AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Clarence Lambert (Traducteur)Claude Roy (Préfacier, etc.)Benjamin Péret (Traducteur)
EAN : 9782070317899
192 pages
Éditeur : Gallimard (10/11/1971)
4.26/5   38 notes
Résumé :
Poèmes écrits entre 1935 et 1957.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
candlemas
  21 octobre 2016
Octavio Paz, c'est un homme engagé, comme je les aime : comme l'écrit Claude Roy dans la préface, "un poète comme Octavio Paz ne nous apparait pas simplement comme le produit de sa biographie, mais sa biographie est, dans une certaine mesure, le produit de sa poésie". Dans un style à la fois puissant et angoissé, il nous fait découvrir dans ses poèmes les palpitations profondes de son pays, le Mexique, s'appuyant sur les mythes des ses occupants millénaires. Mystique, il nous parle aussi beaucoup de lui, et du rapport de l'individu au monde, en une poésie métaphysique, à la fois terrienne et tendue vers les étoiles, que je n'ai cru retrouver depuis que chez un autre hispanique, pour moi son frère de peinture, Juan Miro, à travers ses constellations intimistes. Empruntant à toutes les modes littéraires de son temps -esthétisme, surréalisme...- , Octavio Paz ne s'y réduit pas. Féru de poésie japonaise, il relie les continents, et les croyances d'Amérique centrale avec des concepts bouddhistes, dans une construction du monde moderne qui lui est propre. Il est le feu, le Dieu-jaguar, le grand serpent à plumes ! il est aussi le penseur vagabond, s'interrogeant sur la solitude. Sa poésie reste inclassable, libre et rebelle, personnelle et, personnellement, j'adore ! Un grand poète ! Rien que dans son titre, ce recueil en est la synthèse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Pirouette0001
  07 novembre 2014
Très beau recueil de poésies. Fort axée sur la nature mais très onirique également, si bien que parfois, cela m'a fait penser à Henri Michaux. Comme c'est bizarre.
Une très belle découverte.
Commenter  J’apprécie          180
Franz
  26 mai 2020
Liberté conditionnelle.
Reprendre Libertad bajo palabra (1960) du grand poète mexicain Octavio Paz (1914-1998), devenu en français Liberté sur parole alors que « Liberté conditionnelle » correspondrait à une traduction littérale, c'est s'immerger dans l'oeuvre poétique de jeunesse de l'auteur et prendre un bain de vigueur car rien ne semble pouvoir gangrener la parole du poète ni le temps qui passe ni le contexte politique qui change.
Paz a su tisser des liens d'amitié, notamment en France, dans son parcours de vie mouvementée. Son ami Claude Roy a superbement préfacé son maître recueil. Benjamin Péret (1899-1959), poète surréaliste fasciné par l'art maya traduira le magistral poème « Pierre de soleil » [Piedra de Sol] (1957) inclus dans le recueil et conçu dans un mouvement circulaire inspiré par le mythe mésoaméricain du Serpent à plumes (Quetzalcoatl). Les éditions Gallimard publieront en 1966 dans la collection « Poésie du monde entier » une première mouture basée sur l'édition espagnole de référence, celle de 1960. En 1971, Gallimard y adjoindra « Pierre de soleil » selon l'édition hispanique de 1968 retravaillée par le poète. 75e volume de la collection « Poésie », l'oeuvre est régulièrement rééditée pour le plus grand bonheur des aficionados qui se renouvellent au gré du temps et loin des modes, touchés par la grâce d'une conscience en mouvement soutenue par une parole exigeante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (122) Voir plus Ajouter une citation
MalauraMalaura   21 avril 2012
Tu as tous les visages et aucun,
Tu es toutes les heures et aucune,
Tu ressembles à l'arbre et au nuage,
Tu es tous les oiseaux et un astre,
Tu ressembles au tranchant de l'épée
Et à la coupe de sang du bourreau,
Lierre qui avance, enveloppe et déracine
L'âme et la divise d'elle-même,
Ecriture de feu sur le jade,
Crevasse dans la roche, reine des serpents,
Colonne de vapeur, source dans le roc,
Cirque lunaire, pic des aigles,
Grain d'anis, épine minuscule
Et mortelle qui donne des peines immortelles.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
GeraldineBGeraldineB   09 septembre 2020
LA VIE TOUT SIMPLEMENT

