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Gilberte Lambrichs (Traducteur)Patrick Reumaux (Traducteur)
EAN : 9782752901644
552 pages
Éditeur : Phébus (16/03/2006)

Note moyenne : 4.51/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Après la mort de son père, Titus d'Enfer est devenu le maître d'un royaume affaibli.
Le château de Gormenghast est menacé par un mal mystérieux qui s'apprête à noyer gens et biens. Dans la forêt, Titus rencontre une créature sublime, mi-fille mi-oiseau. Fasciné par cette apparition, il décide de la retrouver et s'aventure aux confins du monde, sur l'autre versant de la montagne de Gormenghast.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
batlamb
  15 décembre 2018
Impressions un peu plus contrastées pour ce deuxième séjour à Gormenghast, dont je ressors néanmoins toujours sous le charme des lieux.
Il faut dire que le premier tiers du livre m'avait déjà irrémédiablement ensorcelé : j'y avais retrouvé un Mervyn Peake au sommet de son art, enchaînant les passages sublimes avec une facilité affolante, voltigeant entre les spectres du passé et les rêveries d'un jeune enfant : le nouveau comte d'Enfer, Titus. Cette beauté d'ensemble en viendrait presque à dépasser les meilleurs moments du tome 1 (pourtant déjà magistral).
Cependant, par la suite, Mervyn Peake s'écarte dans un long chemin de traverse qui me convainc moins, avec une romance humoristique qui tend à phagocyter le récit. Certes, cela permet à Peake de déchaîner son humour particulier, mélange de grotesque et de tendresse pour des personnages ridicules, si bien qu'il parvient même à toucher à une forme de vérité sur les relations amoureuses. Toutefois, j'aurais aimé qu'il use de son énergie créatrice pour nous faire explorer davantage d'aspects de la vie à Gormenghast, et ne délaisse pas complètement certains personnages (Fuchsia, par exemple, s'avère très peu présente dans ce deuxième tome, et la Comtesse est aussi longtemps absente).
Heureusement, comme souvent, le salut de l'intrigue vient de Finelame, qui remet en branle ses machinations, et se fait ainsi le vecteur du chaos dans l'ordre insupportable de Gormenghast. Un chaos à la mesure de ce château si gigantesque, si bien qu'il lui sera difficile de conserver sa froide efficacité en toutes circonstances, ce qui donne encore plus de relief à ce méchant inoubliable, dont je me suis parfois surpris à souhaiter la victoire.
Et pour cause : je n'ai guère réussi à m'attacher au personnage de Titus, à partir du moment où ce dernier passe le stade de l'enfance. Là où la rébellion du Titus juvénile prenait la forme de l'exploration de Gormenghast et de paysage mentaux fascinants, le Titus adulte devient à mon sens une caricature du héros impulsif et colérique, sans guère d'autres caractéristiques venant lui apporter plus de profondeur. Il m'était tellement difficile d'accrocher à son point de vue que je n'arrivais même pas à me le représenter visuellement, alors que chaque autre personnage avait son portrait profondément ancré dans mon imaginaire de lecteur. Là est sans doute le signe le plus flagrant de l'échec de Mervyn Peake à me faire accepter le nouveau Titus de la deuxième moitié de ce tome.
J'ai aussi constaté, avec un peu de regret, que Peake ne développe pas tellement la relation entre Titus et Finelame. Il y avait pourtant davantage à dire sur le point commun qui les unit étroitement : leur haine du rituel, qui génère deux types de rébellion diamétralement opposées. Pour Finelame, il s'agit de subvertir le rituel et de l'utiliser à ses propres fins, assurant ainsi son pouvoir sur les habitants du château. Pour Titus, l'enjeu est simplement de fuir Gormenghast et d'assurer sa liberté en échappant à l'inanité de son domaine.
