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ISBN : 2070148718
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 2.97/5 (sur 37 notes)
Résumé :
1870, la défaite de Sedan scelle la guerre franco-prussienne. Dans Paris assiégée, l’heure de la Commune va sonner. Une bande d’amis vit la fièvre de l’insurrection. Ils se nomment Vallès, Verlaine, Courbet, Gill, Marceau, Manon, Dana… Mais le temps des cerises s’achève dans le sang. Les amis sont dispersés, arrêtés ou recherchés.
Dana, en fuite, est condamné à mort, accusé d’avoir participé au massacre des otages de la rue Haxo. Qui était-il? Communard authe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Fortuna
  23 mars 2019
Marqué par l'expérience de la Commune en 1871, période de deux mois où le peuple de Paris a défié le gouvernement, Marceau trente ans plus tard est à la recherche de son compagnon Dana. Les souvenirs le poursuivent, les personnages célèbres ou moins qui ont vécu cette époque. On y croise Louise Michel, le peintre Gustave Courbet, Jules Vallès et son journal le Cri du peuple, Verlaine, Rimbaud, le caricaturiste André Gill… Mais aussi cette fameuse journée ou après une répression sanglante signant leur défaire, les communards ont exécuté une cinquantaine d'otages dans un jardin public. Un certain Amédée qui passait par là, a été tué parmi eux. Par qui, pourquoi ?
Le personnage de Dana reste assez mystérieux, sa silhouette apparaissant dans un des premiers films de l'industrie cinématique américaine, un détective est sur ses traces… Mais Dana n'est qu'un souvenir un peu flou, des mains jouant aux cartes dans un vieux court métrage, des mains enlaçant Manon, une femme chère à Marceau. Est-ce lui l'assassin ? Et que cache la folie de Marceau shooté au laudanum, cette obsession, ce passé mal digéré ?
Sur fond historique de la guerre de 70, puis de l'apparition du cinéma avec Charles Pathé, l'arrivée du Wild West Show en France en 1905, quelques anecdotes sur Calamity Jane, on se perd un peu dans ce roman de Patrick Pécherot mais son style nous rattrape et nous entraine dans les méandres d'un esprit qu'un traumatisme a anéanti au point de nier la réalité et qui devra rassembler le puzzle de son existence et admettre sa culpabilité pour se reconstruire…Et on se laisse prendre.
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Corboland78
  21 septembre 2015
Patrick Pécherot est un journaliste, écrivain et scénariste de bande dessinée né en 1953 à Courbevoie. Il a exercé plusieurs métiers dans le secteur de la protection sociale. Un temps proche des milieux libertaires et pacifistes, il s'engage syndicalement à la CFDT. Son premier roman est publié à la Série noire en 1996. En dehors du roman noir, Patrick Pécherot a écrit des romans pour la jeunesse, des nouvelles, un essai ainsi que trois scénarios de bande dessinée pour Jeff Pourquié. Une plaie ouverte, son nouveau roman, vient de paraître.
Dans le Paris assiégé de 1870, le court temps de la Commune approche. Durant ces trois mois, de mars à mai 1871, des hommes et des femmes vivent la fièvre de l'insurrection qui s'achèvera dans le sang. Les amis sont dispersés, arrêtés ou recherchés. Dana, en fuite, est condamné à mort par contumace, accusé d'avoir participé au massacre des otages de la rue Haxo. Qui était-il ? Son souvenir hante Marceau jusqu'à l'obsession. Trente ans plus tard, il croit le reconnaître parmi les figurants du premier western de l'histoire du cinématographe, et n'aura de cesse de retrouver sa trace.