Appeler le pain par son nom - et que se pose
sur la nappe le pain de chaque jour;
faire la part du feu, donner à nos rêves,
au bref paradis, à l'enfer,
au corps et à la minute ce qu'ils réclament;
rire comme rit la mer, comme le vent rit,
sans que le rire sonne comme des bris de verre;
boire et dans l'ivresse posséder la vie;
danser sans perdre le tempo;
toucher la main d'un inconnu
par un jour de pierre et d'agonie
et que cette main ait la fermeté
que n'eut pas la main de l'ami;
passer par la solitude sans que le vinaigre
torde ma bouche, ni que le miroir
répète mes grimaces, ni que le silence
se hérisse dans un grincement de dents:
ces quatre murs - papier, plâtre, tapis chiche, foyer jaunâtre -
ne sont pas encore l'enfer promis;
que ne me blesse plus ce désir,
gelé par la peur, plaie froide,
brûlure de lèvres non embrassées:
l'eau claire jamais ne suspend son cours
et certains fruits tombent mûrs;
savoir partager le pain - et le partage,
le pain d'une vérité commune à tous,
vérité de pain qui nourrit notre faim
( si je suis homme, c'est par son levain,
un semblable parmi mes semblables);
lutter pour que vivent les vivants,
donner vie aux vivants, à la vie,
et enterrer les morts et les oublier
comme la terre les oublie: comme des fruits...
et qu'à l'heure de ma mort j'arrive
à mourir comme les hommes et que me soit donné
le pardon, et la vie perdurable
de la poussière, des fruits, de la poussière.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          101
MalauraMalaura   22 mai 2012
Là où s’effacent les chemins, où s’achève le silence, j’invente le désespoir, l’esprit qui me conçoit, la main qui me dessine, l’œil qui me découvre.
J’invente l’ami qui m’invente, mon semblable; et la femme, mon contraire, tour que je couronne d’oriflammes, muraille que mon écume assaille, ville dévastée qui renaît lentement sous la domination des yeux.
Contre le silence et le vacarme, j’invente la Parole, liberté qui s’invente elle-même et m’invente, chaque jour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
coco4649coco4649   14 septembre 2015
IV Pierre de Soleil (1957)


je poursuis mon délire, des chambres, des rues,
je chemine à tâtons par les corridors
du temps et je monte et descends ses degrés
et je palpe ses parois et je ne bouge pas,
je retourne où j'ai commencé, je cherche ton visage,
je chemine par les rues de moi-même
sous un soleil sans âge, et toi à mon côté
tu chemines comme un arbre, comme une rivière
tu chemines et me parles comme une rivière,
tu croîs comme un épi entre mes mains,
tu frémis comme un écureuil entre mes mains,
tu voles comme mille oiseaux, ton rire
m'a couvert d'écumes, ta tête
est un petit astre entre mes mains,
le monde reverdit si tu souris
en mangeant une orange,

p.173-174
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
MalauraMalaura   07 mai 2012
Ecoute-moi comme on entend la pluie,
sans écouter, écoute-moi parler
les yeux ouverts sur l'intérieur,
assoupie, chaque sens en éveil,
il pleut, des pas légers, rumeurs de syllabes,
l'air et l'eau, paroles qui ne pèsent :
ce que nous étions, ce que nous sommes
les jours et les années, cet instant même,
temps qui ne pèse, lourde peine,
Ecoute-moi comme on entend la pluie...
Commenter  J’apprécie          350

Videos de Octavio Paz (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Octavio Paz
Pages arrachées à Octavio Paz (2009 - France Culture / L’Atelier fiction). Émission “L’Atelier fiction”, diffusée sur France Culture le 14 mars 2009. Textes choisis et agencés par Fabrice Melquiot. Réalisation : Christine Bernard-Sugy. Octavio Paz naît à Mexico en 1914. Son père participe à la Révolution mexicaine comme conseiller du leader paysan Emiliano Zapata. Sa mère est fille d'émigrants espagnols d'origine andalouse. Poète de la transparence, à la fois spirituel et charnel, parlant de ses poèmes comme de “républiques errantes de sons et de sens”, Octavio Paz se rapproche un temps des surréalistes, Breton et Péret notamment ; il est influencé par Quevedo ou Góngora, ami de Luis Cernuda ou Pablo Neruda ; il vante aussi la grâce des œuvres de Yeats, Cummings ou Pound, participe à la création de plusieurs revues de poésie – “Atelier”, “Plural” ou “Vuelta”. Corps à faire résonner dans les corps, les poèmes de Paz sont saillants, comme du cristal brisé, la fascination qu'ils exercent est coupante, à l'image de l'unité perdue que sa poésie cherche à recoudre, d'aube en aube, loin des nuits désabusées, dans la célébration des passions, sa poésie s'érige à la verticale des combats, au nom de l'amour, ou plutôt de l'étreinte. En 1950, paraît “Le labyrinthe de la solitude”, l'analyse la plus complète, la plus profonde qui ait été livrée de la réalité mexicaine. Puis, c'est au tour d'“Aigle ou soleil ?”, “L'Arc et la Lyre”, “Pierre de soleil”, “Versant Est”, “Le Singe grammairien” et d'autres. Poète, essayiste, traducteur, Paz est également l'auteur d'une pièce de théâtre unique, “La fille de Rappaccini”. Octavio Paz reçoit le prix Nobel de Littérature en 1990. Il meurt à Mexico le 19 avril 1998. Fabrice Melquiot Avec : Denis Lavant, Mohamed Rouabhi, Anne Alvaro, Quentin Baillot Assistante à la réalisation : Alexandra Malka Les textes sont extraits des ouvrages suivants publiés chez Gallimard : “Le feu de chaque jour”, “Mise au net”, “D'un mot à l'autre”, “Versant Est”, “Une planète et quatre ou cinq mondes”, “De vive voix”, “Le labyrinthe de la solitude”. Source : France Culture
+ Lire la suite
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
943 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre