AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 275785447X
Éditeur : Points (03/09/2015)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 68 notes)
Résumé :
Que reste-t-il des couleurs de notre enfance ? Quels souvenirs gardons-nous d’un lapin bleu, d’une robe rouge, d’un vélo jaune ? Ont-ils vraiment revêtu ces couleurs ? Plus tard, lesquelles associons-nous à nos années d’études, à nos premières amours, à notre vie d’adulte ? Comment la couleur s’inscrit-elle dans le champ de la mémoire ? Comment est-elle capable de la stimuler ? de la transformer ? Ou bien, au contraire, comment est-elle victime de ses caprices ou de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Mimimelie
  15 juin 2016
Je pensais trouver dans ce livre un débat sur le comment la couleur s'inscrit dans le champ de notre mémoire, comment elle y vit ou s'y perd … J'ai eu tout faux.
Sur une trame de ses souvenirs personnels l'auteur, historien de la couleur, nous fait état de ses observations et de ses recherches. Pour lui, la couleur est avant tout une notion culturelle et sa définition est difficile et en tout cas variable selon les époques et les cultures. Sans doute, ceux qui sont déjà familiers des écrits de Pastoureau n'y feront peut-être que peu de nouvelles découvertes mais se laisseront j'en suis sûre, emporter par cette lecture très agréable et vivante.
Une multitude de domaines y sont abordés : les vêtements, leur subversion, les rayures du diable, la couleur neutre et les classes sociales, les couleurs dans la vie quotidienne, de la pharmacopée aux distributeurs de bonbons en passant par les tickets de métro, les arts et les lettres, bien évidemment, le cinéma, le sport, la mythologie, l'héraldique, la couleur dans les contes, dans les superstitions, pour n'en citer que quelques uns ; il y en a de toutes les couleurs
Personnellement j'ai particulièrement apprécié cet ouvrage, sans doute, en partie ou avant tout parce que ses souvenirs coïncident avec les miens… (je suis née en 50) forcément « ça crée des liens » comme disait le Petit Prince… mais aussi parce qu'on y découvre un écrivain et historien passionné, en quête d'authenticité, même s'il un peu évident qu'il s'autorise un peu d'égo teintée d'auto-analyse…
Par contre pour celles et ceux qui n'ont pas connu cette époque, je m'interroge sur la manière dont ils perçoivent cette trame souvenirs… Pour ne prendre qu'un exemple simple, quand il évoque les pots de yaourt en verre aux trois seuls parfums de l'époque, fraise, banane, vanille… personnellement je les visualise, je visualise les couvercles métallisés aux trois couleurs dont il parle et je comprends les interrogations des industriels de l'époque quant à leur choix de la couleur vanille, mais qu'en perçoit et retient ou en conclut le lecteur aujourd'hui ? et il y en a d'autres semblables.
Mais tout ceci n'est pas bien grave, car il y a tant de choses passionnantes dans ce livre, à commencer par la passion chromatique de l'auteur, son enthousiasme, sa curiosité et sa générosité pour en partager les fruits, et surtout ce constat que je crois faire qu'il y a encore tant à dire sur la couleur dans tous ses aspects et ses manifestations, sa compréhension et ses symboles…. Et j'en remercie en tout cas ce défricheur, dont au passage nous apprenons un peu plus sur ses goûts et ses couleurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
isla16
  31 janvier 2013
Que le titre ne vous induise pas en erreur, vous avez affaire ici à une autobiographie de l'historien Michel Pastoureau, spécialiste du Moyen-Âge, de la symbolique des couleurs et de l'héraldique. Ne vous attendez donc pas à ce que cela vous évoque vos souvenirs personnels. Surtout si vous êtes né dans les années 80 comme moi.
Ses ouvrages d'histoire, très accessibles, m'enchantent d'ordinaire à chaque fois. Comme je suis amatrice de biographies, j'étais certaine que ce livre allait me passionner.
Malheureusement j'ai trouvé que Pastoureau avait tendance à se répéter et faire constamment référence à ses autres livres (et quand on en a lu plusieurs, c'est agaçant car on n'apprend rien de nouveau).
Dans ce livre il ne cesse de ressasser les mêmes choses d'un chapitre à l'autre, et tout particulièrement dans le dernier, sorte de copier/coller de phrases précédentes mises bout à bout. C'est à se demander si le livre a été relu avant d'être envoyé en impression.
On apprend finalement peu de choses sur lui, ses passions, sa personnalité et son parcours. On connaît simplement quelques petites anecdotes de second ordre, qu'il arrive certes à rendre intéressantes, mais pas passionnantes non plus. On sait qu'étant ado il voulait un vélo vert et non jaune. Qu'il préférait les bonbons oranges à la mandarine. Que son premier blazer n'était pas du « bon » bleu marine. Qu'il a fait son service militaire etc. Si vous avez le même âge que lui ces souvenirs vous évoqueront sans doute quelque chose, mais en ce qui me concerne je n'ai pas été particulièrement touchée.
