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Anne Bourguignon (Traducteur)
EAN : 9782869596665
96 pages
Éditeur : Arléa (09/06/2004)
3.92/5   32 notes
Résumé :

À la fin de l'été 1959, Pasolini quitte Vintimille pour rejoindre, par la côte Adriatique, la ville de Trieste. Étrange touriste que cet homme, seul au volant de sa Millecento, qui traverse les villes comme s'il les déchirait, dévoilant leur vérité, et la sienne. Sensible à la beauté des lieux, mais avant tout fasciné par le mouvement qui les anime, les êtres qu'ils suscitent. Les eaux-forte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
CorinneCo
  08 décembre 2015
Vulcain las des pierreries et de l'or à tailler dans sa grotte, sortit sa masse pour dessiner la cote amalfitaine. Les rocs et les pics à l'aplomb du ciel et de la mer où la lumière s'échappe. L'Italie du Nord au Sud et du Sud au Nord : une carte postale vive et aimante. Pasolini dans son périple, presque badin, mêle le goût des mythes et la fausse insouciance. Sa plume est alerte, belle, grave et lucide. Sur des descriptions oniriques et des anecdotes voyageuses souffle le vent invisible de l'engagement politique et du désir. Il égrène son récit de jeunes gens hâves, presque voyous, désoeuvrés. Figures fugitives, ex-voto de la tentation ; ils sont présents sans l'être. Pasolini travaille, car ce périple italien est une commande pour un magasine. Mais peut-être est-ce juste une longue ivresse, de route, de soleil, de paysage. Un étourdissement pour sublimer son pays, aussi en dire toute la rudesse, la pauvreté, la fourberie, l'opulence, la légèreté, la nostalgie. Un credo.
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Henri-l-oiseleur
  17 février 2016
Un petit livre bref, nerveux, un regard à la fois ébloui par la beauté et lucide, un style non moins nerveux et concis, tel est ce récit de voyage le long des plages d'Italie, depuis la frontière française jusqu'à la frontière yougoslave, en passant par le point le plus méridional de la Sicile. On n'y voit que des plages, certes, puisqu'il s'agit d'un tour de l'Italie par ses côtes, mais l'extrême sensualité du voyageur, son parti-pris de s'en tenir aux choses et aux surfaces, épargne au lecteur toute longueur et toute répétition. le voyageur repousse toute érudition et toute connaissance extérieure, il se veut presque totalement dépourvu de profondeur temporelle : il se concentre sur l'été, le soleil, les plages, les paysages qu'on y voit et les gens que l'on y rencontre. Une lecture heureuse, qui rappellerait, sans les effets de style, les "Noces" ou "l'été" d'Albert Camus.
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MarcoPolo85
  25 août 2015
Ce livre, je le scrutais depuis longtemps, pas dans sa version poche, mais dans celle des Editions Xavier Barral, offrant, entre autres, une galerie remarquable de photographies de Philippe Séclier ainsi que le tapuscrit original de Pier Paolo Pasoloni. Bref, un bel ouvrage à offrir aux amoureux de l'Italie.
Le texte, en lui-même, présente le périple de l'auteur en 1959 longeant les côtes Italiennes depuis Vintimille jusqu'à Trieste. Il nous donne des moments furtifs de tel ou tel lieu. Ce peut être une plage, un hôtel, une rencontre,... de petites choses que l'on ne peut prendre qu'au vol. Il y a quelques arrêts plus prononcés comme à Livourne, Ischia,... des endroits qu'il affectionne particulièrement.
Pasolini est plus qu'un observateur. Il est un esthète. Il nous donne à voir le beau et le moins beau. On y sent l'Italie dans toute sa diversité, entre un nord plus opulent et plus organisé avec la plage " parfaitement équipée" et un sud aux "villes confuses, instables et informes comme des campements".
Peu de détails, ce n'est pas le but. de toute façon, on reste assez collé à la plage et à ces gens qui la fréquentent.
