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Camille Fort (Traducteur)
EAN : 9782351780152
239 pages
Éditeur : Gallmeister (03/01/2008)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 27 notes)
Résumé :

Lorsqu'il revient de la guerre du Vietnam à la fin des années soixante, Doug Peacock est un homme brisé, hanté par les horreurs vécues chez les Bérets verts. Incapable de se réadapter à une société qu'il ne comprend plus, il trouve refuge dans la nature sauvage.Des paysages désertiques de l'Ouest américain aux plus hauts sommets de l'Himalaya, Peacock entame alors une marche spirituelle qui lui p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
cardabelle
  10 mai 2016
Ce livre est parmi ceux qui m'ont le plus bouleversée.
Ce n'est pas le récit romancé d'une vie, ce n'est pas une biographie, ce serait plutôt le partage des réflexions les plus intimes avec Doug Peacock au terme d'une résilience.

Il invite le lecteur à cheminer en sa compagnie dans son passé (quand l'humeur s'obscurcit ), ou dans les déserts ou dans les montagnes...là où ses pas le mènent, on le suit.Et, chemin faisant, il parle au lecteur de son vécu, de ses deuils, de son ressenti,de ses doutes et ses désillusions, de ses émotions.
Le ton est juste, pudique mais derrière les mots se cache mal une sensibilité extrême, celle-là même qui a dressé un rempart entre les hommes et lui au retour de la guerre du Vietnam : " je n'étais plus sûr de rien ".
Il a souffert, douté, perdu pied, chuté,pour toujours se relever .
Sa force de survie, c'est à la nature qu'il la doit.
La nature et le monde animal, une force née de son extrême sensibilité, car,quel que soit l'état d'esprit du moment, il y a toujours une petite place pour l'espoir qui peut renaître face à la beauté ou à l'innocence.
Et cela,c'est la nature originelle qui va peu à peu contribuer le rééquilibrer.
Mais, arrive un moment où à nouveau il accepte l'autre, jusqu'à renouer avec l'amitié.
Le terrain est encore fragile, mais suffisamment fort pour que naisse une amitié indéfectible, jusqu'à la mort, celle de Edward Abbey...
"c'est avec Ed que j'ai vu la mort au plus près--en attendant mon tour...je me suis enfoncé dans ce qu'est la mort. J'ai vu dans ses yeux un autre monde: il a eu une si belle fin...son agonie fut le plus brave et le plus beau des dons qu'il m'ait faits ."
Car, cet homme qui fut brisé par l'horreur a permit à Abbey, son ami, de mourir dans la sérénité et la paix,en accord avec lui-même et les siens.
Ces funérailles font l'objet d'un chapitre du livre. .." je trouvai l'endroit idéal pour planter le corps de mon vieil ami. L'air du désert était lourd d'une pureté rare et vive.
Je me sentais bien...Nous portâmes le corps d'Ed au-dessus du sol accidenté et je fus choqué de constater combien il était léger, léger comme un nuage, comme la brume sur la colline. Comme s'il s'était envolé. "
Et son cheminement continue, la vie le rattrape.
Il reconstruit une famille Mais, jamais il n'oublie et reviendra quelques années plus tard se recueillir sur la pierre tombale de Abbey, (après avoir traversé à pied un champ de tir dans le désert, interdit au public bien sûr ! !)
" Eh bien Ed, me dis-je en m'allongeant près du feu... me voilà. Tu ne vas pas me croire dis-je à la fumée, mais je me suis plus ou moins calmé, je me suis remis dans une forme décente. J'ai canalisé mon appétit de vivre et j'essaie maintenant d'être un bon père. Et ma colère--le poing levé de Hayduke--Ed ? Eh bien , j'essaie de lâcher prise...en traversant le champ de tir, j'ai laissé derrière moi une grande partie de la guerre. "
Hayduke, personnage du "Gang de la clef à molette" est un anarchiste, écolo, un peu dingue,et Abbey dit que c'est Peacock qui lui aurait servi de modèle. Mais ,Peacock affirme que le véritable Hayduke, c'est bien Abbey himself !!!
