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Claude Bertrand (Traducteur)Stanley Hoffmann (Préfacier, etc.)
EAN : 9782020392105
475 pages
Éditeur : Seuil (19/11/1999)

Note moyenne : 4/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Etait-il possible au début des années 1970 d'écrire une histoire politique du régime de Vichy ? Un universitaire américain, Robert O. Paxton a relevé le défi : refusant de prendre au pied de la lettre la kyrielle des témoignages pro domo dont la littérature politique s'est enrichie, passé la guerre et la libération, il a appuyé toute son étude sur les écrits contemporains des événement et surtout mis à profit la richesse des archives allemandes et américaines qui re... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Sarindar
  11 août 2014
Ce livre est "décapant", sa lecture oblige à voir la réalité en face, et c'est le mérite de Robert O. Paxton de nous avoir renvoyé cette image de ce que fit le régime de Vichy, et nul ne peut l'ignorer puisqu'elle se lit justement dans le miroir des décisions bien réelles prises par un gouvernement français qui faisait du zèle pour ne pas mécontenter les Allemands tout en jouant devant ses administrés la comédie d'une autonomie qui n'était que de façade et ne lui permettait de n'exercer une autorité que si celle-ci allait dans le sens des intérêts du vainqueur de juin 1940, l'envahisseur et occupant nazi.
Ce régime plaça sur le devant de la scène tous les aigris de la période d'avant-guerre, tous les adversaires de la IIIe République et du régime parlementaire, tous les partisans de la manière forte.
Jusqu'où alla la collusion des autorités politiques, civiles, militaires, policières et judiciaires avec l'occupant, et cette propension de certains à aller au-devant des désirs des Allemands, alors que la légende entretenue fut de laisser croire que le régime de Vichy n'avait cherché qu'à limiter pour la population les conséquences de la défaite de 1940 et à préparer des lendemains meilleurs, c'est tout cela que Paxton s'est employé à montrer avec force. de bons historiens français ont dès lors pris le relais, et ils n'ont pas contesté la méthode employée par cet auteur américain - critiqué par certains en raison de cette origine - ni les conclusions de l'ouvrage ; ils ont même eu l'occasion d'aller plus loin dans leurs recherches.
On ne voit pas ce qu'il y d'exagéré dans le tableau dressé.
Mais l'on regrette cependant que Paxton n'ait pas poussé plus loin la juste critique que l'on peut faire aux États-Unis d'avoir maintenu des relations étroites avec le régime de Vichy jusqu'à la déclaration de guerre de l'Allemagne aux USA, non pas seulement sur le plan diplomatique, ce qui pouvait se comprendre, mais aussi parce que ces relations furent privilégiées et que Roosevelt battait froid la France Libre de Charles de Gaulle pourtant abritée par l'Angleterre de Churchill en 1940 (les liens entre États-Unis et Grande-Bretagne et la loi prêt-bail prouvent bien que la neutralité américaine était depuis le début un trompe-l'oeil, ce qui montre bien que Roosevelt aurait pu appuyer en sous-main le Général de Gaulle, s'il n'avait eu la volonté de ne traiter prioritairement qu'avec les représentants de la France vaincue et d'une France qu'il voulait voir reconnaître sa défaite).
François Sarindar, auteur de : Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010)
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candlemas
  18 novembre 2017
Il aura donc fallu attendre 1972 pour qu'un historien américain, au terme d'une étude minutieuse des archives allemandes, oblige les français à regarder en face cette période honteuse de son Histoire.
Les français peinent à démystifier leurs grands hommes, et le vainqueur de Verdun, avec son air bonhomme de St Nicolas franchouillard fleurant bon le terroir ne pouvait être trop directement mis en cause par cet autre icône qu'était le Général de Gaulle, par ailleurs désireux, à l'issue du combat, d'aboutir rapidement à une réconciliation nationale contre le danger communiste ; encore moins par un François Mitterand aux amitiés troubles...
Je renvoie sur ce point à la critique de mon ami Sarindar... qui rend un hommage mérité à Jacques Chirac à ce propos.
