalena Parys soit réel ou fictif, peut importe au fond, il ne rend pas moins compte des zones d'ombre d'un système perverti, qu'il soit d'ailleurs de l'est ou pas.
Magdalena Parys parvient en plus à emballer tout cela dans une histoire de chantage opéré sur Schlagenberger, perdant consciencieusement son lecteur avec des jeux de fausse piste dans lesquels on tombe bien facilement, naïfs que nous sommes. Et ce d'autant plus que ces fausses pistes semblent prendre les mêmes chemins que l'histoire principale, trouvant elles aussi leurs racines dans le passé des mêmes hommes, des mêmes protagonistes. Comme le dit le Vent Sombre, les fonds historiques de ce récit prennent corps grâce aux histoires particulières qui jalonnent la narration et l'analyse des démons intérieurs de chaque caractère.
Ce magicien est donc aussi une affaire de fidélité, que ce soit à son passé ou à ses proches et de trahison que ce soit de son passé ou de ses proches, et de culpabilité tant chaque protagoniste semble traîner derrière lui un sac d'embrouilles. Seule exception peut-être, Dagmara Bosch dont l'âge fait qu'elle n'a pas le lourd passé des autres personnages.

Lien : https://garoupe.wordpress.co..
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Alexmotamots
  22 janvier 2019
Qui est donc ce fameux magicien ?
Difficile, en effet, dans le contexte tendu de la Guerre Froide, d'imaginer un innocent tour de magie. Et pourtant…
Le récit se déroule de nos jours (en 2011) en Allemagne. le mur est tombé depuis bien longtemps, les archives de la Stasi abandonnées à leur triste sort. Qui se soucie encore du passé des hommes politiques issues de l'ex Allemagne de l'Est ?
Gerhard Samuel est de ceux-là. Il remonte la trace de la mort d'un activiste est-allemand dont on n'a jamais retrouvé le corps. Il avait disparu à la frontière avec la Bulgarie.
Pendant ce temps, le commissaire Kowalski enquête sur un meurtre sanglant et peu commun : un certain Franck Derbach, employé aux archives de la Stasi, est retrouvé avec les mains coupées.
J'ai aimé que les deux histoires s'entremêlent.
J'ai découvert que certains allemands de l'Est avaient tenté de fuir par la frontière Bulgare qui n'était pas moins risquée.
J'ai aimé Kowalski en bute avec son chef le Bouledogue qui lui demande pourtant d'enquêter officieusement. En Allemagne aussi, on étouffe des affaires politiques sensibles.
J'ai aimé les noms polonais ou juifs des protagonistes. Et comme le rappel l'auteure à la fin de son ouvrage, il y a en Allemagne une grande communauté est-européenne qui s'est elle aussi battue pour la liberté.
C'est un roman qu'il faut prendre le temps de lire, car il mélange les temporalités, ce qui met le lecteur sur la brèche.
Un dénouement sans doute un peu rapide, les coupables sont introuvables. Mais la conclusion du roman fait froid dans le dos : il faut toujours se méfier des médiocres.
L'image que je retiendrai :
Celle des assassinats à la frontière Bulgare, les deux pays travaillant main dans la main.
Lien : https://alexmotamots.fr/le-m..
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viduite
  24 janvier 2019
Un super polar, aux portes du thriller, aux frontières du roman d'espionnage, mais avec une charge d'intime, un poids exact du souvenir. Magdalena Parys poursuit son exploration de l'effondrement du bloc de l'Est ici dans un Berlin contemporain dont, avec un certain humour, elle excelle à rendre les manipulations politiques et autres creux discours. le magicien vous portera de la frontière bulgare à la Pologne et le tout dans une très belle intrigue.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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critiques presse (2)
LeMonde   25 février 2019
L’écrivaine polonaise vivant en Allemagne dénonce, sur le mode du polar, l’oubli des crimes de la RDA et d’ailleurs. Le Magicien a reçu le Prix de ­littérature européenne 2015.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   22 février 2019
Une plongée glaçante dans une machine policière impitoyable mise au service d’une poignée d’hommes que la réunification broiera ou propulsera vers les sommets avec son lot de trahisons, de complots et de vengeances. Dense, compliqué, mais passionnant.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   10 mars 2019
- Les Tsiganes ? tonna-t-il.
- Les gens qui habitent ici, retorqua tranquillement le Blond.
- Officiellement, personne n'habite ici.
- Mais non on y vivent quelques centaines de personnes. (p. 56-57)
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   09 février 2019
Les faits :

En 2010, à l'Office fédéral allemand en charge des archives de la Stasi, près de six kilomètres de rayonnages ont disparu (vingt millions de pages).
On estime que pendant la période du rideau de fer, près de quatre mille cinq cents personnes du bloc de l'Est ont essayé de fuir à l'Ouest par la frontière bulgare.
Près d'une centaine y ont perdu la vie. (p. 9)
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