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Jean-Claude Masson (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070114929
Éditeur : Gallimard (01/11/2008)

Note moyenne : 4.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Yesé Amory, Roger Caillois, Claude Esteban, Carmen Figueroa, Jean-Clarence Lambert, Frédéric Magne, Jean-Claude Masson, Roger Munier, Benjamin Péret, André Pieyre de Mandiargues et Jacques Roubaud.

Édition de Jean-Claude Masson

Ce volume contient :
Poésie :
Liberté sur parole - Pierre de Soleil - La Fille de Rappaccini - Jours ouvrables - Hommage et profanations - Salamandre - Solo à ... >Voir plus
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Citations et extraits (138) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   26 décembre 2016
Central Park

Fourrés verts et noirs, lieux décharnés,
fleuve végétal à lui-même attelé :
entre bâtisses plombées, il glisse sans bouger
et là où la lumière se met à douter,
où la pierre convoite son ombre, il se dissipe.
Don't cross Central Park at night.

Tombe le jour, la nuit s’allume,
Alechinsky trace un rectangle aimanté,
un piège à lignes, une cour pleine d'encre
enfermant une bête effrayée,
deux yeux, rage qui se love.
Don't cross Central Park at night.

Il n'y a pas de porte, ni entrée, ni sortie,
encerclée dans un anneau de lumière
la bête d'herbe dort les yeux ouverts,
la lune déterre des couteaux,
l'eau de l'ombre est devenue flamme verte
Don't cross Central Park at night.

Il n’y a pas de porte d'entrée, mais tous,
au milieu de la phrase pendue au téléphone,
du haut de la cascade du silence ou du rire,
de la cage en verre de l’œil qui nous regarde,
tous, nous tombons peu à peu dans le miroir.
Don't cross Central Park at night.

Le miroir est en pierre et la pierre est une ombre,
il y a deux yeux couleur de colère,
un anneau glacé, un ceinturon de sang,
on entend le vent disperser les reflets
d'Alice démembrée sur l'étang.
Don't cross Central Park at night.

Ouvre les yeux : tu es entré en toi-même,
tu vogues sur un bateau de monosyllabes,
tu traverses l'étang-miroir et débarques
sur le quai de Cobra : c'est un taxi jaune
qui t'emmène au pays des flammes
à travers Central Park au milieu de la nuit.

A Pierre Alechinsky
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palamedepalamede   26 mai 2017
Vent, eau, pierre

L'eau perce la pierre,
le vent disperse l'eau,
la pierre arrête le vent.
Eau, vent, pierre.

le vent sculpte la pierre,
la pierre est coupe de l'eau,
l'eau s'échappe et elle est vent.
Pierre, vent, eau.

Le vent dans ses tours chante,
l'eau en marchant murmure,
la pierre immobile se tait.
Vent, eau , pierre.

On est autre et personne :
entre leurs noms vides
passent et s'évanouissent
eau, pierre, vent.

A Roger Caillois (p. 520)
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palamedepalamede   28 juillet 2017
Le visage et le vent

Sous le soleil inflexible
plaines ocre et collines fauves.
Je grimpai par des broussailles une pente de chèvres
vers un lieu de décombres :
pilastres brisés, dieux décapités.
Parfois des scintillements subreptices :
une couleuvre, un lézard.
Tapis dans les pierres,
couleur d'encre vénéneuse,
des peuples d'insectes friables.
Une cour circulaire, un mur fendu.
Accroché à le terre - nœud aveugle,
arbre tout de racines - le figuier religieux.
Pluie de lumière. Une forme grise : le bouddha.
Une masse confuse, ses traits,
par les escarpements de son visage
montaient et descendaient les fourmis.
Intact encore,
encore sourire, le sourire :
golfe de clarté pacifique.
Et je fus un instant diaphane
vent qui s'arrête,
tourne sur lui-même et se dissipe.
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coco4649coco4649   31 mars 2016
Le feu de chaque jour

Ville de Mexico
PÉTRIFIÉE PÉTRIFIANTE


…Vallée de Mexico
                 bouche opaque
lave de bave
           trône démantelé de la Colère
obsidienne obstinée
                  pétrifiée
pétrifiante
         Colère
               tour fendue
taille ployée comme une plainte
                             seins barbouillés
front offusqué
             morvesang vertesec
                               Colère
fixité qui s'enfonce dans la blessure                                                 colèrelame couteauregard
sur un pays d'épines et de piques…

p.457
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coco4649coco4649   08 mars 2016
Arbre au-dedans/LA NUIT, LE JOUR, LA NUIT

LETTRE DE CRÉANCE
Cantate


1
Entre le jour et la nuit
une zone indécise est suspendue.
Ni ombre ni lumière :
                  rien que du temps.
L'heure est une pause précaire,
page qui s'enténèbre,
page où je trace,
lentement, ces lignes.
                   L'après-midi :
une braise qui se consume.
Le jour gravite et s'effeuille.
Un fleuve obscur
lime les confins des choses.
                        Doux et opiniâtre,
il les conduit je ne sais où.
Le réel s'éloigne.
               J'écris :
je parle avec moi
               — je te parle.

p.583-584
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Vidéo de Octavio Paz
À Uxmal, Octavio Paz lu par Suliane Brahim
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