Que ce gouvernement de Vichy n'ait pas été monolithique et que Aron ait pu trouver des traces de divergences avec l'occupant allemand, soit, mais il n'empêche que la "Révolution Nationale", s'appuyant sur la masse silencieuse, a mené de son propre chef une politique active de collaboration et d'antisémitisme.
Bien sûr, nul parmi nous autres, contemporains, ne peut dire avant de l'avoir vécu s'il eût été collabo ou résistant... mais la moindre des choses pour les français était bien de prendre conscience de cette partie sombre de son Histoire, qu'elle ne peut vivre que comme victime.
NU n'est prophète en son pays , dit-on ; mais parfois le prophète venu d'ailleurs fait tellement de bien au pays ; merci , donc R.O. Paxton : non seulement les ricains sont venus libérer le pays mais, grâce à vous, les consciences aussi se sont déliées. de nombreux films et auteurs français ont depuis corrigé cette lecture historique... heureusement..
Mais Dieu que c'est long ! voici seulement quelques années que les Français admettent leurs turpitudes dans les pays africains ou en Algérie... et encore... mollement et à titre purement symbolique... il me semble que l'Allemagne a su assumer depuis plus d'un demi siècle son héritage nazi dans sa culture et ses institutions politiques ; et le cinéma américain, au delà des 90 % de clichés pro héros US, produit aussi, parfois au bout de quelques années seulement, des regards critiques pertinents et lucides sur l'Hisoitre de son pays... Dieu que c'est long... espérons que cette lenteur française -par ailleurs caractéristique profonde des paysans de coeur que nous sommes- , et qui est parfois une qualité, ne nous empêche pas de réagir à temps lorsque notre Histoire, de nouveau, se trouvera tentée par des dérives sécuritaires, protectionnistes, nationalistes, xénophobes et de rejet de l'autre.
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Bigmammy
  26 août 2019
Mais pourquoi n'ai-je pas lu ce livre, présent dans ma bibliothèque depuis plus de vingt ans, avant ces jours-ci ?
Sans doute les célébrations anniversaires à répétition de la fin de la Seconde Guerre mondiale y sont-elles pour beaucoup. Car cet ouvrage, dont la première édition date de 1972 (celle que j'ai en mains date de 1997) est LA référence historique qui décrit avec clarté ce que furent les années funestes de l'Etat Français entre 1940 et 1944.
C'est un historien américain né en 1932 qui livre cette somme, loin donc des a priori des chapelles historiques françaises. Il porte ainsi un regard objectif sur ce que fut la collaboration du gouvernement du Maréchal Pétain avec la toute puissance allemande après la débâcle de mai 1940. D'autant plus que cette édition a permis de mettre à jour certaines données et d'accéder à des archives non disponibles lors de la première.
Malgré une connaissance que je pensais assez approfondie – quoiqu'absolument non professionnelle – de l'histoire de cette époque terrible vécue intensément par mes parents – l'un prisonnier de Poméranie jusqu'en février 1942, l'autre au Maroc puis à Alger auprès du Général de Gaulle à partir de mai 1943, je fais plusieurs découvertes.
En premier lieu, le fait que la collaboration ne fut pas une exigence allemande mais une proposition de la France qu'Hitler repoussa en dernière analyse. Pendant toutes ces années et jusqu'en 1944, Vichy tente d'obtenir un règlement global de la paix en espérant des allégements des conditions drastiques de l'armistice.
Ensuite, le rôle et la place de l'Empire dans ces négociations. Cependant, jusqu'à la défaite des anglo-alliés et des gaullistes devant Dakar, les Allemands ne sont pas convaincus de la volonté de coopérer de Vichy.
Dans cette période, il y a plusieurs tournants. le premier est le 13 décembre 1940 lorsque Pétain se sépare de Laval, ce qu'Hitler considère comme une injure personnelle. Darlan le remplace et obtient des assouplissements aux conditions d'armistice en échange de bases en Syrie et à Bizerte pour l'Afrika Korps. Toujours la prédominance du fait impérial … Quand Laval revient au pouvoir, il ne peut plus rien obtenir d'une Allemagne en mauvaise posture.