Je ne sais pas si vous connaissez la chanson où il est question de « marabout- bout de ficelle-selle de cheval » etc. mais Patrick Pécherot, lui, doit en faire son air favori sous la douche, car c'est l'un des points forts de ce roman, une construction décoiffante où tout s'enchaîne avec une logique vertigineuse. Partant du Far-West des pionniers nous rejoindrons le Paris communard qui finira par voir débouler le Buffalo Bill's Wild West, le fameux spectacle destiné à recréer l'atmosphère de l'Ouest américain dans toute son authenticité, dans les murs de la capitale en 1899. Quant aux acteurs à l'affiche de cet incroyable scénario, ce ne sont ni plus ni moins que Jules Vallès, Paul Verlaine, Gustave Courbet, Charles Baudelaire, Thomas Edison, Charles Pathé, Calamity Jane, Buffalo Bill et tant d'autres illustres. L'écrivain est particulièrement calé sur la période, tout sonne juste dans les moindres détails et l'on serait prêt à jurer que tout est vrai dans ce roman, tant le faux (si peu, mais l'intrigue du bouquin) se mêle habilement au vrai (j'ai vérifié sous Google).
Si le style d'écrire évolue, le début du livre (la première moitié ?) ma scotché tant ce style extrêmement personnel, est superbe et déroutant. Si la construction du scénario est complexe, les phrases ne le sont pas moins en ce début d'ouvrage et j'avoue avoir été partagé entre admiration (devant l'écriture sublime et pleine d'ellipses) et répulsion (j'avais du mal à comprendre de quoi il en retournait, suivant la narration déstructurée à l'aveuglette). Ajoutons que l'écriture à la troisième personne tient aussi le lecteur à distance. Lecteurs éventuels du roman, n'abandonnez pas trop vite si vous peinez à suivre, bientôt l'horizon va se dégager, même s'il gardera jusqu'au bout, la touche ou la patte caractéristique voulue par Pécherot. Mais pour tout ce que je viens de dire, je ne pense pas que ce livre fasse l'unanimité.
Le coup de théâtre final est franchement réussi et ajoute un plus à ce polar pas ordinaire. Un très bon roman, plein d'Histoire et d'histoires. Mais qui se mérite.
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Sociolitte
  13 août 2017
Abandonné... à la page 102... La raison de la page 102, il n'y en a pas, mais la raison de l'abandon c'est la litanie de réflexions le plus souvent anecdotiques concernant des personnages historiques, politiques ou artistiques, du Wild West Show aux États-Unis, à la Commune de Paris.
Le fil rouge concernant la recherche d'un communard du nom de Dana, justifiant ce périple, est depuis longtemps perdu pour moi à la lecture de cette page 102.
Le style se veut poétique, mais il est tellement distancé qu'il en devient sec et insupportable.
Le sujet paraissait excellent, en tous cas, il m'attirait vraiment. de plus, c'était pour moi l'occasion de découvrir Patrick Pécherot, un auteur que je ne connaissais pas, et dont la réputation me tentait également. J'en essaierai peut-être un autre, un jour, en espérant ne pas y retrouver ce style distant et idéaliste.
C''était la Commune de Paris... sans le peuple...
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encoredunoir
  12 septembre 2015
Si on aime le roman noir historique qui a trait à l'histoire française contemporaine, impossible de passer à côté de Patrick Pécherot depuis qu'à l'orée des années 2000 il s'est lancé dans sa trilogie du Paris de l'Entre-deux-guerres avant d'enchaîner sur la Première Guerre mondiale avec Tranchecaille et les milieux anarchistes du début du XXème siècle (L'homme à la carabine). On recule encore un peu avec cette Plaie ouverte qui s'étend de la Commune de Paris à 1905 en passant par l'Affaire Dreyfus.
Ici donc, on s'attachera aux pas de Marceau, communard proche des milieux artistiques de l'époque lancé à la recherche, obsessionnelle, du mystérieux Dana. Révolutionnaire ? Membre du peloton d'exécution qui a oeuvré rue Haxo pendant la Semaine sanglante ? Truand et truqueur ? Nul ne sait qui est vraiment cet homme dont on dit qu'il aurait fui vers l'Amérique.