Il est donc dommage que Mervyn Peake renonce à explorer en profondeur ce rapport paradoxal entre les deux personnages principaux. Ceux-ci n'arrivent jamais à reconnaître leur point commun, une reconnaissance mutuelle qui aurait pu les faire sortir d'eux-même et découvrir à travers l'autre leur portrait en négatif dans une scène que le talent de l'auteur aurait pu rendre magique... Si seulement ! Mais le talent en question n'est pas perdu pour autant, puisqu'il se focalise remarquablement à travers le prisme de Finelame, et des évolutions surprenantes de sa personnalité au départ si pragmatique. Ne faut-il pas voir ici le reflet des obsessions qui gagnaient lentement Peake lui-même vers la fin de sa vie, et l'ont un peu détourné du potentiel de certains de ses personnages et de son univers (passé le premier tiers du roman) pour peindre un auto-portrait d'une horrible beauté à travers le personnage de Finelame ? Une glaçante perspective.
Quoi qu'il en soit, et malgré les degrés de fascination, là encore opposés, que Titus et Finelame ont exercé sur moi, le livre reste captivant. Souvent, en sortant d'un chapitre où j'avais fait l'effort de m'appuyer sur chaque détail des descriptions pour reconstituer le tableau d'ensemble, je me trouvais dans un état hypnagogique, un demi-sommeil absolument délicieux, comme si j'étais à mi-chemin entre le monde de Gormenghast et le nôtre. Lire Mervyn Peake est une expérience incomparable, et les quelques faiblesses de ce deuxième tome sont largement dépassées par ses visons frappantes et ses personnages hauts en couleur, qui flirtent avec le fantastique sans jamais sortir d'une réalité possible, dont la similitude avec la nôtre fait entrer dans cette dernière un peu de magie.
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LiliGalipette
  13 juillet 2016
Après l'incendie de la bibliothèque et la mort de Lord Tombal, dévoré par des hiboux, Gormenghast appartient désormais à Titus. Au début de second volume, le jeune comte a vu sa mère sept fois en sept ans et passe ses journées à étudier le rituel dans le collège du château, souvent brimé par ses camarades. « Titus a sept ans. Son monde, Gormenghast. Nourri d'ombres ; sevré dans les linges du rituel : ses oreilles sont vouées aux échos, ses yeux à un labyrinthe de pierre ; pourtant, dans son corps, autre chose – autre chose que cet ombrageux héritage. Car d'abord, et avant tout, il est un enfant. […] Titus le soixante-dix-septième héritier d'une gloire croulante ; une mer d'orties ; un empire de rouille rouge ; les rites imprimés comme des traces de pas enfoncés jusqu'aux chevilles dans la pierre. Gormenghast. » (p. 19) C'est peu dire que cet héritage pèse sur les épaules du jeune comte qui, bien que rompu aux rites, ne rêve que de chevaucher son petit cheval gris et de partir découvrir le monde. de son côté, Finelame continue de tisser sa toile mesquine : il a mis sous sa coupe les vieilles jumelles et prend de plus en plus de responsabilités dans le château. Gormenghast n'a plus de secret pour l'ancien employé des cuisines : il en connaît les souterrains, il s'est aménagé des postes d'observation partout et il monte les habitants du château les uns contre les autres. « Dans le sinistre programme dont il avait fait son avenir, il y avait toujours une pièce ou une autre à découvrir et à insérer dans le grand puzzle de sa vie de prédateur et dans le corps de Gormenghast dont il se nourrissait. » (p. 337) Son ascension n'est plus freinée par le fidèle Craclosse, banni de Gormenghast par la comtesse. le vieux serviteur, bien que parfaitement acclimaté à la nature, n'est jamais bien loin du château et il est prêt à intervenir pour sauver Gormengahst et secourir le nouveau comte d'Enfer. « le mal est dans le château. […] Où il est, je n'en sais rien. Mais le mal est là. » (p. 63) Finelame doit cependant prendre garde à Brigantin, le nouveau maître du rituel, qui voit d'un mauvais oeil ses manigances. Telle une araignée grise, Finelame tisse sa toile vers le trône. Les années passent, Titus grandit et le château n'en finit pas de décrépir jusqu'aux jours terribles d'une inondation qui semble vouloir engloutir Gormenghast.
Comme dans le premier volume, les morts sont violentes et pleines d'épouvante. Les êtres ne passent pas seulement de vie à trépas, ils se dissolvent dans le néant. Pour les vivants, la situation n'est pas plus douce tant Gormenghast semble être une juxtaposition de solitudes où chacun entretient ses névroses et ses desseins secrets. Après sa rencontre avec la mystérieuse femme oiseau, Titus veut plus que jamais se libérer et il y parvient dans la violence et la souffrance. « Il avait envie de savoir ce qu'il valait. de voyager, non comme un comte, mais comme un étranger n'ayant pour tout abri que son seul nom. » (p. 647) Pauvre Titus, c'est bien ce qui va t'arriver, mais n'oublie pas, partir, c'est trahir Gormenghast.
Avec ce deuxième tome encore plus riche que le premier, j'ai vécu des heures délicieuses entre terreur sourde et émerveillement continu. Les sombres murs de Gormenghast ont de quoi rendre fou, mais il semble tellement passionnant de s'y perdre. Dernier tome dans pas longtemps !
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Charybde2
  15 mars 2013
1950 : avec ce deuxième tome, Peake atteint son sommet. L'essence du gothique tordu.
Deuxième volume de la trilogie de “Gormenghast”, publié pour la première fois en 1950 (en 1977 en français), ce roman de 400 pages représente sans doute le sommet de l'art de Mervyn Peake. Après la fin plutôt raide de "Titus d'Enfer", nous sommes projetés quelques années plus tard. Les personnages existent maintenant fermement dans notre esprit, comme de vieux compagnons de voyage, et c'est avec plaisir et familiarité que nous allons accompagner Titus adolescent, ou le docteur Salprune et Lady Gertrude, qui continuent discrètement à réfléchir aux sombres événements du premier tome…
La revue de personnages des six premières pages de “Gormenghast” est certainement l'un des plus beaux passages de littérature que je connaisse.
"Titus a sept ans. Son monde, Gormenghast. Nourri d'ombres ; sevré dans les linges du rituel : ses oreilles vouées aux échos, ses yeux à un labyrinthe de pierre ; pourtant, dans son corps, autre chose - autre chose que cet ombrageux héritage. Car d'abord, et avant tout, il est un enfant.
Des rites plus contraignants que jamais homme n'en conçut luttent contre les ténèbres enracinées. Un rituel du sang ; du sang bondissant. Ces sensations vives ne viennent pas de ses ancêtres, mais de ces foules insouciantes, mille fois millénaires, des enfances de la planète. le don du sang joyeux. du sang qui rit quand les dogmes disent : "Pleure". du sang qui pleure quand les lois sèches ordonnent : "Réjouis-toi !' Ô petite révolution en grandes teintes !"
“Irma n'écoutait jamais que les cinq premiers mots des périodes quelque peu entortillées de son frère, si bien qu'une quantité respectable d'insultes lui passaient par-dessus la tête. Des insultes qui n'avaient, en soi, aucune méchanceté et qui procuraient au docteur une forme de divertissement verbal sans lequel il aurait dû passer tout son temps enfermé dans son cabinet. D'ailleurs, ce n'était nullement un cabinet, car, bien que les murs fussent tapissés de livres, il ne contenait rien d'autre qu'un fauteuil très confortable et un fort beau tapis. Il n'y avait pas de bureau. Ni papier ni encre. Ni même une corbeille à papiers."
Ce volume est aussi, sans doute plus encore que le premier, l'illustration parfaite de cet humour noir et tordu, par lequel – comme il me semble avoir lu Iain Banks le rappeler à l'occasion – toute possibilité atroce qui existe, a des chances de se matérialiser…
L'édition Phébus de 2000, reprise en Points Seuil, nous offre en prime une utile préface de Patrick Reumaux.
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stcyr04
  07 octobre 2015