Il truffe donc ses petites histoires, toutes racontées plus ou moins dans le désordre, de considérations historiques ou sociologiques, qui rendent la lecture intéressante, mais qui arrivent parfois de façon inopinée et surprenante. C'est un peu comme s'il avait voulu caser à tout prix certaines informations, en dépit du récit (et les répéter, encore et encore…).
Si j'étais très dure, je dirais que ce livre m'a donné l'impression d'être écrit par un vieil historien égocentrique et radotant. Mais comme j'aime beaucoup Pastoureau je ne vous découragerai tout de même pas de le lire, surtout si vous ne connaissez pas encore ses ouvrages sur les couleurs. Cette biographie peut en quelque sorte faire figure d'introduction à l'univers de Pastoureau. Si vous y êtes déjà familier, peut-être serez vous alors comme moi un peu déçu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          81
cecilit
  30 juillet 2017
J'aime Michel Pastoureau parce que c'est un homme intelligent et puis j'aime le bonheur avec lequel il nous transmet son savoir. Savant non pédant, passionné et passionnant, il nous livre ici ses souvenirs liés aux couleurs, alliant le sérieux du chercheur et la plume savoureuse d'un conteur, alternant ainsi anecdotes personnelles et précisions historiques.
Pastoureau se dit lui-même maniaque de la couleur depuis l'enfance et son obsession devient contagieuse. Ainsi, la lecture de cet essai a provoqué échanges et débats drôles et passionnés avec mes proches sur nos préférences, nos aversions et superstitions, et fait émerger souvenirs et émotions. Ainsi, je me souviens que mes vélos d'enfance ont toujours été verts (pour quelle raison : choix, hasard ?), mes chaussures se devaient d'être rouges comme mes robes de pouvoir tourner ; mon adolescence à été très bariolée façon hippie, avec une préférence pour le violet, le mauve, alors que je ne porte aujourd'hui que des vêtements de couleurs plutôt discrètes ; je n'achèterais jamais une voiture, même fiable et performante, si la couleur ne me plaît pas ... Bref, tout le monde peut prendre plaisir à lire cet essai, très bonne introduction à l'oeuvre de Michel Pastoureau.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          102
val-m-les-livres
  09 mars 2013
De Michel Pastoureau, j'avais beaucoup aimé L'étoffe du diable et un peu moins Bleu car je l'avais trouvé très technique. Depuis sa sortie, j'avais hâte de découvrir cet essai, et encore plus après qu'il ait reçu le Prix Medicis Essai 2010 et le Prix Essai France Télévisions 2011. Vous vous doutez bien qu'il est difficile de résumer un livre sur les couleurs, je vais donc me contenter de noter ce qui m'a marquée dans ce livre, qui m'a permis de ne pas voir le temps passer lors de mon attente à l'aéroport de New-York.
Michel Pastoureau égaie son roman par des anecdotes personnelles sur les couleurs. Il commence par l'histoire de ce blazer qu'on le força à acheter et qui n'était pas aussi bleu marine que ceux de ses camarades, ce qui le fit prendre ce blazer en horreur. Hypersensible aux nuances et aux couleurs, il en déduit que de cette anecdote naîtra sans doute son attention particulière pour le bleu auquel il consacrera tout un ouvrage. Nous racontant une autre anecdote, celle des machines à bonbons dans le métro, il se rend compte que, peut-être, il se trompe sur la couleur de la machine qu'il pensait orange alors qu'elle semble grise et que seuls les bonbons étaient oranges. Or, selon Pastoureau, prendre la partie pour le tout est acte de mémoire relativement fréquent.
Du rouge, Pastoureau insiste sur son côté interdit; ainsi deux jeunes filles furent menacées d'exclusion dans son lycée pour avoir porté des pantalons rouges. de même, lorsque les soldats plient le drapeau, le rouge ne doit pas être visible (le blanc non plus mais il peut l'être dans certains cas). On apprend d'ailleurs que si le drapeau français est constitué de bleu, blanc, rouge, aucun texte ne définit les nuances de ces couleurs et que Valéry Giscard d'Estaing demanda à ce que la nuance de bleu soit changée. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, jusqu'en 1970, certaines assurances faisaient payer un surplus aux propriétaires de voitures rouges tant cette couleur était associée à la jeunesse des conducteurs. Autre fait étonnant concernant le rouge et l'association voyelles/couleurs: si vous tentez d'associer des couleurs aux voyelles et que vous faites le test autour de vous, la majorité des gens associent le A au rouge (testé autour de moi, c'est exact). L'auteur ne donne pas d'explication mais peut-être est-ce tout simplement dû aux A des apprentis conducteurs que nous avons coutume de voir.
Que voilà un livre passionnant!