« C'est une sacrée histoire que celle-là. Vraiment. Pourtant, espérer qu'il la raconte serait aussi vain qu'attendre le retour d'un mort. L'homme, s'il a existé ailleurs que dans la fumée d'une pipe ou les sornettes d'un vieux, on se contentera d'en chercher la trace. Rien, ou presque, ne garde son empreinte. À croire qu'il marchait sur des semelles de vent. Comme l'autre, qu'il aurait connu jadis et qui, pareillement, a tout brûlé derrière lui. »
C'est à la recherche d'un spectre que semble s'être lancé Marceau. Mais aussi, plus largement, des fantômes de son passé. de l'exaltation et de l'amour vécus avec sa bande d'amis, avec Manon, avec Jules Vallès, avec Maxime Vuillaume, avec Paul Verlaine et Gustave Courbet, mais aussi du traumatisme d'une insurrection manquée et du sang versé alors.
Enquête éclatée, à l'image des souvenirs brouillés par le laudanum qui fait encore avancer Marceau, Une plaie ouverte surprend dans sa construction et joue avec intelligence de cette figure spectrale de Dana, nimbant le récit d'une touche qui peut aussi bien être de la folie, que du mythe ou du fantastique. Et puis, ce faisant, comme à son habitude, sans effets de manche, Patrick Pécherot fait revivre des époques, tâche d'en tirer l'essence, en se plaçant au milieu des hommes. Il y a la langue, bien sûr, le parler populaire rendu avec subtilité, les scènes de vie – ou de mort – qui s'impriment sur la rétine du lecteur : le bouillonnement de la Commune, le violent retour à l'ordre et l'apparition d'une nouvelle forme de fabrication de mythe avec la naissance du cinéma que l'on suit aux côté de l'ami de Marceau, Charles Pathé. Et les premiers westerns arrivés des États-Unis et vite suivis par le Wild West Show de Buffalo Bill.
Étonnant, parfois déstabilisant mais toujours d'une impressionnante justesse, Une plaie ouverte marque, quatre ans après L'homme à la carabine, le réjouissant retour de Patrick Pécherot.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Kirsikka
  05 janvier 2016
Patrick Pécherot continue de remonter le temps, il nous emmène cette fois au temps de la Commune de Paris, puis trente ans plus tard, beaucoup plus à l'Ouest, alors que le Far West jette ses derniers feux dans des shows à grand spectacle ou les débuts du cinéma. Le lien entre ces deux pays et ces deux époques est un personnage énigmatique et insaisissable, Dana, le fantôme qui hante Marceau depuis si longtemps.
Personne d'autre ne pourrait rapprocher ainsi Calamity Jane et Louise Michel, ni évoquer avec autant de poésie et de nostalgie l'Ouest qui se meurt dans des cirques, et la douceur d'un printemps parisien, commencé dans l'enthousiasme avant de sombrer, dans le massacre de la Semaine sanglante.
Avec cette poésie qui n'appartient qu'à lui, nous vivons l'illusion des souvenirs, la magie des spectacles, les séductions de la photographie et du cinéma, les mensonges et les regrets. Un très beau roman.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka   02 janvier 2016
Louise est la suivante. On l'a prise en uniforme de garde national. Sous la photographie, quelqu'un a écrit : "Louise Michel, plus féministe que féminine". Voilà le crime. Du moins ce qui l'aggrave. "N'avez-vous pas plusieurs fois porté un costume d'homme ?" le juge lui a demandé. Vraiment demandé. Sans rire. Sans que l'énormité de la question lui reste dans le gosier. Sans songer qu'elle vient du fond des âges. Qu'on la posait quatre siècles plus tôt à une bergère coupable d'avoir revêtu l'armure. "N'avez-vous pas plusieurs fois porté un costume d'homme ?" Louise n'est qu'une communarde parmi d'autres, mais au procès elle leur en donne pour leur argent. Elle est chatte sauvage. Hargneuse. Coups de griffe et coups de crocs. Elle ne veut pas d'indulgence. Aucune. Elle dit qu'elle ira chercher la mort si tel est son lot. Elle dit ça, Louise, et d'autres vérités qu'elle a répétées comme les leçons rue Oudot. Elle parle haut. Elle tient tête. Grandiloquente, cassante, farouche. Elle agace, elle fait peur, aussi.
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Charybde2Charybde2   03 novembre 2015
« Il y avait à la Banque de France une fortune de trois milliards trois cent vingt-trois millions. Que serait-il advenu si la Commune eût pu s’emparer de ce trésor ? » L’article du Matin date du 11 juin 1871. La question qu’il pose n’aura pas de réponse. Et pour cause. Elle est biaisée. Menteuse comme toutes les bavures d’encre grasse sur les unes des journaux. « Si la Commune eût pu… » Il est là l’obscène, le sous-entendu envoyé comme une lettre anonyme. Elle ne pouvait que vouloir, la Commune, ramassis de racailles. Mais son plan a loupé. L’article ne dit pas pourquoi. On le devine : la Commune ratait tout. Même ses mauvais coups. Trop gabegie. Sotte jusque dans la crapulerie. Il en suggère, des vacheries, ce « eût pu ». Mais voilà, si la Commune ne s’est emparée de rien, c’est qu’elle n’a pas voulu. La Commune c’est Paris mais la Banque c’est la France. Alors, respect. L’argent des dépenses courantes, on le demandera poliment. Des avances, voilà ce qu’elle sollicite, la Commune. Le compte de la ville est créditeur, Paris dispose de neuf millions d’avoirs. Le gouverneur de la Banque peut fournir les picaillons réclamés. Rien que de très légal. Beslay veille au grain. Beslay, doyen de la Commune, délégué à la Banque de France, probe, vieux sage proudhonien. Réglo sur toute la ligne. Économe des deniers du pays comme du sang des autres. Pétri de principes, têtu comme un Breton qu’il est, il se méfie des Comités de salut public comme d’une guillotine. Il appartient aux minoritaires avec Vallès, Courbet, Vuillaume… Mais sur la Banque, plus de majorité, plus de minorité. Tout le monde s’accorde : pas touche.
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Corboland78Corboland78   21 septembre 2015
Il y avait eu la guerre. Hideuse et bête. Elles le sont toutes, mais celle-ci battait tous les records. Quand l’idiotie est si crasse on peut dire « j’y étais ». Comme l’autre à Austerlitz. L’Austerlitz de la connerie ! L’Empereur et le Kaiser enchamaillés. Des disputes de têtes couronnées. Des scènes de ménage à protocole. L’honneur offensé et le bon droit pour soi. De quoi faire valser les enfants de la patrie. Troupeaux d’hommes lancés sur les routes. Cahotant tête à cul dans le glinglin des bidons et des chassepots. M. Godillot, promu bottier de la nation. Des régiments de pieds à chausser. Grosse affaire. Belle réclame. Le godillot c’est du solide, inusable, dur à la mêlée. Il vous enterrera. On marchait là-dedans comme dans la merde. Les pieds au jus, macérant dans la sueur. Tours, détours, contournements, mouvements tournants, kilomètres avalés, la victoire en chantant puait des arpions.
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SociolitteSociolitte   13 août 2017
Une chose est sûre, avant de claquer le foie pourri et les poumons mités, Martha Canary n'aura jamais manqué d'aider un homme en détresse. Que Dieu la bénisse et que nul ne l'oublie. Martha Canary, dite Calamity Jane, couchée dans la terre de Mont Moriah, près de Wild Bill Hickok, son amour à elle.

Page 19, Folio Policier, 2017.
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FortunaFortuna   21 mars 2019
"Un Français ? On voit de tout ici. Bisons, loups, pumas, Peaux-Rouges. Pourquoi pas un Français." Le gars appartient à l'équipe des charpentiers. Il ressemble à une poutre maîtresse qui se serait laissée aller à gondoler. Il salive en parlant comme s'il allait cracher sa chique, mais il ne crache rien. Pas même un bout de renseignement qu'il aurait mastiqué des heures durant son lent mouvement de maxillaire pareil à celui des vaches lorsqu'elle ruminent. Un Français, il en a connu un. En Louisiane. Ils sont cousins pas vrai ? Le Français taillait des cercueils et possédait deux mains gauches.
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Videos de Patrick Pécherot (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Pécherot
31.05.18 - INTEGRALE - L. Slimani, L. Salvayre, D. Franck, P. Pécherot, M. Guven...
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