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ISBN : 2757867318
Éditeur : Points (04/05/2017)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Aimez-vous le vert ? À cette question les réponses sont partagées. En Europe, une personne sur six environ a le vert pour couleur préférée ; mais il s'en trouve presque autant pour détester le vert, tant chez les hommes que chez les femmes. Le vert est une couleur ambivalente, sinon ambiguë : symbole de vie, de sève, de chance et d'espérance d'un côté, il est de l'autre associé au poison, au malheur, au Diable et à ses créatures. Le livre de Michel Pastoureau retrac... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
deidamie
  29 juillet 2018
« Bonjour les Babélionautes ! Aujourd'hui, on va parler d'histoire.
-Oh non... Les faits, ça me gonfle, la guerre, ça me déprime, les intrigues, ça me fatigue…
-Rassure-toi, rien de tout cela dans le livre du jour ! Tu verras au pire un teinturier frauder, rien de foufou.
Je soupçonne M. Pastoureau de n'être pas un passionné des champs de bataille ni des alliances politiques : sa bibliographie est consacrée non à l'étude des faits, mais à l'histoire de la culture et des symboles ou à la vie quotidienne. En bref, il s'intéresse à ce que contient la tête des gens à travers les âges, aux usages, aux coutumes, aux croyances… après quoi, il en fait des livres.
-Et ils sont accessibles, au moins ?
-Je n'ai pas éprouvé de difficulté sur Vert. Histoire d'une couleur. Il utilise une syntaxe claire, il explique chacun des termes, se montre précis dans les chronologies : oui, nous sommes face à un ouvrage de vulgarisation.
-Mais c'est pas un peu absurde de pondre des réflexions sur le vert ? Ou sur n'importe quelle couleur, d'ailleurs ? le vert, c'est le vert, tout le monde le reconnaît, pas besoin d'en faire des pages !
-Hé bien si, figure-toi ! La perception des couleurs et leur définition changent avec les siècles et les civilisations. Tiens, les Dothrakis*, ils n'ont pas de mot pour « orange », par exemple.
La partie sur l'Antiquité ne m'a pas passionnée, sans grande surprise, parce que je me doutais que nous n'avions que trop peu de données fiables pour commenter la connotation du vert. le Moyen Age devient très vite plus intéressant, avec moult anecdotes méconnues ou faits amusants.
Le vert est une couleur ambiguë, considérée comme peu fiable tout en étant admirée comme l'une des couleurs les plus belles de la création au printemps.
Par un jeu d'association d'idées plus ou moins absurde, j'ai repensé à la Belle au bois dormant de Disney. Maléfique apparaît et disparaît dans une fumée verte, et les flammes du dragon sont vertes, un vert pâle fortement teinté de jaune, un peu fantomatique, bien que destructeur. Facile à interpréter : le mal, la sorcellerie… cependant, l'une des trois fées bienveillantes est vêtue de vert, mais un vert moins pâle.
-Tu veux dire que Disney a lu Pastoureau ?
-Mais non, bête. Je suppose simplement que les dessinateurs avaient conscience du double aspect du vert et qu'ils en ont exploité différentes nuances pour nous faire comprendre quel vert jouait un rôle néfaste, quel autre bénéfique.
Il est très probable que je me trompe, que les animateurs se sont contentés de suivre les directives d'un chef ou de principes simples de l'ordre du « c'est la couleur qui tranchera le mieux avec le fond ».
Que je me trompe ou non, les textes de M. Pastoureau possèdent la qualité suivante : ils peuvent te conduire à examiner les oeuvres littéraires ou audiovisuelles avec un regard différent. Cela m'était arrivé avec le texte sur l'ours, et l'expérience s'est reproduite avec le vert.
Je regrette un peu quelques répétitions, un chouïa trop de « chimiquement instable », j'aurais voulu d'ailleurs plus de détails sur ladite chimie, n'y connaissant rien. Je comprends facilement pourquoi certains verts sont toxiques ou corrosifs, mais pourquoi exactement est-il si difficile de fixer la couleur ? Que se passe-t-il dans les jus de fougères ?
