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ISBN : 2757873164
Éditeur : Points (03/05/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.27/5 (sur 33 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

Le 13 juillet 1131, le destin de la monarchie capétienne et du royaume de France a pris un tour tragique. Alors qu'il chevauchait avec quelques compagnons dans un faubourg de Paris, le jeune prince Philippe, fils aîné du roi Louis VI le Gros et héritier du trône déjà sacré et couronné, fit une grave chute de cheval et mourut quelques heures plus tard. Le cheval n'est pas en cause dans cet accident. Un autre animal se trouve être responsa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  17 novembre 2017
DE L'INFÂME SURGIT LE LYS.
Que peut-il arriver de pire, lorsque vous êtes jeune, beau, déjà charismatique, que la vie semble devoir vous offrir un avenir tout tracé à la tête du Royaume de France - rien moins, puisque vous avez déjà été couronné par la volonté de votre imposant papounet, Louis VI le gros, faisant de vous, non seulement son bras droit direct et son successeur désigné (le futur Philippe II) mais, plus encore, un roi "désigné" tout à fait officiel bien que la place ne pourra être définitivement acquise qu'à la mort de ce cher gros papa ? Quoi ? Et bien, c'est le pire qu'il va vous arriver, pauvre Philippe : Vos pas, ou pour être plus exact, vos sabots en décideront autrement. Parce que, n'est-ce pas, lorsqu'on est de la très haute, un Prince du sang, on ne s'abaisse pas à se balader dans les rues crasseuse de votre capitale à ras la terre. Ça, c'est bon pour le bourgeois ou le petit peuple. Non, vous, votre moyen de transport préféré, c'est le cheval. Seulement, un cheval, ça s'effraie d'un rien, c'est même tellement dangereux, lorsqu'on y pense, que pas mal de vos collègues Rois, princes, ducs et autres chevaliers en sont déjà morts, de ces fichus accidents de cheval. Mais cette fois, que voulez-vous, le destin, les Divinité, le sort, le hasard, Dieu en personne ! allez savoir, étaient contre vous : c'est un malheureux cochon, un cochon "gyrovague" (c'est à dire n'appartenant à personne en particulier, errant, vagabond) comme il en existe des centaines dans ces ruelles étroites et souvent couvertes d'immondices du Paris de l'époque qui aura votre peau. C'est ce simple cochon domestique, qualifié à l'époque de diabolique ("diabolicus"), qui dévier votre malheureux destrier de sa course, le faisant basculer, et vous avec. Vous mourrez après quelques longues heures d'agonie, entouré des vôtres, dans la demeure proche où l'on vous avait transporté.
Votre destinée en aura donc été, définitivement, bouleversée et abrégée. Et avec vous, le destin du Royaume de France et surtout de l'encore jeune dynastie capétienne. L'Infamie - avec un très grand I -s'est en effet posée sur cette lignée relativement récente (Louis VI n'est que le cinquième roi capétien), car si mourir à la chasse dans un combat à mort contre un cochon sauvage (on dirait un sanglier aujourd'hui) est considéré comme digne, honorable, glorieuse même , il n'en va pas du tout de même pour les pourceaux qui traînent encore un peu partout dans les rues parisiennes (à noter qu'ils en seront définitivement interdit de séjour à la suite de cet événement. On peut le comprendre) et qui sont considérés comme des bêtes certes utiles mais viles, sales, se nourrissant, comme on le sait déjà, de tout et de n'importe quoi, de détritus particulièrement (d'où leur relative utilité dans des rues sans système de tout à l'égout...). Et puis, depuis la bible, le cochon, c'est la bête impure, l'animal dont la viande est supposée colporter toutes sortes de maladies, etc.
D'abord, de ce qui pourrait n'être qu'un banal fait divers, va surgir un imprévu de taille : le roi à venir ne sera pas celui prévu au départ et même préparé pour le boulot, mais son jeune frère, le futur Louis VII, bien plus investi par sa future place au sein de l'Eglise qu'à monter sur le trône, qui va pourtant devoir s'y coller. Mais avant même d'y songer, il va falloir de toute urgence laver la tragique souillure faite à la Dynastie. Louis VI étant trop défait par cette mort prématurée, c'est son principal conseiller, le très intelligent abbé Suger qui va se charger de l'essentiel. Il va "expédier" l'enterrement du défunt afin que nul n'ait trop le temps de s'arrêter sur les causes accidentelles, il va accélérer le sacre de Louis VII comme "roi désigné" à la fois pour des motifs politiques mais aussi pour des raisons que l'on pourrait, aujourd'hui, qualifier de magiques : «Le saint Chrême contre la sanie porcine !» explique avec un brin de provocation Michel Pastoureau.
