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ISBN : 2021342190
Éditeur : Seuil (12/10/2017)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Dans son ouvrage Les Couleurs de nos souvenirs, Michel Pastoureau s'était intéressé à l'histoire des rapports entre couleurs et société sur plus d'un demi-siècle (1950-2010). Poursuivant ses enquêtes, il les fait porter sur une période plus courte et propose aujourd'hui un regard et une réflexion sur les pratiques de la couleur de notre temps.
Fait de notes prises sur le vif, d'expériences personnelles, de propos débridés, de digressions savantes ou de récit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Dossier-de-l-Art
  26 février 2018
Michel Pastoureau le dit lui-même dans son ouvrage, les libraires ont parfois du mal à classer ses livres sur les étagères de leur boutique : les rayons histoire, histoire de l'art, sociologie ou même mode et design peuvent en effet se disputer ses écrits. Or, Une couleur ne vient jamais seule est encore plus difficile à répertorier. C'est évidemment un essai
sur les couleurs, qui relève autant de l'histoire que de l'histoire de l'art. Mais c'est aussi un journal intime, un récit autobiographique et une chronique amusée des errances chromatiques de notre temps. le héros en est l'auteur, qui narre ses aventures lors de déplacements professionnels, pendant ses villégiatures, ou tout simplement en revenant de flâneries dans Paris. Les anecdotes sont savoureuses, tout comme certains épisodes, dont le comique de situation est digne de Molière. L'horreur suscitée par une parure de draps noirs charbon dans un des hôtels les plus chics de Zurich est désopilante (« l'inquiétante literie de luxe » finira roulée en boule dans le couloir). de même que « l'humiliation en jaune » qui narre les mésaventures de Michel Pastoureau professeur invité à l'université de Dresde, dont le cours a été placé dans la catégorie « jaune » et non « rouge » selon la hiérarchie tatillonne de l'établissement. Les doctorants et les professeurs eux-mêmes n'ont donc pas l'autorisation d'assister à ce cours « déclassé », pourtant préparé avec amour, et en allemand, par le pauvre enseignant dépité.
Plus sérieusement, et au-delà de l'humour caustique qui en rend la lecture très agréable, le livre propose une savante incursion dans les moeurs contemporaines. Et à ce titre, il est aussi un ouvrage d'ethnologie qui observe avec une grande acuité et par un biais très original notre façon de vivre et d'assumer notre héritage coloré. Les textes, rédigés entre janvier 2012 et décembre 2016, classés selon les teintes et leurs nuances, abordent aussi bien la couleur dans l'urbanisme que dans le vocabulaire, le jeu sportif ou le vêtement. Ils cernent au plus près les évolutions récentes de la signification du rouge, du bleu, du jaune et du vert grâce à l'héraldique, à l'histoire des symboles ou encore en se fondant sur la création artistique. Rien de pédant pourtant dans le style de M. Pastoureau, qui sait parfaitement expliquer au profane sans qu'il y prenne garde et intéresser le lecteur averti par la subtilité de ses analyses. Il faut aussi noter que les pages sur Henri Pastoureau, père de l'auteur et ami des surréalistes (notamment d'André Breton), apportent un éclairage singulier sur l'histoire de ce mouvement littéraire. Mais surtout, il faut souligner la parfaite édition de l'ouvrage, d'une qualité autrefois courante, aujourd'hui trop rare. Imprimé dans une police élégante dont les caractères sont lisibles, illustré d'un petit cahier central d'excellentes photographies, le livre comporte une table des matières et des reproductions détaillées, un index complet et une bibliographie thématique exhaustive, qui fait une large place aux publications les plus récentes. Cette promenade dans les couleurs du temps est donc jubilatoire à tous égards.
Par Christine Gouzi, critique parue dans L'Objet d'Art 542, février 2018
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keisha
  26 mars 2018
Finalement, avant d'attaquer les sommes de Michel Pastoureau sur une couleur particulière, j'ai bien fait de démarrer par Les couleurs de nos souvenirs, et de choisir ensuite ce Journal chromatique intitulé Une couleur ne vient jamais seule.
Il s'agit de courts textes, courant de 2012 à 2016, écrits au fil du temps, selon les déplacements ou souvenirs de l'auteur. Comme d'habitude, c'est extrêmement agréable à lire (l'auteur pourrait être beaucoup plus abscons, mais il s'y refuse, merci à lui) , amusant souvent, intéressant toujours. Quelques rappels reviennent, forcément (mais la répétition est pédagogique), et ce septuagénaire un poil enveloppé et parfois râleur (c'est lui qui l'avoue) se révèle un bon compagnon de voyage pour le lecteur.
Sans trier, sans fournir de joli résumé, j'ai noté quelques passages qui m'ont plu pour diverses raisons.
* Un bac vert à ordures, bien classique, avec une grosse étiquette "bac jaune" sur fond jaune : il est clair qu'il doit recevoir les ordures destinées à des bacs jaunes.
"Le mot l'emporte sur la coloration "
Pareil pour le vin blanc, qui est tout sauf blanc.
* Ou j'apprends que
"Parvenu à l'âge adulte, un non-voyant de naissance possède à peu-près la même culture chromatique qu'un voyant; ce qui n'est nullement le cas d'un daltonien."
* Invité à donner dix heures de cours dans une université allemande, il constate que le professeur l'ayant invité n'y assiste pas. Explication : ce cours de licence est classé jaune et un super Herr Professor ne peut y aller!
* Pourquoi les voitures postales sont-elles jaunes?
* La mer est-elle bleue? Pas au Moyen âge...
* Petit exercice : lire sans trop hésiter
JAUNE BLEU ORANGE NOIR ROUGE VERT VIOLET JAUNE ROUGE ORANGE VERT NOIR BLEU ROUGE VIOLET VERT BLEU ORANGE
* Quand Michel Pastoureau est invité dans une famille comprenant un enfant, il offre à celui-ci une boîte de peinture. Où l'on apprend que le classement des couleurs n'était pas le même avant Newton... "Le vocabulaire des couleurs de nos langues européennes modernes ne reflète en rien le spectre mais bien le classement d'Aristote."

