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ISBN : 2070707423
Éditeur : Gallimard (31/10/1986)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
«Les poèmes ici traduits appartiennent tous au dernier recueil publié par Octavio Paz en 1976 sous le titre initial de Vuelta (Retour). Après les méditations et les expériences intellectuelles issues d'un long compagnonnage avec l'Orient – et dont Versant Est fut la cristallisation étincelante –, le temps était venu, pour le poète et le voyageur, d'une sorte de retournement vers les Origines, vers ce lieu qui demeure le sien, par-delà les vicissitudes et les variant... >Voir plus
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   03 janvier 2015
Pétrifiée pétrifiante


Terremorte
terrisombree nopaltoire mesquifiante
bouâtre cendricielle pierrageuse
feu pétrifié
conque vacante
le soleil n'a pas bu le lac
la terre ne l'a pas absorbé
l'eau n'est pas revenue à l'air
les hommes furent les exécuteurs du sable
le vent
vautré sur le lit froid du feu
le vent
sur la tombe de l'eau
récite les litanies de la sécheresse
le vent
couteau cassé dans le cratère éteint
le vent
susurrement de salpêtre

Le soleil
cordianime centrotal calorillustre
brisé
la parole qui descend en langues de feu
défaite

p.61
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coco4649coco4649   22 décembre 2013
Le feu de chaque jour
À Juan García Ponce


Comme l'air
Dresse et dissout
sur les pages de la géologie,
sur les terrasses planétaires,
ses édifices invisibles :
l'homme,
Son langage est à peine un grain,
mais brûlant
contre la paume de l'espace.
Syllabes qui sont incandescences.
Qui sont plantes, aussi :
leurs racines
fracturent le silence,
leurs branches
bâtissent des abris de son.
Syllabes :
elles se nouent et se dénouent,
jouant
aux ressemblances et aux dissemblances.
Syllabes :
mûrissant aux fronts,
fleurissant aux bouches.
Leurs racines
boivent la nuit, mangent l'éclat.
Langages :
arbres incandescents
aux feuillages de pluie.

Végétations d'éclairs,
géométries d'échos :
sur la feuille de papier
le poème se lève
comme le jour
sur la paume de l'espace.
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coco4649coco4649   22 décembre 2013
Retour

À José Alvarado

Rumeurs à l'angle de la rue
rumeurs
entre les doigts du soleil
ombre et lumière
presque liquides
siffle le menuisier
siffle le marchand de glace
sifflent
trois frênes sur la petite place
Grandit
s'élève l'invisible
feuillage des sonorités
Temps
linge qui sèche aux terrasses
Je suis à Mixcoac
Dans leurs boîtes
des lettres qui pourrissent
Contre la chaux du mur
la flaque du bougainvillier
plaquée par le soleil
tracée par le soleil
pourpre calligraphie de la passion
je remonte à rebours
vers ce que j'ai quitté
qui m'a quitté
Mémoire
imminence de précipice
balcon
sur le vide

Je marche sans me rapprocher
encerclé de cité
L'air me manque
le corps
me manque aussi
la pierre qui est oreiller qui est dalle
l'air qui est nuage et eau
L'âme s'éteint
Midi
lumière poing fermé qui frappe frappe encore
Tomber dans un bureau
ou sur l'asphalte
finir à l'hôpital
peine de mort
qui n'en vaut pas la peine
Je regarde à rebours
et ce passant déjà
n'est plus que brume
...
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coco4649coco4649   28 février 2015
Paroles en forme de tourbillon

À José Emilio Pacheco


J'ouvre la fenêtre
qui donne
sur nulle part
La fenêtre
qui s'ouvre vers le dedans
Le vent
élève
soudaines souples
des tours de sable tournoyant
Toutes
plus hautes que la maison
Elles tiennent
sur cette page
Elles tombent et se redressent
Avant de dire
n'importe quoi
à peine pliée la feuille
elles s'effacent

Tourbillons d'échos
aspirés inspirés
par leur même ronde
Maintenant
ils s'ouvrent sur un autre espace
Ils disent
ce que nous avions dit
autre chose toujours autre chose
la même chose toujours
Paroles du poème
que nous ne disons jamais
Le poème nous dit

p.17-19
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coco4649coco4649   24 décembre 2013
Au milieu de cette phrase...

Je ne suis pas sur la crête du monde.
L'instant
n'est pas colonne de stylite,
le temps
ne surgit pas de mes pieds,
n'éclate pas
dans mon crâne, noire explosion silencieuse,
illumination qui aveugle.
Je suis dans une cage suspendue au temps.

Sixième étage :
marée, martèlement,
querelles de métaux,
avalanches de verre,
moteurs rageusement humains.
La nuit
est une rumeur qui s'arrache,
un corps
qui se déchire en son étreinte.
Aveugle, elle resserre à tâtons ses débris,
rassemble
ses noms rompus, les disperse.
Avec ses doigts à vif
s'effleure en songes la cité.

Je ne suis pas au carrefour :
choisir,
c'est se méprendre.
Je suis
au milieu de ma phrase.
Par où m'entraîne-t-elle ?
Vague par vague se dévide,
gestes et jours,
ma dénaissance :
Calendrier qui se démembre
aux cavités de ma mémoire.
Je suis le sac de mes ombres.
...
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Video de Octavio Paz (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Octavio Paz
Pages arrachées à Octavio Paz. (France Culture / L’Atelier fiction - 2009)
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