Et nous n'en sommes qu'au début car, au-delà des contingences politiques, sociales, économiques, culturelles, une bonne part des années que Suger à encore à vivre, de même qu'un certains nombre d'actes symboliques du jeune roi Louis VII, le futur époux malheureux d'Alinéor d'Aquitaine, seront de faire disparaître cette fameuse et intolérable ignominie !
Louis VI et ses conseillers (Suger, Bernard de Clairvaux) agissent sans tarder pour laver cette mort qui pourrait être considérée comme un acte divin… Dieu punirait-il par-là les Capétiens ? Ceux-ci ont-ils trop péché ? Il est vrai qu'ils ont souvent eu maille à partir avec l'Eglise et la papauté (plusieurs ont d'ailleurs été excommuniés)… Nous sommes à une époque où le pouvoir de l'Eglise se renforce considérablement et réussit à imposer ses systèmes de valeurs qui rentrent bien souvent en conflit avec les usages antérieurs. Pastoureau, comme toujours, explore ces bouleversements et il est passionnant de constater jusqu'à quel point ils furent profonds, que ce soit de manière directe ou symbolique. La partie consacrée à la corpulence des rois est à cet égard fort révélatrice ; c'est aussi à ce moment que l'ours est détrôné de sa place de roi des animaux (principalement par le Cerf, bien plus en phase avec l'idéal chrétien et ses vertues)… Voir à ce propos un autre fantastique ouvrage de Michel Pastoureau : L'Ours, histoire d'un roi déchu.
Devant se racheter et se rapprocher de Dieu pour effacer la souillure qui les tache, Louis VI et son successeur (son fils, Louis VII) utiliseront tous les moyens possibles pour retrouver les grâces divines et renforcer la légitimité de leur pouvoir. Selon l'hypothèse de l'auteur, c'est ce qui aurait amené la dynastie capétienne à l'adoption de deux symboles fondamentaux comme emblèmes royaux, et qui, pour tous encore aujourd'hui, sont les deux emblèmes les plus lisibles, les plus évident de la royauté française : le lis marial et le bleu céleste.
Pastoureau revient en détail sur l'histoire symbolique de ces deux emblèmes qui ont la particularité de symboliser la pureté et de se rattacher à la Vierge. Sous le patronage de la mère du Christ, la monarchie française pouvait se différencier des autres, marquer son avance, même, car il ne faut pas oublier que c'est vers cette époque que le culte marial va prendre une ampleur jamais atteinte jusque-là. L'abbé Suger et Bernard de Clairvaux ne sont d'ailleurs pas étrangers à cette investissement fort auprès de la Vierge. Suger se fait représenter à ses côtés dans cet écrin de la royauté qu'est "sa" Basilique St Denis. Quant à Bernard, «il entretien avec la Vierge des relations privilégiées», nous explique Michel Pastoureau. Mieux, «elle est pour lui le modèle absolu de la pureté, une sorte de lis immaculé qu'il célèbre dans plusieurs sermons, spécialement ceux qu'il prononce à l'occasion des grandes fêtes mariales et ceux, remarquables, qu'il consacre au Cantique des Cantique.»
C'est presque à la manière d'une véritable enquête de police que le grand historien, paléologue, héraldiste et médiéviste Michel Pastoureau nous embarque, toutes affaires cessantes, dans ce 12ème siècle à la fois tellement éloigné de nous et pourtant absolument fascinant. Mais il n'oublie pas, au passage, que nous sommes fait, même de loin, de cette histoire ancienne et c'est souvent avec une certaine joviale tendresse qu'il nous met face à ces autres nous-mêmes que nous avons été il y a plus de huit cents longues années. C'est passionnant, c'est plein de détails aussi sérieux qu'ils peuvent parfois s'avérer croustillants, étonnant : saviez-vous, par exemple, que les animaux avaient alors droit à de véritables procès, en bonne et due forme ? Car si ces temps souvent jugés, à tort, "sombre", "rétrograde","barbares", sont en effet bien différent des nôtres, ils pourraient nous en rapprendre sur pas mal de choses. Et si nos animaux à plumes ou à poils n'avaient déjà, selon l'Eglise, pas d'âme, les gens de ces heures lointaines leur attribuaient cependant une forme de libre-arbitre et de responsabilité que nous sommes seulement sur le point de leur redécouvrir aujourd'hui. Ainsi, un animal pouvait-il être jugé à l'égal d'un humain, être défendu par un homme de loi, être acquitté tout aussi bien que condamné, tout comme un humain.
Ainsi, le roi tué par un cochon fourmille-t-il de petites histoires au sein de la grande, affrontant gaillardement tout un lot d'idées reçues souvent stupides mais dont nous avons, pour beaucoup, hérité du XVIIIème (qui avait en horreur ces temps "gothiques", terme d'ailleurs créé à la Renaissance, pour moquer l'art, à nouveau "barbare", de ces époques) et si cela commença à s'arranger au XIXème, ce ne fut malheureusement pas sans son lot d'images d'Epinal, de contre-vérités ("les gens ne se lavaient pas", "tout le monde mourrait avant quarante ans", etc), d'idées reçues qui perdurent malheureusement jusqu'à aujourd'hui.
Inutile d'ajouter combien nous apprécions l'histoire lorsqu'elle est ainsi expliquée - plus que "racontée" comme il est trop souvent coutume de le faire dans des éditions historiques destinées à un large public. Michel Pastoureau, et de plus en plus de brillants collègues, prenant le parti de l'intelligence et de la curiosité de leurs lecteurs, sont en train de corriger cette tendance un peu trop lourde des années passées, et c'est heureux ! La compréhension de notre Histoire ne peut qu'y gagner.
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marieclaude64
  01 juillet 2016
Michel Pastoureau est l'historien des couleurs mais aussi des animaux. Après les bestiaires, les licornes, l'ours, il reprend le thème du cochon. L'objectif de son travail est de démontrer qu'une mort infâme est à l'origine des emblèmes de la France : des fleurs de lys sur fond d'azur.
La mort infâme, c'est celle du jeune roi Philippe, roi associé à son père Louis VI. Dans une rue de Paris, un cochon surgit, se jette entre les pattes du cheval. Philippe tombe. Transporté grièvement blessé dans une maison proche, il meurt peu après. Son père Louis le gros et sa mère sont effondrés. Ils sont bouleversés par la perte de leur fils aîné mais aussi parce que cette mort injuste est aussi une mort infâme.
M.Pastoureau démontre que le cochon est une bête impure. Une bête sale qui se nourrit d'immondices trouvés jusque dans les cimetières. Une bête gloutonne qui erre dans les rues de Paris. le porc est devenu le symbole du vice, associé au mot «  cochonneries « .La mort de Philippe, causée par un cochon, souille la dynastie capétienne. Il faut donc agir rapidement et de manière solennelle, visible comme toutes choses importantes au Moyen Age.
Il faut commencer par purifier la monarchie. C'est le sens du sacre très rapide du jeune Louis tiré de son monastère. Il devient Louis VII, futur époux d'Aliénor d'Aquitaine. Roi naïf, incompétent, peu préparé et peu intéressé par son métier de roi. Son règne est l'un des plus malheureux de l'histoire de la France.. le royaume est ensuite placé sous la protection de la Vierge dont le culte se développe tout au long du 12 ème siècle. Enfin, c'est la création d'un blason pour la France. La fleur de lys est un symbole de fertilité, de pureté, de virginité. Elle est associée à la Vierge Marie. le bleu est la couleur découverte au 12 ème siècle. Sa promotion est rapide. le bleu se trouve partout en particulier sur les vêtements royaux et les vitraux de Chartres. le choix d'une symbolique végétale fait de Louis VII un cas unique parmi les souverains européens. La souillure est effacée, la monarchie est restaurée.
C'est cette histoire que nous raconte avec brio M.Pastoureau. Un livre qui se lit comme un roman. Mais aussi une véritable leçon d'histoire : comment un accident a changé le cours de la monarchie française. Un ouvrage pour ceux qui aiment L Histoire mais aussi pour ceux qui désirent connaître ce qu'est faire de l'Histoire aujourd'hui.
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Adenolia
  14 juin 2018
Qui donc sait que si les sportifs français sont habillés de bleu, que si le bleu est devenu la couleur de la France, c'est parce que c'est d'abord la couleur de la Vierge Marie, reine de France?
Il fallut adopter le bleu et la fleur de Lys, rien de moins pour laver la mort infâme d'un roi tué par un porcus diabolicus, un cochon gyrovague, qui provoqua la chute de cheval du jeune roi Philippe II en 1131.
Un récit tout à fait passionnant en un peu plus de 240 pages.
A noter que cette collection Histoire au format de poche des éditions Points est très agréable à lire, la papier est doux et l'impression de qualité.
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LiliGalipette
  08 mars 2018
Un titre pareil, ça promet des anecdotes originales.
Et Michel Pastoureau est un auteur de qualité, dont j'apprécie depuis longtemps les textes et la façon de présenter l'histoire, avec pédagogie et passion.
Hélas, quand j'ai reçu la version audio de cet ouvrage grâce à Masse Critique, je ne m'attendais pas à une si cruelle déconvenue.
Le CD ne fonctionne pas : illisible sur ma chaîne, sur mon ordinateur et même sur mon vieux baladeur CD à piles exhumé d'un carton oublié !
Ce n'est donc pas avec ce livre audio que je découvrirai la triste fin du prince Philippe, hériter du trône de France... Mais je ne renonce pas : cette histoire et ses conséquences m'intéressent, alors je vais chercher une version papier. Au moins, aucun problème de lecture avec ce support !
Et tant pis pour le livre audio auquel je voulais redonner une chance : c'était la dernière, une bonne fois pour toutes !
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Segva
  29 novembre 2015
Je dois périodiquement retourner au Moyen-Âge, afin d'aiguiser mon indulgence envers les catastrophes humaines...
Et quel plaisir inespéré en découvrant celui-ci!!
Honnête et sans fausse modestie, nous devinons facilement la maîtrise de l'auteur pour ce qui l'intéresse.
Un peu répétitif par moment mais se lit en très peu de temps sans qu'on le demande !
Revisiter l'histoire du Moyen-Âge sans grandiloquences ni mépris, Michel Pastoureau est devenu un historien à suivre pour moi!
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   22 décembre 2015
Dans ses nombreux ouvrages, il a défriché des pans méconnus de l’Histoire : celle des couleurs, des animaux, des symboles. Dans son dernier livre, il utilise ses trois spécialités pour nous faire passer un délicieux et riche moment.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   16 novembre 2017
Parmi les différents adjectifs qui, dans les annales et les chroniques du XIIème siècle, qualifient la mort du jeune roi Philippe causée par un cochon, il en est un qui semble revenir plus souvent que les autres : infâme ("infamis"). Le terme n'est pas un vague synonyme de «honteux» ni même de «sordide». Il est plus précis et porte loin. Étymologiquement est infâme ce qui nuit à la "fama", c'est à dire au renom ou à l'honneur d'un individu ou d'un groupe. C'est exactement ce dont il s'agit ici. La "fama" de la dynastie capétienne est éclaboussée, salie, souillée, et avec elle le prestige et la dignité de la fonction royale. Il faut y remédier, rapidement et profondément.
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Freditore75Freditore75   10 septembre 2016
Dans la première moitié du XIIe siècle, on observe que les combattants occidentaux, rendus méconnaissables par le capuchon de leur haubert (qui monte vers le menton) et par le nasal de leur casque (qui descend sur le visage), prennent peu à peu l'habitude de faire représenter sur la grande surface de leur bouclier en forme d'amande des figures leur servant de signes de reconnaissance au coeur de la mêlée des batailles et, plus encore, des premiers tournois. Ces figures sont géométriques, animales ou florales. Elles sont peintes en couleurs et deviennent de véritables armoiries à partir du moment où leur emploi est constant chez un même personnage et où leur représentation obéit à quelques principes simples, fixes et récurrents. Cela se situe entre les années 1130 et les années 1160.
Toutefois cette origine matérielle, liée à l'évolution de l'équipement militaire, n'explique pas tout. L'apparition des armoiries se rattache plus profondément au nouvel ordre social qui touche alors la société féodale. Comme les noms patronymiques, qui naissent dans la même période, ou comme les attributs iconographiques, qui commencent à se multiplier dans les images, l'héraldique naissante apporte des signes d'identité nouveaux à une société en train de se réorganiser. Elle aide à placer les individus dans des groupes et ces groupes, dans l'ensemble du système social. Pour cette raison, les armoiries - qui à l'origine étaient des emblèmes individuels - opèrent une greffe rapide sur la parenté. Dès la fin du XIIe siècle, au sein d'une même famille, leur usage devient héréditaire, et c'est ce caractère familial et héréditaire qui leur donne leur essence définitive.
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Freditore75Freditore75   10 septembre 2016
D'abord utilisées par les grands seigneurs, les armoiries sont progressivement adoptées par l'ensemble de la classe noble. Au début du XIIIe siècle, toute la moyenne et petite noblesse en est pourvue. Puis, au fil des décennies, leur emploi s'étend aux non-combattants, aux non-nobles et à différentes personnes morales : tout à tour, les femmes, les prélats, les praticiens et les bourgeois, les artisans, les villes, les corps de métiers, les communautés civiles et religieuses adoptent des armoiries. Dans certaines régions, même les paysans en font quelquefois usage. Elles ne sont en rien le privilège de la noblesse.
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Freditore75Freditore75   10 septembre 2016
C'est dans le domaine de la théologie que la valorisation nouvelle et profonde de la couleur bleue se fait sentir le plus précocement. Vers la fin de l'époque carolingienne, le dieu des chrétiens devient impérativement un dieu de la lumière. Par là même, il importe de ne plus confondre la lumière divine et la lumière terrestre. Dans les textes cela est aisé, le latin disposant de deux mots soigneusement distincts : lux pour la lumière divine, lumen pour la lumière terrestre. Mais comment mettre en valeur cette différence dans les images ? C'est la couleur qui va peu à peu assumer ce rôle : blanc pour la lumière physique, celle du soleil qui éclaire la terre ; bleu pour la lumière céleste, celle du monde divin et, par extension, des personnes divines. Certes, avant le IXe siècle, le ciel pouvait déjà être bleu - textes et images en témoignent - mais, contrairement à ce que l'on pourrait croire, cela n'était pas si fréquent et, surtout, ce bleu n'était jamais conçu comme un bleu divin mais seulement comme un bleu aérien, voire simplement atmosphérique.
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Freditore75Freditore75   09 septembre 2016
Aux XIe et XIIe siècles, un roi, un prince, un chef ne peut pas être chétif ou malingre : il doit chasser, il doit combattre, il doit protéger ses proches, ses vassaux, ses sujets. La prestance corporelle, jointe au besoin à un certain embonpoint, est alors un signe de pouvoir, de force, de fortune et surtout de largesse. Un roi petit et maigre ne peut être que faible, mesquin et avaricieux. Cette idée vient de loin, probablement de l'Antiquité germanique. Elle est encore à l'oeuvre aux XIe et XIIe siècles et ne change vraiment qu'à partir des années 1200, lorsque l'Eglise réussit à imposer ses systèmes de valeurs. Désormais un souverain, mais aussi un prince ou un seigneur, se doit d'être mince, svelte, délié de corps et d'esprit, agréable à regarder et à imiter. La tempérance devient à la fois une vertu royale et une valeur chevaleresque. Elle le restera jusqu'au début de l'époque moderne. Désormais, tout roi, prince, seigneur ou chevalier doit modérer ses appétits et ses passions, éviter les excès, pratiquer la juste mesure.
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Vidéo de Michel Pastoureau
Même pendant l?été, l?équipe du FIG et de l?AFIG reste mobilisée pour préparer le festival ! Le nom des personnalités invitées pour cette 28ème édition a été annoncé lors d?une conférence de presse lundi 17 juillet à Saint-Dié-des-Vosges : - Président du Festival : Michel Pastoureau - Présidente du salon du livre : Lydie Salvayre - Grand Témoin : Jean-Claude Guillebaud, La thématique sur les relations entre les animaux et les hommes fera l?écho d?une actualité portée sur l?annonce d?espèces animales en voie de disparition et les changement de mode de consommation : végétarisme, véganisme. La conférence de presse s?est déroulée en présence du : - Maire de Saint-Dié-des-Vosges, David Valence - Président fondateur du Festival, Christian Pierret - Gilles FUMEY, Professeur à l?université Paris-Sorbonne - Olivier HUGUENOT, Libraire Coordinateur du Salon du Livre Président de l?ADFIG Rendez-vous, prochainement, à Saint-Dié les 29, 30 septembre et 1er octobre 2017 pour suivre cette nouvelle édition du FIG !
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