Titus a grandit, il a atteint ce qu'on appelle communément l'âge de raison. Il semble que les premiers actes iconoclastes qu'il avait accomplit innocemment lors de sa petite enfance sont révélateurs d'un esprit singulier, c'est un enfant libre et rebelle, qui promet de donner du fil à retordre à la très nombreuse caste de ses professeurs - ramassis de tire-au-flanc, de fainéants, et qui parait devoir s'insurger contre le carcan des obligations aussi immémoriales qu'insignifiantes du château de Gormenghast. Ainsi poussé par un esprit aventureux et indomptable, il prend régulièrement la clef des champs - ce qui ne va pas sans quelques désagréments; mais ses aventures lui permettent de rencontrer des êtres passionnants et de prendre conscience qu'un autre monde existe, plus sauvage, plus libre, plus spontané.
Mervyn Peake a su donner vie à un univers onirique et plastique, étoffé par des descriptions originalement menées confinant parfois à l'hallucinatoire, et où transparaît à l'évidence l'illustrateur qu'il était avant tout. Sa prose atteint quelquefois le sublime, et le ton de s'élever jusqu'à l'épique. Ce deuxième volet est plus riche en sa diversité que son prédécesseur : l'humour grandiloquent et ironique, mettant en lumière les défauts et les travers de ce théâtre de grotesques est dans la grande tradition de la littérature satirique britannique. S'ajoute à cela plus de noirceur qu'auparavant, avec ses deux figures d'une malfaisance sans pareille, à savoir le diabolique arriviste Finelame, dont la soif de pouvoir le mène aux meurtres en série et le puant de décrépitude Brigantin, le fanatique maître des cérémonies.
Ode à la liberté, ce roman est une pirouette à l'esprit de pesanteur du monde des adultes. On comprend mieux avec ce deuxième volet de la trilogie, l'influence qu'a pu avoir une telle oeuvre sur la litterature fantasy
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Alienor
  23 janvier 2009
Deuxième volet de la « trilogie de Gormenghast », ce roman est la suite de « Titus d'Enfer ».
Titus a maintenant sept ans. C'est un petit garçon mélancolique qui parle peu ; les obligations qui incombent à son rang lui semblant déjà très pesantes. Il n'y a qu'à l'école qu'il soit traité comme les autres enfants par ses professeurs, car pour tout le monde il est loin d'être un petit garçon ordinaire.
Il n'éprouve de sentiments que pour Nanny Glu, qui l'a élevé, et pour sa soeur aînée Fuschia. C'est d'ailleurs l'un des éléments clé du roman, cet amour qui va se révéler et grandir dans le coeur du frère et de la soeur.
Fuschia est le seul véritable attachement de Titus pour Gormenghast. Rien d'autre ne le retient vraiment, et certainement pas le sens du devoir. Et c'est pourtant lui, Titus, devenu adulte, qui délivrera le château de Gormenghast du mal qui s'y tapissait depuis sa naissance !
Ce sont ces années, de l'enfance à l'âge adulte, que nous suivons, à travers les péripéties du docteur Salprune et de sa soeur Irma, du fidèle serviteur Craclosse banni depuis des années et qui connaîtra un retour en grâce. A travers aussi la présence de « la créature », qui rôde et effraie la population. Sauf Titus bien sûr, littéralement fasciné par elle. Il la suivra dans la forêt lors d'un terrible orage, et le face à face qui en résultera renforce le caractère fantastique de ce livre.
Toutes ces personnes et ces aventures ont un rôle à jouer dans l'évolution du personnage du jeune comte, dans son cheminent vers l'homme qu'il veut devenir.
Ce deuxième roman est beaucoup plus sombre et tragique que le précédent, ce qui le rend encore plus fort et plus beau. Beaucoup de drames vont survenir, donnant lieu à des scènes magnifiques remarquablement écrites. Les personnages vont évidemment s'en ressentir et évoluer vers plus de noirceur, plus de profondeur. le Docteur Salprune notamment, qui va perdre le sourire qui jusqu'ici ne le quittait jamais. Plus fort encore, la Comtesse d'Enfer, apparemment incapable d'aimer, va pour la première fois sentir vibrer son coeur pour son fils et non plus uniquement pour ses chats et ses oiseaux.
Le roman s'achève sur la décision de Titus quant au chemin qu'il va suivre, et on a alors plus qu'une envie : commencer immédiatement la lecture du troisième et dernier volet !

Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
gorjussgorjuss   17 février 2013
Les chats, dont ne remuait pas un poil de moustache,
étaient partout dans la pièce.

Leur présence sur la cheminée donnait à celle-ci un aspect héraldique.

La table était un bloc compact de blancheur.
Le divan, un tas de neige.
Le tapis, cousu d'yeux.
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gorjussgorjuss   18 février 2013
Quand la porte se fut refermé sur le dernier d'entre eux,
on n'eût certes pu dire que la salle tendue de cuir fût un lieu convenant à un asthmatique.

Nulle plante ne pouvait y prospérer, à moins d'être du genre calleux et éthique -
quelque cactus accoutumé depuis longtemps à la poussière et à la soif.

Parmi les oiseaux chanteurs, aucun ne pouvait y vivre -
non, pas même le corbeau -
car la fumée eut rempli leurs fines et tendres cornemuses.

Elle ignorait tout,
cette atmosphère,
de l'aube dans les coudraies scintillantes de rosée
ou des ruisseaux,
ou du ciel étoilé.

C'était un antre de cuir, plein de brouillard sépia.
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gorjussgorjuss   19 août 2013
Le château était silencieux comme un monstre frappé d'un coup d'assommoir.
Inerte, mort, étalé.

C'était une nuit qui, pour son épaisseur et son silence,
semblait dire que le jour ne viendrait jamais plus.

D'ailleurs l'aube était quelque chose qui n'existait pas.

C'était une invention de la nuit, un conte de bonne femme,
une vieille fable immémoriale,
contée siècle après siècle dans l'obscurité éternelle ;
racontée mille et mille fois aux gamins fantomatiques
des tunnels et des caves de Gormenghast
- le conte d'un autre monde où arrivaient des choses merveilleuses,
où les pierres, les briques, les tiges de lierre et le fer
étaient des choses qu'on pouvait voir, toucher et sentir,
des choses qui s'éclairaient et qui avaient des couleurs,
un monde où à certaines heures,
une traînée de miel incendiait l'est, chassant les ténèbres,
et où cette chose qu'ils appelaient l'aube
se levait au-dessus des bois,
comme si la fable s'était matérialisée,
comme si la légende était devenue vivante.

C'était une nuit à mufle de taureau.
Mais le mufle était étouffé par un bâillon.
Une nuit qui avait des yeux énormes, mais recouverts d'un bandeau.
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gorjussgorjuss   17 février 2013
Sur les marges inégales de la vie du château -
marges irrégulières comme la côte d'une île déchiquetée par les vents -,
des personnages se tenaient immobiles,
certains se dirigeant lentement vers le centre, émergeant de nulle part -
des eaux immémoriales, opaques.

Mais qui sont-ils, ceux-là qui posent le pied sur la plage froide ?

Un espace aussi énorme devrait à coup sûr enfanter des dieux ;
rois écailleux ou créatures dont les ailes étendues pourraient assombrir deux horizons.

Ou Satan tavelé, avec son front d'airain.
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LiliGalipetteLiliGalipette   13 juillet 2016
« Titus a sept ans. Son monde, Gormenghast. Nourri d’ombres ; sevré dans les linges du rituel : ses oreilles sont vouées aux échos, ses yeux à un labyrinthe de pierre ; pourtant, dans son corps, autre chose – autre chose que cet ombrageux héritage. Car d’abord, et avant tout, il est un enfant. […] Titus le soixante-dix-septième héritier d’une gloire croulante ; une mer d’orties ; un empire de rouille rouge ; les rites imprimés comme des traces de pas enfoncés jusqu’aux chevilles dans la pierre. Gormenghast. » (p. 19)
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Video de Mervyn Peake (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mervyn Peake
Interview, sur UK Entertainment Channel (www.ukentertainmentchannel.com) de Sebastian Peake, fils de Mervyn Peake, à propos de son père.
(en anglais, pour les fans !)
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