Quoi qu'il en soit, j'ai passé un plaisant moment à m'instruire, jusqu'à cette conclusion porteuse d'espoir. »
*Peuple fictif jouant un rôle important dans la saga Game of Thrones.
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Momiji
  02 septembre 2014
Le vert est ma couleur préférée : elle me rend joyeuse, va bien avec la couleur de mes cheveux (considération très intellectuelle, vous aurez noté), me fait penser à la nature, bref, je la trouve pleine de pep's et en harmonie avec ma personnalité. Michel Pastoureau, si vous ne le connaissez pas, est un historien médiéviste, spécialiste de la symbolique des couleurs, des emblèmes et de l'héraldique. J'ai donc attendu avec impatience la sortie du volume qui lui serait dédié, le Noir (en 2000) et le Bleu (en 2008) ayant eu précédemment cet honneur. Autant vous dire que quand je l'ai eu entre les mains, mon sentiment était proche de celui qu'aurait eu Arthur entrant en possession du Graal. Et en le refermant, j'ai l'impression d'avoir accompli une quête (de connaissances) aussi précieuse et noble que celle des chevaliers de la Table ronde.
Pourquoi ? Parce que ce livre est une prouesse documentaire extrêmement fine et fouillée, allié à l'esthétisme d'un très bel ouvrage faisant la part belle à l'iconographie. Celle-ci constitue tant un appui à son propos que des pages de respiration propices à éveiller l'imaginaire, à nous emmener en voyage dans des contrées, époques et univers variés. Surprenantes à chaque fois, elles sont autant de pauses que de prolongements de la réflexion. le Vert est un livre qu'on prend plaisir à tenir en main. Il est certes volumineux et assez grand, mais cela participe de sa majesté. Il fait clairement partie de ceux dont je ne me séparerai pas.
La forme attire l'oeil, mais c'est le fond qui le retient. Comment Michel Pastoureau réussit-il donc à retenir notre attention avec une telle aisance sur 240 pages ? La réponse coule de source : tout en faisant preuve d'une érudition impressionnante, il a su rendre son savoir accessible en mariant un langage riche et précis à une syntaxe simple et efficace, qui suit un fil chronologique et une zone géographique, celle de l'Europe. L'auteur a en effet volontairement restreint le champ d'étude à ce continent, pour des raisons culturelles : l'étude de la perception du vert sur ce territoire recouvre déjà une forte complexité, qui serait devenu trop contradictoire s'il avait fallu prendre en compte les cultures du monde entier. Ce qui n'empêche pas Michel Pastoureau, quand besoin est, de faire un rapide parallèle avec d'autres cultures. Je pense notamment à celle de l'Islam. En évitant par ailleurs les voyages dans le temps, il établit déjà une structure nette, en plusieurs chapitres, chacun donnant le ton de l'appréciation de la couleur à l'époque sur laquelle il se concentre. Et comme j'ai déjà pu en parler à plusieurs reprises (je pense notamment à Khadija où je mentionnais un de mes professeurs d'Histoire), il use d'un procédé plaisant et qui a fait ses preuves : l'art de l'anecdote, qui ancre durablement en nous la connaissance des faits et la compréhension des moeurs, époques et contextes.
On se balade dans les siècles et on découvre comment cette couleur instable, chimiquement difficile à fabriquer et à fixer, est peu à peu apparu dans les bijoux, tableaux, vêtements. On apprend avec surprise son absence notoire des blasons, le rôle qu'il a joué dans les déclarations d'amour, qu'il a été célébré dans les poèmes avant d'être voué aux Gémonies, notamment par des théoriciens de l'Art au XIXème siècle, puis à nouveau mis sur un piédestal. le vert a fasciné l'humanité et a tour a tour été une couleur apaisante, secondaire, complémentaire, maudite et fourbe, chanceuse, avant de s'inscrire jusqu'à aujourd'hui comme la couleur de la Nature, de la santé et de l'écologie. En prenant un angle d'analyse par chapitre (qui chacun couvre une période de 2 à 3 siècles), l'auteur nous fait découvrir le paysage de sociétés en évolution constante mais où des symboliques persistent et s'installent durablement dans l'inconscient jusqu'à aujourd'hui. Un des passages que j'ai adorés et qui illustre ce que je viens de vous dire est celui qui explique pourquoi le vert est une couleur mal vue au théâtre. Ça vient de loin et ce n'est pas qu'une simple superstition !
