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Dominique Fernandez (Éditeur scientifique)Nathalie Castagné (Traducteur)
ISBN : 2070328864
Éditeur : Gallimard (24/10/1995)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 21 notes)
Résumé :
L'originalité de ce recueil des poèmes de Pasolini tient aux traductions des textes de jeunesse écrits en frioulan publiés pour la première fois avec l'original. Dans sa présentation, Dominique Fernandez insiste sur l'intérêt de ces poèmes pour comprendre l'évolution du poète à partir de la rupture, en 1950, avec ce qui fut pour lui l'éden : son village du Frioul, ce dialecte riche de saveurs poétiques, son adolescence où l'homosexualité n'était encore que virgilien... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
El_Gabier
  10 novembre 2017
La poésie de Pasolini, c'est la fuite de la jeunesse paradisiaque, c'est la mue de l'Italie d'après-guerre. Celle qui s'unit sous le joug de Rome, sous la pression de la modernité. La poésie de Pasolini se fait plus violente, plus provocatrice avec l'âge, elle chante la douleur et la subversion, elle loue la beauté juvénile, celle qui lui brulera les ailes un soir de novembre 1975. " Je tomberai dans le noir de ma mort qui dispersera les tilleuls et le soleil. Les beaux jeunes garçons courront dans cette lumière que je viendrai de perdre, essaimant des écoles, les boucles sur le front. Je serai encore jeune en chemise claire, les cheveux tendres en pluie sur la poussière amère. Je serai encore chaud, et courant sur l'asphalte tiède de l'allée, un enfant posera sa main sur mon ventre de cristal". Il y a un monde entre cette candeur poétique des premiers écrits et cette rancoeur de "la seconde jeunesse", entre ces amours, cet attrait pour les jouvenceaux et sa quête homosexuelle dans les quartiers sordides de Rome, entre cette poésie du coeur et celle de l'esprit. Pasolini nous emmène dans cette campagne frioulane digne de Virgile, époque idyllique qui fleurait l'innocence, l'insouciance. Une complainte qui s'éteindra comme un sanglot moraliste et contestataire.
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Henri-l-oiseleur
  06 décembre 2015
Ce volume ne présente pas seulement les poèmes de jeunesse de Pasolini, ce génie multiforme des lettres et du cinéma italiens, mais aussi des textes de maturité, dont le dernier est de 1962. On verra donc le talent, les thèmes, les images, évoluer au rythme de la maturation de l'homme et de ses choix politiques comme de ses constantes personnelles. L'édition bilingue donne à voir le texte en italien ou en dialecte, pour les poèmes que l'auteur écrivit en frioulan.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
MalauraMalaura   02 juin 2012
Le jour de ma mort

Dans une ville, Trieste ou Udine,
le long d’une allée de tilleuls,
au printemps quand les feuilles
changent de couleur,
je tomberai mort
sous le soleil qui brûle
blond et haut,
et je fermerai les yeux,
laissant le ciel à sa splendeur.

Sous un tilleul tiède de verdure
je tomberai dans le noir
de ma mort qui dispersera
les tilleuls et le soleil.
Les beaux jeunes garçons
courront dans cette lumière
que je viendrai de perdre,
essaimant des écoles,
les boucles sur le front.

Je serai encore jeune
en chemise claire,
les cheveux tendres en pluie
sur la poussière amère.
Je serai encore chaud,
et courant sur l’asphalte
tiède de l’allée,
un enfant posera sa main
sur mon ventre de cristal.
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MalauraMalaura   05 juin 2012
Je regarde le soleil
des mortes étés,
je regarde la pluie,
les feuilles, les grillons.

Je regarde mon corps
de quand j’étais enfant,
les tristes dimanches,
la vie perdue.

Aujourd’hui te revêtent
la soie et l’amour,
c’est aujourd’hui dimanche,
demain on meurt.

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patrick75patrick75   10 novembre 2014
TABLEAUX FRIOULANTS

Sans manteau, dans l'odeur de jasmin
je me perds dans ma promenade vespérale,
respirant – avide et prostré, jusqu'à

ne plus exister, à être fièvre dans l'air,
la pluie qui germe et le ciel bleu
qui plombe durement sur les chaussées, signaux,

chantiers, troupeaux de gratte-ciel, amas
de déblais et d'usine, pénétrés
d'obscurité et de misère...

Je marche sur une sordide boue durcie, et je rase
des taudis récents et délabrés, à la lisière
de chauds terrains herbeux...Souvent l'expérience

répand autour d'elle plus de gaieté, plus de vie,
que l'innocence ; mais ce vent muet
remonte de la région ensoleillée

de l'innocence...L'odeur précoce et fragile
de printemps qu'il répand, dissout
toute défense dans ce cœur que j'ai racheté

par la seule clarté : je reconnais d'anciens désirs,
délires, tendresses éperdues,
dans ce monde agité de feuilles.
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patrick75patrick75   08 novembre 2014
MYSTERE

J'ose lever les yeux
sur les cimes sèches des arbres,
vers le seigneur invisible, mais sa lumière
ne cesse de briller immense.

De toutes les choses que je sais
une seule m'est présente au cœur :
je suis jeune, vivant, abandonné,
corps de désir consumé.

Je m'arrête un moment sur l'herbe
de la rive, entre les arbres nus,
puis je marche, j'avance sous les nuages,
et je vis avec ma jeunesse.
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patrick75patrick75   09 novembre 2014
Je me lève avec les paupières en feu.
L'enfance blême sous la barbe
poussée pendant le sommeil, sous ma chair
amaigrie, se scrute avec la lumière
fondue dans mes yeux consumés.
Je finis ainsi dans le sombre incendie
d'une jeunesse détournée
de l'éternité; je me brûle ainsi, il est inutile
- si l'on y pense - d'être autrement, d'imposer
des limites au désordre : c'est ainsi que m'entraîne
toujours plus frustre, avec un visage desséché
dans son aspect d'enfance, vers un ordre calme
et fou, le poids de mes jours perdus
en de muettes heures de gaieté, en de muets
instants de terreur...
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