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loreleirocks
  29 décembre 2014
Le hasard fait bien les choses : mon premier livre au cours de ces quatre derniers mois, qui ne soit pas lié de près ou de loin à l'enseignement, pédagogie, didactique... ou à ce fichu master à terminer. Premier livre en quatre mois. Une grande inspiration au terme de trop de temps sous l'eau. Une escapade pour se ressourcer.
Et donc pour en revenir au hasard heureux, retour auprès de l'un de mes héros, Doug Peacock, cette fois-ci dans "Walking it off", pour un voyage le long de trois sentiers essentiels de sa vie : le Vietnam, la fuite dans la nature sauvage à la recherche du noyau dur de son âme toute cabossée et le long deuil de son mentor, meilleur ami et figure paternelle, Edward Abbey.
Un voyage un peu différent du précédent, mais au cours duquel on retrouve, avec grand plaisir dans un épisode (un peu trop court), quelques ours au détour du Grizzly Hilton, mais également la relation jamais paisible de Peacock et Abbey, les dernières heures de ce dernier, les paysages étranges et inhospitaliers des contrées désertiques du sud ouest des USA et du nord du Mexique rendus magiques par les mots de l'auteur.
Un thème récurrent (je passe le traumatisme de la guerre et son absurdité, la réflexion Peacock étant plus intéressante sans remâchage-recrachage par un tiers) que l'on retrouve dans les écris d'autres Nature Writers, éco-écrivains et naturalistes, et que je trouve particulièrement intéressant, les notions de « wildness » et de « wilderness », l'un dans l'homme nourri par l'existence de l'autre qui doit être préservé afin de préserver le noyau dur de l'âme humaine... je m'exprime bien mal, et je m'embrouille pour le coup.
En bref, un livre que j'ai lu très rapidement et avec grand plaisir de retrouvailles de Doug Peacock, malgré des sujets difficiles, un récit très personnel, souvent touchant et parfois difficile à comprendre (sérieux, l'impact de la guerre sur la psyché, qui ne comprend pas les mots, mais qui comprend le traumatisme?), quelques touches d'humour et beaucoup d'humilité. Des passages à lire et relire, à travers les grands déserts sauvages et les contrées grizzlies. Mais sans doute en complément de Grizzly Years que je recommande plus chaudement.
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blandine5674
  29 juin 2016
Le plus grand traumatisme de l'écrivain durant cette guerre du Vietnam sera d'avoir tenu dans les bras des bébés criblés de balles. Pour tenter d'estomper ses peurs et cauchemars, il marche et fait des ascensions. Ce récit est aussi, pour mon plus grand bonheur, un hommage à Edward Abbey. C'est la première fois qu'une lecture me fait l'effet d'être en compagnie de connaissances communes. Il parle aussi de Jim Harrison et de Terry Tempest Williams à qui l'on droit le sublime roman ‘Refuge'. L'émotion est à son comble quand il raconte l'enterrement illégal d'Abbey dans le désert et ses derniers jours. Suis surprise qu'il n'est jamais question de Rick Bass comme le fait ce dernier. Unique fois aussi où je lis quelqu'un qui est le héros dans deux livres lus précédemment. Doug Peacock dit, je cite : ‘La seule chose pire que de lire ses propres écrits est de devenir le personnage de fiction d'un autre.'
Une belle balade au coeur de la nature et de l'homme tout en pudeur. Un homme, un vrai !
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SeriallectriceSV
  17 septembre 2016
«Plus jamais je ne tuerai un inconnu, mais je donnerai ma vie pour préserver une terre sauvage.»
Excellente découverte, une aventure que je ne suis pas prête d'oublier.
Un regard empreint de douleur et de sincérité pour décrire ce qui hante l'âme et l'esprit d'un vétéran, un vétéran déglingué à la démence bien établie.
«On ne quitte jamais vraiment un champ de bataille.»