Les mesures coercitives de Vichy (contre les francs-maçons, les communistes et surtout les Juifs) n'ont pas été imposées par les Allemands. Ce qui intéresse Hitler, c'est essentiellement la ressource qu'il tire de la France (indemnité d'occupation, matières premières, ouvriers qualifiés) : 58% du revenu annuel de la France sont prélevés par l'Allemagne entre 1940 et 1944.
Selon Paxton, la France de Vichy est plus traditionnaliste que fasciste. La France rejette la République mais pas assez pour vouloir la remplacer par un régime n'ayant aucune racine dans son histoire. La grande peur de Vichy, c'est la guerre civile qui ne manquerait pas de suivre une victoire de la Résistance : la Libération par les armes serait pire que l'Occupation … D'où la création de la Milice et la chasse aux résistants.
Enfin, on ne peut négliger l'extraordinaire prégnance des techniciens et de la haute fonction publique, qui va perdurer dans les années ultérieures, bien nécessaire pour redresser le pays après la guerre …
Ce livre est donc un ouvrage indispensable pour porter, après 75 ans, un regard apaisé sur ces années que certains ont voulu, dès le conflit passé, gommer de notre histoire.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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lecteur84
  01 juin 2015
R Paxton, l'un des plus brillants historiens de la période de 1940 à 1944, livre ici un ouvrage remarquable. Documenté, argumenté, le régime de Pétain est décortiqué. Les intentions des deux hommes, Pétain et Laval, sont identifiées, collaborer, être une force d'appoint pour le Reich et créer une nouvelle Europe continentale, avec l'Allemagne en tête et la France juste derrière...L'Angleterre étant tenue à distance. le pari des deux hommes a échoué, l'Allemagne et les allies ne se sont pas neutraliser, l'Allemagne a été battue. L'aide de la France au Reich a maintes fois été repoussée par Hitler, sinon, la guerre aurait sans doute connu un autre sort...Mais quand on lit cet ouvrage et les concessions que la France faisait pour l'Allemagne, les exigences de cette dernière contre la France et l'opinion qu'elle avait sur tous les autres pays qu'elle occupait, on parvient a trouver de troublantes similitudes avec les rapports que ces deux pays ont actuellement dans uns construction européenne qui se retrouve bientôt, une fois de plus, avec l'Angleterre en face, et la puissante Allemagne imposant sa vision des choses et de l'économie...Un livre à lire d'urgence!
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POY1
  30 mars 2020
Robert Paxton est l'historien référent et reconnu au sujet de l'État Français. Qui mieux, finalement, qu'un étranger pour faire une analyse juste, pondérée et surtout dépassionnée de cette période trouble de notre Histoire.

Dans la France de Vichy, Paxton nous apprend comment Pétain a reçu le pouvoir légitimement du Président de la République et pris une orientation politique qui s'est voulue collaborationniste avec l'Allemagne.

Pour avoir voulu « sauver les meubles », Pétain a pensé que le passé de la France et sa propre personnalité, reflet orgueilleux qu'il se faisait de lui-même, pourraient assouplir le diktat allemand au lendemain de la défaite de 1940.

Qui est Pétain et son gouvernement, au lendemain de la campagne de France ? Paxton affirme qu'ils n'étaient pas l'expression de clans fascistes mais l'émanation d'une pensée française qui a mûrie pendant la IIIème République. Une France qui a voulu profiter du moment pour renverser un régime finalement rejeté par tous pour des motifs différents. Cette IIIème République ingouvernable par le jeu des partis et qui a amené le peuple au pacifisme puis au défaitisme, bien avant le début des hostilités. La France sous Pétain aspire à la paix. Elle ne veut plus, depuis 1918, être saignée à blanc sur un champ de bataille. C'est une France blessée par des combats internes qui l'ont laissée exsangue : le procès Dreyfus ou la séparation de l'État et de l'Église pour ne citer que les plus importants.