Comme je l'indiquais les photos monochromes de Philippe Séclier réalisées en 2005 soit plus de quarante ans après l'itinéraire de Pasolini rendent son récit indémodable. Une Italie qui semble ne pas avoir bougé.
En cette fin d'été, j'ai un peu prolongé mes vacances à bord de sa vieille Fiat. Il ne me manquait plus qu'une glace et un peu de chaleur pour lui mettre un 5/5.
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Henri-l-oiseleur
  22 décembre 2015
Voilà un bon premier livre d'un auteur attachant, qui consacre le récit de son voyage en Italie à sa confrontation avec les lieux où Pasolini a vécu, et avec les derniers témoins de sa vie. Si la phrase et le style n'échappent pas toujours aux tics, aux fautes et aux vulgarismes contemporains, la prose de ce jeune auteur a cependant de la tenue, de la dignité et une certaine profondeur. Un lecteur qui ignorerait tout de Pasolini devrait pourtant se garder de chercher à faire sa connaissance à travers ce livre, qui ne parlera qu'à ceux qui ont vu ses films et lu ses écrits, en partie au moins. Cependant, l'amour de l'auteur pour ce révolté absolu donne de lui une belle image, et les larges citations de poèmes et de proses ont de quoi choquer les belles consciences. Un bon livre, à conseiller à ceux qui aiment déjà Pasolini, qui a toujours parlé et écrit pour des jeunes gens comme l'auteur.
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lerital31
  01 septembre 2013
Pour les amoureux de l' Italie... Pasolini nous décrit son parcours le long de la cote italienne. Descriptions courtes de scènes de vie a travers les yeux du poète.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   23 décembre 2015
Je vois aujourd'hui à quel point la figure du Christ est révolutionnaire. Croire acte un mouvement de résistance. "Ne vous conformez pas à ce siècle" : cette parole du Christ, justement Pasolini l'a sentie trahie par l'Eglise. Alors qu'il voit en elle un moyen de résister au pouvoir de la société de consommation, il la découvre assimilée à cette nouvelle force. Dans les articles qu'il rédige rageusement à la fin de sa vie, Pasolini se désole de l'Eglise infidèle à ses saints. Elle aurait pu être l'étendard de la résistance au consumérisme.
(...)
Dans le silence de mon coeur allié à celui de Santa Barbara, je souris en pensant à tous ces bouffeurs de curés d'aujourd'hui. A leur combat dépassé, à ces snipers d'ambulances. Il n'y a pas d'acte plus révolutionnaire que de croire en Dieu. Et pourtant, à 23 ans en 2015, que de concessions nous faisons avec notre âme... Nous la "volons", pour reprendre le terme de Pasolini dans son poème.

pp. 102-104
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   23 décembre 2015
La joie qui domine sa vie. Dans "Pasolini l'enragé", il raconte ainsi : " Depuis l'enfance, dès mes premiers poèmes du Frioul, jusqu'à la dernière poésie que j'ai écrite, j'ai utilisé une expression de la poésie provençale : "Ab joy". Le rossignol chante "ab joy" - de joie. Mais "joy" en provençal avait un sens particulier d'extase, d'euphorie, d'ivresse poétique. Cette expression est peut-être la clé de toute ma production... "

p. 184
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lerital31lerital31   01 septembre 2013
Livourne est une ville de gens durs, peu expansifs: une grande finesse d'esprit hébraïque, de bonnes manières toscanes, une insouciance à l'américaine. Garçons et filles sont toujours ensemble. Il n'y a pas de problème de sexe; simplement une grande envie de faire l'amour. La plupart des visages que je vois sont modestes, joyeux, farceurs et honnêtes. Sur ces longues promenades de bord de mer, toutes désordonnées et grandioses, il y a toujours un air de fête, comme dans le Sud: mais c'est une fête pleine de respect pour la fête des autres.