Je pourrais vous parler de ce livre formidable pendant des heures tant il m'a passionnée, alors je vais juste vous conseiller de vous plonger dans ce bain de vert, rafraîchissant et apaisant d'après moi ! Et si vous n'aimez pas le vert, en plus des deux volumes consacrés au noir et au bleu, sachez qu'il a aussi un petit concentré de l'histoire des couleurs qui se savoure en un rien de temps et qui constitue une très bonne introduction au sujet : le petit livre des couleurs, co-écrit avec Dominique Simonnet.
Lien : http://wp.me/p12Kl4-pO
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som
  24 août 2014
Après le Bleu et le Noir, Michel Pastoureau s'attaque à la couleur verte. Dans l'esprit de sa collection, l'historien s'attache dans ce bel album à en retracer l'histoire sociale, artistique et symbolique. Couleur incertaine jusqu'à l'an mille, le vert devient l'emblème de la courtoisie au moyen-âge, avant de revêtir des aspects plus dangereux au cours des XVe et XVIe siècles. Les grandes découvertes scientifiques de l'époque suivante vont la reléguer à la condition de couleur secondaire avant qu'elle ne revienne en grâce à la fin du XIXe siècle comme symbole apaisant et positif.
On retrouve avec un grand plaisir le travail de Pastoureau : analyse brillante, rigueur universitaire, bibliographique complète en fin d'ouvrage, écriture alerte et une magnifique iconographie. « Vert » allie avec brio les qualités des documentaires les plus fouillés, le plaisir de lecture d'un ouvrage destiné à tout public et le raffinement d'un livre d'art.
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Fabrice38
  04 août 2017
De nos jours la couleur verte évoque la nature, la santé avec la croix des pharmaciens voire même une orientation politique. Mais cette couleur n'a certainement pas eu toujours ces significations.
Michel Pastoureau, historien et spécialiste des couleurs, nous relate avec brio l'histoire de cette couleur, qui d'un statut quasi inexistant dans les textes de l'époque grecque, évoquera dès le Moyen-Age la chance, la jeunesse de l'amour mais aussi l'instabilité, le changement. Il était en effet très difficile de fixer la couleur verte à cette période …
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Adenolia
  29 octobre 2014
A écouter: Michel Pastoureau sur le site web du Louvre: http://www.louvre.fr/les-couleurs-du-moyen-agepar-michel-pastoureau
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   25 novembre 2013
Depuis maintenant un demi-siècle, l’historien médiéviste français Michel Pastoureau se penche sur toute la palette des couleurs. Et avec Vert, il nous en fait indiscutablement voir des vertes et des pas mûres.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
museumdetoulousemuseumdetoulouse   18 juillet 2014
Aimez-vous le vert ? A cette question les réponses sont partagées. En Europe, une personne sur six environ a le vert pour couleur préférée ; mais il s'en trouve presque autant pour détester le vert, tant chez les hommes que chez les femmes. Le vert est une couleur ambivalente, sinon ambiguë : symbole de vie, de sève, de chance et d'espérance d'un côté, il est de l'autre associé au poison, au malheur, au Diable et à ses créatures.
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RuniRuni   10 janvier 2018
Mais peu importe. Ce qui est certain, c’est que Néron aime le vert, les émeraudes, la verdure et les poireaux.
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Videos de Michel Pastoureau (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Pastoureau
Depuis quand défend-on les animaux ? .Table-ronde de la Fabrique de l'histoire avec Michel Pastoureau et Eric Baratay. Animée par Emmanuel Laurentin et Béatrice Bouriol, enregistrée lors du Forum France Culture "Animal ?" à la Sorbonne le 13 janvier 2017. A écouter en intégralité ici https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/depuis-quand-defend-t-les-animaux
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