Vous m'avez embarqué Mr Peacock dans vos balades, j'ai marché avec vous dans la nature sauvage , dans les grands déserts de l'Ouest américain. Des marches salutaires, des exutoires pour libérer l'esprit et tenter d'oublier ces sombres et dures images de la guerre, pour ne plus penser aux horreurs des combats. Observer la nature, l'apprécier dans toute sa splendeur, savourer la magie des lieux, toucher de ses yeux les plaisirs que la nature sauvage nous offre, se faire quelques frayeurs au contact des grizzlis, les suivre dans leur quotidien, leur déplacement, se faire tout petit pour ne pas les déranger et se repaître, en silence, à leur contact, se délecter des parfums de la nature, se retrouver, se ressourcer, s'émouvoir, retrouver un équilibre, simplement ...y retrouver de belles raisons de VIVRE, un second souffle, à la recherche d'une sagesse intérieure, nourrir son âme, être de retour dans son humanité.
«Âgé d'une cinquantaine d'années, je suis venu ici recouvrer ma santé à marché forcée. Perdre à pas cadencés la graisse qui s'est installée, m'éloigner à pied de la guerre, marcher encore et toujours [...], pénétrer dans un monde qui m'apparaît obscurément meilleur, connaître un nouveau départ. Je voulais un supplément de vie, j'attendais plus de l'existence que je m'étais choisie.»
Merci, un grand merci pour cette belle leçon de vie, et toutes les fortes émotions ressenties à la lecture de votre histoire; des larmes naquirent à la lecture de certains passages saisissants.
Une belle histoire d'amitié, orageuse souvent, un bel hommage rendu à son ami Edward Abbey, à qui l'on doit Désert solitaire (livre qui changeait des vies et qui a inspiré une grande partie du mouvement écologiste moderne, qui traite de la puissance de la nature, du rapport de l'homme à la terre, d'une certaine idée de la liberté, un appel aux armes), ou encore «Le Gang de la Clef à Molette». le héros de ce dernier, George Whashington Hayduke n'est autre qu'un personnage inspiré de Doug Peacock.
«Cela dit, Abbey me rendit sans doute service en créant une caricature de moi-même dont je percevais la nature obtuse quand la mienne m'échappait. Il avait dépeint l'ex-Béret vert Hayduke par touches précises, comme un homme pris dans un marécage émotionnel, et il me donna l'envie d'en sortir. La seule chose pire que de lire ses propres écrits est de devenir le personnage de fiction d'un autre.»
Un ami qui lui a légué un formidable instrument de survie : les grandes marches.
«J'étais sorti du Vietnam dégoûté du combat, tournant à vide. Moins d'un an plus tard, je rencntrai Ed. Ce n'était sûrement pas un hasard. Même s'il me fallut des années pour le comprendre, cette sale petite guerre asiatique fut à l'origine d'une amitié de vingt ans. C'était elle qui, les brassant dans un même bouillon, faisait le lien entre la violence, Hayduke, Peacock, Abbey et le combat pour les espaces sauvages.»
L'enterrement de ce grand monsieur est un beau moment, empreint d'une vive émotion, raconté avec beaucoup de pudeur et d'humilité.
«Ed voulait nourrir les plantes.»
Doug Peacock parle aussi de ses amis, Jim Harrison et Rick Bass, et évoque de grands noms de la littérature du Sud-Ouest américain, William Eastlake, Peter Matthiessen, et du mouvement écologique : Rick Ridgeway, Yvon Chouinard.
La mort s'insinue par petites touches au travers de ce récit, la mort : partie intégrante du cycle de la vie. Vivons pleinement, pour bien mourir, pour ne pas avoir peur de partir.
«Si tu as gâché ta vie, alors évidemment tu t'agrippes comme un noyé à la semi-existence que t'offre la technologie médicale. [...] La mort devrait toujours avoir un sens. Ceux qui redoutent le plus la mort sont ceux qui aiment le moins la vie. La mort est la critique ultime de chaque homme. Il faut avoir vécu courageusement pour bien mourir.»
Et protégeons notre nature, préservons la vie sauvage !
Ce roman est un petit chef d'oeuvre !
A savourer sans modération aucune.
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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Crazynath
  06 janvier 2016
Pour moi, Doug Peacock était surtout l'homme qui a inspiré le savoureux Hayducke d'Edward Abbey dans le gang du clan à molette.
Mais Doug Peacock gagne a être encore mieux connu, et son livre Une guerre dans la tête, permet de comprendre et cerner un peu cet homme exceptionnel.
Peacock, après avoir été un infirmier chez les bérets verts au Vietnam, revient cabossé par les horreurs de la guerre. A l'époque, on ne parle pas encore de syndrome post-traumatique.
Dans son livre Peacock va relater sans concession, mais avec beaucoup d'honnêteté des moments clefs de sa vie . Ses habitudes à chercher à se ressourcer au coeur de la nature sauvage, son amitié avec Abbey. J'ai d'ailleurs trouvé toute cette partie du livre très émouvante et pleine d'émotion.
Ce livre permet vraiment de mesurer le cheminement de Peacock du Vietnam jusqu'au défenseur de la nature.
La partie consacrée aux grizzlis m'a donné envie de me plonger très vite dans Mes années grizzlis.
L'auteur a une très belle plume, et ses descriptions des lieux qu'il a traversé étaient très imagées et fort bien écrites. Je me suis d'ailleurs empressée de regarder sur le net certains endroits qu'il a cité, et c'est vrai que la nature sauvage, en particulier les déserts sont vraiment magnifiques.
Une magnifique ode à la nature sauvage...
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Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
CrazynathCrazynath   15 août 2015
Âgé d'une cinquantaine d'années, je suis venu ici recouvrer ma santé à marche forcée. Perdre à pas cadencés la graisse qui s'est installée, m'éloigner à pied de la guerre, marcher encore et toujours malgré un héritage de tension et de cholestérol élevés, pénétrer dans un monde qui m'apparait obscurément meilleur, connaitre un nouveau départ. Je voulais un supplément de vie, j'attendais plus de l'existence que je m'étais choisie.
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cardabellecardabelle   27 avril 2016
A la fin de l'année 1968, si j'étais prêt à accomplir quelque chose d'aussi extrême et dangereux que la guerre, c'était au service de la vie.

Mes valeurs étaient intactes,mais la tuerie avait drainé le reste.

Blessé mais engagé, j'étais un fou furieux prêt à en découdre, un fanatique sur le départ, un guerrier qui ne voyait pas l'intérêt de massacrer des étrangers.

Je cherchais une cause digne de combattre.

Abbey, lui, avait déjà trouvé son champ de bataille: les déserts de l'Ouest américain...il identifia mes points forts -- mon entraînement de soldat, toujours utile, et cette grande colère qui tournait à vide -- et leur trouva un usage...
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   17 septembre 2016
Pour moi aussi, il était important de savoir que l'on pouvait mettre fin à ses jours : j'avais écrit un livre sur les grizzlis en partie pour expliquer pourquoi j'avais, quant à moi, renoncé à sortir discrètement par la porte de derrière. Depuis le Vietnam, je portais le suicide avec moi comme une gourde de rechange. Après la naissance de ma fille, j'avais su que je ne pourrais pas y boire. Pour y puiser du courage, je suggérais sur un ton désinvolte que l'idéal était de partir en emmenant un sale type avec soi. Si on se sait condamné, si la vie devient telle qu'on veut tout arrêter, autant commettre un acte splendide, héroïque, audacieux, comme de tuer le dictateur, le bourreau ou le nazi de son choix. Ed Abbey appelait de ses voeux le jour où "quelqu'un affligé d'une maladie terminale (la vie, par exemple) s'attachera une ceinture bardée de TNT et descendra tout au fond du barrage de Glen Canyon pour réduire en miettes cette saloperie. Ce serait une belle fin".
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CrazynathCrazynath   05 janvier 2016
Ceux qui redoutent le plus la mort sont ceux qui aiment le moins la vie. La mort est la critique ultime de chaque homme. Il faut avoir vécu courageusement pour bien mourir.
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CrazynathCrazynath   15 août 2015
Il y a toujours dans une relation- ici, une amitié entre deux hommes - un moment étrange où le sentiment change soudain de dimension pour acquérir profondeur et maturité.
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Videos de Doug Peacock (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Doug Peacock
Grizzly Country a film by Ben Moon
After serving in the Vietnam War, author and naturalist Doug Peacock spent years alone in the Wyoming and Montana wilderness observing grizzly bears. His time in the wild changed the course of his life. With the protection of Yellowstone grizzlies now under threat, Peacock reflects on the importance of habitat and why he continues to fight for wild causes.
Presented by Moonhouse Films and Peak Design Infos : www.grizzlycountryfilm.com
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