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Georges-Michel Sarotte (Traducteur)
ISBN : 2266088025
Éditeur : Pocket (31/03/2004)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 355 notes)
Résumé :
Université d'Oxford, 1663. Le professeur Grove est retrouvé mort, assassiné à l'arsenic. Sarah, sa servante, est accusée du meurtre et exécutée. Quatre personnages relatent les circonstances et les mobiles de ce crime dont ils ont été les témoins. Chacun croit fournir la seule version objective des faits. Seul le lecteur découvrira la vérité dont chaque récit individuel ne révélait qu'un fragment. Iain Pears livre ici un roman philosophique doublé d'un thriller hist... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
frgi
  03 septembre 2017
Seconde lecture de ce superbe roman, pour moi. Je l'avais lu en 1998 lors de sa sortie et il m'avait laissé un très bon souvenir. Raison pour laquelle je m'étais promis de le relire un jour. Depuis plusieurs mois, il me faisait de l'oeil dans ma bibliothèque mais je n'osais franchir le pas en raison de l'épaisseur de ce pavé de plus de 600 pages en tout petits caractères.
C'est maintenant chose faite et j'ai éprouvé le même plaisir que lors de ma première lecture. Je me souvenais du début du livre mais, j'avais complètement oublié le dénouement final, ce qui n'est pas plus mal.
Ce livre relate le meurtre d'un éminent professeur d'université vu par quatre protagonistes qui apportent chacun leur point de vue sur les évènements. Et force est de constater que selon le point de vue de chacun, les évènements semblent totalement différents et le coupable désigné l'est tout autant. Ce récit m'a fait comprendre toute l'importance du devoir d'enquête dans tout problème de justice.
Pour moi, une lecture indispensable pour tout lecteur intéressé par les thrillers historiques. N'hésitez surtout pas et plongez les yeux fermés dans cette fresque historique époustouflante !
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Commenter  J’apprécie          351
Charybde2
  26 juin 2013
L'un des meilleurs et des plus subtils romans historiques contemporains.
Publié en 1997, après une série de six romans policiers situés dans le monde de la peinture, bien connu de ce Britannique philosophe et historien d'art, "An instance of the fingerpost" marquait à mon avis une date dans le roman historique moderne.
D'une grande ambition littéraire, il avait tout pour ébranler (favorablement) les amateurs du genre souvent habitués à des ouvrages plus paisibles, et à l'instar du "Q" ("L'oeil de Carafa") ou du "Manituana" des Wu Ming, il disposait de tous les atouts pour attirer des lecteurs que le roman historique ne séduit habituellement guère. C'est ce qui se produisit dans de nombreux pays, mais qui fut partiellement "gâché" en France par une frénésie éditoriale qui conduisit, après la belle traduction de Georges-Michel Sarotte chez Belfond en 1998 (même si l'on peut toujours se demander comment on en est venu à l'intitulé "Le cercle De La Croix"), à publier cinq des enquêtes policières écrites auparavant en cinq ans, sans trop s'embarrasser d'expliquer au public qu'il s'agissait de travaux antérieurs et sensiblement moins ambitieux, mais en espérant vraisemblablement "surfer" sur le succès initial. Dommage pour le statut de l'écrivain et de son premier roman majeur, qui ne s'en est pas totalement remis dans notre pays.
1663. Avec le retour laborieux du roi Charles II, l'Angleterre se remet difficilement des 20 ans de guerre civile ayant suivi la chute de Charles 1er et la prise du pouvoir par la New Model Army de Cromwell, lorsqu'un gentilhomme vénitien, d'une famille marchande mais également médecin amateur à ses heures, débarque à Oxford, devant patienter là pendant qu'une complexe affaire du commerce familial se résout à Londres. Rencontrant rapidement une foule de personnages témoignant chacun à leur manière de la complexité des relations humaines et de l'incroyable instabilité engendrée par la qurelle religieuse encore très pulvérulente à l'époque, il va assister impuissant à la mise en accusation puis à l'exécution d'une jeune femme de basse condition, accusée peut-être à tort du meurtre d'un respectable universitaire...
Si les 260 pages de cette première partie donneraient déjà matière à un roman tout à fait honorable, le propos ne fait en réalité que commencer : trois autres parties, pour atteindre les 960 pages finales, conduites par trois narrateurs supplémentaires successifs (et l'un des charmes du récit est de voir surgir comme "nouveaux" narrateurs des personnages connus, mais que l'on n'aurait jamais imaginés, dans la première partie, dans ces rôles) vont déconstruire pas à pas le récit initial du Vénitien - puis celui de leur(s) prédécesseur(s) dans le rôle, auquel ils ont eu accès, donnant par trois fois une vision totalement différente, progressivement "complétée" ou au contraire "renversée", de ce qui s'est réellement passé durant ces quelques semaines oxfordiennes.
Éblouissante performance narrative, menée avec une réelle honnêteté vis-à-vis du lecteur (il ne s'agit pas d'une "énigme à résoudre", après tout), et engendrant une intense délectation, lorsque peu à peu la démonstration se fait de ce que signifie vraiment un "narrateur non fiable" en littérature, et de l'ensemble des raisons, volontaires et involontaires, qui conduisent à ce statut si particulier.
Du grand art, construit avec un aplomb tourbillonnant, soutenu par des recherches historiques de haute volée, et révélant au fil des pages son abrupte leçon sociale et politique.
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frandj
  28 juin 2014
J'avais lu ce roman peu après sa parution (1998) et, me souvenant de sa complexité qui m'avait laissé un peu perplexe, je viens de le relire. Autant le dire tout de suite, ce thriller historique est une grande réussite, mais à la seconde lecture je l'ai encore trouvé passionnant et difficile à la fois.
La particularité de ce livre, c'est que la même histoire est racontée successivement par quatre personnes très différentes. Chacune d'elles a quelque chose à cacher et détient une partie de la vérité; aucune n'est un "héros positif". Ce parti-pris de narration à quatre voix n'a rien d'un artifice gratuit; au contraire il met en évidence la subjectivité des personnages et construit la subtile structure en "poupées russes" du roman.
L'essentiel de l'intrigue se déroule à Oxford, en 1663, c'est-à-dire peu après la restauration du roi Charles II, qui a mis un point final à la dictature "républicaine" de O. Cromwell - c'est un épisode essentiel de l'histoire anglaise. Au premier degré, le sujet du roman est d'abord d'identifier l'assassin d'un professeur de l'université. Une "coupable" est assez vite trouvée: Sarah, une jeune femme pauvre mais fascinante, à la réputation sulfureuse. Sa condamnation arrangera beaucoup de monde, en fait ! Mais il s'avère que le vrai sujet du "Cercle de la Croix" est beaucoup plus vaste: il évoque d'obscures intrigues impliquant les royalistes, les républicains (les "puritains") et les catholiques (les "papistes"), visant à de profonds bouleversements politiques. le troisième narrateur consacre tout son compte-rendu de l'affaire à cette enquête, mais il sera très difficile de démêler cet écheveau inextricable.
Pour lire avec toute l'attention nécessaire ce très gros roman, il faut beaucoup de temps ! Mais l'intrigue est si subtile et si compliquée que, en refermant ce livre, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris ou mémorisé. Ecrivant ceci, je ne veux surtout pas décourager les lecteurs ! Je me contenterai de leur donner un conseil: rester très concentré sur les détails de ce récit en quatre parties, qui comporte un grand nombre de personnages dont les échanges sont pleins d'indices cachés.
Mais "Le Cercle de la Croix" n'est pas seulement un thriller, c'est aussi et surtout un roman historique très fouillé, grâce à l'érudition de l'écrivain. L'univers du XVIIème siècle en Angleterre, et plus spécialement dans le milieu universitaire d'Oxford, est rendu avec une véracité et une précision qui me semblent extraordinaires. Il faut noter que plusieurs protagonistes du livre ont réellement existé. Certains sont même passés à la postérité; l'écrivain respecte scrupuleusement leur biographie, tout en leur attribuant des rôles imaginaires pour les besoins de sa narration. L'auteur n'est vraiment pas tendre envers le monde des universitaires, des clercs, des courtisans et... des "manants". Si leur religiosité (authentique ou feinte) est souvent voyante, elle s'accompagne presque toujours d'un sectarisme très virulent. Tous sont arrivistes, à la recherche de protecteurs placés plus haut qu'eux, susceptibles de leur procurer des avantages. Seul un très petit nombre de personnages - comme par exemple Sarah, malgré son caractère étrange - semblent sincères et honnêtes (même s'ils ne sont pas tout à fait impeccables).
En résumé, c'est un roman passionnant et complexe, très travaillé, que Iain Pears a écrit. Il me semble même meilleur qu'un autre roman du même auteur (que je recommanderai aussi), "Le songe de Scipion".
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Eric75
  29 janvier 2011
Quatre personnages donnent successivement leur version sur certains faits étranges survenus à Oxford en 1663. Un meurtre a été commis, de mystérieux individus agissent dans l'ombre, des conspirateurs sont susceptibles de commettre des attentats, une femme innocente qui s'accuse elle-même va être jugée et déclarée coupable. La première originalité de ce roman réside dans la quadruple répétition d'une même série d'événements, perçue et décrite par quatre protagonistes, chaque récit apportant à la fois une histoire personnelle et un éclairage complémentaire à la trame principale. La seconde originalité est l'utilisation d'éléments historiques et de personnages plus ou moins célèbres ayant réellement existé (ce que confirme une annexe fort utile en fin de roman). le scénario mêle ainsi personnages réels et personnages fictifs, faits objectifs et faits interprétés, témoignages sincères et erreurs de jugement. On se délecte des récits croisés des quatre narrateurs : un médecin vénitien en voyage en Angleterre, un fils désireux de venger l'honneur de sa famille, un prêtre espion et mathématicien, un historien témoin de son époque cherchant à établir la vérité. Ce n'est qu'après avoir lu le quatrième témoignage, sincère mais pas plus juste que les autres, que l'on comprend ce qui s'est réellement passé.
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ssab
  01 novembre 2012
je croyais que j'allais lire un thriller, un policier ... mais franchement la dernière page tournée, je médite sur cette "étude sociologique", sur ce roman historique et c'est plus l'érudition de l'auteur, la mise en forme astucieuse, la psychologie des personnages qui ont retenu mon intérêt que les mystères à élucider.
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Citations & extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
frgifrgi   17 août 2017
"- Votre fille n'en [de l'argent] gagne pas assez?
- Pas suffisamment pour que nous évitions les dettes, non. Elle a du mal à trouver du travail, car elle a la réputation d'être emportée et désobéissante. C'est très injuste : jamais mère n'a eu une si bonne fille.
- Elle est parfois plus franche dans ses propos qu'une fille de sa condition ne devrait l'être.
- Non, monsieur. Elle est plus franche dans ses propos qu'une fille de sa condition n'est autorisée à l'être." (p.108)
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Natty56Natty56   18 avril 2016
"Je vous le dis Cola, si je venais à mourir demain, je vous donne l'autorisation de m'anatomiser. Que cela dérange certains gens me dépasse. Après tout, on les enterre tôt ou tard, n'est-ce pas ? Qu'importe qu'ils soient en un seul morceau ou en plusieurs, du moment qu'ils meurent avec le secours de la religion ? Croient-ils que le bon Dieu n'est pas capable de les remonter avant le deuxième avènement du Messie ?"
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XSXS   13 septembre 2017
Quelqu'un tenta un jour de m'expliquer les théories de M. Newton, mais elles me semblent absurdes. Il s'agissait, je crois, de prouver que les choses tombent. Ayant fait une mauvaise chute de cheval la veille, je répliquai que toutes les preuves dont j'avais besoin se trouvaient sur mon arrière-train.
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SpilettSpilett   30 décembre 2009
Il se dirigea vers une étagère et choisit un tube souple au bout duquel se trouvait une pipette de verre; il inséra celle-ci dans le goulot de la bouteille qu'il plaça sur la table. Ensuite, il s'accroupit et aspira par l'autre bout du tube, puis s'écarta lorsque le liquide jaillit dans le récipient placé au-dessous.
"Exercice intéressant et utile, fit-il observer. Assez commun, évidemment, mais fascinant malgré tout. Du moment que la seconde partie du tube est plus longue que la première, le liquide va continuer à s'écouler, parce que le liquide qui descend pèse davantage que le liquide qu'on fait remonter."
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missmolko1missmolko1   16 janvier 2011
A l'époque le café était en vogue en Angleterre ; il était entré dans le pays avec le retour des Juifs. Ce grain amer n'était guère nouveau pour moi, bien sûr, car je le buvais pour me purifier la rate et aider ma digestion, mais je ne m'attendais pas qu'il fût tellement à la mode qu'on avait construit des bâtiments spécialement pour le consommer en extraordinaires quantités et à un prix extrêmement élevé.
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