Pétain veut donner un nouveau visage au pays. Ce sera la Révolution nationale. Dans le monde gouverné par l'Allemagne nazi, la France doit être un allié neutre de l'axe et servir d'intermédiaire entre les belligérants, comme le fut l'Espagne de Franco. Mais Hitler n'a que faire de notre pays. Il veut tirer les bénéfices de sa victoire mais n'en demande pas plus en 1940-41. Inquiet du devenir de notre empire colonial et surtout de notre flotte de guerre intacte et extrêmement moderne, il est rassuré par le comportement vichyssois.

En 1940, il y a pas ou peu de résistants, les communistes ne bougeront qu'avec l'invasion de l'URSS, la France libre n'est qu'un groupuscule de rebelles à la solde des Anglais. Alors, les Français acceptent Pétain et ses promesses jusqu'en 1942, année où ils comprennent qu'ils n'obtiendront rien des Allemands, si ce n'est être envahis en zone libre, fournir des travailleurs au STO, continuer à se serrer la ceinture, subir les bombardements alliés et se perdre dans la déportation des juifs.

Les procès de la Libération jugeront les politiciens de Vichy et de la collaboration comme les uniques responsables de la participation à l'holocauste mais également d'une orientation hasardeuse pour le pays. Ne serait-ce pas finalement la France, elle-même, qui aurait dû se trouver devant un tribunal ? Paxton sans l'affirmer écrit néanmoins : « la collaboration était liée intimement aux préoccupations du pays. Elle reposait […] sur un calcul politique […] qui [avait] conduit à l'armistice [de 1940]. Un règlement définitif avec l'Allemagne répondait aux aspirations de la masse, qui préférait le retour à la normale, l'ordre social et la possibilité de réformes intérieures à une libération par les armes. » |p.184]. Constat triste mais réaliste.

Pour ceux qui veulent approfondir la politique antisémite de Vichy, je vous conseille du même auteur « Vichy et les Juifs ».
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   10 avril 2017
Il est difficile de mesurer la popularité d'un régime autoritaire. Tout d'abord, on ne dispose pas des moyens qui reflètent habituellement l'opinion publique : une presse à peu près libre, des élections, des débats parlementaires, une certaine tolérance envers la critique. En outre, les dirigeants faussent les éléments d'évaluation qu'on possède ; pour eux, le silence équivaut au soutien, le consentement à l'enthousiasme, la participation à la loyauté. Dans le cas de Vichy, il est d'autant plus malaisé de se faire une idée de l'adhésion au régime que la Libération fut une explosion de joie quasi générale et que les Français oublièrent — consciemment ou inconsciemment — avoir eu un état d'esprit tout à fait différent, proche du désespoir, en 1941 ou 1942.
Si l'on traçait un graphique grossier de l'opinion publique entre 1940 et 1944, on verrait que la quasi-totalité de la population était pour Pétain en juin 1940 et pour de Gaulle en août 1944, le point d'intersection de ces deux courbes, l'une décroissante, l'autre ascendante, se situant après l'Occupation de la zone libre en novembre 1942.
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lecteur84lecteur84   29 mai 2015
Nous voici venus à la plus grande honte du régime de Vichy: l'antisémitisme. il est indsipensable de montrer que les premières mesures ayant frappé les israélites sont bien le fait du gouvernement français, car dans nul autre domaine on a autant insisté sur les pressions de l'Allemagne et la passivité de la France.
Il est exact qu'à partir de 1942, le Reich a imposé son programme de déportation et que Vichy s'est alors fait tirer l'oreille....Bien avant que l'Allemagne fasse la moindre pression, le gouvernement de Vichy institue avec le numérus clausus un système d'exclusion. La loi du 3 octobre 1940 interdit aux israélites d'appartenir à des organismes élus, d'occuper des postes de responsabilité dans la fonction publiques, la magistrature et l'armée, et d'exercer une activité ayant une influence sur la vie culturelle ( enseignants...)
