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EAN : 9782253101253
168 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/2020)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 99 notes)
Résumé :
« Le poisson rouge tourne dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Les ingénieurs de Google ont réussi à calculer la durée maximale de son attention : 8 secondes. Ces mêmes ingénieurs ont évalué la durée d’attention de la génération des millenials, celle qui a grandi avec les écrans connectés : 9 secondes. Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
cascasimir
  27 juillet 2019
Ne me regardez pas avec des yeux de merlan frit, si je vous dis que je n'ai que 9 secondes d'attention, comme un poisson rouge, à cause du smartphone et des réseaux sociaux...

L'auteur démontre que nous sommes dépendants du smartphone, comme un joueur au Casino, à cause du modèle de la récompense aléatoire mis en évidence par le psychologue Burrhus Frédéric Skinner( travaux à partir de ceux de Pavlov et de John Watson, pas le docteur, mais le comportementaliste John Watson!)
Euh, vous me suivez ou vous avez décroché ?

Comment ça marche?
Je serai muet comme une carpe, mais il est question de rongeur appuyant sur un bouton pour avoir de la nourriture. Le cobaye ne l'actionne que quand il a faim, puis les règles changent...
Pas de nourriture parfois et la quantité change, alors, l'animal appuie de façon compulsive, même quand il est rassasié !

Comme pour une machine à sous!
Comme sur "Tinder" ( avouez que vous avez essayé de pécho, de pêcher... une fille, une jolie sirène sur "Tinder!") Les profils proposés tendent vers vos désirs, et cela vous oblige à rester connecté.
L'hameçon est là !

Comme pour Babelio, avec ses médailles (qui a pensé à moi, m'a écrit, m'a liké... Non?)
Et quel nouveau livre vais-je découvrir ?
N'oubliez pas d'apprécier mon billet, hein!

Pourtant au départ, Internet devait déboucher sur un monde meilleur. Si tous les marins du monde se donnaient la main...
Mais moi, qui suis un grand pêcheur... devant l'Éternel, je sais qu'on ne peut appâter sans leurre...

Les requins de Google, et les autres, ont trouvé un modèle gratuit qui se finance grâce à la Pub. Pour attirer les annonceurs, les plateformes doivent capter l'attention en stimulant les utilisateurs, les navigateurs, afin qu'ils voient les messages publicitaires, sans le comprendre...
Et hop dans le filet, la nasse aux poissons.

De quoi je parlais? Euh, souvenez vous:
En 2004, Patrick le Lay à TF1, déclarait :
- Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau disponible!
Vous pouvez éteindre le téléviseur, mais le téléphone est plus intrusif...
Nous pensons économiser du temps, grâce à nos applis, mais non! Et, je ne veux pas noyer le poisson...🐡

Le temps passé sur le téléphone a doublé entre 2012 et 2016. D'où la capacité de concentration des "Millenials" (ceux nés entre 1980 et 1990) de 9 secondes, comme un poisson rouge.
Au delà, leur esprit vagabonde...

Il y a anguille sous roche! Selon le "Journal of Social ans Clinical Psychology, il peut y avoir une menace pour la santé mentale, au delà de 30 minutes d'exposition sur les réseaux sociaux (Irritabilité, anxiété...)
Il y a un article terrible du Huffington Post, fin 2013, sur Casey 14 ans , dépendante des réseaux sociaux, de Facebook et consciente de l'être :
" Ce qui se passe vraiment dans l'IPhone d'une teen-ager." 🐳

Mais, le poisson rouge, des tests l'ont prouvé, peut apprendre à reconnaitre les couleurs (surtout le rouge :-) , à pousser une balle et à naviguer dans un labyrinthe.
S'il utilise son portable, c'est pour trouver la sortie grâce à Google Maps, ou parce qu'il s'ennuie, en tournant en rond, dans son bocal.🐬

Bon, ça va finir en queue de poisson, mais si vous avez aimé ma chronique, n'oubliez pas de liker et de vous abonner! 🐠
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sultanne
  12 juillet 2019
Un essai qui a au moins le mérite de toucher du doigt une problématique terriblement actuelle, et de le mettre à la portée de tous, dans un langage à la fois simple et méthodique : premier bon point, ça, c'est fait !
Dans un premier temps, l'auteur s'attache à nous révéler les grandes théories qui permettent aux géants du web de mettre en place un véritable "marché de l'attention" ; des théories très scientifiques et éprouvées dont les GAFA n'ont ni la primeur, ni l'exclusivité, n'en déplaise à ceux qui crient haro sur le web... les jeux d'argent et de hasard, le commerce et la grande distribution, et bien d'autres encore, jouissent depuis très longtemps de ces connaissances sur le fonctionnement de l'esprit humain, alors pourquoi pointer du doigt tout particulièrement les géants du web ?
Dans un second temps, l'auteur se perd dans un dédale de considérations, pas toujours dénuées d'intérêt, il faut le dire, mais trop souvent désorganisées, dans lesquelles il s'évertue à montrer que le "marché de l'attention" déstabilise la machine journalistique, crée de l'information parallèle de très mauvaise qualité et embrigade le cerveau humain dans de nouvelles formes d'addictions... certes, mais au final, il ne nous en apprend pas plus que ça, je n'avais pas besoin de cette lecture pour avoir conscience du problème que représente le contenu web sur l'attention de mes enfants, de mes élèves, de mon conjoint et, peut-être aussi, sur ma propre personne...
Qu'en est-il alors lorsqu'il propose des solutions ? Et bien, Bruno Patino n'innove pas tellement en nous proposant une méfiance accrue, en nous encourageant à vérifier les informations croisées sur le web avant de les tenir pour vraies et en conseillant aux parents de limiter son accès à leurs enfants... on tourne en rond, comme un poisson dans son bocal (Tiens, l'image me dit quelque chose, mais quoi ?) et finalement, passé l'amusement des premières pages, j'ai attendu jusqu'à la dernière goutte un choc, une révélation ou une analyse flamboyante...
A bien y réfléchir, il ferait presque naître en moi un soupçon de révolte face à cette description d'un humain dénué de tout regard critique, qu'il décrit comme un animal aussi bête que mes pieds, qui ne demande qu'à se perdre, à se faire berner et se méprendre. Bruno Patino oublie que l'Homme est un animal pensant qui peut couper son téléphone s'il le souhaite, que tous ne se précipitent pas sur les notifications facebook au moindre gong, que l'on passe tous encore des soirées entre amis en oubliant le son de la télé en arrière-plan et que, il faut le dire tout de même, même conscients des dangers de l'internet, nous sommes, pour beaucoup, tout à fait capables d'en reconnaître l'utilité... Non mais...
Et à bien y regarder, ce Bruno Patino n'est pas en reste en ce qui concerne ce fameux "marché de l'attention" : son livre est disponible gratuitement à qui veut bien faire un simple saut sur les plate-formes d'e-book, et ce depuis sa sortie, sans que l'auteur n'ait visiblement levé le petit doigt pour réagir contre ce qu'il aurait du considérer comme une ignominieuse manoeuvre pour le déposséder de sa précieuse création... Je deviens incisive, je m'en excuse, mais aurait-il compris que la commercialisation classique de son livre ne lui aurait pas rapporté plus de quelques Kopecks, et qu'une telle manoeuvre, visant à le rendre gratuitement disponible en ligne, assurerait à sa production une visibilité quasi illimitée, et que les réactions qu'elle génèrerait se retrouveraient à coup sûr sur quelques réseaux sociaux bien choisis, sur quelques plates-formes littéraires comme celle-ci et sur le blog d'"influent people" prêts à consacrer un article à son oeuvre d'art si percutante ???
'fallait pas m'prendre pour un poisson...
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Flaubauski
  10 juillet 2019
Dans cet ouvrage, Bruno Patino dresse le portrait d'une société qui a de plus en plus de mal à rester concentrée longtemps sur une même chose, faisant le parallèle avec une étude qui aurait permis de se rendre compte du temps d'attention du poisson rouge, temps d'attention qui serait finalement plus long que celui d'un ado actuellement. En soi, à voir, à entendre, et à discuter avec mes élèves chaque jour, je ne peux que, pour un certain nombre d'entre eux, confirmer malheureusement ce portrait – c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je m'intéresse à ce sujet depuis bien longtemps -.
Après avoir dressé ce portrait alarmiste, l'auteur en passe par un historique expliquant cette situation qui, selon lui, peut porter le nom de « capitalisme de l'attention », et par laquelle les grosses entreprises du Net – Facebook et Google principalement – ont fait main basse sur les données et les cerveaux de ceux qui utilisent leurs applis : où, par exemple, l'on fait jouer la dépendance aux écrans par l'utilisation des notifications qui rappellent sans cesse à l'utilisateur l'impérieuse nécessité d'aller regarder de quoi il est question. Il revient également sur la place du journalisme au milieu de ce fatras que sont par exemple Facebook ou Twitter, et de leur façon de placer aux premières loges la news la plus partagée, et pas la plus véridique, créant des places à fake news qui nuisent aux véritables journalistes, déconsidérés comme tels.
Enfin, une présentation de diverses solutions est proposée pour un retour à une navigation sur le Net plus libre et plus autonome, qui permettrait de se libérer de ce capitalisme de l'attention qui gangrène notre société.
Comme le montre ce que j'ai précédemment développé, le traité de Bruno Patino est bien construit, progressant en différents points qu'il est très facile de suivre. de plus, son argumentation, riche d'exemples et renvoyant à des sources précises indiquées en bibliographie, est accessible à tous. Qui plus est, elle prend exemple sur son cas personnel, montrant ainsi que tout le monde ou presque est concerné par ce problème de société qui ne risque que d'aller en s'accentuant, et que pour lui, il n'est pas question de juger, mais bien de s'alarmer à ce sujet.
Malgré tout, étant déjà au fait de tout ce qui est énoncé dans ce traité, je n'ai rien appris de plus que ce que je connaissais déjà sur le sujet, et j'ai en plus trouvé les solutions proposées peu pertinentes, même si bien développées. En dépit de la brièveté, je m'attendais à quelque chose de plus poussé, qui m'aurait permis de mener plus loin ma réflexion. Tant pis, j'ai tout de même trouvé ma lecture agréable !
Je remercie Netgalley et les éditions Grasset de m'avoir permis de découvrir cet essai.
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Bazart
  08 juin 2020
Bruno Patino, directeur éditorial d'Arte France et directeur de l'école de journalisme de Science Po nous cite en exemple de son dernier essai, nous parle du poisson rouge incapable dans son bocal de fixer son attention au dela de 8 secondes.
Il cite aussi en exemple un autre animal, la souris de Skinner que les plateformes numériques utilisent en exemple
Ils créent ainsi un marché de l'attention pour des entreprises mondiales comme les GAFAM.
Les écrans sont paramétrés par tout un système qui noient l'homme sous notifications et les sollicitations de tous genres. Tel le poisson, nous pensons découvrir un univers à chaque instant, sans nous rendre compte de la répétition dans lequel les interfaces numériques nous enfermes.
Une démonstration implacable,, qui manque certes parfois sans doute un peu de nuance sur les hommes-machines que nous sommes devenus et qui met à mal l'êre de l'utopie numérique .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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BuffaloVoice
  05 août 2019
[Essai, Grasset, juin 2019] le poisson rouge, d'après des études sérieuses que je renonce à aller vérifier, bénéficierait d'une attention à ce qui l'entoure de 8 secondes. le millenial, cet être étrange comme tous ceux qui sont nés avant ou après nous, ne donnerait plus que 9 secondes de son intérêt avant de rechercher sa dopamine dans une nouvelle sollicitation numérique. Que s'est-il passé ?
Le capitalisme de l'attention a triomphé, ponctuellement, dans un Internet en pleine gueule de bois, à l'heure où ses plus saillants inventeurs, venus de la contre-culture, se constituent prisonniers et repentis, et où ses plus opportunistes constructeurs continuent de pointer les mauvais éléments du doigt comme perturbateurs de la grande fête, sans jamais remettre, pour le moment, leur structure économique en question. Qui, pourtant, les encourage, s'essouffle, et commence à se voir.
Bruno Patino, qui a participé depuis ses débuts à la mise en place des modèles numériques de la presse française, ne fait partie ni des premiers – « Il est inutile de nous en vouloir puisque nous avons été trahis », ni des seconds, puisqu'il envisage de combattre ces constructeurs effrénés et de guérir une population mondiale d'infectés, en premier lieu en nommant le mal, et posant un diagnostic pondéré, argumenté et contextualisé. Il n'est ici aucunement question d'une charge contre le numérique, de la part « d'illettrés qui se piqueraient de nous apprendre à lire », ni d'une vue surplombante admonestant tout un chacun de décrocher (les mécanismes de l'addiction et de la persuasion employés par les firmes étant douloureusement rappelés et prouvés), aucun effet dramatique à l'américaine « j'ai construit un monstre, je dois le détruire », et pas de catastrophisme appuyé. Il n'en a pas besoin, son simple point d'étape se passant largement d'effets spéciaux pour vriller une indicible peur au ventre.
Ce qu'il fait pour nous de considérable, c'est une synthèse claire (166 pages, avec pistes de lectures pour creuser chaque point soulevé - le perpétuel débutant ne sera pas rebuté par des termes techniques fumeux ou des sigles indigestes) de l'histoire des nouvelles technologies, ou plutôt de ce qui a mal tourné entre les objectifs de ses créateurs et la déviance de leur utilisation (une Grande Histoire des Enfants sous LSD Manipulés par des Gourous pendant que leurs Parents sont à l'Eglise ou au Bistrot, en somme – et, hein, qu'est-ce qui pouvait mal tourner ?), un rappel des nombreuses théories de comportements, de syndromes divers des utilisateurs, de dérives déjà observées mais récapitulées et fourmillantes d'informations savoureuses (bibliographie alléchante et liens d'articles à fouiller en fin de volume), de rappels de faits, de personnages clés, de responsables identifiés, de lois, d'économie, de politique numérique, de psychologie, de philosophie qui rend son tableau inoubliable pour qui l'aura eu sous les yeux, durant les 3h de lecture nécessaires.
Pourquoi le fait-il ? Parce que cela ne peut plus continuer comme cela. Cela ne continuera pas bien longtemps, et mieux vaut anticiper la suite.
Bien, et que faire ? La dernière partie, évidemment ouvre des pistes, insuffisantes, bancales, contestables. En ressort toujours la même chose : combat politique lié à une prise de conscience de société et assortie d'une plus grande discipline personnelle, exactement de la même manière que pour les problématiques écologiques. Il donne aussi des raisons de ne pas laisser tomber facilement, et mollement, car rien n'est plié, et la manipulation – très génialement expliquée – de ceux qui ont tout intérêt à ce qu'on le croie, et qu'on ne se rebelle pas, ou qu'on pense se révolter d'une situation qui n'existe pas (voir l'analyse vertigineuse de la prétendue panique faisant suite au canular d'Orson Welles), est puissante.
Car fermer les yeux sur les pratiques globalement inadmissibles de ceux qui vous fournissent votre drogue, sous le prétexte de la cohérence personnelle est un argument vide, démonté depuis des lustres. On critique le numérique sans le quitter et cela choque ? C'est qu'on n'a définitivement pas pris la mesure de son étendue – toujours commodément, en France, du moins, réduit aux excès des réseaux sociaux. On critique la qualité de l'air et de l'eau, de la production de notre énergie, on critique nos maîtres, nos écrivains, nos agriculteurs. On repense nos positionnements, notre alimentation, depuis qu'on nous force à regarder la vérité de la production en face, on prévient, on partage les bons plans, les avancées salutaires. Pourquoi ne peut-on démonter plus systématiquement les économies Facebook, Netflix, Apple, Spotify, Google, sans trembler d'écorcher une idole ni pour autant y renoncer ?
Je constate en tout cas que tout ce que j'ai lu çà et là de critique sur la question, éparpillé, a bien été rassemblé et vu par un autre, qui sait exactement ce qu'il se passe, et vous le dit le plus sobrement possible, comme agent lui-même et non comme observateur retiré. Et bien, respirons. Parce que les attaques pour complotisme réactionnaire ou dépit de loser, dès qu'on s'attaque aux pratiques, obscurités et hypocrisies des GAFAM, elles aussi commencent doucement à se ringardiser. Enfin.
Bien que plutôt renseignée sur le sujet, j'y ai appris quantité de choses, et reprends courage : la grande idéologie béate de la transformation numérique incontestable et selon une unique méthode commerciale, va commencer à vaciller. Il faut plus d'ouvrages de ce genre, de la part de ceux qui pratiquent. Il ne faut pas abandonner le numérique aux concessionnaires stupides qui règnent dans un grand bluff qui commence à se dissiper, auprès d'un trop grand nombre d'utilisateurs qui refusent d'y connaître grand-chose, ce qui est fort pratique (« je n'y connais rien, pas étonnant que je fasse n'importe quoi, tant pis »). Dans les années 1980, nous ne connaissions rien au plastique et aux produits chimiques.
Ils seront tous démasqués tôt ou tard, ces pauvres pitres en consulting en mousse. Et connectés, nous le serons pour toujours. C'est le grand plan qui a déjà fonctionné. Mais sous quelles valeurs, et avec quelle maîtrise ? Il faut maintenant muter souplement et multiplier les chevaux de Troie contenant ce qui nous importe, et les sanctuaires intimes inviolables, férocement protégés. Se renseigner. Tenir.
Si vous voulez regarder ces coulisses pitoyables aussi, et j'allais dire « avant toutes » puisqu'elles organisent votre accès aux autres, je vous conseille donc pour commencer ce bouquin à jour, malin et rapide.
Il y en a quantité d'autres.
Lien : https://pamelaramos.fr
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
PsychikFabPsychikFab   29 juin 2020
Même impatience dans le domaine musical. Deezer ou Spotify ont changé la nature de l'industrie musicale :il lui fallait vendre des disques, il lui faut désormais faire écouter ses titres, au moins pendant 11 secondes. Car la rémunération commence à ce moment et les utilisateurs ont la même impatience vis-à-vis de Spotify que vis-à-vis de Facebook quand il s'agit de découverte. Les créateurs de musique, celle qui se destine à être écoutée sur ces plates-formes, le savent:tout doit être suffisamment exposé pendant les 10 premières secondes pour avoir une chance d'exister.
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PsychikFabPsychikFab   29 juin 2020
Quant à Netflix, après avoir joué sur l'enchaînement automatique des épisodes pour créer la dépendance, elle encourage une écriture qui prévoit, dès le quatrième épisode, suffisamment de rebondissements pour que l'on ne puisse plus quitter la série, quitte à tordre le scénario, et perdre en subtilité et en crédibilité.
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cascasimircascasimir   26 juillet 2019
La société numérique rassemble un peuple de drogués, hypnotisés par l'écran. A trop faire le parallèle avec les habitudes qu'avaient créés chez nous les journaux, la radio, la télévision, nous n'avons pas pris garde au glissement de l'habitude vers l'addiction.
Trois éléments distincts définissent le problème:
la tolérance, la compassion et l'assuétude.
La tolérance énonce la nécessité pour l'organisme, d'augmenter les doses de façon régulière, pour obtenir le même taux de satisfaction.
La compassion traduit l'impossibilité, pour un individu, de résister à son envie.
Et l'assuétude, la servitude en pensée et en acte, à cette envie, qui finit par prendre toute la place dans l'existence.
Le simple énoncé de ces critères conjugués à l'observation de nous-mêmes et de notre entourage force le diagnostic:
Nous sommes sous emprise!
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hupomnematahupomnemata   13 décembre 2019
Cette fausse nouvelle avant l'heure n'est pas passé inaperçue, elle a touché ceux qui y ont été exposés. Mais peu y ont cru vraiment, et c'est d'avoir failli y croire qui provoque la colère : "Pendant un moment, j'ai vraiment cru que les extraterrestres étaient arrivés." L'inquiétude ne résulte pas d'une crédulité avérée, mais d'une crédulité possible, chez soi en premier lieu, chez les autres ensuite.
Car ceux qui relaient le plus l'existence d'une panique collective sont justement ceux qui ne se sont pas laissé prendre, mais qui sont persuadés que les autres y ont cru, et qui, de ce fait, réclament l'interdiction des fictions radiophoniques. Dit autrement, ceux qui crient à la panique sont justement ceux qui n'ont pas cédé.
C'est au nom de la faiblesse supposée d'un public moins "averti" que les autorités américaines sont intervenues sur les politiques éditoriales des radios. Et ce n'est pas la panique de ceux qui ont pensé que les extraterrestre arrivaient qui a changé l'espace public américain, mais la croyance injustifiée en l'existence d'une panique. 1938 délivre ce message mi-optimiste, mi-pessimiste : les fausses nouvelles ont l'effet qu'on leur prête, et il convient de ne pas croire que les autres croient ce que nous ne croyons pas nous-même.
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olivierplaolivierpla   16 août 2019
Citation page 118/119
Les trois principaux biais cognitifs ont été distingués par le sociologue Gerald Bronner, dans "La démocratie des crédules":
• Le biais de confirmation est permis par les moteurs de recherche: dans l'immensité du contenu disponible on finit par trouver ce qu'on cherche, toute requête finit toujours par être satisfaite... quand bien même le nombre de ceux qui croient en cette "thèse" est infime.
• Le biais de représentativité se nourrit des moteurs de recherches et des réseaux sociaux, dont les algorithmes ne travaillent que sur des objets uniques. Ce biais résulte de la mise en avant d'un exemple pour aborder une problématique générale, et il amène à faire de cet exemple une vérité universelle.
• Enfin le biais de simple exposition nourrit les réseaux sociaux : il postule que la répétition finit par octroyer une présence du contenu répété dans l'espace mental de ceux qui y sont exposés. Il nous pousse à a corde plus d'importance à ce que nous voyons cent fois qu'à ce que nous ne voyons qu'une seule fois. Un univers où chacun peut s'exprimer de façon identique mais n'exerce pas cette possibilité de façon égale produit une asymétrie en faveur des plus déterminés et des plus actifs.
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Vidéo de Bruno Patino
Extrait de "La civilisation du poisson rouge" de Bruno Patino lu par l'auteur. Parution le 26 février 2020.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/la-civilisation-du-poisson-rouge
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