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mouette_liseusemouette_liseuse   30 janvier 2017
Bon, pour le moment, toi, tu es un dieu pour nous parce que tu n'es pas d'ici. Mettons que tu restes quatre ou cinq jours, alors tu ne seras plus rien.
Page 69
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Videos de Pier Paolo Pasolini (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pier Paolo Pasolini
5/5 Du 18 au 22 mai 2015 dans son émission “Hors-champs”, Laure Adler rend hommage au grand cinéaste italien Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Épisode 5 : Un peu de Pasolini en nous, avec René de Ceccatty, Hervé Joubert-Laurencin, Bertrand Bonello, Stanislas Nordey et Arnaud Meunier. En cinq épisodes, nous vous proposons de découvrir le cinéaste, le poète, l'engagé, le dramaturge, l'homme. Avec nos invités, artistes et universitaires, spécialistes et amoureux de Pasolini, “Hors-champs” dresse le portrait complexe, intense et passionnant d'une vie et d'un oeuvre qui aura marqué le vingtième siècle italien.
Invités :
René de Ceccatty, auteur, éditeur au Seuil Hervé Joubert-Laurencin, professeur d’esthétique et d’histoire du cinéma à Paris X Bertrand Bonello Stanislas Nordey, comédien et metteur en scène français Arnaud Meunier Pier Paolo Pasolini, cinéaste italien
René de Ceccatty est écrivain, dramaturge, éditeur et traducteur. Il est l'auteur de “Sur Pier Paolo Pasolini” (Editions du Rocher, 2005), “Pasolini” (Folio, 2005), et il a également traduit et dirigé les éditions françaises de nombreux textes de Pier Paolo Pasolini comme “Poésie en forme de rose” (Rivages, 2015), “Adulte ? Jamais : Une anthologie, 1941-1953” (Points, 2013), “La persécution : une anthologie, 1954-1970” (Points, 2014), “Sonnets” (Gallimard, 2012). Hervé Joubert-Laurencin est historien du cinéma, spécialiste de Pier Paolo Pasolini et professeur d'esthétique et d'histoire du cinéma à l'université Paris 10. Il est l'auteur de “Pasolini, portrait du poète en cinéaste” (Cahiers du cinéma, 1995), “Le dernier poète expressionniste : Ecrits sur Pasolini” (Les Solitaires intempestifs, 2005), “Salo ou les 120 journées de Sodome” de Pier Paolo Pasolini (Editions de la Transparence, 2012). Bertrand Bonello est réalisateur, acteur, scénariste et compositeur. Il a réalisé en 1996 le court-métrage “Qui je suis” d'après le poème éponyme de Pier Paolo Pasolini et il admire beaucoup le travail du cinéaste italien. Parmi ses films, on peut également citer “Le Pornographe” (2001), “De la guerre” (2008), “L'Apollonide : souvenirs de la maison close” (2011) ou encore “Saint-Laurent” (2014). Stanislas Nordey est comédien et metteur en scène. Il a joué et/ou mis en scène de nombreux textes de Pasolini : “Bêtes de style” (1991), “Calderon” (1993), “Pylade” (1994), “Porcherie” (1999), “Orgia” (2003)... Il est actuellement à l'affiche d'“Affabulazione” de Pasolini aux côtés de Marie Cariès, Raoul Fernandez, Thomas Gonzalez, Olivier Mellano, Anaïs Muller, Véronique Nordey et Thierry Paret, au Théâtre de la Colline (Paris) jusqu'au 6 juin. Arnaud Meunier est metteur en scène et directeur de la Comédie de Saint-Etienne, centre dramatique national. Travaillant aussi bien au théâtre que pour l'opéra, il a très largement monté des oeuvres de Pasolini, auteur qu'il affectionne tout particulièrement, dont “Avec les armes de la poésie” (2004), “Pylade” (2003), “Affabulazione” (2001).
Thèmes : Arts & Spectacles| Cinéma| Poésie| Théâtre| Pier Paolo Pasolini
Source : France Culture
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