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OlivOliv   06 avril 2017
En 1940, n'importe quel chef victorieux de la Première Guerre mondiale aurait été un baume sur l'orgueil blessé. Pétain ne pouvait tomber à un meilleur moment. C'était un véritable héros national, sans lien visible avec la triste politique des années 30. Trop âgé pour n'avoir pas désarmé les animosités provoquées par sa carrière militaire, trop taciturne pour s'en être attiré de nouvelles. On voyait dans la part qu'il avait prise à la politique depuis sa retraite — ministre de la Guerre du gouvernement Doumergue après les émeutes de février 1934 et premier ambassadeur auprès de Franco en 1939 — le sens du devoir d'un vieux soldat se mettant au service de son pays dans des circonstances critiques. Pour le reste, il parlait peu en public des problèmes nationaux, n'allant pas au-delà du dédain traditionnel de l'officier pour la politique. C'était une page vierge, prête à recevoir l'image que chaque Français se faisait du sauveur.
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doublepagedoublepage   12 mars 2020
Chacun s’explique à sa manière la pourriture. Certains s’arrêtent à des signes superficiels : le jazz, l’alcool, la vie nocturne de Paris, les jupes courtes, la dépravation de la jeunesse, le contrôle des naissances. On accuse même le plaisir d’avoir amolli la nation : « esprit de facilité », « culte du bien-être ». Des intellectuels ont tourné en dérision des institutions sacrées : Léon Blum, qui a ridiculisé le mariage ans une œuvre de jeunesse, Jean Cocteau dont les Parents terribles ont miné l’autorité du père. Et surtout, Gide a autorisé chacun à assouvir ses désirs avec ses « actes gratuits ». P 65
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chartelchartel   27 octobre 2007
La révolution nationale aura été un choix elle aussi. Les clauses de l'armistice n'exigeaient pas de la France un changement de constitution: les nazis ne souhaitaient pas du tout voir les Français imiter leur renouveau national. Au moment où l'armistice a été signé, l'objectif de Hitler n'était pas d'avoir à sa disposition une France nazifiée mais simplement une base sûre pour lancer l'assaut final contre l'Angleterre. Une autre option était possible pour le gouvernement Pétain, ce que beaucoup ont du mal à comprendre: ne s'occuper que des affaires courantes et renvoyer à la fin de la guerre une éventuelle réforme des institutions, choix qui a été fait dans les autres pays occupés d'Europe de l'Ouest.
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Vidéo de Robert O. Paxton
« Enfin la biographie que ce géant méritait »
Robert Paxton
S'appuyant sur une très large masse d'archives et de mémoires, Julian Jackson explore toutes les dimensions du mystère De Gaulle, sans chercher à lui donner une excessive cohérence. Personne n'avait décrit ses paradoxes et ses ambiguïtés, son talent politique et sa passion pour la tactique, son pragmatisme et son sens du possible, avec autant d'acuité et d'esprit. Des citations abondantes, éblouissantes d'intelligence, de drôlerie, de méchanceté parfois, restituent la parole de De Gaulle mais aussi les commentaires de Churchill et de tous ceux qui ont appris à le connaître, à se méfier de lui ou à s'exaspérer de son caractère vindicatif, de son ingratitude ou de ses provocations… Aucun détail inutile ici et aucun des défauts de ces biographies-fleuves où l'on se perd, mais une narration toujours tendue, attachée aux situations politiques, intellectuelles, sociales et aux configurations géopolitiques qui éclairent une action et son moment. Julian Jackson relit cette existence politique hors norme et son rapport à la France à la lumière des questions du passé, qu'il restitue de manière extraordinairement vivace, et de celles qui nous occupent aujourd'hui – et notamment l'histoire coloniale et l'Europe, la place de la France dans le monde, mais aussi évidemment les institutions de la Ve République. En ce sens, c'est une biographie pour notre temps. C'est aussi une biographie à distance, par un observateur décalé qui mieux qu'aucun autre fait ressortir le caractère extravagant d'un personnage singulier à tout point de vue, extraordinairement romanesque dans ses audaces comme dans ses parts d'ombre, et dont l'héritage ne cesse de hanter la mémoire des Français.
Spécialiste de l'histoire de la France au XXe siècle, Julian Jackson est professeur d'Histoire à Queen Mary, University of London. Sur toutes les listes des meilleurs livres de l'année en Grande-Bretagne, sa biographie de De Gaulle a été couronnée du très prestigieux Duff Cooper Prize.
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