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EAN : 978B085P2G677
185 pages
Éditeur : Liana Lévi (28/05/2020)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Nézida - Le vent sur les pierres

Septembre 1884. Nézida est revenue à la Calade, dans ce hameau perché au-dessus de la vallée de Dieulefit, aux confins de la Provence et du Dauphiné. Elle vient d'accoucher de son premier enfant, une fille. La vie aurait dû s'épanouir, elle la quitte, et la mort menace déjà l'enfant dans les langes.
La bise noire souffle sur ce coin de terre aride où s'accrochent depuis des siècles des familles de paysans et de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
alexb27
  20 juillet 2020
C'est une belle surprise que ce roman de Valerie Paturaud. le portrait d'une femme libre qui ne s'embarrasse pas du regard des autres, qui trace sa route, émouvante et paisible. Racontée par ses proches (la narration est particulièrement réussie), c'est également le témoignage de tout une époque, d'une vie à la campagne, et de la difficulté à sortir de sa condition et à s'accomplir autrement que dans la maternité quand on est une femme en 1884. Nezida va bien essayer de s'émanciper mais la vie, cruelle, va vite la rattraper. le texte est court, la plume simple et gracieuse et l'histoire marquante, reflet d'une époque révolue. Un roman d'une grande finesse.
Commenter  J’apprécie          380
hcdahlem
  29 juin 2020
Nézida, en route vers l'émancipation
«Nézida Cordeil, 1856-1884». C'est en découvrant une photographie de cette jeune femme que Valérie Paturaud a décidé d'en savoir plus et de nous raconter la vie de cette féministe avant l'heure. Un premier roman réussi.
Il y a quelques années maintenant, Valérie Paturaud s'est installée à Dieulefit et s'est intéressée à l'histoire de sa ville et de sa nouvelle région. Elle a alors appris que coin de la Drôme était connu pour être haut lieu du protestantisme et de la Résistance. En cherchant à en savoir davantage, elle tombe un jour sur une photographie de femme portant la mention «Nézida Cordeil, 1856-1884». Intriguée par ce prénom peu usuel, elle est alors partie sur les traces de cette femme avant de choisir de la faire revivre dans son premier roman.
Elle nous entraîne dans la seconde moitié du XIXe siècle, du Second Empire aux débuts de la Troisième République dans ce coin de France où de nombreux Vaudois venus d'Italie ont trouvé refuge. La Drôme est alors le quatrième département le plus protestant de France et compte 26 pasteurs réformés. Et s'ils «prônaient davantage le réveil religieux que le combat politique», ils n'en instillaient pas moins dans l'esprit de leurs concitoyens de petites graines d'idées nouvelles. Il n'est de ce fait pas trop étonnant de voir Nézida s'interroger sur sa vie, son rôle et ses ambitions. Mais ne brûlons pas les étapes et revenons sur les jeunes années de cette femme étonnante. À l'image de sa fratrie et de ses amis, son destin semblait tout tracé. À Comps, dans son village natal, il fallait travailler la terre, essayer de trouver le meilleur parti, avoir des enfants et s'en occuper. Son père imagine par exemple qu'elle pourrait épouser son ami Isidore qui travaille au château, «cette imposante bâtisse qui dominait à la fois le village et ses habitants.» Si l‘idée ne semble pas lui déplaire à priori, elle a dans son caractère ce que certains voient comme un vilain défaut, une insatiable curiosité. Elle veut sans cesse apprendre et découvrir. Aussi décide-t-elle de seconder son Maître d'école après avoir très attentivement suivi ses leçons.
Et quand un jeune homme «venu de l'extérieur» tombe sous son charme, elle y voit le moyen de ses ambitions. Elle épousera André Delaitre et partira s'installer avec lui à Lyon. C'est dans une ville industrielle où les soieries vont connaître leur apogée qu'elle s'intéresse au prolétariat, qu'elle leur tend une main secourable, qu'elle veut ensuite aider en devenant infirmière, partageant ainsi le rêve de son amie Camille.
Si ce roman est réussi, c'est parce que Valérie Paturaud a choisi d'en faire un témoignage polyphonique, donnant tour à tour la parole aux différents acteurs (Voir la liste des personnages ci-dessous), à ses parents, à ses frères et soeurs. On a ainsi un panorama riche et vivant de la société et des opinions de l'époque. On peut aussi lire certains avis tranchés entre ceux qui voient dans cette femme courageuse et intrépide un exemple à suivre et ceux qui pensent que son ambition est démesurée et qu'elle déroge aux règles patriarcales et conjugales. Comme fort souvent, on imagine que la vérité se situe quelque part entre ces deux extrêmes. Que si elle ne s'était pas autant investie durant sa grossesse, elle aurait pu vivre un peu plus longtemps. Mais grâce à Valérie Paturaud, sans doute émue par son destin tragique, elle revit aujourd'hui.

Personnages principaux
Nézida Cordeil
Née le 18 novembre 1856 à Comps dans la Drôme.
Antonin Soubeyran
Né le 3 septembre 1853 à Dieulefit dans la Drôme.
Suzanne Cordeil
Mère de Nézida, née Gougne le 12 mai 1836 à Comps.
Pierre Cordeil
Père de Nézida, né le 12 février 1831 à Comps.
Paul Cordeil
Frère de Nézida, né le 19 septembre 1859 à Comps.
Jean-Louis Cordeil dit Léopold
Frère de Nézida, né le 10 mars 1862 à Comps.
Joséphine
Amie d'enfance de Nézida, née le 28 mars 1857 à Comps.
Jean-Antoine Barnier
Maître d'école de Nézida, né le 5 septembre 1820. Instituteur de 1841 à 1886, à Comps.
Ovide Soubeyran
Frère aîné d'Antonin, né le 11 avril 1851 à Dieulefit.
Henry Soubeyran
Frère puîné d'Antonin, né le 10 décembre 1855 à Dieulefit.
Louise Soubeyran
Mère d'Antonin, née Defaysse en 1816 à Dieulefit, épouse d'Antoine Soubeyran, son cousin germain.
Éliette
Garde-malade de Louise Soubeyran, née en 1861.
Camille Delaitre
Amie de Nézida, née le 30 janvier 1859 à Lyon.
André Delaitre
Mari de Camille, né le 20 février 1850 à Lyon.

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Litteraflure
  20 juillet 2020
Si Gallmeister a fait des trappeurs et des forêts sa spécialité, il semblerait que Liana Lévi creuse son sillon dans les champs de patates car après Alto Braco, Nézida parle encore de terroirs et de généalogie. Cette boutade mise à part, Nézida est un beau roman sur le désir d'émancipation d'une femme en cette fin de dix-neuvième siècle qui se sédentarise et s'industrialise (belle description des soieries lyonnaises - p120-122). Les campagnes se dépeuplent, les enfants s'instruisent et pour les idées politiques, certains hommes sont prêts à mourir. le progrès et la modernité, Nézida, tragique héroïne, les a ardemment souhaités - il y a une certaine ironie dans le fait qu'elle n'en disposera pas au moment le plus opportun. Pour raconter son histoire, Valérie Paturaud a choisi la formule du roman choral. Cela fonctionne à merveille parce que la vie de Nézida est subtilement déroulée à chacun des témoignages de celles et ceux qui l'ont croisée. L'écriture de Valérie Paturaud est gracieuse, efficace. Elle convient si bien aux mystères de la descendance, à la complicité des fratries, à l'incommunicabilité des sentiments.
Nézida, c'est comme avoir entre les mains une photo de famille et s'imaginer le destin de ceux qui la composent. A ce propos, petit regret, Je n'ai pas compris l'épilogue. Amis écrivains, arrêtez de nous dévoiler vos secrets de fabrication, ça gâche tout. Chère Valérie Paturaud, il suffisait de dire : « ce roman m'a été inspiré par la photo d'une certaine Nézida, dont le visage m'avait émue ».
Bilan : 🌹🌹
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Sevlipp
  07 avril 2021
Vous connaissez ces romans qui ont la particularité que l'on se sente bien en les lisant ?
Nézida en fait partie.
Pourtant ce n'est pas joyeux.
Nézida va tenter de sortir de son milieu, d'échapper à son destin tracé d'épouse et de mère dans une ferme de la Drôme provençale.
Nézida se meurt et ses frères, son mari, ses amies, sa mère, son instituteur... la racontent.
Il y a un vent de liberté, de calme rébellion, d'envie de s'instruire, de besoin d'être utile.
L'écriture est posée et élégante.
Vraiment un très joli roman qui mérite d'être plus connu.
Un bonheur de lecture.
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KRISS45
  04 octobre 2020
Que vous connaissiez ou non la Drôme provençale, vous serez captivé par le chemin de vie de Nézida.
Née à Comps dans une famille paysanne, elle va manifester précocement un caractère déterminé et une profonde envie de s'élever au-dessus de la condition sociale, culturelle et maternelle correspondant à son probable destin, incarné par Joséphine son amie d'enfance.
L'auteure, qui vit à Dieulefit est partie d'une ancienne photo retrouvée pour reconstruire le parcours de Zénida et le monde qu'elle a connu.
Valérie Paturaud nous parle de féminisme à la fin du 19e siècle. Elle s'attache aussi à décrire l'une des activités prépondérantes de la région : la culture du vers à soie destinée aux industriels lyonnais, souvent protestants, dont la rigueur morale et l'ambition se mêlent à l'esprit d'entreprise.
Un monde disparu dont les vestiges sont très présents
dans cette magnifique campagne haute provençale.
Une belle écriture et une superbe découverte de la rentrée littéraire peu médiatisée, mais heureusement proposée par ma médiathèque.

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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   23 juin 2020
Pour son premier roman, "Nézida", Valérie Paturaud donne à son héroïne les atours d'une femme ambitieuse, volontaire et libre dans une Drôme rurale et patriarcale. Attachant, bouleversant et très humain.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeSoir   08 juin 2020
Valérie Paturaud a écrit un roman fort et émouvant, « Nézida », sur la volonté de cette fille de ferme de la Drôme de sortir de sa condition rurale.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
SebthocalSebthocal   11 juin 2020
Nous avions toutes deux grandi ici. Nous savions, comme nos mères, que nos vies se dérouleraient soit à la ferme, soit aux manufactures de textiles ou de poteries qui employaient une nombreuse main-d'œuvre féminine. Les récits des conditions de travail par les femmes du village, des voisines, m'effrayaient. La sœur de ma mère, ma tante Suzanne, veuve, avait été obligée de descendre dans la vallée et d'embaucher à la manufacture pour survivre. Celles qui n'avaient pas ou plus de mari, ou aucune terre à exploiter, n'avaient pas d'autre choix. La terre réclame et se nourrit des hommes. Une femme sans homme est une femme sans terre. Bienheureuse malgré tout celle qui trouve à quelques kilomètres une place qui, même pénible, la nourrira, ainsi que ses enfants, si par malheur elle en a à charge. Très vite, d'ailleurs, ils pourront la rejoindre aux ateliers et contribuer à leur entretien.
Je souhaitais de toutes mes forces rester à l'abri de cette destinée, dans mes collines, à la terre et auprès de mon mari.

Page 33, Liana Levi, 2020.
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hcdahlemhcdahlem   29 juin 2020
INCIPIT
Silence.
Silence dans la maison. Pénombre et silence, les volets sont presque clos et impriment leur ombre de craie grise sur les murs qui soutiennent encore ce qui reste de vie. La bise noire s’insinue déjà en cette fin septembre. Un vent glacial et puissant venu du nord étouffe de ses voiles sombres les collines et balaie de mauve la terre. Il malmène les âmes comme les bêtes. Les légendes courent… Les hommes deviendraient fous, les femmes hystériques, les crimes commis ces jours de grand vent seraient amnistiés.
Le loquet du volet s’agite par bourrasques ; son battement ponctue l’absence de mouvement dans la pièce sombre. Quelques pommes sur la table, un reste de pain, le couteau, la cruche d’eau.
La tête penchée, le corps maigre mais si lourd, tout le corps vers l’avant, Paul Cordeil pousse de ses doigts une mie de pain, l’éloigne, la reprend, concentré sur cette action infime. Le temps et le silence s’étirent. Il lève un peu la tête, regarde l’horloge. L’aiguille s’est à peine déplacée depuis son dernier coup d’œil. La mie de pain occupe son esprit, le silence est tel qu’il se croit seul.
Près de la cheminée pourtant, une ombre de laine se déplace lentement, attentive à sa tâche. Au gré de ses gestes, lumière et obscurité varient dans la pièce immobile. Elle s’applique à remplir d’eau bouillante la cuvette émaillée, d’un geste sûr, de la marmite à la cuvette. Très lentement, elle se dirige vers l’escalier de bois. Elle passe devant Paul. Il ne s’interrompt pas, ne lève pas la tête. La première marche craque un peu. Ouvrir la porte sans pencher le récipient. Ne pas renverser.
Il fait encore plus sombre dans la chambre où les persiennes sont tirées, protégeant les vitres des assauts du vent. La chambre est simple : une commode sur laquelle la photo d’un soldat fait face au portrait de jeunes mariés. Une couronne sous un globe ovale : petites fleurs blanches, minuscules pétales liés par une fine tige de perles.
Deux chaises de bois clair.
Et le lit en fer.
Des draps blancs tout juste sortis de l’imposante armoire.
Fine, transparente, dans une chemise de nuit boutonnée très haut, le col humide, paupières baissées, longues mains teintées de bleu posées sur les draps amidonnés, un mouchoir de dentelle sur l’oreiller, Nézida dort calmement, désespérément… le souffle imperceptible.
La jeune fille s’avance au bord du lit, écarte un peu le drap. Elle trempe dans la cuvette chaude la serviette rêche qui attendait sur la table de nuit, soulève la chemise grège et pose le linge sur le ventre distendu. Eau fraîche pour le front, eau chaude pour le ventre. Elle fait de son mieux : le médecin viendra, ce soir, accompagné du pasteur, peut-être. La mort qui semble s’inviter dans la maison est bien silencieuse. La jeune fille envoyée par la matrone pensait que mourir était beaucoup plus bruyant. Pas de pleurs, pas de cris, plus de vie déjà. Elle imaginait que la mort s’accompagnait de larmes et de démonstrations effrayantes.
Ce silence la met mal à l’aise. Même les langes blancs dont dépassent quelques mèches brunes ne semblent pas vivants. Pourtant on lui a dit qu’Élise, la nourrice, allait venir allaiter l’enfant. Elle ne lui a pas prêté attention en entrant, lorsque, pour atteindre le broc posé sur la commode, elle a dû contourner le berceau. C’est comme s’il ne contenait rien. C’est ce qui la trouble le plus. Ici rien ne vit ni ne semble voué à vivre. Elle aimerait bien partir mais elle a reçu l’ordre de veiller jusqu’à l’arrivée du médecin. D’habitude elle garde les chèvres, la chienne qui a mis bas, le petit garçon de la voisine, le temps que la mère s’occupe des bêtes. Veiller le silence et l’obscurité, c’est la première fois, et elle n’aime pas ça du tout… mais elle ne peut désobéir, donc elle fait de son mieux.
Eau chaude, eau froide, pousser et retenir le berceau si l’enfant se mettait à remuer, redescendre doucement l’escalier, servir la soupe à l’homme assis, jeter un œil à l’horloge et espérer qu’enfin les voix des voisins, du médecin, du pasteur viennent rompre ce silence.
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SebthocalSebthocal   09 juin 2020
Dans mon souvenir elle a dix ans ou peut-être douze, pourtant elle connaît la pesanteur des débuts de journée, écrits et réécrits sans beaucoup de surprises. Cette matinée qui commence l'arrache aux rêves de l'enfant qu'elle est encore, ne lui laisse guère le temps de regretter la nuit. Son rôle est de s'occuper des autres: de ses frères, de son père, des hommes. Les matins se succèdent et se ressemblent, à ne plus savoir distinguer hier d'aujourd'hui. Une même journée infiniment recommencée, des gestes perpétués qu'elle aligne comme les cailloux dans les jeux que nous inventons, mon frère et moi, quand les congères condamnent à rester à la maison.

Page 18, Liana Levi, 2020.
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MysstiqueMysstique   25 avril 2020
Prise au dépourvu,un prénom surgit du plus loin de l'enfance ,celui de l'heroîne d'un des rares livres illustrés que je possédais.Naîves images,pages écornées à
force d'être lues,Nézida,depuis les terres lointaines du Quebec,avait partagé mes heures de solitude.Ses aventures peuplées d'animaux dans une nature hostile,son courage,les ruses qu'elle employait pour affronter et vaincre les dangers,tout cela m'impressionnait,élargissait pour un temps les murs du réduit qui me servait de chambre.C'est à elle que je pensai en répondant à la matrone qui m'interrogeait sur le choix du prénom.
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Pau_linePau_line   01 août 2020
Vivante, elle inquiétait, dérangeait peut-être. Son désir de liberté absolue, sa passion intense, l'envie de tout embrasser sans concession ni renoncement. Alors, contre l'oubli, il reste à raviver un feu qui brûle encore sous les cendres disparues. L'écho d'une voix lointaine mais puissante portée par le vent
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