* Ses drapeaux préférés : japonais, jamaïcain, norvégien, danois, écossais, mais au-dessus, c'est celui du Groenland, décrit ainsi en langue du blason "coupé d'argent et de gueules, au tourteau-besant de l'un en l'autre déjeté à dextre." La classe, et la concision.
Drapeau du Groenland
* Pour terminer, cher Monsieur Pastoureau, nous avons sans doute joué (et appris départements et préfectures) avec le même puzzle des départements et ses couleurs pastel rose, jaune pâle, vert pâle, mauve et orangé... (je vous signale en même temps qu'il s'agit du théorème des quatre couleurs, non pas formule ou équation)
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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som
  14 janvier 2018
Le pape de l'histoire des couleurs poursuit son journal chromatique. de 2012 à 2016, Michel Pastoureau y relève la place et l'usage de la couleur dans la vie quotidienne. Il décortique ces (parfois) drôles de pratiques tout en fustigeant les excès de l'époque et en partageant avec son lecteur ses agacements et ruminations.
Avec son érudition et sa malice légendaires, sont passés au crible le noir du maillot de l'équipe de rugby néozélandaise, la mystérieuse origine du maillot jaune du Tour de France ou la déclinaison chromatique du banana split. Au fil de ses annotations, l'historien s'attarde également sur la différence entre les couleurs et leurs nuances, en pointant particulièrement l'hallucinante créativité dont font preuve les publicitaires pour dénommer les gammes chromatiques dans les objets du quotidien. Ah le gris sublime, le blanc des Alpes et autre rouge Carpaccio ! Michel Pastoureau peste et bougonne. Il est alors aussi drôle qu'il sait être passionnant.
Que cet essai soit dégusté avec parcimonie ou dévoré avec passion, le lecteur portera assurément, après cette lecture, un regard plus affuté et attentif à son environnement. Lecture revigorante.
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vincentf
  13 octobre 2018
Les couleurs ont une histoire et elles en racontent. Michel Pastoureau passe sa vie à les observer, ces histoires et ces couleurs. Il les traque dans des fragments de Moyen Age et dans ce quotidien du vingt-et-unième siècle qui le dégoûte mais dont ses yeux sont insatiables, qu'il déambule agacé dans un musée du Louvres souillé par trop de touristes ou qu'il contemple les carrosseries des parkings et celles, plus vives, des plages bretonnes.
Il n'oublie pas bien entendu de faire son « professeur de couleurs » (le sien se nommait André Breton) et de rappeler que culturellement, les couleurs sont au nombre de onze, six principales - le blanc, le noir (qui sont définitivement des couleurs), le vert, le rouge, le bleu et le jaune – et cinq secondaires : le gris, le brun, l'orangé, le rose et le violet. Tout le reste n'est que nuances. Ce que montrent surtout les errances de ce vieux copain des couleurs, c'est la puissance symbolique de celles-ci mais aussi leur relativité.
Mais levons les yeux. Tentons d'imiter Michel Pastoureau, la science en moins. Quelles sont les couleurs ici et maintenant ? du gris presque blanc à l'extérieur, du brouillard, comme un voile sur les couleurs trop criardes. Dedans, du gris plus sombre, du brun clair, du blanc, des couleurs fades. Seuls ces trois porte-documents négligemment posés sur ma table – un rose, un jaune, un violet - égaient ce morne début de matinée : ce sont mes dossiers de corrections pour la semaine prochaine, comme quoi en effet, en matière de couleurs, tout est relatif. Il faudra bientôt que je sorte mon stylo rouge et toute sa symbolique agressive, mais lovons-nous encore quelques instants dans le calme grisâtre d'une matinée encore empreinte de la brume des rêves en noir en blanc.
Lien : http://www.lie-tes-ratures.c..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
benlebbenleb   27 juin 2018
Il existe mille activités pour passer le temps et mille autres pour lutter contre le stress, toutes plus enrichissantes que celle-là. Ne serait-ce que la lecture, le dessin, la peinture, la musique, la marche, la pratique d'un sport, voire, plus simplement encore, manger du chocolat, observer ses contemporains ou rêvasser sur un banc en regardant la mer, les arbres, la campagne...

Mais colorier de manière répétitive des cases dessinées à l'avance ? Dans quel but ? Pour ne plus penser ? Penser serait-il nuisible à la la santé ? L'être humain doit-il transformer son cerveau en endive pour trouver la sérénité ?

Je suis cruel avec les endives.
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somsom   14 janvier 2018
p. 57 Il faut toujours commencer par le dessert, on ne sait jamais ce que la suite nous réserve.
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