Lien : http://vallit.canalblog.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
oran
  25 juillet 2016
Michel Pastoureau nous livre un témoignage à la fois sociologique, historique, culturel, un florilège composé de souvenirs personnels chromatiques et synesthésiques. Je les partage aussi un peu, un peu plus, voir beaucoup plus, au gré de la lecture en fonction des thèmes abordés : vêtements, vie quotidienne, arts et lettres, sports, mythes et symboles, goûts et couleurs… Réminiscences qui sortent de la torpeur de l'oubli grâce à de petits détails : le couvercle des pots de yaourt, un ticket de métro, un cadeau, des petites choses anodines, mais pas tout à fait parce qu'elles font partie de notre vie, qu'elles ont marqué notre enfance, et qu'elles suggèrent souvent bien plus
Commenter  J’apprécie          70
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
MimimelieMimimelie   15 juin 2016
Dans les faits de langue, il n'existe pratiquement plus de place pour les variables, les subtilités, les restrictions, les exceptions ou les hésitations. Le doute n'est plus un outil de pensée ; le flair n'est plus un instrument de recherche (de fait, comment faire entrer le flair dans le sacro-saint ordinateur ?). Le relativisme culturel est devenu scientifiquement incorrect et politiquement suspect. C'est oui ou c'est non, jamais peut-être ; c'est blanc ou c'est noir, pas gris, et encore moins gris perle ou gris tourterelle. Mots de liaison, adverbes de nuance, propositions subordonnées concessives sont désormais ds éléments grammaticaux obscurs ou inutiles. Des mots tels qu'éventuellement ou probablement sont considérés comme synonymes, et les subtilités qui les accompagnent sont aujourd'hui indéchiffrables par bon nombre de nos contemporains. En revanche, l'emploi d'adverbes comme absolument ou totalement est devenu envahissant, de même que toutes les formes superlatives. Dans les langues occidentales, le mot très est de nos jours l'un des plus employés et des plus galvaudés. Il n'existe plus de place pour la nuance, le relatif, l'ambivalence.
Dès lors, comment exercer son métier d'historien ? Comment être chercheur en sciences humaines ? Comment disserter sur les couleurs et leur déclinaisons ? Comment parler d'art ou de poésie ? Comment exprimer nos sentiments, nos inquiétudes, nos indécisions ? Comment parler de nos souvenirs et de nos rêves ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
cecilitcecilit   30 juillet 2017
Les projets de réforme de l'orthographe du français me hėrissent. Non seulement parce qu'ils ne considèrent l'écriture que dans sa fonction utilitaire, oubliant qu'elle est aussi une esthétique, une poétique, une invitation au rêve ; mais surtout parce qu'ils s'appuient sur un postulat qui me semble discutable : l'orthographe serait difficile à apprendre pour les jeunes d'aujourd'hui.
Commenter  J’apprécie          90
cecilitcecilit   27 juillet 2017
"Il aurait été simplement corpulent s'il n'avait pas été si gros " ("Tantum opimus nisi tam crassus "). C'est ainsi que Thomas d'Aquin (+1274) est décrit avec humour par l'un de ses biographes. La formule est facétieuse mais elle n'est ni ironique ni dépréciative. Être gros au XIIIe siècle n'est pas dėvalorisant. Heureuse époque ! Tous les témoins contemporains ont souligné l'embonpoint hors du commun du grand théologien, "l'homme le plus gros qui jamais fût ", précise même l'un de ses disciples. Sur ce terrain, Thomas rejoint Platon, qu'une tradition ancienne et récurrente présente comme "de haute taille et de forte corpulence". J'avoue éprouver une certaine satisfaction à savoir que deux des plus grands penseurs de l'Occident étaient obèses. De nos jours, il est tellement fréquent de croire que la lourdeur du corps est incompatible avec l'agilité de l'esprit. ..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
meslinoulautremeslinoulautre   11 mars 2017
"De même, nous qualifions de "rouge" un vin qui n'est pas vraiment rouge ; de "noir" un raisin qui est violet ; et de "blanc" un raisin dont la teinte se situe entre le vert et le jaune. Cela ne nous nous gêne pas. Ces écarts entre la couleur telle et la couleur nommée à propos de produits de consommation courante, ou bien à forte dimension symbolique comme le vin, nous rappellent combien les couleurs sont avant tout des conventions, des étiquettes, des codes sociaux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
oranoran   25 juillet 2016
page 242 - Citation du philosophe Ludwig Wittgentein
Si l'on nous demande : que signifient les mots rouge, bleu, noir, blanc ? Nous pouvons bien entendu montrer immédiatement des choses qui ont de telles couleurs. Mais notre capacité à expliquer la signification de ces mots ne va pas plus loin.
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Michel Pastoureau (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Pastoureau
Payot - Marque Page - Michel Pastoureau - le loup
autres livres classés : couleurVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
832 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre