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Critique de jemelire


jemelire
  21 juin 2021
J'avais postulé pour ce livre sans savoir qu'il s'agissait d'un catalogue d'exposition. Quelle heureuse surprise à la réception !
Il s'agit d'une exposition maintenant ouverte au public du 19 mai au 27 juillet 2021.
J'ai donc d'abord découvert ce livre, et ai pu me familiariser avec un courant artistique et des peintres méconnus.

En exergue cette citation :

Voyez-vous
comment là-bas
tout se dissout
en lignes
et en espace ?
N'avez-vous pas
l'impression
de vous trouver
aux limites
de la Terre
et d'interagir
librement
avec l'univers ?
Ce sont
de telles choses
que je peindrai
désormais ! »
Ferdinand
Hodler, été 1917


Ce livre, un « beau livre » est en lui-même un magnifique objet : la couverture se déplie en quatre pans, et révèle l'intégralité du tableau de Holder « Le Lac Léman et le Mont-Blanc à l'aube (octobre) », 1917.

L'exposition se concentre sur les pionniers du modernisme en Suisse.

Les années 1890-1914 seront des années d'intense bouillonnement artistique, caractérisées à la fois par un ancrage régional, la Suisse cherchant à construire son identité nationale, mais aussi par une circulation des courants venus de l'Ouest. Les artistes voyageant et travaillant dans d'autres pays d'Europe, France, Allemagne, Italie notamment, ils se laissent traverser par les influences artistiques étrangères et tout en livrant leurs visions artistiques personnelles des paysages alpins, s'orientent vers un « traitement du paysage comme vecteur d'une forme de transcendance et miroir de mondes spirituels intérieurs ».
Les différents courants artistiques présents en Suisse au tournant du siècle s'opposent parfois, certains revendiquant l'unité nationale, d'autres une diversité d'expressions novatrices. Des expositions itinérantes présentent au public dans toute la Suisse des artistes locaux, mais aussi de niveau national, voire international. le réseau des marchands privés et les galeries d'art prennent ensuite le relais pour offrir une représentation professionnelle aux artistes.

Le chapitre consacré à la formation des artistes dans la « capitale des arts », Paris, vers 1900, m'a particulièrement intéressée, car je l'ai trouvé très vivant. Des extraits de correspondance illustrent les choix des artistes, « Chacun sait bien que l'art à Paris est déjà bien plus avancé qu'ici... ». Les écoles et ateliers sont présentés, avec leurs spécificités, les peintres suisses décrivent avec force détails les lieux et l'ambiance joyeuse dans laquelle ils travaillent. On les imagine dans leur quotidien : leur vie souvent désargentée, leurs dépenses, ( « l'école, la nourriture, l'omnibus, les modèles etc... »), leur emploi du temps, courant de cours en cours, dans tout Paris. Les femmes entrent dans les ateliers, enfin autorisées à prendre des cours de nus. Des photographies ou des tableaux illustrent les descriptions pleines de vie, c'est passionnant.

Les oeuvres suivent enfin, chacune renvoyée à une notice complète détaillant les circonstances de sa création ainsi qu'à la biographie de l'artiste.

Plus tard, je suis allée à Paris, pour voir cette exposition. le dernier tableau présenté est celui de la couverture, celui de Holder « Le Lac Léman et le Mont-Blanc à l'aube (octobre) ». Lorsqu'on s'en éloigne, reculant jusqu'à se tenir à l'entrée de la salle, on en a une vue « magique », que j'ai quittée à regret.

De retour chez moi, j'ai pu me replonger dans le catalogue, portant un oeil différent sur les oeuvres, avec plus d'acuité et aussi plus à même d'apprécier la qualité de la contribution des spécialistes.

Vraiment, un grand merci aux éditions Musée d'Orsay et Flammarion ainsi qu'à Babelio, pour cette immersion dans les « Modernités suisses ».

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